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Accueil du site > Actualités > Environnement > La montée dramatique des eaux va toucher durement les pays les plus (...)

La montée dramatique des eaux va toucher durement les pays les plus pauvres

Une étude de la Banque mondiale, parrainée par l’Agence canadienne de développement international (ACDI), prévoit que des centaines de millions d’habitants seront déplacés par la montée des océans d’ici la fin du siècle. Ces prédictions sont basées sur des simulations réalisées à l’aide d’un système d’information géographique (SIG), en fonction d’une hausse du niveau des océans pouvant aller de un à cinq mètres. Pour certains pays (le Vietnam, l’Égypte et les Bahamas), la situation sera catastrophique. Pour plusieurs autres, elle sera au mieux très grave.

Si toutes les glaces du Groenland et de l’Antartique devaient fondre d’un coup, le niveau des océans serait rehaussé de plus de 70 mètres. Malgré cette quantité impressionnante d’eau disponible, ce n’est pas la fonte des glaces qui a jusqu’à présent provoqué une hausse du niveau des mers et océans. L’essentiel de la hausse est due à l’expansion des eaux sous l’effet du réchauffement.

Les auteurs de l’étude de la Banque mondiale (The impact of sea rise on developing countries : a comparative analysis) préviennent que la situation pourrait évoluer rapidement. Le réchauffement climatique s’accélère, les glaces polaires fondent, les océans gonflent d’autant. Leurs eaux vont forcément inonder les terres les plus basses du littoral de nombreux pays.

L’Antartique contient plus de 90% des glaces de la Terre. Le pire des scénarios serait l’effondrement de ce système écologique à la suite du réchauffement climatique.

Ce que l’analyse des données géographiques pour plus de 84 pays démontre, c’est qu’il est plus que temps de planifier soit les ouvrages qui mettront les populations à l’abri des inondations, soit le déplacement des populations là où il faudra bien s’y résigner.

La Banque mondiale sonne l’alarme. De toute évidence, le son est étouffé par la plus efficace des insonorisations : l’indifférence. Vous en doutez ?

Depuis des décennies, la dégradation des écosystèmes frappe les pays les plus pauvres. Elle a davantage contribué à augmenter le nombre de réfugiés que toutes les guerres réunies.

Depuis des décennies, la pollution migre vers le Sud.

En prime, la désertification touche déjà plus d’un milliard deux cents millions d’êtres humains.

Les déplacés environnementaux sont déjà légion. Le pire, c’est qu’ils n’ont pas droit au même soutien que les autres réfugiés de la part de l’ONU, comme nous l’écrivions en novembre 2005 :

Les réfugiés environnementaux n’ont pas de chance : déjà les institutions internationales sont débordées par les demandes des réfugiés qui correspondent aux définitions « conventionnées ». Ils n’ont donc pas accès aux mêmes ressources financières, ni aux services de santé ou d’éducation auxquels les réfugiés politiques ont droit.

De là à conclure que les désastres environnementaux vont entraîner leur lot de souffrance humaine, il n’y a qu’un pas qu’il nous faut malheureusement franchir. Si l’humanitaire était coté à la bourse, ce serait un sacré bon investissement. Préparez vos dons.

Vous croyez encore que tout cela est exagéré ? Le Fonds mondial pour la nature vient pour sa part d’accuser l’ONU d’avoir sous-estimé l’effet du réchauffement climatique sur les îles du Pacifique. Selon cette ONG, le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) aurait été trop conservateur dans ses prédictions. Les experts du GIEC « situent la hausse des températures d’ici 2100 entre 1,4° et 5,8° et prévoient une montée du niveau de la mer pouvant aller de 9 à... 88 centimètres » (4e rapport du GIEC : l’évolution du climat s’accélère).

Déjà, à 88 centimètres, les effets sont jugés catastrophiques. Or le GIEC n’a pas tenu compte de l’hypothèse d’une fonte des glaces plus élevée. C’est justement cette hypothèse qui semble se confirmer dans les analyses sur lesquelles se base la Banque mondiale.

Dire que certains accusent le GIEC d’avoir surestimé les effets du réchauffement climatique.

Allô ?


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13 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 26 février 2007 14:27

    Cela est vrai, mais il y a un effet prévisible encore bien pire. La fonte des neiges et glaces terrestres continentales va priver d’eau potable régulée une part importante de la population de la planète.


    • Nicolas Proix (---.---.9.91) 26 février 2007 14:44

      Par ailleurs, plus encore qu’à la fonte des glaces, la montée des eaux est et sera due à l’augmentation de volume des océans.

      L’eau occupant un volume minimal aux alentours de +4°C, toutes augmentation de température produit une dilatation du volume océanique. Sur un volume d’environ 1500 millions de kilomètres cubes, le moindre réchauffement a ainsi des conséquences incalculables... même si ce n’est que la partie superficielle qui subit ce réchauffement.


      • BAERTJC (---.---.86.28) 7 mars 2007 09:40

        Tiens voilà les tenants de l’apocalypse qui refont surface. Comment pouvez-vous propager de telles informations alors que les experts mondiaux qui font des études sur les océans, des cartographies des niveaux des mers par satellites interposés dont la sensibilité est de +-1 mm de précision, envisagent le pire à une élévation du niveau des océans de 40 cm d’ici la fin du siècle alors que les modèles numériques prédictifs donnent une élévation de 20 cm soit actuellemnt ce qui est mesuré par les satellites d’observation, actuellement de l’ordre de 2 à 3 mm par an sur nos côtes. Par ailleurs vous semblez totalement ignorer l’inertie phénoménale qui règle la température des mers et des océans. Cependant il est certain qu’en Polynésie et dans d’autres coins de l’Océanie, voire sur nos côtes, les situations sont irreversiblement préoccupantes pour le maintien de poplulations en bordure de mer, non pas par le niveau intrinsèque atteint mais par les risques de tempêtes,ouragans et autres marées exceptionnelles qui risquent de se multiplier avec des amplitudes jusqu’alors non observées. Mettons donc préventivement à l’abri ces populations...mais le voudront-elles sans y être contraintes ?


      • vraitravailleur 27 février 2007 20:34

        En 1970 déjà, on prévoyait que la fonte des glaces au-delà des cercles polaires ferait monter entre 70 et 140 m le niveau des océans.

        Ce calcul : mesurer la quantité de glace puis multiplier par 9/10e pour obtenir la quantité d’eau, s’avère un peu simpliste.

        Si l’atmosphère se réchauffe, les chutes de neige vont s’accroître de façon exponentielles sur l’Antartique qui ne reçoit par endroit - dans les « vallées sèches » - aucune précipitation pendant des années. Cette neige va s’y accumuler en quantités considérables.

        Les zones désertiques du Sahara et de l’Australie vont être davantage arrosées pour redevenir des savanes. C’est déjà le cas à l’Ouest de l’Australie.

        Un climat tempéré, en s’installant sur la Sibérie, va la rendre plus habitable etc.

        Pour l’instant, personne n’a su modéliser les courants d’air non pérennes et ce sont eux qui déterminent véritablement le climat.

        Dans ces conditions, on peut aussi prévoir un abaissement du niveau des mers.

        Quoi qu’il en soit, personne n’en sait rien.

        vraitravailleur


        • Michel Monette 28 février 2007 00:26

          Il semble que plusieurs spécialistes de la question ne soient pas de votre avis. Ne croyez-vous pas qu’il vaudrait mieux appliquer ici un principe de précaution, à tout le moins protéger sans tarder les zones les plus susceptibles d’être inondées ?


        • tv (---.---.25.115) 2 mars 2007 15:00

          Dire que personne n’en sait rien est aussi un peu simpliste. On sait (ou du moins on suppose fortement) que l’accroissement de CO2 entraine un réchauffement climatique. Par contre tout le monde y va de son hypothèse concernant les conséquences ce réchauffement, mais globalement la grande majorité s’accorde à dire que cela ne sera pas bénéfique pour la planète. Et de toute façon il est quasi certain que cela entrainera de grand changements et aussi de grandes catastrophes dans certaines régions. Il serait vraiment optimiste d’imaginer que chaque région en tirera une conséquence positive (plus d’eau au sahara, moins de froid au canada, plus de neige dans les montagnes, plus de soleil à la mer, etc..). Donc je pense que par précaution il faudrait se préparer au pire, voir même tenter d’éviter que ça arrive plutôt que de compter sur le fait que « personne n’en sait rien » (sous-entendu : « si ça se trouve ça sera mieux... ») smiley


        • Boulie (---.---.102.172) 28 février 2007 11:02

          L’élévation du niveau de la mer est connue depuis longtemps. En 1979, on mesurait déjà + 1,5 mm/an en Méditerranée. En 2005, on était entre 2 et 3 mm/an. Ce phénomène, essentiellement lié à la dilatation thermique des masses d’eau océaniques, présente de fortes disparités locales. Dans mon coin de la façade méditerranéenne française, les quartiers urbains littoraux affectés d’une faible altimétrie sont de plus en plus fréquemment inondés lorsqu’il y a conjonction de fortes pluies, et gonflement du plan d’eau lié à la dépression barométrique et au vent qui tire la masse d’eau vers la côte. Jusque là, rien que de très habituel, sauf que ces submersions temporaires qui intervenaient une à deux fois par an se produisent depuis quelqus années 3 à 4 fois par an. Ces submersions sont essentiellement dues à la configuration du réseau d’évacuation à la mer des eaux pluviales, conçus il y a 50 ans pour un niveau de la mer qui était ce qu’il était : à présent que la mer monte, les tuyaux se mettent en charge plus rapidement qu’avant et la pluie ne s’évacue plus -> inondation.

          D’ici 30 ou 40 ans, ces quartiers ne seront probablement plus submergés temporairement, mais chroniquement. Pour garantir aux populations des centre-villes proches de la mer une habitabilité des lieux, les collectivités devront engager des investissements considérables dans la reconfiguration de leurs réseaux pluviaux. Aujourd’hui, aucun maire d’aucune ville méditerranéenne française ne peut imaginer devoir déplacer ces populations vers des altimétries plus favorables. Les villes vont devoir payer la modification de leurs réseaux, mais aussi mettre à l’abri de la submersion nombre d’équipements publics coûteux. Ces travaux s’élèveront à des sommes considérables hors de proportion avec les capacités budgétaires communales qui s’étiolent compte tenu des impacts de la décentralisation française (augmentation des charges de service public). Et pourtant ! Il faudra bien y passer.

          La conscience des impacts de l’élévation du niveau de la Méditerranée sur les fonctions urbaines est encore très molle chez nos édiles. La durée d’un mandat électoral ne s’accomode que très mal de programmes d’investissement si lourds et si durables.D’autant que pour le moment, il n’y a pas le feu. Ce seront nos successeurs qui s’attacheront à régler le problème si problème il doit y avoir, pensent-ils pour la plupart.

          Voilà pourquoi le pôle de compétitivité mer PACA souhaite engager une étude des ces impacts de l’élévation du niveau marin sur les fonctions urbaines : pour alerter les élus de ce qui leur pend au nez (peut-être plus vite que prévu, selon les endroits). Inch’Allah.


          • J-M Hauth jeandb 28 février 2007 21:16

            Si on veut résoudre les problèmes d’eau sur la planète il suffit d’appliquer la gestion globale de l’eau sur chaque bassin versant. C’est simple , pas cher , efficace.

            http://www.dailymotion.com/jeandb/video/x15f8f_reportage-biefs-du-pilat


            • decurion (---.---.240.52) 4 mars 2007 10:03

              Bien des choses m’échappent, en ce qui concernent, le réchauffement climatique. Je me rends compte, que je ne sais pas grand chose, et j’ai beau chercher, ce que je trouve, ne me satisfait pas pleinement.

              Il me semble correct de penser qu’un certain nombre d’informations sont retenues, et que l’on nous donne à digérer que le minimum nécessaire en fonction d’un dessein que j’ignore.

              Si vraiment, la pollution, avait le même effet que le vitrage d’une serre agricole, nous aurions des températures, je penses, 10°c au dessus de la normale, et les pôles fondraient en une saison, ou en tout cas, sans attendre plusieurs décennies.

              C’est une question, sans réponse !

              Celà dit, la température augmente, c’est un fait et si les pôles fondaient, il pourrait selon certains, provoquer une élévation de 7 mètres du niveau des mers.Une élévation amplifiée par la dilatation des océans. Mais s’il y a fonte, puis dilatation, il y a aussi évaporation dans les mêmes proportions, et donc formation de nuages, qui à terme, bloqueraient les rayons solaires, jusqu’à provoquer une baisse de température au dessous du zéro, qui gèlerait la surface des eaux.

              Ce scénario, n’apparait pas : nouvelle question, sans réponse.

              Un détail me turlupine : La pollution est un écran , elle empêche l’énergie solaire, réfléchit par la surface terrestre de retourner dans l’espace. Je ne suis pas ingénieur, mais il me semble, que ce qui est bon pour le verso, devrait l’etre aussi pour le recto. Donc si la pollution réfléchit l’énergie ré-émise par la terre, elle devrait en faire tout autant pour les émissions solaires, et empêcher ceux ci d’atteindre la surface terrestre. Si on considère, la pollution, comme un miroir double face, la conséquence directe, serait une baisse de la température, et non une hausse.

              Donc, il y a un truc que je ne comprends pas !

              Se pourrait il, que malgré le traité internationale de 1977, interdisant l’élaboration et l’utilisation d’armes susceptibles de modifier le climat, certains états se laissent aller à jouer les apprentis sorciers ?

              Ce qui m’inquiète, c’est que l’on fasse appel à nos bons sentîmentts ( des territoires noyés sous les flots) ainsi qu’à des motivations moins nobles ( menace d’immigration de masse) dans le seul but de nous faire mettre la main aux porte-feuilles, pour honorer une facture qui se chiffre en milliards de dollars. Le moins, que l’on puisse dire, c’est que la catastrophe annoncée, n’en est pas une pour tout le monde.

              Ce qui m’inquiète vraiment, ce n’est pas qu’il y ait ou non, une escroquerie à la base, mais le fait, que tout les problèmes auxquels nous devons faire face, ont été créée par, et ont échappés à la main de l’homme.Le réchauffement climatique, pose un problème autrement plus important, que le chômage, ou la pauvreté,et si la maîtrise nous en échappe aucune loi humaine ne pourra inverser la tendance.

              Donc, beaucoup de questions, et pas de réelles réponses ! Il demeure un problème, et là par contre, j’ai une réponse .

              En premier lieu, tout ce qui touche au réchauffement climatique doit etre retiré du secteur marchand.

              Ensuite organier la réquisition et la mise à disposition en licence libre de tout les brevets, susceptibles d’aider à la maîtrise du réchauffement climatique.

              A ce stade, faire une évaluation, en incluant toutes les données disponibles, et agir dans le but de maîtriser la situation, au lieu de focaliser sur les catastrophes issue de la situation.

              La seule façon de trancher dans le vif, c’est de se mettre en position, d’avoir tout à perdre individuellement et collectivement ou tout à gagner collectivement.

              Je crois fermement qui si nous payons la construction de digues, l’eau montera, et si nous refusons de construire les digues, nous contribuerons à empêcher l’eau de monter. Je sais que c’est simpliste comme conclusion, mais il faut voir plus loin que la simple foi.


              • jakinbooz (---.---.58.31) 20 mars 2007 11:41

                Moi qui espérais un asséchement tel que le loch ness serait à sec et que l’on pourrait yn contempler le monstre !! Quel dommage ! J’imaginais aussi que la seule boisson disponible serai le whisky dont abuse, manifestement, les tenants du catastrophisme qui ne tient que par des :« si..... » SI ma tante avait deux roues on l’appelerait une bicyclette. smiley


              • richard 2 février 2008 00:54

                bonjour, oui : < la mise à disposition en licence libre des brevets...> mais à la condition que les auteurs des brevets puissent néanmoins disposer d’outils leur permettant de pouvoir continuer leur recherche. cordialement richard


              • Tomtom (---.---.9.239) 20 mars 2007 23:12

                Vous avez tous l’air très renseigné. Je suis sur que vous pourrez m’indiquer comment me procurer une carte mondiale des conséquences de la montée des eaux selon les différents scénarios envisagés ( en gros de 40 cm à 7 m !)d’ici la fin du siècle (=demain).

                Merci d’avance.

                Un étudiant curieux


                • J-M Hauth (---.---.44.28) 8 avril 2007 19:17

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