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Accueil du site > Actualités > Environnement > La mobilité des français : propositions pour sortir de l’impasse

La mobilité des français : propositions pour sortir de l’impasse

La parution d'une grande enquête sur la mobilité des français permet de mieux comprendre à quel point l'instauration d'une taxe carbone aurait été une grande erreur. Son enterrement par Nicolas Sarkozy, il y a un an, fut une bonne idée car elle aurait accru les inégalités entre les Français. L'enquête confirme aussi la critique souvent entendu de taxe en faveur des "Bobos". 

L'étude du commissariat général au développement durable démontre que les Français émettent deux tonnes de CO2 par an lors de leur déplacements, ce qui représente environ le tiers de leurs émissions (6,7 tonnes). Cette moyenne cache de grandes inégalités : les ménages les plus pauvres n'en émettent qu'une tonne quand les plus aisés dépassent les trois tonnes. Mais les premiers le font dans le cadre de la "mobilité locale", essentiellement des déplacements domicile-travail, qui sont contraints, alors que les plus riches le font en grande partie pour des déplacements à grande distance (plus de 80 km) correspondants à des loisirs et à des vacances.

On constate aussi que les émissions de CO2 sont plus importants pour les habitants des zones rurales et péri-urbaines que pour les résidents du centre des grandes agglomérations. Ceux qui en émettent le moins sont les habitants de Paris intra-muros. La conclusion est sans appel : ceux sont les Français qui peuvent se payer l'immobilier le plus cher qui émettent le moins de CO2.L'instauration de la taxe carbone aurait donc été une véritable injustice : les Français contraints d'aller se loger en périphérie des grandes villes auraient dû "payer" pour aller travailler alors que les plus aisés auraient moins participés à la taxe carbone. On comprend mieux pourquoi cette taxe a été immédiatement impopulaire et pourquoi elle a été tout de suite assimilée à une taxe "bobo".

L'étude démontre aussi l'allongement des trajets quotidiens domicile-travail passant de 17,4 km en 1982 à 25,2 km en 2008. L'éloignement des centres d'activités est le prix à payer pour accéder au rêve de la maison individuelle. Cette spécificité française est de plus en plus coûteuse pour les ménages modestes qui deviennent totalement dépendants de la voiture individuelle pour leurs déplacements.

Le modèle urbanistique français de la péri-urbanisation à outrance nous envoie tous dans le mur. Quand les coûts du pétrole grimperont de manière significatives, l'émiettement urbain conjugé à la pénurie de logementsreprésentent des bombes à retardement qui vont "exploser à la figure" de la société française.

Comment en sortir ? Certainement par une taxation carbone telle qu'elle a pu être imaginé. Car si elle peut passer pour un signal politique fort, il le sera uniquement pour les publics victimes de cette péri-urbanisation. Elle n'aurait que peu d'effets sur les habitudes d'utilisation de la voiture individuelle.

Alors que faire ? Michèle PAPPALARDO Déléguée interministérielle et Commissaire générale au Développement durable, dans la conclusion de son rapport affirme l'idée forte suivante : 

La promotion d'une mobilité alternative à la voiture individuelle, outre les actions en faveur du changement des comportements (covoiturage, développement du télétravail...), dépend d’un effort d’investissement dans les transports en commun.

 Aussi, si il faut faire quelque chose, cela peut prendre la forme d'une double action :

-une taxation carbone est nécessaire car c'est un signal politique fort. Mais il sera acceptable si il est très faible. Plutôt qu'un tarif de 17 euros par tonne (soit 3 centimes par litres d'essence), il est préférable de commencer à 6 euros par tonne (soit 1 centime ce qui paraît symbolique). Et il est nécessaire de prévoir, d'acter immédiatement son augmentation avec un calendrier prévisionnel. On peut, par exemple, imaginer de rajouter un centime par an. Cette stratégie sera plus acceptée par la société en obtenant les mêmes effets.

-mais cette taxation sera inefficace et vaine sans la construction de solutions alternatives pour les "victimes" de cette taxe, principalement les ménages pauvres et péri-urbains. Je propose donc l'affectation de la totalité du produit de cette taxe à des investissements qui permettent la promotion de mobilité alternative comme le propose Michèle PAPPALARDO.

Le produit de la taxe pourrait ainsi servir à développer des outils internet permettant de trouver et de recenser, en temps réel, et partout, toutes les solutions alternatives à un trajet en voiture individuelle. Cet argent pourrait aussi participer au développement des investissements en matière de transport en commun, de télétravail, de covoiturage et de location de véhicules.

En conclusion, les défenseurs de la taxation carbone, inquiets de l'évolution climatique, ont trop souvent tendance à se focaliser sur la nécessité de changer nos comportements. Fortement convaincus eux-mêmes, ils ont alors du mal à percevoir que la majorité de leurs contemporains restent sceptiques et ont construits leur mode de vie autour de valeurs radicalement différentes. Il faudra du temps, de la conviction et la construction de propositions alternatives réalistes pour les amener à changer. 

Aussi, il ne suffit pas de construire des contributions fiscales environnementales, il faut aussi imaginer des systèmes incitatifs qui permettent d'accepter les enjeux de la transformation sociales et environnementales.


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3 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 7 mars 2011 13:20

    En francais qu’est ce que les gens peuvent : quand leur produit fait 3 fois le tour du monde, et est emballer dans des choses du plastique carton et autre qu’ils en ont rien a battre ...

    une personne veut vivre, et pour ca elle dois se nourrir : ce n’est pas l’inverse, ce n’est la consommation qui force a se nourrir l’imbécile de consommateur,
    c’est une inversion des valeurs

    alors pour la mobilité

    est ce que les gens demande de faire par plaisir 3 heure d’embouteillage assis dans une voiture, ( ou autre ) par jour

    pour le plaisir ?

    Est ce qu’ils demandent de courrir partout, sans aucun sens, car il faut courrir , car tout le monde court

    la mobilité de l’information est nécessaire

    pour le reste ...la mobilité des personnes on doit s’en passer

    la mobilité de la production on peut s’en passer

    finalemant tout se blabla écologiste ferait mieu de se concentrer sur l’humain, son bien être,

    sa survie et pas seulemnt avec des taxes, ou en le culpabilisant

    si ils suffisait de légérifier sur la connerie et le malheur du monde on aurait réglé beaucoup de probleme


    • homer555 7 mars 2011 19:27

      Totalement d accord avec vous.

      Quand je rencontre des antis voitures, systématiquement ce sont des gens qui n’ont pas BESOIN d’un véhicule particulier. Des citadins, des retraités, des télétravailleurs... Des gens à qui la collectivité à permis d’avoir tout à porté de main et qui souvent, ne s’en rendent même pas compte. Moi aussi, je rêve d’un RER chez moi qui m’emmène au boulot.

      Mais pourquoi tout ces gens pensent que nous mettons 5000€ par an dans un objet par pure philanthropie envers les constructeurs, les assureurs, les garagistes, les pétroliers et l’état ?

      Maintenant si vous souhaitez des solutions alternative, je vous souhaite bien du courage. Pourquoi voulez vous que l’état tue l’automobile, véritable poule aux œufs d’or fiscale ?


      • Crevette Crevette 7 mars 2011 22:07

        Effectivement, beaucoup sont contraints par le système actuel, en cours d’effondrement, d’utiliser une voiture. J’en fait partie.

        Au vu de la tension actuelle sur l’approvisionnement en pétrole, (les producteurs sont à fond),
        http://petrole.blog.lemonde.fr/2010/11/18/tout-va-bien-le-peak-oil-est-atteint-dit-lagence-internationale-de-lenergie/

        La production mondiale va bientôt décliner. Les prix vont véritablement exploser.

        je ne suis pas sûr qu’une taxe carbone soit nécessaire, sauf si elle remplace une partie de la TIPP pour le carburant.

        Le monde actuel est construit comme si la manne pétrolière était un dû, ou alors infinie.

        La hausse des prix va continuer et faire son effet, et il va falloir faire avec.

        Par contre, hors transports, cela ne serait effectivement pas un luxe.

        La mobilité n’est pas un droit, c’est un luxe et un gaspillage inoui : elle repose sur des réserves de pétroles finies.

        Cela deviendra bien pire quand la production ne pourra plus satisfaire la demande...

        C’est alors que nous nous rendrons compte à quel point nous avons gaspillé le pétrole pour partir en w-e, rouler en grosse cylindrée, camping cars, emballages jetables de toutes les couleurs...

        Il est temps que ça arrive, pour mettre fin au « développement » et au massacre de la nature, à la société de consommation.

        Cela a déjà commencé ! Nous avons devant nous l’opportunité de réorganiser la société devenue "hors sol’ de façon plus locale et humaine. Saisissons la.

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