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La culture de la nature pour sauver la biodiversité

Le 19 mai tout ce que notre pays connait comme organisations concernées et souvent engagées pour la préservation de la nature était réunit autour de la ministre de l'écologie pour le lancement de la stratégie nationale pour la biodiversité. On peut le voir comme un moment de lucidité, c'est un virage qui est entrain de se prendre, la France voit comme prioritaire le développement de la culture de la nature pour mettre un frein à l'hémorragie de la biobiversité. Maintenant la ligne est tracée, le travail reste à faire.

Il y avait beaucoup de monde le 19 mai 2011 à la cité internationale universitaire de Paris pour la présentation de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) 2011-2020. A l’ouverture Jean-Claude Ameisen président du comité d’élaboration de la SNB a parlé d’une écoute réciproque, remarquable dans le processus de co-construction. Il dit que « le problème de la biodiversité est le symptôme d’autre chose. » ; oui quelque chose de profond dans notre civilisation.

 La culture de la nature c’est prioritaire pour la France.

 Il faut tout de suite souligner ici que c’est une grande satisfaction pour les acteurs de l’éducation à l’environnement, de lire les deux premiers objectifs de la SNB.Objectif 1 : « Faire émerger, enrichir et partager une culture de la nature » et objectif 2 : « Renforcer la mobilisation et les initiatives citoyennes ». Voilà deux objectifs qu’on pourrait qualifier d’objectifs « éducation populaire ». C’est une belle avancée et nous avons une pensée pour tout ceux venant du terrain ou des ministères et autres institutions qui ont bataillé pour obtenir ça. Jusqu'au dernier moment ça aurait pu sauter, non, ça a tenu et maintenant c’est inscrit dans le marbre pour 9 ans. Merci et bravo ! Les acteurs de l’EEDD faiseurs de dossiers pour obtenir des subventions pourront le rappeler au moment de plaider leur cause, la culture de la nature c’est prioritaire pour la France.

 Produire plus 

 La table ronde qui n’était composée que d’hommes et ça a été dénoncé par une voix de femme dans le public (bravo la fille), comptait 3 acteurs du monde économique sur 5 intervenants, avec MEDEF, Chambre d’agriculture et sociétés d’autoroutes. Martial Saddier député du Mont Blanc et maire de Bonneville parlait pour les collectivités et Christophe Aubel directeur de la ligue Roc parlait pour les associations. Aucun poète invité, ni d’homme (ou femme !) des bois ! Dommage ! Pour le MEDEF la priorité c’est maintenant de continuer l’action pédagogique, « continuer l’échange de bonnes pratiques vers ceux qui ne sont pas déjà engagés ». Le journaliste à demandé si c’était l’ensemble de l’entreprise qui était concerné ; il a répondu « tout à fait ». Donc il s’agit bien de tous les travailleurs en entreprise du pays, réponse qui ouvre un immense champ aux éducateurs à l’environnement dans le milieu de la formation. Il dira encore à propos du processus de révision « tout le monde est content que ça se termine » et évoquera un « sans contrainte économique » qui promet encore des batailles pour que les entreprises tiennent réellement compte de la protection de la nature. Christophe Aubel insistera sur « l’articulation nécessaire entre engagement de l’Etat et engagement des régions » problème dans le jeu droite – gauche ? Le représentant de l’agriculture parlera d’une nécessité de « produire plus » drôle d’idée quand on sait qu’un tiers de la production de nourriture est gaspillée sur la planète. Il serait peut-être plus urgent de bien utiliser, y compris mieux répartir, que de produire plus ! Hélas on apprendra de la bouche de la Ministre que les représentants de l’agriculture ne signent pas l’adhésion à la SNB.

 Sorties nature

 Nous avions la possibilité d’envoyer des questions à la table ronde. J’ai donc écrit sur mon papier « comment allons nous développer l’éducation à la nature, à l’écologie et à l’environnement, qui est sous développée aujourd’hui ? ». Ces mots ont été repris par l’animateur ce qui a permis à Christophe Aubel de parler des sorties nature et de dire ; « il va falloir aller chercher le ministère de l’Education nationale ». Il faut rappeler ici que de nombreux intervenants, en particulier lors du colloque de Chamonix qui a ouvert ces travaux, ont exprimé cette attente. A quand, un plus grand engagement de l’EN sur le sujet.

 « On veut reconquérir »

 La Ministre Nathalie Kosciusko-Morizet qui a fait le discours de clôture, a commencé son propos par un coup de chapeau pour le processus « grenellien dans l’esprit ». Elle a rappelé que la première saisine du CESE par le Premier Ministre a été faite sur le sujet de la biodiversité (à ce propos le CFEEDD a été auditionné et le résultat des réflexions menées aux assises de Caen, présentées). Le mot clé qui reviendra le plus dans les propos de la ministre est le mot « reconquête », « il ne s’agit pas de préserver seulement l’existant », « on veut reconquérir », belle ambition nous ne la contesterons pas sur ce point. Elle a fait remarquer que la SNB est publiée « sous le timbre du premier Ministre », « c’est la garantie d’une force ». Des appels à projet vont être émis par le ministère. Le Chiffre de 50 millions d’euro consacré à la SNB a été avancé par la ministre et des moyens humains devraient être dégagés au ministère.

 « Sortez ! » 

Parmi les priorités énoncées nous pouvons retenir comme premier cité : « le rétablissement de continuités écologiques perdues ». Beaucoup de sujets sont proposés : « restauration des milieux naturels dégradés », « banque de semences locales », « filière de génie écologique et végétale », « technique innovante de phytoépuration », « cartographie des habitats naturels au 1/25 000 », « soutien des Atlas de la biodiversité communal (ABC) » 200 communes sont engagées 200 autres suivront. Une volonté d’accroitre les connaissances est affichée. Elle dira aussi « on a parlé trop peu d’éducation », « les campagnes de sensibilisation et communication vont être lancées en direction des enseignants ». Notons à ce propos que les « plans territoriaux d’éducation à la nature », chers aux CPN qui les initient en Haute Normandie, sont inscrits comme une des piste pour atteindre l’objectif 1. Parmi des autres pistes : « s’appuyer sur les pratiques artistiques », « développer la pédagogie par l’exemple : développement de jardins pédagogiques, création d’activités orientées vers la nature pour les enfants et pour les adultes », « faire intervenir les associations locales agrées en milieu scolaire », « stages à la ferme », » « sortez ! » : « Faciliter toutes les occasions de reprise de contact avec la nature, en particulier sur le terrain pour toute la population. » En 2013 sera créé un service biodiversité au sein de la fondation du patrimoine. La Ministre a dit qu’il y avait beaucoup à faire sur le mécénat que le ministère pouvait aider à trouver des donateurs.

 La folie de 2004

 A propos de l’agence de la nature il n’y a pas eu de consensus de trouver sur le périmètre, « elle ne sera pas crée dans les 6 mois » !  La ministre conclura en citant les propos de Laurence Parisot la présidente du MEDEF qui a annoncé ce mardi matin que le mouvement patronal voudrait « inclure la biodiversité dans les facteurs de décision économique ». Effectivement ça mérite d’être souligné même si ça devrait être fait depuis très longtemps.Après le discours, une signature publique a eu lieu ;  plus de 140 organisations professionnelles, associations, élus, ONG, syndicats, établissements publics se sont déjà engagés à mettre en place un plan d’actions. Le REN est signataire. La folie de 2004, date de la première stratégie nationale, n’a pas été reprise. On devait alors : « stopper la perte de biodiversité sauvage et domestique, restaurer et maintenir ses capacités d’évolution », objectif fixé à horizon 2010 année mondiale de la biodiversité, qui n'a pas été atteint on s’en doute. Signe évident d’un manque d’humilité de nos hauts responsables face aux forces de la nature. Rien de tout ça en 2011, personne n’a plus envie d’entendre le mot « échec » qui était le seul qui convenait et qu’on a entendu, bien obligé en 2010, mais ne sommes nous pas trop modeste maintenant et où sont les moyens pour faire en vraie grandeur ce travail profond sur la culture de la population, que tous voient comme nécessaire aujourd’hui ?

 (A suivre)

 RG


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