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Accueil du site > Actualités > Environnement > La fin du pétrole, une bonne affaire pour l’environnement (...)

La fin du pétrole, une bonne affaire pour l’environnement ?

Certains espèrent qu’un pétrole à plus de 75 $ le baril entraînera un ralentissement de la consommation de combustibles pétroliers (carburants...), et donc une réduction d’émission de gaz à effet de serre. C’est oublier un peu vite qu’il est facile, et rentable, de produire des carburants « pétroliers » à partir d’autres sources, quasiment inépuisables à notre échelle de temps.

La grande affaire de notre époque, dans les milieux écologistes, est le réchauffement climatique. Il est communément admis que celui-ci est en grande partie causé par les fortes émissions de gaz à effet de serre par l’humanité, depuis deux siècles, surtout depuis les années 1920.

Beaucoup se réjouissent donc de l’augmentation importante du prix du brut depuis quelques années (passé de quelque 20 $ le baril il y a 5 ans à 75 $ ces derniers jours). Je ne reviendrai pas sur les causes multiples, et sans doute durables de cette hausse (croissance mondiale et surtout asiatique, investissements insuffisants, épuisement de certains gisements, situation internationale propice à la spéculation, coût de revient en hausse, etc.). Quels que soient les experts concernés, tous parlent maintenant du « pic de production » comme étant plus ou moins proche, et en tout cas prévu dans le courant de ce siècle.

Et l’on reparle de solutions alternatives aux carburants fossiles, en espérant que cette hausse des prix et la future pénurie freineront la consommation, diminuant les fameuses émissions de CO2, limitant ainsi le réchauffement de la planète. Qui de présenter sa voiture hybride électrique/moteur thermique, qui de relancer le nucléaire, etc.

L’ennui, c’est qu’il n’est pas sûr du tout que le déclin, ou même la fin du pétrole fasse nécessairement de nos moteurs à explosion des machines du passé. En fait, une information intéressante prouve même le contraire : en tant que chercheur en chimie, je collabore de manière suivie avec l’Afrique du Sud. Pour résumer, la chimie dans ce pays est essentiellement représentée par la société Sasol.

Sasol est riche, très riche. Elle est devenue depuis la fin de l’Apartheid une multinationale gigantesque, avec une capitalisation boursière de plus de 17 milliards de $ (à comparer, par exemple, avec Total, 100 milliards environ). Et que vend cette société ? Du pétrole ?

Non, Sasol vend surtout des produits de synthèse fabriqués à partir de... charbon. Le principe du procédé utilisé, le Fischer-Tropsch, n’est pas vraiment nouveau. Des chimistes allemands des années 1920 à l’industrie de guerre du IIIe Reich, on apprend dans les articles bien renseignés qu’il a été abandonné car « non rentable », après guerre.

Seulement voilà, l’Afrique du Sud de l’Apartheid a, pour diverses raisons, dès les années 1950, investi des moyens importants pour reprendre le procédé Fischer-Tropsch, et en faire une application industrielle à l’échelle d’un pays semi-développé de 40 millions d’habitants. Jusqu’à la fin des années 1980, le pays étant sous embargo, Sasol fournissait l’ensemble des moteurs thermiques du pays (jusqu’aux moteurs des avions) en carburant de synthèse. Depuis la fin du régime raciste, l’explosion de l’automobile, maintenant accessible à l’ensemble de la population qui en a les moyens, a provoqué une forte importation de pétrole. Cependant, Sasol continue de fournir environ la moitié des carburants consommés dans le pays. Mieux, certains d’entre eux, par exemple le gazole, peuvent être exportés. Ce gazole de synthèse permet, en coupant les gazoles de pétrole, de diminuer la concentration de soufre, dont les normes admissibles diminuent chaque année. Si vous conduisez un diesel, il est probable qu’une (petite) partie de votre gazole provient de mines à ciel ouvert de charbon de Secunda, non loin de Johannesburgh...

Il est remarquable aussi que ce procédé s’applique aussi au gaz naturel.

Lors des premiers contacts que j’ai eus avec cette société, à la fin des années 1990, j’ai appris que les carburants de synthèse vendus devenaient rentables pour Sasol quand le prix du baril de pétrole (fixant celui des carburants) dépassait 20 $. On comprend donc aisément que Sasol ne soit pas à plaindre depuis quelques années. Cette société investit de plus en plus, grâce à ses bénéfices, en particulier en Chine. Elle propose aussi ses services en tant que société d’ingénierie, pour monter une usine Fischer-Tropsch clé en main, comme cela a été fait en Algérie et au Texas, par exemple. On voit que ce procédé dont personne ne parle est en plein développement. Il permet d’obtenir des carburants plus purs : pas de soufre, benzène, ni autres impuretés difficiles à éliminer totalement quand les carburants sont produits par raffinage du pétrole. Mais les raisons de son développement sont plus simples :

- les produits sont rentables, qu’il soient synthétisés à partir de gaz ou de charbon
- les réserves de ces deux sources de carbone sont sans commune mesure avec celle de pétrole (on parle de plusieurs millénaires de réserves, à la consommation actuelle).

Il faut donc conclure que les lois du marché ne feront rien pour ralentir « naturellement » les émissions de CO2. Lorsque le pétrole deviendra trop rare ou trop cher, la production de carburant de synthèse augmentera, c’est tout.

NDLR : A lire aussi sur ce sujet, dans la nouvelle rubrique "Extraits d’ouvrages", l’article d’Eric Laurent : L’imposture du choc pétrolier de 1973


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46 réactions à cet article    


  • (---.---.28.240) 2 mai 2006 11:01

    Faut t’il s’en réjouir ou pas ? Trouver une alternative au pétrole c’est bien. Une alternative qui produit beaucoup de CO2 là, c’est beaucoup moins bien.

    Vous terminez votre article de façon rationnel. Ce n’est pas le capitalisme libéral qui fera disparaitre le CO2.


    • Fred (---.---.155.75) 2 mai 2006 15:17

      non le capitalisme liberal ne fera pas disparaitre le CO2 pas plus que le socialisme, le communisme, le fachisme...


    • Talion Talion 2 mai 2006 11:37

      Article très intéressant qui permet de remettre au goût du jour cette technique pourtant ancienne.

      Merci de l’avoir écrit.


      • Jean Pierre An Alré (---.---.104.192) 2 mai 2006 23:25

        Oui c’est connu, mais ne faut-il pas plus d’énergie pour produire ce pétrole que ce qu’il est capable de fournir en brulant ? Autrement dit, si on a besoin de pétrole en tant que produit chimique et qu’on a pas de pétrole, c’est une bonne idée d’en synthétiser, mais ce n’est pas faisable pour en retirer de l’énergie.

        C’est une loi qui doit s’appeler je crois « loi de la conservation de l’énergie » ou un truc comme ça...

        JP


      • steph (---.---.156.166) 12 mai 2006 20:58

        JP,

        l’interet essentiel dans la production d’essence par ce procede n’est pas de produire ou pas de l’energie, mais de STOCKER de l’energie dans un produit flexible, facilement transportable et utilisable pour les transports en particuliers : c’est-a-dire du petrole ou de l’essence.

        L’une des clefs du probleme de l’energie est la question de son stockage. Car a part le petrole, le charbon ou le gaz (fossile).... Peut-etre bientot utilisera-t-on la production d’hydrogene ?


      • Henry Moreigne Henry Moreigne 2 mai 2006 12:00

        Cet article est effectivement trés interessant. Avez vous des infos sur les conséquences environnementales de la production de ce pétrole synthétique ?


        • Vanou (---.---.142.185) 2 mai 2006 19:40

          A ma connaissance, les risques pour l’environnement ne sont pas fondamentalement différents de ceux d’une rafinnerie de pétrole. C’est de l’industrie lourde, en chimie...


        • Marsupilami (---.---.183.75) 2 mai 2006 12:01

          Très intéressant. Merci pour cet article. Espérons qu’on passera aux travaux pratiques à grande échelle et pas trop tard...

          Houba houba !


          • Cassandre (---.---.112.101) 2 mai 2006 12:17

            Pas moyen d’éviter la catastrophe climatique sans augmenter volontairement le prix des énergies fossiles par la fiscalité : on ne peut compter sur la raréfaction des ressources ni sur la hausse des prix du marché.

            Lire « Le plein s’il vous plaît » de Jancovici et Grandjean si vous n’avez pas encore compris ça tout seul.


            • (---.---.23.177) 2 mai 2006 14:08

              Si avec l’ethanol. La solution choisie par le Bresil qui elle aussi est pafaitement rentable.

              .


            • Bob Marone (---.---.139.12) 2 mai 2006 17:43

              Oui, en rayant la forêt amazonienne de la carte et en utilisant des esclaves pour récolter la canne à sucre...


            • Mimo (---.---.164.104) 24 février 2007 22:40

              Les piles à combustible et les biocarburants sont des solutions illusoires.

              La fin du petrole

              Une estimation crédible, nous aurions une production de pétrole limitée à 80 % dans 12 ans et à 50 % dans 20 ans, comparée à celle d’aujourd’hui.


            • Fabrice Fabrice Duplaquet 2 mai 2006 12:53

              Les lois du marché sont actuellement faussées par l’absence d’investissement en matière d’énergie renouvelable. Tous va basculer lorsque la masse critique de la production et de la consommation d’énergie verte rendra celle-ci rentable. Dans les 5 ans qui viennent.

              Le charbon c’est le passé car polluant, difficle d’extraction et limité dans le temps. Savez-vous que l’on peut, comme les USA le font, produire de l’hydrogène avec du charbon et donc cette énergie propre n’en serait, par définition, plus une (http://www.agoravox.fr/ecrire/articles.php3?id_article=6992). Mais il serait aussi suicidaire de ne pas laisser une place aux autres sources énergétiques comme le charbon mais cette ressource est épuisable alors que le vent, le soleil et les marées devraient lui survivres de quelques milliards d’années.


              • Kelsaltan (---.---.178.45) 2 mai 2006 12:56

                Merci pour votre article. Ce que j’ai trouvé en complément, indique que ce carburant rejette moins de particules (plus propre ?), mais dans quelles proportions ?


                • Vanou (---.---.142.185) 2 mai 2006 22:42

                  Pas de quoi.

                  Le complément que vous présentez est intéressant aussi, mais il émane de l’Institut Français du Pétrole. De ce fait, il met plus en avant une certaine facette du procédé (le Fischer-Tropsch à partir de gaz naturel de Shell). Il est assez amusant de lire un texte entier sans voir le nom de Sasol, et assez significatif de mettre en avant une unité Shell de 12500 barils/jour, alors que Secunda 1 (de Sasol, près de Johannesburg) en produit 12 fois plus... Mais il est difficile de se défaire d’une certaine condescendance européenne quand on parle de l’Afrique du Sud...

                  En ce qui concerne la propreté des carburants synthétiques, c’est effectivement le cas. J’ai évoqué l’absence totale de souffre dans le gazole, mais d’une manière générale, la composition est bien mieux contrôlée que par raffinage (absences d’aromatiques, etc.), quoi que puisse en dire l’IFP...


                • zoï (---.---.58.60) 2 mai 2006 13:35

                  Et où se trouvent les principaux gisements de charbon ? Il paraît que la Chine en possède pour des siècles et des siècles. Bref, du mouron pour les G.Bush du futur.


                  • Ark EvoluVeur Ark 2 mai 2006 13:51

                    Nous continuerons donc vers la technologie optimale du moteur à explosion ; la grande suprématie de l’industrie automobile (en Fr) notamment est toujours aussi puissante, Et sans changer d’orientation philosophico-politique, nous continuerons à financer ces entreprises optimisées pour le développement durable (voir cycle des véhicules et de leurs fins de vie). Nous avons aussi aux US une voix qui n’apparait sur aucun média européen. Peut-être cela pourra réveiller quelques correspondants familiaux expatriés là-bas pour vérifier sur place : cette initiative fait partie d’une démonstration pour l’autonomie énergétique (négociée avec le gvt) pour les particuliers (sinon ils ne pourraient pas le faire) : je vous laisse découvrir et m’en dire vos recherches : ça se nomme befreetech. http://www.befreetech.com Et malgré leurs « bazars », j’ai vu effectivement des démos video de leurs turbines électromagnétiques AUTONOMEs. ça n’est pas de l’anergie perpétuelles...mais ça marche plutot bien...j’nevisage un prototype bientot... le truc c’est que cela ne doit pas être breveté, donc tomber dans le domaine public...cela fait oeuvre dans le même sens que ce qui se transforme actuellement socialement avec les outils web. Nous avons le choix entre continuer dans notre monde de consommation merveilleux ou bien ? de toute façon, nos volontés étant données à nos représentants politiques, ne rien en dire, et attendre ...revient à cautionner ce « pollutisme ».


                    • jb (---.---.11.61) 2 mai 2006 16:54

                      Ca m’a l’air complètement bidon ce truc !


                    • jb (---.---.11.61) 2 mai 2006 17:06

                      Il semble qu’il existe de nombreuses façons de créer des carburants alternatifs (huile de colza, alcool...). Mais je ne suis pas d’accord avec l’analyse de l’auteur de cet article qui en déduit que cela n’affectera pas notre consommation. Il oublie un aspect économique majeur : Ce n’est pas le prix de revient qui dicte le prix mais la capacité de production de l’offre face à la demande. La société sud-africaine citée dans cet article ne sera pas en mesure d’approvisionner le marché mondiale, aucune solution alternative ne le sera. Savez-vous que pour approvisionner la France en biocarburant, il faudrait le cultiver sur une surface égale à 5 fois la superficie de la France ? Le prix du pétrole et des solutions alternatives (le gaz et les dérivés de charbon) continura de croitre et attendra un seuil qui obligera l’automobiliste à changer ses habitudes. Les routes et autoroutes seront remplacées par des voies ferrées, seule solution de remplacement aujourd’hui sérieuse.


                    • Vanou (---.---.142.185) 2 mai 2006 23:00

                      jb, il faut lire, et ne pas confondre le prix de revient (coût de production), lié à l’investissement et aux coûts de fonctionnement (matière premières, salaires, etc.) et le prix de vente, effectivement lié au marché.

                      Dans le cas des carburants synthétiques de Sasol (à partir de charbon), le coût de production correspond à celui du raffinage d’un pétrole à 20 $ le baril. Par ailleurs, Sasol n’est plus seulement Sud-africaine, c’est devenue une multinationnale. Enfin, le procédé est connu de Shell et des autres multinationnales du secteur, qui investissent énormément dessus en ce moment, en particulier en Norvège.

                      Je n’ai pris l’exemple de Sasol que pour montrer que ce qui a été fait à l’échelle d’un pays peut l’être à l’échelle mondiale.


                    • Jo Le Guen Jo Le Guen 18 mai 2006 10:30

                      Vous écrivez : « Dans le cas des carburants synthétiques de Sasol (à partir de charbon), le coût de production correspond à celui du raffinage d’un pétrole à 20 $ le baril. »

                      Vous parlez d’un coût de raffinage de 20$ le baril ou d’un prix de vente de 20$ le baril ?


                    • Vanou (---.---.142.185) 22 mai 2006 21:11

                      Jo, Il s’agit d’un barril à 20$ (cours du pétrole à la vente).


                    • Stan (---.---.109.8) 29 mai 2006 09:47

                      Sauf qu’il faudrait produire 84 MILLIONS de barrils / jour au rythme actuel de consommation (en fait, 120 mb/j en 2020). Ca va en faire du charbon à extraire (vous êtes prêt à redescendre dans les mines ?) et à transformer. Et cette industrie qui produit un carburant moins sale est extrêmement polluante en CO2.

                      Le CTL n’est pas la solution.


                    • Vanou (---.---.142.185) 4 juin 2006 23:52

                      Stanle, Je ne sais plus si je l’ai écrit dans une de mes réponse, mais l’unité de Secunda produit actuellement 0,2 Mb/j actuellement, ce qui est du même ordre qu’une raffinerie de bonne capacité. De plus, il ne faut pas confondre la production de brut (effectivement > 100 Mb/j d’ici peu, du moins pour la demande, mais l’offre suivra-t-elle ?), et la production de raffinerie. Ceci étant, encore une fois, tout dépend du prix de vente du produit. En Afrique du Sud, avec des coûts d’extraction bas (surtout à cause des mines à ciel ouvert), le charbon est valorisables en CTL à un prix équivalent pétrole à 20€/barril. Mais ailleurs, il le deviendra vite, car je vous rappelle que le barril est maintenant > 60 $, et n’est pas prêt de redescendre... Enfin, n’oublions pas que le FT n’est pas limité au charbon. Le gaz naturel est aussi une excellente source de carbone.

                      La pollution en CO2 me pose question, d’où tenez-vous cette idée ? Dans le procédé, on met tout en œuvre pour que le C soit converti sous forme CO + H2 (reformage), en évitant au maximum de relacher du CO2.


                    • Aimé (---.---.90.75) 2 mai 2006 14:07

                      Article très interessant qui montre encore une fois que les choses ne sont jamais aussi simple qu’on voudrait nous le faire croire...


                      • (---.---.23.177) 2 mai 2006 14:11

                        finalement on va ouvrir a nouveau nos mines de charbon qui depuis sont devenues rentables.


                        • Stan (---.---.109.8) 29 mai 2006 09:49

                          Et qui va vouloir descendre dans les mines ? Pour quel salaire ? Ce qui va porter le prix d’un barril de pétrole à quel prix ?


                        • aigle94 (---.---.13.146) 2 mai 2006 14:33

                          Alors que le pétrole ne cesse de grimper (plus de 74$ le baril aujourd’hui - nous somme bien au cœur d’un 3ème choc pétrolier selon l’économiste Philippe Chalmin), les biocarburants et les énergies renouvelables ont à nouveau « la côte ». Plusieurs rapports parlementaires viennent d’ailleurs d’être publiés sur le thème plus général de la lutte contre l’effet de serre.

                          Une des solutions préconisées par ces différents rapports passe par la valorisation de la biomasse. Le Ministère de l’agriculture a même organisé le 6 avril dernier un colloque sur le thème « la valorisation de la biomasse : une nouvelle dynamique pour l’agriculture française »

                          Il existe trois grandes valorisations de cette dernière :

                          • Les bio-énergies, qui regroupent les carburants de 1ère génération (utilisation partielle du végétal : huile, sucre) et 2ème génération (utilisation du végétal dans son intégralité), l’électricité et la chaleur (bois-énergie, paille-énergie)

                          • Les bio-matériaux, qui ont comme enjeu majeur de remplacer les plastiques actuels par des bioplastiques 100% biodégradables, par association de fibres végétales aux polymères (ex : plastique à base d’amidon) ou encore développer de nouvelles solutions pour le bâtiment (parpaing en chanvre, revêtement des rues)

                          • Les bio-molécules, qui permettent le remplacement des produits issus de la chimie de synthèse par des molécules respectueuses de l’environnement (tensio-actifs « verts »...).

                          L’actuel Gouvernement a commencé a initié une politique de la valorisation de la biomasse au travers de trois axes : • un plan biocarburants (en vigueur) ; • un plan biocombustibles (annonce d’ici l’été) ; • un plan biomatériaux (prévue avant la fin 2006).

                          Mais ces louables intentions sont fortement freinées :

                          • par les lobbies : les compagnies pétrolières font tout pour limiter cette nouvelle concurrence (ils osent même dire que la hausse de l’essence est due à l’incorporation de biocarburants). Charles de Courson, député Udf de la Marne, est d’ailleurs intervenu lors du colloque du 6 avril pour se féliciter que de nombreuses unités de biocarburants soient « contrôlées » par des coopératives agricoles, empêchant ainsi, toute tentative d’OPA pour « tuer la concurrence » dans l’œuf" ;

                          * par la fiscalité : aujourd’hui si vous vous chauffez au gaz, vous payez une TVA de 5,5%. Si vous êtes branchés sur un réseau à base d’énergies renouvelables (bois, paille, biogaz), votre TVA sera de 19,6% ! Suite à l’entrée en vigueur d’une directive européenne, la France a la possibilité de baisser ce taux de TVA. Un amendement a été déposé au Parlement dans ce sens. Alors Mesdames et Messieurs les députés, un peu de courage !

                          * par la réglementation : en Allemagne l’obligation d’utiliser des biolubrifiants pour les chaînes de tronçonneuses pour tous les travaux sylvicoles a permis l’éclosion d’une filière qui produit 50.000 T de biolubrifiant par an. En France, on n’en produit que 1.000 T.

                          Par ailleurs, un des enjeux majeurs, soulevé réside dans la pérennité et dans l’organisation des sources d’approvisionnement de ces nouvelles filières. Le monde agricole et surtout les coopératives agricoles auront donc un rôle essentiel à jouer. C’est également un moyen d’aménagement du territoire, de pérennisation de notre agriculture face aux « coups de boutoir » de la mondialisation et de la réforme de la Politique Agricole Commune (dans le cadre d’une production « raisonnée » bien entendu) et de création d’emploi en milieu rural (exemple de projet de chauffage collectif approvisionné par des coopératives forestières - bois / énergie - et/ou céréalières - paille / énergie).

                          De même, au niveau biomatériaux et « chimie verte », de nombreuses coopératives sont engagées dans ces démarches : plastique biodégradable (exemple du sac à sapin d’Handicap International réalisé par Biolice), tee de golf - réceptacle de feu d’artifice (Vegeplast / Vivadour), matériaux d’isolation - bioplastique entrant dans la composition de véhicules automobiles (AFT plasturgie / Chanvrière de l’Aube), huile et graines de Pastel (Coopérative de la plaine de l’Ariège), Filière « Chimie verte » en Midi-Pyrénées (Coopérative de la plaine de l’Ariège - Toulousaine de Céréales), etc..

                          Pour parodier un slogan bien connu : « on n’a pas de pétrole, mais on a de la biomasse » Encore faut-il que l’on ait le courage politique de créer les conditions de réussite de cette nouvelle filière du pétrole vert.


                          • Niconues (---.---.212.31) 2 mai 2006 14:54

                            D’autres solutions existent aussi... je cherche en vain à retrouver le nom de ce chercheur-homme d’affaire qui a séquencé la mer du nord, vend à tous va brevets et savoir-faire de son équipe, côté en bourse, et qui en dehors du fait qu’il soit plus en avance que nombre des plus grands labos au monde (notamment en terme de séquensage du génome) développe du pétrole en... accelerant le phénomèe naturel qui en quelques milénaires a permis au pétrole de se « fabriquer ». Il en vend, peu, cher, mais dans ce cas précis le solution offerte sera également bientôt rentable et n’apportera rien en terme de lutte contre le dérèglement climatique & co. bien au contraire.

                            La seule action positive qui pourrait venir du marché vient de la course à l’innovation en matière de motorisation, que la recherche doit soutenir, et comme le disent nombre de spécialiste, par une augmentation par anticipation du prix du pétrole afin de se donner les moyens d’agir efficacement.

                            Il devient riche le dossier « pétrole » d’agoravox !

                            nb : si quelqu’un a le nom de ce chercheur milliardaire, je suis preneur ;)


                            • eaglefoot (---.---.241.46) 2 mai 2006 15:38

                              je pense que c’est craig venter, et c’est la mer des sargasses, non ?


                              • shou (---.---.177.201) 2 mai 2006 16:12

                                Cet article est vraiment très intéréssant,seulement la réduction de CO2 en particulier n’est pas pour toute suite...


                                • José W (---.---.25.142) 2 mai 2006 17:10

                                  Article très intéressant, clair, professionnel.

                                  Il recoupe d’ailleurs certaines affirmations russes notamment selon lesquelles les réserves directes ou indirectes de pétrole (et/ou dérivés) seraient quasi sans limite, en tout cas à l’échelle humaine compte tenu des progrès de la civilisation.

                                  Ceci remet en perspective tout un discours soutenu par les grands médias et distillé par les grands lobbies...


                                  • 7827 (---.---.150.191) 2 mai 2006 20:27

                                    L’électricité sera le vecteur énergétique de référence du 21e siècle et autres ?. Tout d’abord il me semble que l’on n’a pas épuisé toutes les voies de recherche dans l’obtention d’un procédé qui permettrait la production d’électricité. A ce sujet il est intéressant de constater qu’une multitude de projets de production d’électricité offshore sont en développement. On pourrait remarquer que tous ces projets ne se focalisent que sur une production de type 100% renouvelable et non sur un mix entre renouvelable et combustible (attention par combustible ne pensez pas forcement à un solide ou liquide, gaz, habituel). L’avantage d’une technologie mix permettrait une production qui collerait à la demande à l’inverse des technos 100% altern, certains pourront me rétorquer qu’ils existent des moyens de stocker cette énergie (stockage inertiel etc.....). Donc la question fondamentale est Comment produire de l’électricité à partir d’une techno qui n’existe pas ? Et bien chercheurs à vous de trouver un procédé innovant produisant de l’électricité à un coût de 40€ le MW sans déchets et sans Co2.


                                    • éric (---.---.36.99) 2 mai 2006 20:28

                                      Le charbon et le gaz sont eux aussi des matières premières épuisables. Ces technologies dont vous nous parlez ne feront que retarder la fin des hydrocarbures, même de synthèse. Les « bio-carburants » ne sont eux aussi, pas plus crédibles, ils nécessiteraient un accroissement gigantesque des surfaces cultivées et une agriculture encore plus intensive à base d’engrais chimiques, de pesticides et herbicides. Ces cultures aggraveraient les problèmes de manque d’eau.

                                      Le problème pour la plenète n’est pas de trouver un carburant de substitution, mais de changer les modes de vies trop gourmands en energie.


                                      • Vanou (---.---.142.185) 2 mai 2006 23:06

                                        Eric, Il est parfaitement exact que charbon et pétrole ne sont pas inépuisables. Il faut cependant noter la différence d’échelle : là où les plus optimistes situent le pic de production de pétrole à la fin de ce siècle, celui des autres hydrocarbures est plutôt situé à la fin de ce... millénaire. Et d’ici là, je pense que d’autres sources d’énergies auront été découvertes, si toutefois l’économie ne s’est pas effondrée suite au réchauffement climatique.


                                      • Eric (---.---.123.208) 2 mai 2006 21:36

                                        Très bon article, synthétique. La question de l’après pétrole est posée.


                                        • zoï (---.---.58.60) 3 mai 2006 08:48

                                          Et sur l’hydrino comme alternative ? Certains scientifiques y croient, d’autres rejettent catégoriquement. Où en est le débat ? Y aura-t-il prochainement une réalisation expérimentale qui permettra de trancher ? J’ai lu là-dessus un truc dans le Courrier Internationnal, voici plusieurs mois...


                                          • www.jean-brice.fr (---.---.159.171) 3 mai 2006 09:36

                                            Si le 3ème choc pétrolier a et aura quelque influence sur l’environnement, il aura surtout comme conséquence un ralentissement général de l’activité, d’abord des pays consommateurs, mais à partir d’un seuil de prix (85 dollars ?), également de l’ensemble de l’activité mondiale. Une crise genre 1929 est loin d’être exclue ... Il vaut mieux s’y préparer !


                                            • Mars (---.---.245.81) 3 mai 2006 11:28

                                              Le Charbon jusqu’a la fin du millénaire on peut en douter.

                                              Avec une croissance mondiale de 3% et une augmentation considérable du niveau de vie des pays émergents nous risquons tout simplement de ne plus disposer de charbon exploitable en 2100 en prenants les risques d’un dérèglement climatique majeur bien avant. Mais 2100 ça dépasse peut-être les capacités d’abstraction du boursicoteur et de l’automobiliste de base. Ce dernier est d’ailleurs prêt à se raccrocher à tout pour ne surtout pas changer ses habitudes et les médias l’entretiennent dans ses illusions : « de toute façon on trouvera bien quelque chose d’ici là... » En attendant on peut parfois couper sa télé et certains de ses reportages sans contradicteur sur « la voiture à eau » (que l’on nous ressert chaque fois que le pétrole augmente) et aller consulter des sites comme celui-ci :

                                              http://www.manicore.com/


                                              • L’autre monde (---.---.178.8) 3 mai 2006 14:16

                                                Je suis tombé sur un article très intéressant. On y apprend qu’il est possible de produire un carburant synthétique à partir du charbon ou du gaz. Cela se base sur le procédé de Fischer-Tropsch. J’ignorais complètement l’existence de ce procédé.

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