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La filière nucléaire japonaise : une gestion caractérisée par son opacité

Bien sûr, nul ne pouvait prévoir les évènements frappant actuellement le Japon. Un tel enchaînement de catastrophes -le séisme, puis le tsunami, et enfin l’accident à Fukushima- est proprement inédit dans l’Histoire. Cependant, il convient de ne pas se laisser submerger par l’émotion et de rappeler que la Tokyo Electric Power Company, qui gère les sites nucléaires japonais, était déjà connue pour son opacité et avait ignoré de nombreuses mises en garde de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

Les principaux experts du secteur nucléaire le savent : Tepco, le quatrième producteur mondial d’énergie nucléaire, ainsi que les dix autres opérateurs nucléaires du Japon, traînent depuis des années des mauvaises réputations. En effet, entre 1978 et 2002, 97 incidents, dont 19 jugés critiques, avaient été recensés par la Nisa, l’autorité nationale de sûreté nucléaire.

Un scandale avait déjà éclaté dans les années 1990, lorsque qu’il fut découvert par l’AIEA que de nombreux rapports sur les taux de radiation avaient été falsifiés et que de nombreuses fissures apparaissaient dans les canalisations du circuit de refroidissement de plusieurs centrales, dont le réacteur n°1 de Fukushima Daishi, conduisant à l’irradiation de nombreux techniciens.

Depuis 1983, les experts de l’AIEA parcourent le Japon afin d’évaluer les centrales japonaises, lors de missions baptisées Osart (Operational Safety Review Team). L’AIEA s’est toujours plainte du manque de collaboration de la part des autorités japonaises et du climat hostile dans lequel ces inspections ont pu se dérouler.

A de nombreuses reprises, les autorités nucléaires japonaises ont ignoré des mises en garde des experts de l’agence internationale. Le site Wikileaks a dévoilé cette semaine un câble diplomatique américain montrant qu’en 2008, l’AIEA avait averti le Japon que les normes antisismiques de ses centrales nucléaires étaient totalement périmées et que les réacteurs n’étaient conçus que pour résister à des séismes d’une magnitude de 7 sur l’échelle de Richter, ce qui est bien évidemment insuffisant au vu de la situation du Japon au confluent de plusieurs plaques tectoniques. Tepco n’avait pas pris la peine de revoir les normes antisismiques de ses centrales.

En 2007, l’AIEA avait sévèrement critiqué les manquements à la sûreté sur le site de Kashiwazaki-Kariwa. Le 16 juillet 2007, un séisme d’une magnitude de 6,8 avait frappé cette centrale, provoquant un début d’incendie et des rejets radioactifs en mer du Japon.

Enfin, toujours selon l’AIEA dont le directeur est un japonais, Yukiya Amano, le bassin de stockage de combustible usagé du réacteur n°4, en proie aux flammes depuis 5 jours, était proche de sa capacité maximale lorsque le drame s’est déroulé. Or, lorsque vous avez un bassin de stockage rempli à ras bord de combustible usagé, le risque d’incendie croît en conséquence si l’eau venait à s’évaporer du bassin. Pourquoi remplir le bassin à ras bord ? Tout simplement afin de rentabiliser chaque centimètre carré d’espace disponible dans les centrales.

Il ne s’agit bien sûr pas de blâmer le Japon et son secteur nucléaire pour un drame s’étant déroulé principalement à cause d’évènements naturels. Cependant, dans un souci de transparence, il apparaît nécessaire de montrer que la filière nucléaire japonaise était loin d’être la plus sûre du monde. Dans ce domaine, toutes les firmes, toutes les centrales et tous les types de réacteurs ne se valent pas et la meilleure façon d’éviter les amalgames et une certaine psychose est probablement de faire preuve de la transparence la plus totale.


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12 réactions à cet article    


  • jako jako 25 mars 2011 08:01

    Bonjour Etienne
    Je lis en empreinte de votre texte que la filière Française elle est donc sûre et transparente, en êtes vous vraiment convaincu ?
    Et au dela des centrales actives en France, pourquoi n’évoque t’on presque jamais le démantelement des centrales arrétées ?


    • JL JL 25 mars 2011 10:22

      Il faut sortir du nucléaire quel qu’en soit le coût, c’est une question de survie de l’humanité.

      Mais la survie de l’humanité n’est pas la préoccupation des maîtres du monde, au contraire !

      Il faut inverser ce processus mortifère.


      • ELCHETORIX 25 mars 2011 12:01

        Ce n’est pas l’état du JAPON qu’il faut blâmer , ce sont les multinationales et leurs responsables qu’il faut punir pour leurs mensonges ou omissions car il est prouvé la falsification de documents au sujet des « dysfonctionnements » de plusieurs centrales nucléaires .
        Areva qui ne « vend » pas de rêves de par son insolente publicité n’est pas exempt de reproches rien que par son opacité donc de celui du lobby nucléaire .
        Non seulement l’énergie du nucléaire doit disparaître , mais les grandes entreprises du nucléaire doivent payer les dégâts occasionnés sur les humains mais aussi sur l’environnement , en d’autres termes avec le coût du démantèlement des centrales , celui de s’occuper des déchets et l’exploitation éhontée des mines d’uranium au NIGER et ailleurs , ces « entreprises mafieuses » doivent être ruinées !
        Sans se positionner « écologie » , oui au slogan « énergie alternative , non à l’énergie nucléaire » , sans oublier la destruction de l’armement nucléaire des nations qui possèdent ces armes , dont israèl !
        RA .


        • kéké02360 25 mars 2011 12:46

          Le nucléaire et les mensonges

           

          Par Sylvie Simon
          Il est difficile de parler du « nucléaire » sans parler des nombreux mensonges qui l’entourent. Actuellement, les Japonais estiment que leurs instances officielles leur mentent, c’est certain, mais c’est une habitude dans ce domaine, quel que soit le pays concerné. Le 8 décembre 1953, le président Dwight D. Eisenhower proposa à l’Assemblée générale des Nations Unies la création d’une agence internationale chargée de contrôler l’utilisation des matières nucléaires. Approuvé le 23 octobre 1956 par 81 pays, le statut de l’AIEA (Agence Internationale pour l’Énergie Atomique), lui conférait la responsabilité du contrôle de la bonne application de la sécurité et de la protection des personnes ainsi que du transfert des technologies nucléaires. Placée sous tutelle des Nations Unies, l’Agence entra officiellement en fonction le 29 juillet 1957, avec un prestige considérable.
          Mais, comme l’a constaté Greenpeace : « En voulant défendre les intérêts de l’industrie nucléaire, à plusieurs reprises déjà, l’AIEA a altéré la vérité. Son point fort a toujours été de minimiser, voire nier, les conséquences d’un accident. Tel fut le cas en 1957 lorsqu’un incendie se déclara dans l’usine de plutonium de Windscale. Incendie qui entraîna la contamination radioactive de surfaces importantes au Royaume-Uni et en mer d’Irlande. L’agence adopta la même attitude, toujours en 1957, au moment de l’accident dans la centrale de Kyshtym (URSS) et de la catastrophe qualifiée d’« impossible » dans la centrale de Three Miles Island (USA) en 1979. »
          En effet, le 23 mars 1979, la rupture d’une valve du circuit de refroidissement et la formation d’une bulle de gaz radioactive dans cette centrale située en Pennsylvanie plongea l’Amérique dans la plus vive inquiétude. La population de la région fut évacuée et les autorités affirmèrent que la situation était parfaitement maîtrisée sans préciser quelle quantité de radioactivité avait été relâchée dans l’atmosphère. Au cours des semaines qui suivirent, les feuilles des arbres et les légumes grossirent d’une manière surprenante et on parla de « prolifération anarchique », et il a fallu plus de dix ans pour dépolluer le site. Or, en 1974, le rapport Rasmussen avait estimé que l’occurrence d’un accident nucléaire qui entraînerait la mort de dix personnes était de un tous les deux cent cinquante mille ans !
          Ces accidents, pourtant bien réels, ont été minimisés de manière scandaleuse, au point que Morris Rosen, qui dirigeait alors le département de Sécurité Nucléaire à l’AIEA, déclara au mois d’août 1986, lors de la première conférence internationale d’évaluation de la catastrophe de Tchernobyl : « Même s’il y avait un accident de ce type tous les ans, je considérerais le nucléaire comme une énergie intéressante […] Tchernobyl prouve que même en cas de véritable catastrophe nucléaire, on ne peut parler d’un nombre “déraisonnable” de victimes. » Il serait intéressant de savoir quelle est sa définition d’un nombre « raisonnable » de victimes.
          De son côté, Leonard Bennet, autre représentant de l’AIEA, estimait en 1991 que « globalement, les conséquences de Tchernobyl se sont révélées moins graves que l’on ne s’y attendait » ! Cette année-là furent publiés les résultats d’un projet de recherche international sur Tchernobyl. Le service de presse de l‘AIEA conclut alors qu’aucun effet sur l’homme n’avait été constaté, hormis les trente et un pompiers décédés peu après la catastrophe du fait du rayonnement. Passant sous silence l’augmentation effarante du nombre de cancers de la thyroïde qui inquiétait déjà depuis 1990 les médecins de Biélorussie et d’Ukraine, l’agence s’était contentée de reprendre les chiffres officiels des autorités moscovites sans mettre un instant en doute leur véracité. « Comment a-t-elle pu adopter une attitude si peu critique à l’égard d’une autorité qui venait de promulguer une nouvelle loi interdisant aux médecins de stipuler sur les actes de décès la cause de ceux-ci si elle est imputable au rayonnement ? », demanda Greenpeace à cette époque. En effet, le 19 mai 1985, un an avant l’accident, le ministre soviétique de l’Énergie et de l’Électrification avait signé un décret selon lequel « les informations négatives sur l’impact écologique des centrales électriques et leurs conséquences sur le personnel, la population et l’environnement, ne pouvaient en aucun cas être diffusées à la presse ou transmises à la radio ou à la télévision ».
          Selon l’AIEA, le taux de mortalité parmi les « liquidateurs » qui ont participé aux travaux de déblaiement, ainsi que la recrudescence de cancers de la thyroïde (multipliés par cent dans les régions exposées) seraient imputables à l’angoisse irrationnelle que l’agence taxe impunément de « radiophobie » et de « tchernobylithe ». Et lorsque, au cours d’une conférence, les militants de Greenpeace demandèrent si les mutations constatées au niveau des plantes et des animaux dans les régions sinistrées (tels les changements au niveau de la moelle osseuse des vaches et de leur système immunitaire, ou la mort des deux tiers de leurs veaux) pouvaient avoir un rapport avec la « radiophobie », ils ne purent obtenir de réponse, et conclurent : « Ces vaches auraient-elles été stressées en lisant un dossier Greenpeace ou en regardant un documentaire alarmant à la télévision ? »
          La France n’est en rien responsable de cette catastrophe, mais le gouvernement a menti par solidarité avec le lobby nucléaire, tout d’abord en nous assurant que le nuage radioactif avait bien voulu contourner les frontières de notre pays et polluer d’autres contrées. Ensuite en laissant Pierre Pellerin, docteur en médecine et directeur du SCPR (Service Central de protection contre les Rayons Ionisants) qui dépendait du CNRS, gérer la crise parce qu’il était « le seul qui y connaisse quelque chose ». Interrogé au Journal de 13 heures sur TF1, le 10 mai 1986, par Jean-Claude Bourret qui s’étonnait qu’on ait attendu deux semaines pour donner des chiffres de pollution, cet « expert » n’a pas hésité à répondre : « Tout simplement parce qu’il y a eu deux ponts en deux semaines, et qu’il est très compliqué de transmettre les résultats ! » Il est de notoriété publique qu’en France les vacances sont sacrées, mais tout de même il pourrait y avoir des exceptions dans les cas d’urgence. D’autant qu’à cette époque, notre pays disposait d’un nombre incroyable de comités chargés de la sécurité nucléaire, et d’une « Cellule de presse » auprès du ministre de l’Industrie, Alain Madelin. Or, rien n’a été fait pour protéger et tout a été fait pour désinformer.
          Ainsi, le 17 janvier 2002, le journaliste Jean-Pierre Pernaut, présentateur du journal télévisé de 13 heures sur TF1, a avoué à Paris-Match : « À l’époque, en France, de faux bulletins météo ont été fabriqués par les autorités pour insinuer que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à nos frontières. C’était faux bien sûr. Pris de panique, nos responsables politiques ont été lamentables ». Ainsi, même les journalistes non contestataires ont fait état des libertés que prennent nos gouvernants pour désinformer ! Le 16 mai 1986, ayant été avertie de certaines inquiétudes de femmes enceintes qui craignaient pour leur enfant à naître, Michèle Barzach, Ministre délégué à la Santé, affirmait : « À la suite de l’accident survenu à Tchernobyl, le Ministre de la Santé tient à confirmer que de telles inquiétudes sont totalement injustifiées et sans aucun fondement scientifique, ni médical. Le déroulement des grossesses en cours ne nécessite aujourd’hui, à ce titre, absolument aucune précaution particulière. »
          Alors que le professeur Pellerin devait informer le gouvernement, les douze communiqués qu’il a publiés en deux jours ne comportaient aucun chiffre précis. Corinne Lepage nous explique pourquoi dans son ouvrage On ne peut rien faire, Madame le ministre (Albin Michel 1998) : « Louis Puiseux, ancien économiste à la direction d’EDF, explique dans un ouvrage déjà ancien que les laboratoires du CNRS se sont vus interdire par Monsieur Papon, (patron à l’époque du CNRS), de fournir des mesures de radioactivité 4 000 000 fois supérieures à Paris les 1er et 2 mai 1986 pour le césium et 137 400 fois supérieures au maximum de 1963. La France a caché ces chiffres de radioactivité à l’Organisation Mondiale de la Santé, comme le professeur Pellerin a refusé de fournir à mon prédécesseur les relevés. Il n’a pas hésité d’ailleurs à affirmer à la télévision, le 2 mai 1986, que “les inquiétudes concernant le tourisme en URSS sont sans fondement sanitaire”. On apprécie à sa juste valeur ce jugement péremptoire ».
          Jean-Michel Jacquemin, qui a mené pendant huit ans une enquête minutieuse sur le terrain auprès des meilleures sources scientifiques et médicales sur la catastrophe de Tchernobyl, demande quels sont les coupables. (cf. Ce fameux nuage… Tchernobyl, la France contaminée, préfacé par Théodore Monod, Ed. Sang de la Terre). « La vérité nous est distillée à dose homéopathique. Ainsi le 8 mai 1986, le SCPRI annonçait une contamination moyenne de 10 Bq/m2 en Corse, puis ce chiffre est passé à une moyenne de 1 700 Bq/m2. Fin 1997, la contamination était évaluée entre 3 000 et 6 000 Bq/m2. En 2001, l’IPSN annonce un chiffre de contamination de 10 000 à 34 000 Bq/m2. De qui se moque t-on ? » Cette tragédie est le sinistre résultat de la promotion forcenée de l’industrie nucléaire et de « l’expertise autorisée » de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’AIEA qui portent toutes deux de très lourdes responsabilités.
          Il y a chez nous au total 427 plaintes auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris, et 40 tomes de documents ont été saisis. Les récentes perquisitions effectuées au domicile et chez une proche du Pr Pellerin ont révélé un certain nombre de documents compromettants. La CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité) accuse Pierre Pellerin « d’avoir diffusé des affirmations absurdes et irresponsables sur l’ampleur réelle de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl, d’avoir publié délibérément des chiffres totalement faux sur l’intensité des dépôts radioactifs, d’avoir triché de façon éhontée sur l’appréciation de la contamination afin de faire croire à un événement complètement insignifiant ne nécessitant aucune mesure de protection et d’avoir ainsi mis en danger la santé des citoyens de l’ex URSS, des pays de l’Est et de la France. » Après cette très longue attente, il nous reste à espérer que les coupables seront enfin punis.
          Mais nous persistons
          Tous ces mensonges n’ont pas influencé notre Président qui prône le nucléaire à tout-va et la France risque de devoir affronter de gros problèmes, car nous avons de nombreux réacteurs nucléaires exposés à un risque sismique grave, comme la centrale nucléaire de Saint-Alban. Selon un document de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) datant d’octobre 2002, des anomalies pourraient rendre le système de commande à distance inopérant, remettant en cause le fonctionnement de robinets importants pour la sûreté nécessaires après un séisme. Le risque n’a pas disparu depuis lors. En avril 1986, une panne de tous les circuits a privé de son système de refroidissement le réacteur de la centrale atomique de Bugey, au pied des Alpes. Le 20 mai 1986, cinq ouvriers furent irradiés à l’usine de La Hague, spécialisée dans le traitement des déchets radioactifs. À Cattenom, en Moselle, le système de refroidissement s’est mis à fuir alors que la centrale n’était pas encore en service. La Provence et le Gard abritent une forte concentration d’installations nucléaires. Depuis 1995, l’IPSN (Institut de protection de sûreté nucléaire), qu’on ne peut soupçonner de positions antinucléaires, demande la fermeture du Centre de Cadarache situé à une quarantaine de kilomètres au nord d’Aix-en-Provence, sur la faille de la Durance, la plus active de France, et à proximité de la faille de Trévaresse qui a engendré plusieurs séismes destructeurs au cours des cinq cents dernières années, dont celui de 1909, le plus grave séisme jamais enregistré dans notre pays. Citons également les failles de Maragrate et de Vinon, à proximité immédiate de Cadarache et dont l’une, chevauchante, passe sous le site nucléaire.
          Toutes ces considérations n’empêchent pas le CEA de persister à minimiser les risques sismiques de Cadarache, et nous commençons à avoir l’habitude de ces déclarations aussi « rassurantes » que peu crédibles. Fort de son prix Nobel, un certain Georges Charpak, n’a-t-il pas osé affirmer devant des millions de téléspectateurs qu’il n’était pas plus dangereux de se baigner à La Hague que de faire une radio de ses dents ou de vivre sur un site granitique ? Cadarache est l’un des plus importants centre d’études et de développement de l’énergie nucléaire en Europe, avec 19 installations nucléaires de base — dont l’une est à l’arrêt et en démantèlement— et emploie environ 6 000 personnes. Il a été créé par le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) le 26 octobre 1959 et inauguré en 1963, principalement pour étudier les réacteurs à neutrons rapides (RNR), dont le prototype fut « Rapsodie », et le suivant « Phenix » construit sur le site de Marcoule et exploité jusqu’en 2008. Au cours des années 1980, le gouvernement français a mis en place un programme de combustible nucléaire, le Mox, utilisant de 6 à 7 % de plutonium avec 93 % d’uranium appauvri. EDF signa alors un accord avec la Cogema, sous la condition que cela soit économiquement intéressant. Il fut alors prouvé que ce ne serait pas le cas, mais puisque le contrat de traitement était déjà signé, EDF décida de poursuivre le programme MOX afin de maintenir l’option de traitement ouverte pour les prochaines générations de réacteurs nucléaires. À présent, le MOX est principalement traité à Marcoule.
          Et c’est justement sur le site de Cadarache que la France a décidé, en 2004, de construire un nouveau réacteur dans le cadre du projet Iter (International Thermonuclear Experimental Reactor), car le centre CEA de Cadarache dispose d’une importante plate-forme scientifique et technologique de fusion, d’où sa candidature pour accueillir ce projet. Toutefois, soyons rassurés, le réacteur Iter est construit pour résister à tout séisme, car nos « experts » savent ce qu’ils font. Mais si un séisme important se produisait avant la fermeture des anciennes installations, soit avant 2015, la zone devrait être évacuée et le réacteur abandonné, qu’il ait résisté ou pas, car la dissémination du plutonium dans l’atmosphère et les rivières transformerait pour des milliers d’années la Provence en un désert interdit. L’association Les Amis de la Terre et le Collectif Anti-nucléaire 13 tirent la sonnette d’alarme. Les nombreuses visites d’inspection de l’Autorité de Sûreté Nucléaire de l’Atelier technologique de plutonium (ATPu) à Cadarache ont révélé « des dysfonctionnements de plus en plus inquiétants ». Quant aux déchets, d’après Les Amis de la Terre en février 2011 : « Les révélations sont, là encore, stupéfiantes ». En résumé, la circulaire sur la gestion des déchets n’est pas correctement appliquée, les données sont analysées par un prestataire et le « correspondant déchets » du CEA ne les valide pas systématiquement. « Et pour cause, il n’a suivi aucune formation sur ledit logiciel ». AREVA, opérateur du démantèlement, doit surveiller l’activité de gestion des déchets. Or, cette surveillance « n’est pas tracée et ne fait pas l’objet d’un programme préétabli ».
          En outre, des déchets dits « sans filière immédiate » ne figurent pas à l’inventaire des déchets présenté par AREVA. Toujours selon Les Amis de la Terre, on ne connaît ainsi ni leurs quantités, ni leurs teneurs en radioactivité, ni les conditions de sécurité de leur stockage. « Dans de telles conditions, l’on est en droit de se demander si des stocks de plutonium ne pourraient pas éventuellement disparaître du centre de Cadarache sans contrôle ». Toutefois les citoyens peuvent dormir tranquilles, nos « experts » veillent sur leur vie et leur santé car « ils savent ».
          Sylvie Simon 


          • Baboune Baboune 25 mars 2011 12:50

            Il est écrit dans l’article « Dans un souci de transparence, il apparaît nécessaire de montrer que la filière nucléaire japonaise était loin d’être la plus sûre du monde. »


            Faut être d’assez mauvaise foi pour dire un truc pareil !
            Comme si au Japon, ce serait pire qu’ailleurs.

            Dans tout le monde Occidental, la loi du profit règne plus que jamais. Et pas plus au Japon qu’ailleurs ! Donc les petites économies sur la sécurité,... ben y’en a autant en France, en Allemagne, en Suisse qu’au Japon.

            Non au Nucléaire ! Non au pétrole ! Non au fossile ! Amen ...

            • JL JL 25 mars 2011 13:07

              Les rats quittent le navire : le numéro un de Tepco a disparu (France Inter, 13 heures)


              • Pyrathome Pire alien 25 mars 2011 13:41

                Exact !  voir ici

                Le P-DG de Tepco, opérateur des centrales nucléaires de Fukushima a disparu, nous apprend Libération. Masataka Shimuzu n’est plus apparu depuis le 13 mars. C’est le n°2 de Tepco qui a présenté ses excuses à la population forcée d’évacuer les environs de la centrale, une tâche réservée d’ordinaire au big boss… A-t-il craqué ? A-t-il délégué la gestion de la crise ? Mystère au pays du soleil Levant…


              • Pyrathome Pire alien 25 mars 2011 13:37

                Oui, l’auteur, c’est exactement la même chose en France et partout où il y a des centrales nucléaires, le paradigme est simple, sortir le plus vite possible de cette gabegie.......
                Vous croyez qu’on fait plus confiance à AREVA qu’à TEPCO , non !!
                Ce sont exactement les mêmes apprentis sorcier partout dans le monde.....
                Il faut liquider cette « pseudo science » d’irresponsables....


                • joletaxi 25 mars 2011 16:13

                  « Le site Wikileaks a dévoilé cette semaine un câble diplomatique américain montrant qu’en 2008, l’AIEA avait averti le Japon que les normes antisismiques de ses centrales nucléaires étaient totalement périmées et que les réacteurs n’étaient conçus que pour résister à des séismes d’une magnitude de 7 sur l’échelle de Richter, ce qui est bien évidemment insuffisant au vu de la situation du Japon au confluent de plusieurs plaques tectoniques. »


                  Moi je veux bien écouter tout ce que vous voulez sur le manque de transparence de Tepco (essayez donc de faire une enquête sur n’importe quel groupe nippon, bonne chance),mais avec cette phrase, vous vous tirez une balle dans le pied.
                  Ces vieilles centrales, d’un modèle dépassé,mal entretenues selon vous, ont toutes très bien résisté à un séisme de 9 !
                  Elles se sont mises en sécurité,et à part la seule submergée par le tsunami, je n’ai pas entendu parler d’avaries dans les autres centrales.On ne parvient pas à savoir si elles ont redémarré, ce qui serait intéressant ?
                  Et la centrale répondait aux normes en vigueur pour les tsunamis.
                  J’ai vu hier un reportage, où l’on montrait le gymnase censé regrouper les habitants d’un village,en cas de menace de tsunami et où les gens se sont massés lors de l’alerte(preuve que leur organisation est bonne) .Cet édifice d’une quinzaine de mètres de haut a été complètement submergé,noyant tous ces malheureux.Les seuls à s’en être sortis ont eu la chance de pouvoir grimper sur le toit !
                  Bref nous sommes dans un événement impensable qui va faire 30.000 morts 
                  Et ne perdez pas de vue que la centrale ,submergée par une vague d’au minimum 5 mètres de haut, est restée quasi livrée à elle même une semaine.


                  • adeline 25 mars 2011 19:53

                    quel commentaire idiot ! cela était très prévisible au contraire
                    et vos marmittes du diables sont partout, personne ne peux garantir leur sureté, donc stop, on passe à un eautre ingenieurie


                  • joletaxi 25 mars 2011 21:37

                    Adeline, la sciences en marche.

                    C’était tellement prévisible qu’ils vont avoir 30.000 morts .Pour les idioties vous ne craignez personne


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 mars 2011 09:15

                    Eh dites, là, « nul ne pouvait prévoir... », vous rigolez ? Le Japon connaît près de 1000 séismes annuels, et un séisme sous l’eau, ça fait un tsunami (c’est d’ailleurs un mot japonais). Alors un séisme et un tsunami ensemble, imprévisible ?

                    Quant à l’opacité de la filière nucléaire japonaise, c’est sûr, c’est pas comme en France, où les nuages s’arrêtent eux frontières ou montent dans la stratosphère avec leurs petites particules dès qu’ils voient les côtes bretonnes. Où les centrales sont indestructibles. Où on vend des centrales partout dans le monde, et avec des Rafales en prime.

                    D’ailleurs, chez nous, les séismes, c’est interdit, on va faire un loi pour ça.

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Etienne Marlles


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