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Accueil du site > Actualités > Environnement > La fin des produits agricoles à bas prix

La fin des produits agricoles à bas prix

« On n’a pas de pétrole, mais on a des idées. » Vieille rengaine bien connue chez nous (même si elle est moins employée depuis que la France broie du noir). Bientôt, on dira : « On n’a pas de pétrole, mais on a du maïs. » Car l’époque des produits agricoles - comme celle des autres matières premières - à bas prix est en train de se terminer...

Rappelez-vous, en 1998, les investissements ont été grands pour améliorer la sécurité des approvisionnements énergétiques, la Chine et l’Inde ne se sont pas encore éveillées. Conséquence : un baril de pétrole vaut à peine 10$ ! La suite on la connaît : une longue et forte croissance mondiale et un appétit vorace des pays émergents en matières premières amènent le pétrole à se stabiliser autour de 60$ le baril. Peu imaginent aujourd’hui que le prix du pétrole rebaissera.

Regardons maintenant l’agriculture, sujet encore plus sensible que l’énergie car il ne conditionne pas notre confort mais notre survie. Malgré les mêmes facteurs qui tirent la demande, les prix sont restés bas jusqu’à présent, pourquoi ?

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les pays qui en ont eu les moyens (principalement en Europe et en Amérique du Nord), ont massivement soutenu leur agriculture pour produire beaucoup et garantir ainsi leur indépendance alimentaire. Ils aident tellement leurs agriculteurs que ceux-ci se permettent de déverser à bas prix des tonnes de produits dans les pays pauvres. Au niveau mondial, le surplus est tel que la demande croissante n’a pas encore permis de relever les prix. Par comparaison avec le pétrole, nous sommes en 1998. Ou en 1999, parce que la hausse a commencé, déjà.
Si les prix du pétrole ont été multipliés par six entre l’équilibre d’une abondance relative et celui d’une Terre qui donne le maximum de ce qu’elle peut donner, les prix alimentaires peuvent-ils augmenter autant ? Ou plus ? Pour le savoir, intéressons-nous aux facteurs qui déterminent l’offre et la demande sur ce marché, en les comparant à ceux qui jouent sur les prix du pétrole.

L’offre est déterminée par deux facteurs : les surfaces cultivables et les rendements par hectare.

Les surfaces cultivables sur cette Terre, comme chacun le sait, sont limitées. La question est de donc de savoir s’il existe beaucoup de surfaces non cultivées qui peuvent le devenir ; et si toutes les surfaces actuellement cultivées ou cultivables le resteront. A l’échelle mondiale, les terres arables disponibles sans déforestation sont faibles. A l’inverse, avec les constructions urbaines qui s’étendent partout (par exemple, quand des champs sont remplacés par des parkings de supermarchés), les terres cultivables se réduisent. C’est notamment le cas en Chine.

Les rendements, qui ont énormément augmenté en un siècle grâce à l’utilisation d’engrais et de pesticides, peuvent-ils progresser encore ? A l’inverse, peuvent-ils être menacés par les changements climatiques en cours et à venir ? Probablement, dans beaucoup de pays pauvres, la mécanisation et la scientifisation des récoltes peuvent-elles aider à augmenter les rendements. Mais le réchauffement climatique menace : normalement, le froid de l’hiver tue les puces et autres parasites porteurs de maladies. Mais avec un hiver plus chaud de 2° que la moyenne, cette année, ce n’est pas le cas. 2007 nous montrera vite si les maladies peuvent détruire des cultures au point de réduire significativement la production. De plus, des champs cultivés intensivement donnent des rendements décroissants à long terme. Enfin, l’eau manque et va manquer de plus en plus.

Alors que la hausse des prix du pétrole a relancé les investissements en exploration-production et en raffinerie, l’augmentation des prix agricoles ne permettrait pas à la Terre de produire plus, tout simplement parce qu’elle est déjà proche de son maximum. L’offre est contrainte, elle augmentera peu.

La demande est déterminée par trois principaux facteurs : la population, le niveau de vie et les usages non alimentaires.

La population mondiale augmente de 70 millions d’individus par an, soit 1,4%.

Si la mondialisation a d’abord profité aux plus riches, elle a été l’occasion pour les Etats de se désendetter et elle profitera de plus en plus aux populations. Le niveau de vie moyen s’élevant, les hommes et les femmes élèvent leur niveau alimentaire : ils mangent plus, et plus de viande, par exemple.

Contrairement à la consommation de carburants et d’énergie, la planète ne diminuera que très peu sa consommation alimentaire, même si les prix augmentent.

Enfin, et c’est la bombe qui va amplifier la tendance de fond, les produits agricoles vont être de plus en plus utilisés comme des produits non alimentaires, que ce soit sous forme énergétique (biocarburants) ou sous forme de sous-produits industriels. Vous remarquerez que ceci est une conséquence de la hausse des produits pétroliers. Tout cela est très connecté.

Conclusion : nous ne sommes pas sûrs que la production suffira à nourrir 7 milliards de Terriens. L’offre est limitée, la demande augmentera fortement (peu d’entre nous décideront de manger moins, même si le pain vaut plus cher). Ceci ne pourra que se répercuter dans des prix qui augmenteront beaucoup plus que ceux du pétrole.

Ceci est une opportunité pour des pays capables de produire et d’exporter beaucoup de produits agricoles, comme les Etats-Unis ou la France, mais imaginez-vous les conséquences sur l’Afrique et les pays pauvres en général ? L’alimentaire représente moins de 15% du budget d’un Français, 25% pour un Européen de l’est, 1/3 pour un Chinois et plus de la moitié pour un Africain. Si les prix doublent, cela aura un impact non négligeable sur notre inflation et sur notre pouvoir d’achat (+15%, reste à voir en combien de temps) mais ce sera un tsunami pour les plus pauvres. Et, hélas, les malchanceux vivant dans les mauvaises régions souffriront vite de famines. Si les prix triplaient, c’est tout le continent africain qui retomberait dans une malnutrition, mais aussi l’ensemble des pays émergents qui seraient menacés. Si les prix décuplaient... je préfère ne pas en imaginer les conséquences.

Hélas il n’y aurait qu’une "issue" possible : si on ne limite pas la croissance de notre population, c’est la force des choses qui s’en chargera, à coups de famines et de pandémies ou de guerres. Ayant atteint les limites de ce que peut nous donner la planète, la solidarité mondiale en prendrait un sacré coup. A côté, les luttes de pouvoir pour sécuriser les approvisionnements de pétrole ressembleraient à des contes de fées.


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61 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 21 mars 2007 09:59

    Les prix agricoles à bas prix existerons toujours,ce sont les centrales d’achats,et les intermédiaires qui prennent les marges les plus importantes,ce qui fait que même le produit le moins cher en teme de coût de production sera vendu cher ici

    La véritable concurrence des prix n’existe pas et il convient de revoir toute la chaine de distribution car les traders sont venus sur le marché des matières premières pour spéculer ,et donc,gagner de l’argent

    Avec eux,généralement les prix ne baissent jamais !


    • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2007 10:13

      Manger 5 fruits et 5 légumes par jour , c’est vraiment pas à portée de toutes les bourses de nos jour ! si les problèmes d’obésité et de malbouffe se retrouvent beaucoup dans les couches populaires , ce n’est pas pour rien .

      à noter quand même que le réchauffement global risque de rendre cultivables de larges bandes de terre plus au nord , essentiellement au canada et en russie .

      une chose est certaine et ta conclusion est juste , il faudra bien un jour que l’espèce humaine cesse de croitre exponentiellement ....


      • Nono Nono 21 mars 2007 14:42

        @ Le Chat, l’ami,

        Je ne sais pas s’il y en a de coté de Fos-sur-mer mais des fermes de cueillette directe existent et se développent un peu partout en France et même autour de la région parisienne. Il faut essayer, cela vaut le détour.

        Circuit court

        Peut-être pas 5 fruits et 5 légumes par jour pour les plus démunis mais au moins 1 ou 2 de chaque par jour, c’est mieux que rien.

        Bien à toi

        Noah Norman


      • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2007 15:21

        @nono

        j’achète directement au producteur pêches , tomates et melons dans la plaine de Crau , c’est moitié prix et de meilleure qualité


      • (---.---.52.140) 21 mars 2007 17:44

        T’inquiète pas pour la croissance « exponentielle » : en Europe, le taux de natalité est souvent en dessous du taux pour le renouvellement des générations (2.1 enfants par femme). En chine, la politique de l’enfant unique est importante et efficace et finalement au Japon, il n’y a plus assez de place (un peu simpliste mais vrai quand même ^^).

        Une fois que les pays africains auront tous fait la transition démographique ; la croissance va devenir très faible. Le dévelloppement des pays baisse la natalité en général. Je pense même qu’on devrait plutôt s’inquiéter du contraire mais on a encore le temps


      • Nono Ladette (---.---.28.230) 22 mars 2007 11:49

        Ne regardez pas les vieux et petits pays que nous sommes. En Inde la population va passer de 1.1 milliard aujourd’hui à 1.6 en 2050. La population de l’Afrique est d’1 milliard aujourd’hui, elle va doubler d’ici 2050.

        Au total, on a bien potentiellement 9 milliards de bouches à nourrir dans 40 ans. Comment on fait ?


      • (---.---.216.246) 21 mars 2007 10:17

        « Les prix agricoles à bas prix existerons toujours... » Vous avez tout faux, allez discuter avec des céréaliers, et ils vous diront que la donne est en train de changer, que le prix des céréales ne cessent d’augmenter. Ils sont surs que les prix vont exploser dans les années à venir, du fait de la baisse de la production mondiale et du développement des « bio-carburants ». Bref je partage complètement l’avis de l’auteur de cet article et je ne comprends pas pourquoi 100% l’ont rejeté.


        • snoopy86 (---.---.99.167) 21 mars 2007 11:47

          Tout à fait d’accord... Le prix des céréales flambe actuellement, conséquence des décisions US ( et accessoirement françaises) de favoriser la trés contestable filiére bio-ethanol


        • tvargentine.com lerma 21 mars 2007 14:26

          Oui,les produits agricoles seront toujours plus bas,car nous avons aujourd’jui une ere d’industrialisation de la production agricole,avec la recherche du prix le plus bas (mais pas pour le consommateur)

          La Chine sera une super puissance agricole quand ils maitriseront le process de l’exportation et elle dispose d’espace énorme

          L’Argentine dispose d’espace énorme et là bas,le choix est de rouler au gaz ! et non au colza ou à l’alcool de canne

          Rouler au gaz me semble l’avenir et l’argentine est un très bon exemple.

          On roule au gaz avec une très vieille voiture !

          Quand la chine et l’argentine pourrnt vendre librement leurs produits agricoles en Europe,alors,le céréalier français (subventionné) sera à l’image des mines du nord de la France : CLOSED

          Quand des traders ou des fonds de pension decident de spéculer sur le pétrole ou les matières premières c’est pas pour faire baisser les prix au consommateurs mais pour gagner beaucoup d’argent en réduisant les coûts (délocalisation de production) et en augmentant leurs marges.

          Oui,il existera toujours sur cette planete des produits agricoles à bas prix,mais pas pour le consommateur


        • (---.---.216.246) 21 mars 2007 17:27

          Soyez plus explicite, de combien de surface de terres arables non cultivées disposent à ce jour ces 2 pays. Par exemple, pour la France la politique agricole commune a conduit à mettre 1,5 millions de terres en jachère. Autre exemple les USA perdent chaque année plus de 700.000 ha de terres cultivables du fait de l’urbanisation.


        • Emmanuel (---.---.132.208) 21 mars 2007 19:11

          Il faut aussi considérer que c’est essentiellement l’industrie agro-alimentaire qui fixe le prix final des produits.

          Par exemple, une tonne de blé panifiable vaut en France environ 150 euros, avec laquelle on fabrique environ 8000 baguettes, soit un facteur prix de 40...

          Vive les circuits courts, vive les AMAP !!!

          « L’inauguration d’un point de vente collectif de produits agricoles dans la ZAC d’Istres (13) va permettre de comparer les diverses alternatives à la grande distribution. AMAP [1] ? Coopératives de distribution ? Épiceries solidaires ? Ou comment affamer les affameurs »

          http://www.cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=1168


        • O.Z.Acosta (---.---.145.137) 21 mars 2007 10:21

          L’homme à detruit la planète en moins de 100 Ans, 7 Milliards d’individus vous vous rendez compte.

          NOus avons consommé toutes les ressources fossiles de notre planéte pour l’argent seulement l’argent ne va pas arréter la monté des eaux, ni arreter les tornades.

          Nos politiques viennent seulement de se rendre compte que le temps est compté.

          Combien de temps avant que les eaux montent, que l’air deviennent irrespirable, que le méthane des mers reviennent à la surface, que le permafroste fonde : 1 an, 10 ans 20 ans. on commence seulement à comprendre notre planete.

          L’agriculte imposé par les Américains après la seconde guerre mondiale ( interdiction de culture, usage intensif d’engrais, de pesticides) à detruit la terre qui a besoin de repos et de se régénérer.

          L’homme est son propre destructeur mais se sont nos enfants et petits enfants qui vont payer.

          Z


          • parkway (---.---.18.161) 21 mars 2007 13:35

            « Nos politiques viennent seulement de se rendre compte que le temps est compté. »

            ah ! bon ? quand ça ?

            de quels politiques parlez-vous ?

            je pense que vous parlez de vous-mêmes et de quelques personnes autour de vous qui se rendent compte de la merde dans laquelle on est, sinon les pôlitiques qui nous dirigent s’en foutent complètement...

            et dire que certains veulent élire pour un (e) de ces 3 connards présidentiables...

            on n’est pas prêt d’en sortir...


          • Dryss (---.---.52.140) 21 mars 2007 17:45

            J’ai toujours considéré le pessimisme comme un défaut.


          • O.Z.Acosta (---.---.145.137) 22 mars 2007 10:55

            Je n’étais pas pessimiste mais il faut voir la réalité en face.

            Les mers deviennent acide, les mollusques ont du mal à former leurs coquilles qui est constitué de carbonatre de calcium issue de la dissolution du CO2 dans l’eau.

            Le phytoplancton se rarifie donc toute la chaine alimentaire marine est déjà touché mais l’Europe continue par principe économique à autoriser et a encourager la pêche européene.

            L’agriculture intensive crée des catastrophes ( l’espagne avec son agriculture hors-sol à consommé toute son eau mais vu que les prix sont inférieurs alors l’europe achète).

            Mais la France ne peut rien faire seul, l’europe 470 Millions d’habitants non plus. IL n’y aura aucune solution tant que le libéralisme sauvage et la mondialisation ne seront controlé.

            Z


          • prgrokrouk 24 mars 2007 17:06

            Voyez les principes du système de répartition familial en France. Le but est clairement auto-destructif sous les apparences de l’Aide. En raison de cela, ce système va inévitablement se retrouver à l’opposé de sa vocation. Comme chez Orwell, on va rebaptiser les Ministères.


          • prgrokrouk 25 mars 2007 17:35

            J’ai voulu signaler que c’était déjà le cas. Puisque sont déjà exclus (de tous les petits plus additionnels) celles et ceux qui n’ont pas en nourrice les créanciers de la dette publique à venir.


          • blaise (---.---.165.253) 21 mars 2007 10:44

            En complément sur la question de l’offre et des rendements on peut remarquer que les engrais et pesticides qui soutiennent à bout de bras la productivités actuelle sont des produits pétroliers (Gaz naturel essentiellement ). Donc l’impact de la montée des prix des produits pétroliers se fera aussi sentir ici. Nous mangeons du pétrole !


            • Big Bisous (---.---.226.242) 21 mars 2007 10:49

              Etant jeune je vous avourais que l’avenir ne parrais pas tout rose au vue des dires des plus anciens. De plus ma venue récente dans le monde du travail me fait décourvrir dans ce microcosme parisien combien chacun ne pense qu’a lui et combien l’individualisme qui animent les grandes villes me fait peur.

              Mais ce qui me rassure est le fait que ceux qui parlent aujourd’hui sont ceux qui on vécu les 30 glorieuses et autres périodes ou les temps parraissaient plus glorieux et qui voit le monde, que la société a toujours dit qu’elle n’irait qu’en s’ameliorant, qui à un avenir pas si rose que prévu.

              Aujourd’hui la jeunesse n’a jamais été autant apte à réagir plus vite, à pensé plus vite, à s’adapter plus vite car aucun jour ne sera le même qu’avant. Auparavant travailler 10 ans dans la même entreprise était le standart, aujourd’hui on sait que rester 5 ans dans la même boite est bien rare pour les moins de 30 ans. Est-ce un bien , un mal ? Des 2 surement. Quoi qu’il en soit les jeunes sont au fond d’eux confiant en leur capacités et savent sur quoi demain sera fait, savent que beacoup de sacrifice seront à faire pour concillier planete et humanité grandissante.

              Beacoups de nous ont grandi avec une consideration de l’environnement, moins en France mais beaucoup dans d’autre pays d’europe (Allemagne, Danemark en particulier) et en Amérique du Nord. Ainsi quand cette jeune génération arrivera au pouvoir, j’ose espérer que l’environnement leur sera présent en tete et qu’il comprendront que se soucier des conséquence pour la planete de leurs actions leur permettra pas forcemetn un meilleur profit à court terme mais certainement un gain ou une enorme non-dépense pour l’avenir.


              • prgrokrouk 24 mars 2007 17:22

                Moi j’ai bientôt 50ans. Vous dites : « la société a toujours dit qu’elle n’irait qu’en s’ameliorant ».

                Le Travail comme idée ne va pas ou introduit de fausses perspectives.

                Le vrai travail est toujours moins payé que celui qui le regarde, qui note ou qui signe. Et c’est celui-là qui a une (bonne) feuille de paie. Ainsi que des droits et des justificatifs.

                Comme on fait faire n’importe quoi... ça ne rapporte pas autant que cela coûte (et la dépense est faussée aussi). C’est le fond du problème.

                Et tant de gens qui ne sauraient quoi faire sans autorité.

                Ce serait facile d’arranger ça : demain on efface tout et on (ne) recommence (pas). Je n’ai trouvé personne...


              • Kilroy (---.---.63.175) 21 mars 2007 11:16

                La production agricole est totalement dépendante de l’énergie (pétrole et gaz). La mécanisation à permis d’augmenter fortement les rendements après la guerre (et de diviser le nombre d’agriculteurs par 10) Les engrais azotés sont fabriqués avec du gaz naturel. La production de pesticides nécessite aussi des ressources énergétiques.

                La fin de l’énergie abondante et pas chère risque d’améner une baisse des rendements importante et notre secteur agricole (et celui de tous les pays occidentaux) pourrait se retrouver à terme dans la même situation que celui... de la Corée du Nord.

                Source : http://wolf.readinglitho.co.uk/francais/fpages/fagriculture.html

                Autre réflexion : l’agriculture contribue de façon importante à l’effet de serre, mais elle sera une des premières victime des changements climatiques. Les problèmes d’irrigation que l’on connait en France depuis quelques années sont un avant goût de ce qui nous attend.


                • thirqual (---.---.57.64) 21 mars 2007 11:33

                  Ma souris a chourfé, je vous ai malheureusement mis un -1 au lieu d’un +1. Désolé. Il est indéniable que l’industrie agroalimentaire permet de transformer des hydrocrabures en aliments. A moins de modifier les comportements agricoles (et il va falloir de la main-d’oeuvre si on veut maintenir la production) on va droit dans le mur.


                • Nono Ladette Nono Ladette 21 mars 2007 11:24

                  Merci pour vos commentaires, je retiens deux éléments à ajouter à mon analyse :

                  un facteur atténuant : le réchauffement climatique permettra aussi de cultiver plus dans les pays les plus au nord

                  un facteur aggravant : les angrais et pesticides étant dépendants de produits pétroliers, ils deviendront de plus en plus chers.

                  Je ne retrouve pas en bas de l’article l’adresse de mon blog :

                  WWW.NONALADETTE.FR

                  Merci de m’y rendre visite et de laisser des commentaires smiley

                  Nono Ladette


                  • 19 (---.---.218.22) 25 mars 2007 21:38

                    Quand les eaux auront montées, ce sont les pays émergents qui survivront...(c’est de l’humour noir !) 19 smiley


                  • Stephane Klein (---.---.19.227) 21 mars 2007 13:16

                    Quel dommage, vous oubliez d’analyser le facteur bio-energetique justement qui tendra a tirer plus encore les prix agricoles vers le haut (voire le prix du mais au Mexique p .ex.).


                    • Nono Ladette Nono Ladette 21 mars 2007 13:21

                      Vous n’avez pas lu jusq’au bout, j’ai bien dit que les bio-carburants c’était « la bombe qui va amplifier la tendance de fond » !


                    • (---.---.216.246) 21 mars 2007 13:32

                      « un facteur atténuant : le réchauffement climatique permettra aussi de cultiver plus dans les pays les plus au nord... » si on considère qu’il n’y aura pas d’arrêt du Golfstream dans les décennies à venir. Sinon, il ne restera plusqu’à nos chers descendants qu’à rapidement se transformer en Inuits.


                      • Leonard (---.---.36.15) 21 mars 2007 13:40

                        Les prix du pain, de la biere et des fruits et legumes ont augmente en ireland tres recement pour cause produits agricoles plus cher. Mince alors, ca fait beaucoup ! 5c sur la pints a Temple Bar !! ozarm !! smiley


                        • Nono Nono 21 mars 2007 14:31

                          @ Nono Ladette,

                          Article intéressant. Tout à fait d’accord avec le contenu et la conclusion.

                          Cependant, en France, Il ne faut pas oublier les filières des « circuits courts » qui se développent de plus en plus. Filières qu’il faut encourager pour plusieurs raisons :

                          Qualité des produits frais, le moins de transport possible donc une logique d moindre dépense énergétique, court-circuit salutaire des intermédiaires donc plus de spéculation et prix bas, accessibilité des produits de qualités à des populations de plus en plus précarisée...

                          Initiatives trans-rurales

                          Des fermes de cueillette directe existent et se développent un peu partout en France et même tout autour de la région parisienne. Essayez, cela vaut le détour.

                          Exemple

                          Cordialement

                          Noah Norman


                          • ZEN zen 21 mars 2007 14:49

                            @ Nono

                            Oui, il faut développer cette voie, en renouant avec le passé et en court-circuitant la grande distribution.Ce que je fais moi-même en achetant local.Un chou-fleur à la ferme coûte deux fois moins cher qu’au super marché...


                          • Marsupilami Marsupilami 21 mars 2007 15:00

                            @ Nono et Zen

                            Tout dépend comment sont gérés les circuits courts. Si c’est d’une manière purement individuelle, cela peut aboutir à un accroissement de la pollution si les petits producteurs et les consommateurs utilisent tous des bagnoles, gaspillant ainsi plus d’essence qu’un camion de la grosse distribution. J’ai lu je ne sais plus où un article là-dessus. Si je me rappelle bien, la distance critique est d’environ 30 km.

                            Il vaut mieux donc se ravitailler au marché auprès de petits producteurs locaux que d’aller à la ferme, même si c’est plus cher. Ou privilégier les distributions AMAP collectives (en évitant de prendre sa bagnole pour aller chercher son panier AMAP au point de distribution bien entendu...).


                          • Nono Ladette (---.---.28.230) 21 mars 2007 15:09

                            The Economist avait écrit là-dessus il y a qq semaines.

                            Ils ont dit aussi que les produits bio ayant des rendements moindres à l’hectare, ils nécessitent plus de surfaces et donc de déforestation.

                            On semble dans une impasse, une limte : la taille de la planète et sa quantité d’eau douce disponible !


                          • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2007 15:27

                            @marsu

                            pas de problème , le marché du samedi est à 500m à pied de chez moi , faudrait être dingue pour prendre sa bagnole ! il y a à fos un petit producteur qui vend de multiples variétés de pommes contrairement au supermarket, vive la diversité !et moi je vais à pied faire des courses jusqu’à 2km sans problème ,car en plus d’être non polluant c’est l’occasion en plus de promener le chien .. smiley


                          • Marsupilami Marsupilami 21 mars 2007 15:39

                            @Le Chat

                            Un chat qui promène son chien : on aura tout vu !

                            Mon cas personnel (donc pas généralisable) est encore meilleur que le tien : j’habite juste à côté du marché, je connais tous les petits producteurs locaux qui ne déconnent pas avec la terre et je ne m’approvisionne que chez eux en fruits et légumes de saison. Si c’était plus loin je ferais comme toi : j’irais à pied, vu que je ne me déplace qu’à pied (et transports en commun quand c’est nécessaire).

                            @ Nono

                            L’article que tu évoques - et que j’ai lu - n’était pas vraiment écolo, c’est le moins qu’on puisse dire, mais il avait le mérite de poser le problème paradoxal que peuvent poser les circuits courts.


                          • Nono Nono 21 mars 2007 17:03

                            @ Zen, Marsu, Nono Ladette, Le Chat,

                            @ Zen,

                            Salut Zen. Et l’Egypte ? As-tu fais un bon voyage ? A trois semaines près, on aurait pu se rencontrer pour vérifier les cartes de E. Mourey... smiley

                            En ce qui concerne les circuits courts, cela fait plus de 10 ans que j’y me fournisse et jamais déçu.

                            Hors vélo (pas en carbonne), un carré de 100 m2 de jardin 100% bio.

                            @ Marsu,

                            Bravo pour tes articles que j’ai lu hier seulement.

                            Tout à fait d’accord avec toi sur les distances et les déplacements en voiture. Au fait, il y a plusieurs formes de ces circuits directes « Producteur Consommateur » : Cueillette à la ferme, Lieu de distribution local, Livraison...Les points AMAP dont tu parles et qui sont super bien pratiques.

                            D’autre pat, qui ne prend pas sa voiture, aujourd’hui et surtout dans les moyennes et grandes villes ou le milieu rural, pour aller aux hypers et supers du coins qui sont souvent en périphérie ?

                            Ne pas oublier tous les denrées alimentaires (cultivables en France au lieu de mettre des terres en jachère...) Entre autres, les tomates, salades, fraises...qui viennent de l’Espagne ou du Maroc, voir de l’Afrique ou d’ailleurs.

                            @Nono Ladette,

                            D’accord sur la question bio mais j’ai parlé essentiellement de la culture traditionnelle, du moins là où je me fournisse depuis longtemps, même si je prends souvent du bio par convictions personnelles.

                            Il est vrai que le bio reste relativement cher.

                            Concernant les terres cultivables : En France, nous ne sommes pas en manque. Au lieu d’encourager la mise en jachère massive (Europe ?!), il vaut mieux subventionner les cultures essentielles. Ailleurs, en Afrique par exemple, une culture traditionnelle leur suffit largement. Je viens de lire (Fréquentant peu Avox) un bel article de Marsu sur la culture de maïs et le prix de tortillas qui est édifiant.

                            D’accord aussi pour la déforestation. Mais on pratique bien la déforestation pour cultiver du maïs OGM afin de produire de l’éthanol (La grosse blague US...Mais là c’est un autre sujet)

                            Problème de l’eau ? D’accord aussi si ce n’est qu’aujourd’hui on peut trouver sur l’étal d’un hyper des salades cultivées en Afrique ! Si je la paie 1 €, je ponctionnerai 50 litres d’eau à un pays où l’on meurt déjà de soif... !

                            @ Le Chat,

                            Ah, les pêches du Crau, nectarines et abricots, un régal ! On en trouve aussi sur le marché de Miramas ou d’Aix. smiley

                            Au fait, ce que je voulais dire c’est qu’il y a toujours des alternatives à ne pas négliger et à encourager.

                            Effectivement, l’exemple de la ferme que j’ai donné n’est pas top ni écolo mais, pour l’avoir visitée, j’ai trouvé que le concept de cette ferme est du moins original pour sa modernité.

                            Bien à vous tous,

                            Noah Norman


                          • (---.---.52.117) 21 mars 2007 20:47

                            Sauf que vous oubliez qu’aujourd’hui les gens font des dizaines de km en voiture pour aller dans les grandes surfaces. C’est simple dans mon village (4500 habitants), nous avons des gens qui font plus de 50 km allée et retour pour y aller. Alors on peut dire que le problème existe déjà et ne se rajoute pas. Je serais curieux d’avoir une étude sur le nombre de km/an fait par les français pour se rendre dans ce type de commerce. Cela doit être assez hallucinant tant en terme de pollution, que de coûts.


                          • Marsupilami Marsupilami 21 mars 2007 14:51

                            Très bon article.

                            Une seule critique, de forme : plutôt que d’utiliser le terme de « biocarburants » (ils sont effectivement biologiques mais n’ont rien de « bio », il vaudrait mieux parler d’« agrocarburants ». Pour info, j’avais traité dans un article des problèmes alimentaires posés par l’éthanol de maïs au Mexique.

                            A noter aussi que le problème de la diminution des terres agricoles ne pourrait se résoudre, étant donné l’accroissement démographique, que par le développement d’un urbanisme « en hauteur » alors que nous faisons exactement l’inverse en développant partout des zones pavillonnaires plates donc bouffeuses d’espace rural.

                            Quand est-ce qu’on va arrêter de faire des conneries ?


                            • TCHOO (---.---.132.251) 21 mars 2007 14:56

                              « Les pays développés subventionne tellement leurs agriculteurs que ceux-ci déversent leurs produits dans le monde entier à des prix bas » Quelle vision technocratique de l’économie agricole avez-vous ?

                              Je vous propose de tenir ce genre de discours devant un parterre de maisiculteurs du ud uest qui vendaient il y a 20 ans le quintal de maïs entre 18 et 23 € et qui aujourd’hui sont rendu péniblement entre 8 et 10€. Résultat, augmentation des surfaces par exploitation, irriguation à outrance, tout cela pour même pas arrivé au revenu d’il y a 20 ans. Que l’agriculture productiviste arrive dans un impasse est une réalité, car on ne peut compenser indéfiniment par la productivité la baisse des prix à la production. Les subventions (en dehors d’une frange marginale qui c’est organisée pour en profiter) sont une humiliation pour la majorité des agriculteurs, qui préfèreraient vivre décemment de leur production et rien que de leur production.


                              • Nono Ladette (---.---.28.230) 21 mars 2007 15:15

                                Tchoo, on ne compense pas la baisse des prix par la productivité, c’est la productivité qui, par définition, permet la baisse des prix (lisez Fourastié sur le sujet).

                                Loin de moi l’idée de dire que les agriculteurs sont des profiteurs. C’est évidemment très difficile de ne plus pouvoir vivre d’un travail qui était auparavant rémunérateur. Mais cette productivité profite à tous, elle enrichit le pays.

                                Enfin, les perspectives de hausses de prix justifient d’arrêter très vite les subventions car les prix redeviendront suffisemment rémunérateurs d’eux-mêmes. Et très bientôt, les agriculteurs pourront re-vivre de leur production.

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