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Accueil du site > Actualités > Environnement > La décroissance plus le progrès

La décroissance plus le progrès

Décroissance de production ne signifie pas forcément décroissance de confort ou d’emplois. C’est ce qu’on fabrique qu’il faut changer.

Croissance ou décroissance.

Jamais le terme "croissance" n’a autant été l’objet d’intérêt ni de controverses. Paramètre essentiel pour les économistes, ce facteur est aujourd’hui vu comme le Graal absolu pour certains, comme un fléau écologique pour d’autres, mais aussi comme un vocable assez éloigné des préoccupations quotidiennes pour une grande partie des gens.

La crise financière actuelle l’a montré, la croissance est étroitement liée à la production réelle "de biens et de services", et l’oublier conduit, comme aujourd’hui, à une douloureuse gueule de bois : La cuite à l’argent virtuel a mal fini.

Dans le cas de la production de biens, doper la croissance impose, et c’est regrettable, un productivisme outrancier. Plus de croissance, c’est plus de matières premières consommées, plus de déchets et donc de pollution ou de recyclage et, à travers la production industrielle, le recyclage et les transports, plus d’énergie consommée.

Mais renoncer à la croissance, dans la mesure où la démographie continue d’augmenter, c’est créer des situations se détériorant globalement, avec comme toujours les effets les plus dramatiques et les plus immédiats supportés par les plus fragiles.
C’est aussi renoncer à une certaine représentation du progrès, qui était peut-être illusoire, mais qui renvoyait à chacun une vision de l’avenir plus encourageante que désespérante. L’idée, unanimement partagée jusqu’à peu, que la génération suivante "profiterait" davantage.

Or, si jusqu’ici on peut mettre tout le monde d’accord sur le sujet, les analyses couramment menées ne prennent en général que l’aspect quantitatif des choses : L’usine fabrique un volume de biens, l’entreprise fait son chiffre d’affaires, et le consommateur constitue son trousseau au gré de ses besoins et des réclames publicitaires, ces deux derniers souvent confondus par l’habileté redoutable de nos fils de pub et de la mercatique du toc...
Ainsi, on compte le nombre de voitures ou de téléviseurs vendus, les garages se remplissent de voitures et les chambres de télés, et globalement chacun a l’impression d’être porté par la montée des eaux. Jusqu’à la noyade.

D’autre part, gagner des parts de marché demande d’élargir sa clientèle au plus grand nombre, ce qui signifie fatalement : aux moins riches. La réponse apportée, et nous verrons à quel point elle peut être remise en cause, a toujours été de faire baisser le prix de revient des biens fabriqués.

Travailler moins pour profiter plus.

L’industrie a alors calqué ses méthodes sur un des éléments les plus moteurs du progrès : la paresse.
Cependant l’objectif n’était pas le même. Là où la paresse fait appel à l’imagination pour obtenir un résultat à moindre effort - à travers la conception d’un outil ou encore l’établissement d’une méthode - afin de faire profiter, durablement, du temps et de l’énergie gagnés, l’industrie partage l’effort initial, mais pas ses fruits.
Gagner en productivité, voilà une mission qui s’est généralisée, et qui constitue désormais une tâche implicite pour le salarié, au même titre que faire, directement ou indirectement, du chiffre d’affaires. Mais ce gain de productivité débouche inévitablement sur une perte d’emplois, à volume de production équivalent.
Et sans même introduire de polémique, on peut résumer ainsi les deux missions d’un salarié :

  1. Faire en sorte que le chiffre d’affaires soit important = produire
  2. Contribuer à supprimer son propre poste = améliorer la productivité

Cette présentation n’est pas polémique parce que "supprimer son emploi" est la chose la plus légitime qui soit, c’est même une des composantes naturelles du progrès.
Ce qui l’est moins, c’est que les bénéfices obtenus par la suppression de l’emploi ne sont pas, même partiellement, reversés au salarié.
C’est ainsi qu’a commencé le divorce entre le progrès industriel et le progrès social. Ce point mérite d’être développé à part, et fait l’objet de solutions spécifiques car il en existe. Disons que ce problème devait être identifié et cité, c’est chose faite. Et retenons que la croissance "quantitative" crée, dans les conditions actuelles de redistribution (fiscalité, droit du travail) du chômage, mais que ce n’est pas une fatalité.

Production de masse.

Autre condition sine qua non de la baisse du prix de production, la production de masse s’est peu à peu imposée, en priorité là où elle était nécessaire : Au Japon, historiquement pour des raisons de surfaces de production limitées (ce "besoin" anticipé les a conduit à être leader dans la robotique), et dans les pays à coût salarial élevé. La production de masse est basée sur deux principes simples :

  • Produire plusieurs pièces à la fois afin de rationaliser les efforts de production (main d’oeuvre, temps machine, stocks...) et ainsi réduire le coût.
  • Produire des lots très homogènes, ce qui permet d’utiliser des procédés nécessitant un gros travail de mise au point. Ce principe donne accès à des technologies jusque là impossible à mettre en place dans une petite production, pour des raisons de rentabilité.

On peut donc dire que production de masse n’est pas incompatible avec qualité, et même que c’est un facteur de progrès technologique. Mais les choses ne sont pas si simples, et ce modèle de production n’a pas que des vertus, notamment sur le plan social et environnemental.

  • D’abord, ce type de production demande des investissements lourds, que l’on rationalise au maximum. Ça veut dire un nombre de sites de production limité, quand ce n’est pas un site unique. En conséquence, on augmente la part de transport (approvisionnements, distribution) avec des effets néfastes pour l’environnement, et on distribue les emplois de manière très hétérogène, ce qui multiplie les zones sinistrées par le chômage.
  • Ensuite, les technologies de production associées, qui utilisent massivement des procédés incompatibles avec des actions manuelles, ou qui tendent à réunir sur la même pièce plusieurs fonctions techniques sont totalement inadaptés à une réparation. On le voit dans la plupart des biens courants (automobile, électronique, électroménager...), on change en cas de panne des éléments de plus en plus importants. Cela conduit, d’une part, à des déchets plus nombreux et plus difficile à recycler, et d’autre part à des ensembles impossibles à faire durer en les "bricolant" avec les moyens du bord.

Exemple emblématique de notre modèle de production, la lampe fluo-compacte a réuni en un seul hybride deux éléments jusque là séparés : le ballast, qui pouvait durer des années et qui est résistant aux chocs, et le tube fluorescent qui vieillit plus vite et craint la casse.
On fabriquera et recyclera donc bien plus de ballasts que nécessaire. Un comble, pour un produit considéré comme écologiquement correct...

Aussi, ce que l’on gagne en qualité pour un prix limité, on le perd dès lors que l’on souhaite faire durer le "bidule" plus longtemps. Et ce qu’on gagne en pouvoir d’achat en ayant accès à certains biens désormais disponibles dans le bas de gamme, on le perd avec... son emploi.
Il n’empêche que pour certaines technologies (électronique, plasturgie...), cette évolution a largement contribué à une amélioration de la qualité. Il s’agit donc d’utiliser cette production de masse avec intelligence, en s’intéressant notamment à la durabilité globale du produit.

L’arnaque.

Les produits bas de gamme sont une escroquerie flagrante. Mais l’ignorance de la plupart des consommateurs de certaines notions comptables, comme la durée d’amortissement, les incite à considérer le produit le moins cher à l’achat comme le plus compatible avec un petit budget. Quelle erreur...
Et voici encore un divorce entre la croissance et le progrès. La jouissance liée à la possession nous empêche souvent d’y voir clair, pire, la consommation à travers l’acte d’acheter est souvent privilégiée par rapport au simple fait de jouir de l’utilisation d’un bien. Foule sentimentale...
Il faut dénoncer ici un comportement de la part des acteurs de l’offre qui tient de l’escroquerie. Or, sans aucune obligation éthique pour eux, et concurrence oblige, il n’y a aucune chance que cela change. Car aujourd’hui, fabriquer un bien éphémère est la meilleure garantie pour renouveler rapidement la demande. C’est la prime à la mauvaise qualité.

Le consommable est un des moyens les plus efficaces pour permettre à une entreprise de renouveler la demande. Au point que le client est maintenu captif autant que possible.
Exemple : la cartouche d’encre d’une imprimante à jet d’encre. Certains fabricants vont même jusqu’à rendre impossible la recharge d’encre, ce qui est une aberration sur le plan environnemental.

D’autre part, pour un acheteur modeste, la barrière du prix d’achat d’un bien de qualité est souvent trop élevée, même si cet achat se révélait le plus rentable. Ceci est lié au coût du crédit, qui empêche tout simplement, pour des raisons évidentes de trésorerie, de faire cet achat. C’est l’injustice d’une société où l’argent coute cher : pour être économe, il faut être riche.

Vive la qualité.

Au delà des aspects nocifs pour le consommateur, c’est pour l’environnement qu’une qualité médiocre a les effets les plus catastrophiques. Car en précipitant la mise hors d’usage de produits fabriqués, on raccourcit le cycle de vie du produit, et par conséquent on multiplie le nombre de fois où il faudra relancer un nouveau cycle.
Cela signifie que pour un même besoin, et donc une même fonction, on multiplie par 2 ou 3 le volume des différentes activités, à savoir :

  • l’extraction et la transformation des matières premières, alors que les pays émergents font exploser la demande
  • les transports liés à l’approvisionnement du site de production et des sites commerciaux, alors que ces transports sont déjà excessivement polluants
  • les activités de production, gourmandes en énergie
  • les activités de recyclage, elles aussi consommatrices d’énergie
  • les déchets de ce qui ne sera jamais recyclé, dans un volume d’autant plus important que le produit aura été conçu à la va-vite

A l’opposé, produire de qualité limite le nombre de cycles de production, et a donc des effets inverses à ceux sus-cités, tout en faisant bénéficier l’utilisateur du produit d’un confort supplémentaire lié au "haut de gamme". La qualité a également d’autres vertus :

  • le niveau requis pour le personnel est meilleur, et favorise la gratification de l’expérience,
  • la nécessité, pour des raisons techniques incontournables, d’effectuer des opérations de maintenance préventive, crée des emplois mieux répartis,
  • le nombre d’emplois est globalement plus important (R&D, production, revalorisation de l’activité commerciale...)

On le voit, la qualité permet de gérer une forte décroissance industrielle, tout en laissant sa place à la notion de progrès.

Des solutions.

Mais c’est bien la volonté politique de favoriser la qualité qui permettra d’utiliser ce levier pour que la notion de progrès revienne en force. Des mesures dans ce sens sont possibles :

  • D’abord, en rendant obligatoire un certain niveau de qualité à travers une période de garantie minimale élevée, et augmentée progressivement. C’est à ce prix que l’on pourra inciter les concepteurs à réaliser de véritables progrès en matière de durabilité des produits. Cela nécessitera, de la part des entreprises, faire davantage appel à la recherche fondamentale.
  • Ensuite en finançant le crédit permettant aux plus modestes de s’équiper de la manière la plus économe. Cette mesure serait financée en pratiquant un système de malus selon le niveau de garantie, et l’on conditionnerait l’obtention du crédit à une durée de garantie élevée pour le bien acquis. Le gain pour l’acheteur modeste sera triple : accéder à une meilleure qualité, accéder à un prêt sans frais, et disposer d’actifs qui se déprécieront moins vite, au cas où une situation difficile l’oblige à revendre son bien.
  • En pratiquant la pédagogie à travers des campagnes d’information sur la meilleure façon d’acheter,
  • En rendant obligatoire l’affichage du prix d’usage annuel, au même titre que le prix d’achat. Ce prix tiendrait compte de l’amortissement, calculé sur la période de garantie, et des consommables ou de l’entretien nécessaires lors d’une utilisation moyenne.
 

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21 réactions à cet article    


  • Yann 35 Yann 35 2 décembre 2009 14:01

    Excellent article ! Comment puis-je entrer personnellement en contact avec l’auteur ?


    • MICHEL GERMAIN jacques Roux 2 décembre 2009 17:37

      Vous souhaitez lui vendre du jus d’orange Bio ?


    • Liger Liger 2 décembre 2009 18:15

      J’ai récemment créé un blog dans lequel je poste des propositions et des réflexions, à débattre.
      Ce blog est très ouvert aux commentaires, donc.
      http://liger.amsud.net/


    • Yann 35 Yann 35 3 décembre 2009 08:35

      En fait je prépare un rapport sur l’emploi pour Terre Démocrate et j’aurais aimé sinon votre participation, au moins réutiliser votre article. Pourriez-vous me contacter à l’adresse suivante : wygee@hotmail.fr ?


    • joletaxi 2 décembre 2009 15:33

      Voilà quelqu’un qui a tout compris !

      Je suis sur qu’il a encore un GSM de 1,2 kgs(car ,à part la batterie, ils sont indestructibles)

      Figurez-vous qu’il y de tout sur le marché, et à tous les prix,et de qualité toujours croissante.
      Figurez-vous que les gens ,que vous voulez « éduquer »(c’est fou comme les mouvements écolo sont éducatifs,et comme ils utilisent lapropagande) ne sont pas tous tarés.Et grâce à cette société de croissance,les producteurs rivalisent d’imagination pour mettre sur le marché des produits de plus en plus performants pour des prix toujours plus bas.
      Figurez-vous que la garantie contractuelle pour tout produit est d’au minimum 3 ans.Que certaines voitures sont garanties 5 ans.C’est ce que l’on appelle le progrès ne vous en déplaise.
      Que la répartition des profits générés par cette société de croissance, aie dérapé,du fait de la déliquescence de notre personnel politique,c’est un autre problème, mais supprimez la croissance et vous ne répartirez que de la misère.
      Les problèmes d’accès aux matières premières ne sont pas un problème, et au plus elles deviennent chères, au mieux seront valorisés les déchets.
      Le seul problème c’est l’"nergie, et on a le choix:soit jouer avec des panneaux solaires et autres éoliennes,et se passer des autres formes d’énergie, dont l’atome, et la seule croissance qui en résultera, ce sera la file aux restos du coeur.

      • MICHEL GERMAIN jacques Roux 2 décembre 2009 17:34

        Monsieur « le taxi » vous avez oublié les bougies et la caverne (pas celle de Platon, la vraie, humide et froide) et la chasse à l’épieu...comme arguments je veux dire. 

        Je suis tombé sur un gars qui ne regarde plus la TV depuis des lustres. Il ne sait pas ce qu’il perd.
        Un autre qui n’a pas de GPS, obligé de demander aux gens quand il s’égare. Un barbare.

        Il y en aurait même quelques uns, mais je n’ose le croire, qui préfèreraient se retrouver entre amis- voisins que de voyager à l’autre bout du monde. Des néanderthaliens. ’fin, je les imagine, hirsutes, pantalons velours côtelés, gilet de cuir râpé, et barbus ; les males. Leurs femelles n’ont pas de wonder-bra, si si je vous jure...terrible. Et leurs enfants, pouilleux, courent nus. Seuls les plus durs survivent au dela de 5 ans. A 40, ce sont des vieillards qui n’ont plus d’intérêt pour la bourse. 

        Comme vous je les vois ainsi.

         


      • Liger Liger 2 décembre 2009 18:25

        Je crois que vous n’avez pas bien lu cet article :
        Les avancées technologiques permettent effectivement d’améliorer le prix, pour un besoin donné. Seulement, ces mêmes avancées utilisent des conceptions et des techniques qui empêchent le dépannage. Ce qui fait que la durée d’un bien est finalement moindre.

        « Certaines voitures sont garanties 5 ans »... J’ai une armoire qui a deux siècles. Montrez-moi une armoire « hi-tech » qui tiendra deux siècles. Cet exemple est démonstratif, car si cette armoire peut durer deux siècles, c’est parce qu’elle peut être réparée à l’infini.
        Qui répare aujourd’hui un téléviseur, un portable, une carte électronique, etc. ? C’est dommage, ça créait des emplois bien répartis, pour du personnel qualifié.

        D’autre part, je ne supprime pas la croissance, simplement on peut avoir une croissance de valeurs, et une décroissance de volume. Et tout le monde y gagne.


      • MarcDS MarcDS 2 décembre 2009 18:56

        Certains vivent dans un paradis où tout produit est garanti au minimum 3 ans, où l’accroissement de la consommation est plus que compensée par l’accroissement de la qualité (d’ailleurs dans ce paradis les transports ne vont bientôt plus polluer du tout), où la Terre fabrique naturellement des minerais pour remplacer ceux qu’on lui soutire et des poissons pour remplir les océans, et où il est inconcevable qu’un fabricant programme l’obsolescence de ce qu’il met sur le marché. D’ailleurs ils gardent leurs gsm bien plus longtemps que les 3 ans de la garantie.
        Ils vont bientôt s’apercevoir que pour préserver leur jardin d’Eden il faudra bien prendre des mesures de protection afin de réserver ses bienfaits à une poignée de privilégiés. Ils risquent aussi de s’apercevoir que même privilégiés, ils seront appelés à sacrifier leurs libertés démocratiques sur l’autel de la sacro-sainte croissance.

        Pendant ce temps, d’autres réfléchissent aux moyens de rendre la Terre vivable pour tout le monde et d’éviter qu’on en vienne à considérer l’élimination de quelques milliards d’individus comme la seule solution pour préserver l’espèce humaine. Si tant est qu’on puisse encore parler d’humanité dans ce cas.


      • joletaxi 2 décembre 2009 23:44

        Votre argument de l’armoire qui a 2 siècles quand on parle de produits technologiques ,n’est pas sans rappeler une forme de dialectique que l’on a connue.

        mais même à propos de l’armoire, vous montrez que vous n’y connaissez rien.Il se fait que c’est un domaine que je connais bien, et si votre arrière grand’mère a pu consacrer quelques années de son salaire à l’acquérir,il existe des armoires Hitech, qui sont comparativement moins chères et que l’on conservera de très nombreuses années.Seulement les goûts ont changé, et cela n’intéresse plus personne, la preuve, vous n’en soupçonniez même l’existence.On achète des produits design, à usage limité dans le temps,Ikea a fait sa fortune la-dessus,et que l’on change on fonction du moment.Et finalement, ce n’est pas plus mal.
        Mais le soucis n’est pas de sauver la planète,mais d’établir un ordre nouveau, fait de partage de justice, de créer un homme nouveau.
        Les 2 articles précédants, sous couvert d’écologie, annoncent la couleur:il faudra éduquer les jeunes et les moins jeunes.Et bien ce monde chimérique,cet éden,moi je le vois comme les enfers totalitaires et ploutocratiques dont on a déjà fait l’amère expérience.Si en plus, le prétexte est basé sur de la sciences établie par des charlatans,et des faussaires, alors c’est vraiment mal parti.
        On est dans un monde qui change et vite.Les chinois eux, ils ont compris.

      • joletaxi 2 décembre 2009 23:58

        Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous trouviez votre bonheur dans la frugalité,et même que vous refusiez ce que nous offre la technologie.

        Je demande simplement, que sous couvert de faux prétextes,’la poële à frire« , vous ne tentiez pas de m »imposer votre vision,que je respecte.
        Moi j’ai l’âge de ne plus me préoccuper de l’avenir,et je suis plutôt content d’avoir pu profiter, dans la mesure de mes modestes moyens, de tous ces bien diaboliques, ces belles voitures, ces belles villas, ces piscines, ces voyages,et même ce très agréable voilier.
        Pendant que je sirotais un apéro avec des amis, dans une baie somptueuse,je ne pense pas vous avoir causé du soucis, et en plus je n’ai pas du tout l’impression d’avoir mis en danger la plan !te.
        Souffrez que je ne partage pas vos vues.Juste une chose,moi j’ai vécu à une époque où il n’y avait pas 3 millions de chômeurs, et où les jeunes croyaient en un avenir meilleur.

      • Liger Liger 3 décembre 2009 02:08

        Ne vous emballez pas, il semble que vous n’ayez pas compris mon message.
        La technologie, c’est mon métier. L’industrie, c’est mon domaine.
        Je sais donc de quoi je parle, lorsque j’évoque des choix de conception ou des méthodes de production de masse.

        "Il n’empêche que pour certaines technologies (électronique, plasturgie...), cette évolution a largement contribué à une amélioration de la qualité. Il s’agit donc d’utiliser cette production de masse avec intelligence, en s’intéressant notamment à la durabilité globale du produit."
        Lorsque je parle de durabilité globale, je pense justement à une meilleure façon d’utiliser des technologies, en évitant des hybrides irréparables, et en prévoyant de la maintenance préventive et de réparation.

        Je sais bien le discours à tendance totalitaire qui se développe autour de la décroissance, et qui agit finalement comme un repoussoir. La solution que je propose consiste à fabriquer peu, mais mieux, à emplois équivalents (et mieux répartis), et à valeur créée équivalente.


      • joletaxi 3 décembre 2009 14:58

        Concernant les emplois,je ne vois pas pourquoi cela doit remettre en question le modèle de production ?Après tout, dans un monde idéal où les progrès technologiques augmentent la marge de profit,si celle-ci est harmonieusement répartie, ce ne peut que profiter aux travailleurs.

        Le problème n’est donc pas le mode production, dont à travers divers exemples, il montre que à la fois on peut augmenter la qualité et baisser le prix,le problème est purement politique.
        En son temps, un brillant professeur d’économie belge avait proposé le système suivant :
        plutôt que de faire supporter le poids de la solidarité sur le seul travail au travers des cotisations de sécurité sociales,il les incluait dans l’impôt général,élargissant du même coup la base de perception à toutes les composantes de la nation.Il supprimait du même coup une bureaucratie ubuesque et ouvrait les mêmes droits à tous les citoyens.Dans le même temps, les entreprises se voyaient taxées après et seulement après bénéfices.La base de taxation des entreprises était modulée en fonction d u rapport entre profit généré et base salariale,et pouvait s’adapter en fonction des objectifs du pays.
        Les projections pour la Belgique montraient un effet immédiat de plein emploi, au détriment des sociétés d’importation.
        Tout le monde a applaudi et a vite oublié cette idée....

      • Liger Liger 3 décembre 2009 15:48

        Nous sommes finalement bien d’accord ;o)
        Si vous avez le temps, n’hésitez pas à lire un papier que j’ai écrit sur le Progrès, et sa manière « politique » de l’accompagner :
        http://liger.amsud.net/2009/11/12/cest-quand-le-progres/
        Des pistes là aussi, mais comme vous dites, les idées restent souvent lettres mortes.


      • freelol freelol 4 décembre 2009 08:09

        Pendant que vous sirotiez votre boisson sur ce bateau dans cette jolie baie, M Le taxi avez vous parcouru cet article  ? Si ce n’est le cas je vous invite à le parcourir, vous semblez ouvert d’esprit.


      • Yann 35 Yann 35 4 décembre 2009 18:53

        Si vous supprimez les cotisations sociales et augmentez/élargissez l’impôt, d’une le pouvoir d’achat n’augmente pas donc la consommation non plus, de deux vous allez plomber des gens déjà en situation précaire, à moins d’augmenter les prestations sociales mais comme les recettes sociales des entreprises ne dépendraient plus que du bénéfice, vous pouvez être sûr que peu d’entreprises feront du bénéfice et que les caisses publiques se videront encore plus vite... Arrêtons une bonne fois pour toutes avec cette fause bonne idée de ne plus taxer le travail.


      • Alain-Goethe 2 décembre 2009 19:01

        L’auteur parle des cartouches d’imprimantes. C’est assez juste .
        C’est vrai de certaines imprimantes.
        Je parle de cela, car « ça me gave »d’être finalement assez souvent aux prises avec des questions d’informatique..

        car l’avenir de la planète est une question + importante que de faire la "chasse pour trouver des consommables pas trop chers.
        L’humanité est à un sacré carrefour...


        • zelectron zelectron 3 décembre 2009 00:13

          En résumé : reculer pour mieux sauter !
          mon cas personnel :
          - aspirateur Electrolux 37 ans et demi avant d’être abandonné à EDF à l’époque pour passage du 110 volts au 220 volts, même chose pour mon moulin à café (21 ans usage tous les jours, lame toujours aussi coupante)
          - réfrigérateur « general electric » 45 ans (inouï ! n’est-ce pas ?, moche comme c’est pas possible, avec des plateaux et tiroirs un peu ébréchés mais toujours fonctionnels)
          - machine à laver « Brandt » 5 à 6 lessives/semaine (4 enfants) qui a trimé 26 ans « seulement »

          vous connaissez beaucoup d’appareil d’aujourd’hui qui durent aussi longtemps ?


          • Pierre29 Pierre29 3 décembre 2009 13:05

            Merci pour cet article plein d’intérêt qui amène à réfléchir.
            Le couple « être économe » et « acheter un produit de qualité pour qu’il soit durable » n’est pas facile à harmoniser... surtout quand l’argent manque à la fin du mois...
            Quant aux questions d’alimentation et de santé, là encore c’est un chantier considérable de définir ce qu’est la qualité...
            En ce qui me concerne le concept de sobriété heureuse cher à Pierre Rabbhi est comme un filtre que j’aime à utiliser pour guider mes actions et mes choix du quotidien.
            Être plus heureux avec moins me paraît tout à fait motivant !
            La simplicité volontaire me semble être également un facteur de bonheur pas du tout utopique.
            Il faut néanmoins composer avec la pression sociale loin d’être négligeable. Elle amène des comparaisons permanentes qu’il n’est pas toujours aussi simple d’assumer qu’il n’y paraît.
            Se réjouir de peu, apprécier ce que l’on a semblent cependant être des trésors de sagesse éternels... de nature à résoudre bien des problèmes écologiques...
            J’adore cette phrase de Jacques Salomé :
            « La pire des pauvretés n’est pas dans ce qui nous manque mais dans l’ignorance où nous sommes de tout ce que nous avons. »


            • Liger Liger 3 décembre 2009 15:53

              Merci.
              La sobriété peut en effet être un véritable projet, motivant et porteur d’innovations.
              Concernant la sobriété en énergie (un domaine sur lequel j’ai longtemps travaillé), je vous invite à lire cet article :
              http://liger.amsud.net/2009/10/11/137-milliards-d%e2%80%99annees-quon-economise-lenergie/


            • odorono 3 décembre 2009 23:39

              La décroissance, un point de vue parfaitement réactionnaire .
              http://www.union-communiste.org/?FR-archp-show-2009-1-1163-5504-x.html


              • Yann 35 Yann 35 4 décembre 2009 18:56

                Et oui, les communistes ont un point commun avec l’UMP, ils sont obsédés par l’argent, sauf qu’à la différence des électeurs UMP ils en ont peu.

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