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La gestion du risque cyclonique dans le monde

Malheureusement, le cyclone est encore au coeur de l’actualité, après "Katrina" à la Nouvelle-Orléans en 2005, c’est au tour de "Nargis" de faire parler de lui, en effet, il a dévasté le week-end dernier le sud de la Birmanie et fait plus de 22.000 morts et 41.000 disparus. Plutôt que d’écrire un article "banal" sur "Nargis", voyons de quelle manière est géré le risque cyclonique à travers le monde.

Depuis toujours, les sociétés humaines sont confrontées à de nombreux risques ou dangers potentiels qui peuvent aboutir, lorsqu’ils se concrétisent, à des catastrophes. C’est également le cas avec les risques naturels majeurs pouvant être d’origine climatique ou tectonique. Parmi, les risques climatiques, on retrouve le risque cyclonique qui est une très violente tempête dont les vents s’élèvent autour d’un centre de basse pression et atteignent jusqu’à 300km/h. Celui qui a plongé la ville des Gonaïves en Haïti, c’est-à-dire « Jeanne », nous a rappelé les effets des cyclones(éboulements, fortes pluies, inondations) dans des pays, qui, en plus d’être pauvres ont des facteurs naturels aggravants (haut relief, île). Nous pouvons constater que ce cyclone s’est produit dans un pays en développement (PED) alors que dans le passé, des cyclones similaires se sont avéré beaucoup moins destructeurs dans des pays industrialisés comme les Etats-Unis, en effet le passage d’ « Yvan », n’a causé aucune perte humaine à Punta-Gorda . Ainsi, la question qui nous vient à l’esprit est : En quoi les sociétés humaines sont-elles inégales face à ce type de risques ?

Identification et localisation du risque cyclonique

Le cyclone tropical est une très violente tempête dont les vents s’enroulent et s’élèvent autour d’un centre de basse pression ayant un diamètre d’environ 100km voire plus et une trajectoire Est-Ouest. Sa durée de vie est oscille varie de quelques jours à quelques semaines. Un cyclone est constitué d’un œil chaud et relativement calme entouré de vents violents et d’énormes nuages nommés « cumulo-nimbus ». Les effets que provoquent le passage d’un cylclone sont multiples : élévation du niveau de la mer (6-7 mètres maximum), fortes pluies, inondations,dégâts matériels, victimes, coût économique, coût social, éboulement dans les zones à haut relief. Un exemple concret des conséquences du passage d’un cyclone est « Katrina » à la Nouvelle-Orléans puisque le cyclone a provoqué une rupture des digues du lac bordant la ville et une élévation dun niveau de la mer alors qu’à la base, la Nouvelle-Orléans est une ville dont le niveau est inférieur à celui de la mer, c’est la raison pour laquelle, nous avons pu observer de fortes inondations, d’importants dégats matériels, des pertes humaines, ce qui a engendré un coût économique et social.

Le cyclone se développe uniquement dans les zones tropicales et sub-tropicales (« Katrina » est passé par la Nouvelle-Orléans qui est une zone sub-tropicale et « Charley » est passé sur l’île de Cuba qui est une zone tropicale). Il frappe les îles (Haïti avec « Jeanne ») et les littoraux en particulier sur les façades Est et Sud du continent américain. La localisation du risque cyclonique est donc très inégale sur la planète.

Facteurs naturels et humains des cyclones

Le cyclone est du à un aléa physique, les conditions requises pour la formation d’un cyclone sont les suivantes : eaux tropicales chaudes de surface (>26°C) couplées d’une pression très basse. La réunion de ces deux facteurs favorise l’évaporation qui elle-même entraine l’élévation de l’air pour provoquer de la condensation, ce qui aboutit à un enroulement des nuages autour de l’œil. La force de Coriolis (rotation de la Terre) provoque un sens des vents qui poussent le cyclone de l’Est vers l’Ouest, c’est pourquoi tous les cyclones suivent une trajectoire Est-Ouest. Il existe également des facteurs naturels aggravants comme le haut relief qui permet un ruisselement plus rapide des eaux de pluies engendrant des éboulements (« Jeanne » aux Gonaïves) ou encore la basse altitude sur les littoraux comme à la Nouvelle-Orléans.

Les facteurs naturels sont certes indispensables à la naissance d’un cyclone mais les Hommes aggravent le risque. En effet, 1/3 des Hommes vivent dans des zones à RNM (risques naturels majeurs), il existe donc une forte densité de peuplement dans ces lieux, la population concentrée sur les littoraux est donc plus vulnérable face au risque cyclonique (Floride). Ces fortes densités de populations dans les zones littorales sont liés à l’attrait de ces régions pour leur qualité de vie (climat ensoleillé, proximité des stations balnéaires…). Des secteurs économiques vivent également grâce aux littoraux comme le tourisme (océan…), l’industrie (proximité des ports facilitant l’exportation et réduisant le coût de transport) et la pêche.En amménageant le territoire, l’Homme aggrave les risques, en effet la déforestation entraine un ruisselement plus rapide des eaux. L’exemple d’Haïti illustre parfaitement la situation puisque c’est une île montagneuse et que les Hommes ont déboisé 98% de la superficie de l’île. Les ruptures d’aménagements humains peuvent également augmenté les risques (rupture des digues à la Nouvelle-Orléans). La concentration en CO2 et de gaz à effet de serre dans l’atmosphère liée à la pollution contribue également à l’accroissement du risque puisque le réchauffement climatique global a provoqué une diminution de 10% de la couverture neigeuse depuis 1960, une fonte partielle des glaciers entrainant une augmentation du niveau de la mer et enfin une augmentation de la température de 0.6°C depuis 1861.

Le risque cyclonique est donc dû à une dynamique externe de la planète. Cependant, les Hommes aggravent les risques par les évolutions démographiques (de plus en plus d’Hommes vivent sur les littoraux) et le développement économique et technologique.

La gestion du risque par les sociétés

Forcés de constater que les pays sont inégaux suivant leur niveau de richesse face à la gestion des risques, quels sont les moyens de prévision, prévention et d’intervention dont disposent les différents pays.

Bien évidemment, les pays industrialisés sont bien mieux préparé face au risque cyclonique que les pays en dévelopemment. En effet, les pays développés possèdent des outils permettant de surveiller l’aléa tels que des avions chasseurs et des outils météorologiques (satellites, capteurs marins) alors que les pays pauvres ne possèdent que peu de moyen.

Même constat au niveau des moyens de prévention, là encore les PI disposent de moyens que les PED n’ont pas : information, éducation, sensibilisation au risque, aménagements (digues, canaux, barrages), on observe donc un prévention multi-forme.Dans les moyens d’interventions, nous pouvons distinguer deux types de moyens : immédiats (forces de l’ordre, pompiers, aide humanitaire, services médicaux) et différés (la reconstruction prise en charge par l’Etat, les ONG internationales et les entreprise privées).

Les limites de la gestion des risques dans les PED sont nombreuses ainsi, on constate souvent une mauvaise gestion des moyens, les populations sont souvent sous l’emprise de la panique, il y a également des risques de corruption (construction sur terrains inondables pour baisser les coûts et des risques liés au mauvais entretien des aménagements. Dans les PMA, les limites sont encore plus grandes : défaut de technologie, de moyens, risque d’épidemies, sous alimentation, mal-nutrition, absence de soins médicaux, manque de transparence des médias, le nombre de morts est malheureusement plus important que dans d’autres pays plus riches ou moins vulnérables.

Ainsi, les Hommes savent se protéger des cyclones mais les sociétés ne disposent pas toutes des mêmes moyens (financiers, technologiques, prévision, prévention, intervention). En effet, les pays industrialisés ont plus de moyens que les pays en développement pour se protéger. Cependant, au sein des sociétés elles-mêmes on observe également des inégalités de moyens comme à la Nouvelle-Orléans où les pauvres étant essentiellement des Afro-américains étaient dans l’incapacité de fuir puisqu’ils ne disposaient pas de voitures et les autorités n’ont pas mis en place les moyens nécessaires pour les évacuer.

In fine, la vulnérabilité des sociétés face au risque cyclonique est inégale pour des raisons « naturelles » (localisation et facteurs) ainsi que pour des raisons « humaines » (croissance démographique, facteurs économique,technologique et social). Bien que les humains ne puissent empêcher l’aléa physique à l’origine du cyclone, ils peuvent limiter ou augmenter les effets de ceux-ci grâce ou à cause des aménagements de l’espace et grâce aux moyens financiers dédiés à la gestion du risque cyclonique. Les PED étant plus vulnérables aux risques naturels majeurs que les PI, on peut penser que la gestion des risques est un excellent indicateur des inégalités économiques et sociales dans le monde.


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3 réactions à cet article    


  • Proudhon Proudhon 12 mai 2008 20:19

    Très bon article sur la gestion des risques des cyclones.

    Cependant, il est dommage que n’ait pas été abordé la gestion cubaine qui est reconnue comme une des meilleur du monde et qui prouve que l’on peut être un pays du tiers monde, donc pauvre mais savoir protéger et éduquer sa population.


    • critical35 12 mai 2008 22:09

      Merci, je suis très content que vous ayez apprécié mon article, Proudhon, mais forcé de constater que vous êtes le seul à avoir réagi, je me demande si ça interesse beaucoup de monde... ?? Effectivement peut-être n’ai-je pas assez nuancé mon propos, j’aurais même du le faire car ceci est un article qui traine dans mon bureau depuis presque 3 ans, je l’avais rédigé lorsque Katrina a frappé la Nouvelle-Orléans seulement je ne l’avais encore jusque là jamais publié. En tout cas je viens d’apprendre de nouvelles choses encore une fois car je ne savais pas que Cuba était autant au point à propos de la gestion du risque cyclonique, je vous remercie de l’information comme quoi un article n’est jamais assez complet...


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 12 mai 2008 23:48

      Bonjour Critical35,

      mais forcé de constater que vous êtes le seul à avoir réagi, je me demande si ça interesse beaucoup de monde... ? ? il ne faut pas oublier que ce lundi est férié et que le beau temps incite à moins rester devant son écran. L’absence de réaction est toujours un peu frustrant mais ne se trouve pas forcément dans le dédain pour un auteur ou un sujet...

      Ceci étant j’ai pris plaisir à lire cet article généraliste

      Cordialement

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