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Accueil du site > Actualités > Environnement > La refondation social-démocrate et l’écologie (II)

La refondation social-démocrate et l’écologie (II)

Cet article est le second de la série issue d’un travail commun de réflexion fait dans le cadre de la rédaction du manifeste de socialisme et démocratie (2007).

II.La question écologique au sein de l’idéologie social-démocrate

A.Progrès et écologie

Dans sa troisième tribune au nouvel observateur « La nouvelle bataille des valeurs », Dominique Strauss-Kahn aborde le problème écologique à travers la notion de progrès : Comment achever l’esquisse d’une refondation de la gauche sans revenir sur la notion de progrès ? Cette dernière n’est plus à la mode. Le repli sur elle-même d’une société inquiète laisse douter du progrès social ; les bouleversements environnementaux font voler en éclats l’illusion de l’asservissement sans limites de la nature ; l’émergence de nouvelles interrogations morales, liées par exemple à l’utilisation des cellules souches ou des OGM, effraie autant qu’elle fascine. La défiance qu’inspire l’idée de progrès se nourrit de l’opacité qui entoure les expérimentations scientifiques comme les grands choix technologiques, notamment en matière énergétique. Aussi est-il sans doute nécessaire de placer ceux-ci sous un rigoureux contrôle démocratique. Mais refuser toute dérive scientiste ne nous dispense pas de renouer avec le règne de la raison, qui est, depuis deux siècles, la marque des progressistes. Rejeter frénétiquement l’expérimentation scientifique, s’abriter couardement derrière la recherche du « risque zéro », voilà qui pave la voie d’un retour de l’obscurantisme que la vénération de la nature tente d’habiller idéologiquement. C’est, ici encore, l’identité même de la gauche qui est en jeu. Réel et donc rationnel : tel est le socialisme que je veux aider à refonder. »

La social-démocratie est fondamentalement attachée à la rationalité des solutions, elle est intimement liée à un optimisme quant à la capacité de trouver des solutions scientifiques et techniques aux défis qui se posent à nous, donc ici aux problèmes écologiques. Ceci ne veut cependant pas dire que l’on peut tout laisser faire aujourd’hui et que l’on croit toujours pouvoir trouver une solution demain.
Sur un problème aussi nouveau que celui de nos sociétés qui découvrent subitement les limites imposées par un écosystème aux capacités limitées, il est difficile d’avoir du recul et des certitudes : les OGM sont-ils totalement mauvais ou représentent-ils aussi un espoir ? Nos capacités de piégeage des gaz à effet de serre seront-ils suffisants pour continuer avec notre modèle énergétique actuel ou y-a-t-il urgence à en changer ? Ces questions n’ont à ce jour pas de réponses évidentes et certaines. Cependant, nous défendons deux idées :

  1. Le recours « au principe de précaution » est une illusion mensongère, un alibi pour justifier une démission du politique. Nous avons le devoir de défendre la solution qui semble rationnellement la meilleure
  2. La morale est un juge de paix. Nos décisions doivent être en accord avec nos choix d’humanisme, de respect des libertés, de défense de l’égalité, de préservation des générations futures. Les avancées de la science et de la connaissance, allant de pair avec la démocratisation, limitent les effets éventuellement pervers de la technologie. Il nous faut simplement intégrer le fait nouveau que le problème écologique résulte d’un problème de pression de nos sociétés sur l’écosystème planétaire.

B.Une écolo-idéologie ?

Il serait prématuré de prétendre avoir une écolo-idéologie, mais on peut essayer d’en
tracer les contours :
  • Le droit écologique doit être aux sociétés ce que sont les droits fondamentauxaux hommes et aux citoyens.
  • Nous défendons l’idée que l’écologie est un élément de citoyenneté, elle implique chacun d’entre nous, dans un mouvement commun, vers un but commun.
  • Nous défendons l’idée d’une société qui a compris qu’elle n’évoluait pas dans un espace infini, et ne disposait pas de ressources inépuisables.
  • Nous devons adopter, non pas une orientation scientiste sur ce problème, mais une orientation responsable, morale et scientifiquement réfléchie.
  • Nous voulons avoir une action collective et volontariste de manière à diminuer autant que faire se peut notre pression collective sur l’écosystème.
  • Nous devons pouvoir évaluer l’impact sur l’environnement de chacune de nos décisions politiques.
  • Nous devons favoriser et donner un accès égalitaire aux technologies écologiques : c’est notre intérêt collectif.
  • Nous devons promouvoir ces idées auprès de tous les peuples et les aider dans ce combat.
Ecologie et économie

En terme d’outils, nous voulons nous doter d’outils qui garantissent la croissance économique et qui vont dans le sens d’une diminution de notre pression écologique : nos modèles énergétiques, de transport, d’organisations industrielles, d’urbanisme et de santé sont à retravailler.

Nous défendons l’idée d’une croissance économique compatible avec les impératifs écologiques. La croissance ne s’oppose pas aux impératifs écologiques si on choisit des modes de production et de consommation adaptée. Elle sera même un outil qui
renforcera ce mouvement dès que les modèles de développement durables qui incluent le coût de la trace environnementale auront été largement mis en place. Au contraire, l’écologie peut être source de croissance économique par la production de nouveaux biens (matériaux isolants, énergies propres, produits et matières recyclées).

Ecologie et énergie

Sur ce point clé, on peut partir de quelques constats :
  1. Quel que soit le choix du futur mix énergétique, l’avenir énergétique est à l’électricité, éventuellement au pneumatique.
  2. Notre production d’électricité ne doit pas dépendre (pour des raisons de
  3. réchauffement et d’épuisement des ressources) de sources fossiles
  4. Aujourd’hui, nous sommes incapables d’assurer une production énergétique suffisante à partir des énergies renouvelables à court ou moyen terme. L’utilisation de centrales totalement écologiques est à développer, mais en l’état, on peut difficilement espérer à court terme une production écologique centralisée supérieure à 20% de notre besoin. Cette piste doit cependant être expérimentée.
  5. Nous avons des centrales nucléaires, donc utilisons les (fermer les centrales avant leur fin de vie serait une aberration économique et énergétique) ; c’est un énorme atout, profitons en.

Enfin, le nucléaire nous donne une longueur d’avance pour entamer la mutation de
l’économie vers l’après-pétrole.

Nous défendons la sortie raisonnée du nucléaire, c’est à dire quand on pourra le remplacer par des énergies plus sûres et moins polluantes. Il est impératif que cette sortie ait un sens, c’est à dire fondée sur des critères rationnels, objectifs et connus qui permettent d’affirmer qu’à besoin égal, le système de production est plus sûr, a moins d’impact sur l’écosystème et qu’il est économiquement viable.

Il faut être capable de produire l’énergie nécessaire à un horizon raisonnable, mais en changeant si nécessaire et progressivement les chaudières nucléaires par quelque chose qui pose objectivement moins de problèmes (en regard des critères évoqués plus hauts). Cela peut se faire entre autre en remplaçant par exemple deux centrales nucléaires de 2ème génération par une de 4ème.

Nous devons nous doter d’un mécanisme qui montre clairement la voie, qui permet de tracer le chemin à parcourir et de mesurer ce qui a été parcouru. Il faut donc préparer notre transition vers l’après nucléaire, même s’il est plus lointain que l’après pétrole.

Nous devons instaurer des normes drastiques pour développer les constructions HQE et corriger les erreurs de l’existant.

Dans toutes nos actions, nous devons faire un bilan écologique pour identifier nos
faiblesses et nos axes de progrès en matière de développement durable. Nous devons privilégier les technologies les moins énergivores et les plus propres, et les promouvoir par un système de taxe variable en fonction des qualités écologiques des produits (+X% pour les polluants, - X% pour les plus écologiques), en particulier pour les transports (ndr : ce texte a été écrit bien avant les éco-taxes Borloo !).
Le débat sur une hypothétique baisse volontaire de la demande en énergie (par le biais de la décroissance), doit être décorrélé du choix de la technologie de production.

Action volontaire sur l’écosystème
Nous devons évaluer la possibilité et les conséquences d’une action volontaire de modification des écosystèmes et des conditions climatiques comme par exemple :
  • piégeage en sous-sol des émissions polluantes
  • création d’écosystèmes forestiers pour créer des puits de carbone
  • actions de contrôle de l’atmosphère (comme l’envoi de satellites parasols pour faire de l’ombre et empêcher le dégazage du permafrost)
Nous devons piéger le carbone, et les polluants en général, à leur source d’émission.

Actions internationales

Avec nos partenaires Européens, nous devons être le fer de lance du programme
Reach d’évaluation des substances chimiques sur l’homme, en interdire les plus dangereuses et développer la recherche d’alternatives technologiques respectueuses de l’environnement.

Avec nos partenaires Européens, nous devons définir une nouvelle Politique Agricole
Commune qui favorise le respect de l’environnement.

Avec nos partenaires Européens, nous devons définir une politique commune des
transports de marchandises qui mette fin au dumping social et aux subventions
déguisées aux transporteurs routiers, et qui investit dans les infrastructures nécessaires au ferroutage et au transport fluvial.

Au niveau mondial, nous devons défendre l’idée de barrière pour les produits qui ne
respectent pas une charte écologique minimale.

III.Conclusion

Cette contribution est très insuffisante pour être à la hauteur du reste de notre corpus idéologique bien qu’elle ait été le résultat d’âpres discussions. Elle doit cependant contribuer à alimenter le débat sur le sujet de façon à proposer rapidement une offre politique responsable et cohérente sur le sujet.

La difficulté en ce qui concerne l’écologie en politique est d’éviter de proposer un catalogue d’idées plus ou moins bonnes et de ne pas prendre le recul nécessaire pour une réflexion politique cohérente sur l’écologie, ou a contrario de nier le problème pour mieux le noyer dans un scientisme aveugle.

Les problèmes écologiques résultent d’un conflit entre les sociétés (qui croissent et
exercent une pression de plus en plus forte) et l’écosystème qui a des capacités limitées d’absorption de cette pression.

En apparence, il est plus facile de jouer sur les ressorts individuels que sur une
conscience collective. Cependant, l’individualisme sur le problème écologique est au
mieux voué à l’impuissance, au pire source d’accélération des conflits entre nos
sociétés et l’écosystème, et des problème de santé de nos semblables.

Enfin, une des clés aux défis écologiques réside dans nos choix énergétiques. Nous
fonctionnons actuellement avec un modèle énergétique souple, puissant mais très
préjudiciable aux écosystèmes. Si nous réussissons à basculer vers un meilleur modèle de production d’énergie, nous aurons réussi à relever une partie importante de notre défit écologique.

La société, sa vie, ses progrès, entrent totalement dans le champ politique social-démocrate. C’est dans ce sens que nous considérons qu’il faut traiter l’écologie comme un problème politique et qu’il faut en tenir compte dans notre corpus idéologique et réussir à faire la synthèse entre une position « rationaliste » (le besoin d’une République qui réponde efficacement aux problèmes) et une position « affective » (l’aspiration des citoyens à une vie saine et harmonieuse).

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5 réactions à cet article    


  • MarcDS MarcDS 24 janvier 2009 17:18

    Ca commence par un bel amalgame, attribué à Strauss-Kahn (à propos, que devient le FMI, ce fer de lance des réformes néo-libérales, entre ses mains ?), entre le progrès et le progrès social. Bel exemple de glissement sémantique !
    Ca continue en prétendant pouvoir trouver des solutions aux problèmes écologiques et énergétiques en recourant uniquement à la science et à la technologie, et en saupoudrant le tout d’un peu de civisme et de comportements responsables. Le principe de précaution est qualifié d’illusion mensongère (peut-être, mais pourquoi ?), mais pas celui du développement durable. Il faut dire que celui-ci a pu être largement récupéré par le monde économique ; il n’y a donc plus lieu de le critiquer, étant devenu un moyen de faire durablement du business.
    Pas question par contre de remettre en cause le dogme de la Croissance qui reste l’objectif ultime. Le néo-libéralisme, l’économie de marché, la société de consommation ne sont même pas évoqués, tellement ces concepts vont de soi. Il suffit donc d’intégrer le paramètre "écologie" à ce beau système pour franchir ce qui n’est qu’une mauvaise passe.

    Mais l’écologie peut-elle se résumer à un ensemble de mesures techniques qu’il suffirait d’appliquer dans notre société de consommation (basée sur le gaspillage, par définition !) ? Le capitalisme, poursuivant sa logique de privatisation des moyens de production et encourageant la cupidité et l’avidité humaine comme moteurs de l’économie, ne porte-t-il pas dans sa nature même la responsabilité de la situation que nous connaissons aujourd’hui ?
    Plutôt qu’aborder ces questions épineuses mais fondamentales, nos gentils penseurs sauce écolo préfèrent ressortir le nucléaire comme LA solution incontournable censée nous permettre de passer le cap. Ainsi donc 1° l’avenir énergétique est à l’électricité, 2° "Nous avons des centrales nucléaires, donc utilisons-les", 3° on pourrait remplacer deux centrales de 2e génération par une centrale de 4e génération (ce qui démontre du même coup qu’il n’est pas question pour eux de sortir du nucléaire simplement en ne remplaçant pas les centrales en fin de vie). Ces trois points mis ensemble transforment, sans le dire explicitement, le parc nucléaire français en exemple à suivre par tous les pays développés. Les auteurs du texte évitant d’aller jusqu’au bout de leur logique, on en arrive à la conclusion que la France pourrait, toute seule dans son coin, résoudre le problème climatique grâce à son parc nucléaire. Cette soi-disant solution est surtout celle d’un système qui veut éviter de se remettre en cause en abordant la question fondamentale de la réduction de la consommation énergétique. Il est symptomatique de constater que cette question-là n’est pas abordée, si ce n’est en étant escamotée sous l’affirmation que "le débat sur une hypothétique (!) baisse volontaire de la demande en énergie (par le biais de la décroissance), doit être décorrélé du choix de la technologie de production." Belle manière de placer les choix technologiques en dehors des choix de société, comme si les uns n’avaient aucune influence sur les autres ! Peut-on penser sérieusement que les choix technologiques d’aujourd’hui ne détermineront pas la société de demain ?

    La fin de l’article fait ressortir toutes les contradictions d’une pensée qui se dit socialiste sans voir qu’elle s’est irrémédiablement compromise dans un système entièrement voué à la logique de la marchandisation du monde. En affirmant que "l’individualisme sur le problème écologique est au mieux voué à l’impuissance, au pire source d’accélération des conflits entre nos
    sociétés et l’écosystème, et des problème de santé de nos semblables", ses auteurs ne semblent même pas se rendre compte que l’individualisme qu’ils remettent ici en question, loin d’être un épiphénomène affectant la société comme un malencontreux virus dont il suffirait de se débarrasser, est au contraire le résultat inévitable d’une idéologie basée sur l’accaparation des richesses et la performance individuelle.

    Bref, ce texte a me conforte largement dans l’idée qu’il ne faut pas compter sur la social-démocratie pour s’en sortir.


    • Bloggy Bag Bloggy Bag 24 janvier 2009 19:30

      Bel exemple de procès d’intention à l’aide d’interprétations très particulières.

      D’abord sur le FMI (qui n’est pourtant pas la question ici), je vous renvoie à la très peu néo-libéralité de l’apurement de la dette du Libéria, ou encore à la demande (d’ailleurs suivie) d’intervention massive et cohérente des Etats lors de la crise financière. Nous sommes loin il me semble de "la main invisible" qui résout d’elle même tous les problèmes. Mais ce n’est pas l’objet de ce texte.

      1) Je ne vois pas en quoi une approche rationnelle, scientifique, civique et responsable est une approche condamnable.

      2) Le principe de précaution nous paraît mauvais parce qu’il peut trop facilement être un alibis pour que le politique se désengage et n’agisse pas : lorsque l’on est élu à une fonction, on doit accepter la responsabilité de cette fonction y compris lorsque vous devez décidez sans avoir de certitude. Le risque évoqué est que les élus se retranchent derrière un "je ne fais rien au nom du principe de précaution, donc on ne peut rien me reprocher".

      3) Il n’y a pas de dogme concernant la croissance en ce qui nous concerne. J’ai une image pour la croissance : c’est de l’énergie nécessaire au changement. Cette énergie peut être utilisée à de bonnes choses (écologiques par exemple) ou à des débilités. Inversement, ne pas avoir cette énergie revient à ne pas avoir de moyens de changement. La croissance est un moyen, c’est du but qu’il faut discuter.

      4) "Le capitalisme, poursuivant sa logique de privatisation des moyens de production et encourageant la cupidité et l’avidité humaine comme moteurs de l’économie, ne porte-t-il pas dans sa nature même la responsabilité de la situation que nous connaissons aujourd’hui ?". Ciel, en ce qui nous concerne, notre volonté est de laisser la production au privé lorsque nous n’avons aucune raison d’y mettre notre nez, et dans le cas contraire, de nationaliser là où c’est nécessaire, quand c’est nécessaire, pour la durée nécessaire.

      5) Sur le nucléaire. Nous faisons le constat que le parc nucléaire existe et que oui, il peut nous permettre de répondre à une urgence. Et oui nous fixons un cap vers sa disparition, mais pas du jour au lendemain. La mécanique envisagée ici est de remplacer 3 ou 4 centrales de vieille génération par une ou deux. Si a chaque génération on réussit cela (grace à l’amélioration des performances du nucléaire, à la montée en charge des productions alternatives, aux économies d’énergie), alors oui à terme on arrive bien à la fin du nucléaire. Pas sûr que je le vois un jour, mais au moins on trace une route qui va dans le bon sens et qui est réaliste. Si vous avez mieux, nous sommes preneurs.

      6) Le nucléaire ne résout pas le problème climatique, il résout le problème énergétique et dimune notre impact carbone. Rien de plus, rien de moins.

      7) Oui la réduction de la consommation est fondamentale. Mais comment on oblige les gens à moins consommer, surtout si on est dans une phase de décroissance. S’éclairer à la bougie n’améliore pas le bilan carbone, est mauvais pour la santé et ne serait pas accepté. Produire aussi bien que possible va de pair avec consommer aussi peu que possible, cela ne s’oppose pas.

      8) La conclusion ne nous paraît pas contradictoire, même s’il est clair que la refondation socdem va devoir concilier l’individualisme ambiant et la société. Nous faisons le pari de réussir à concilier une volonté et un avenir collectif avec la reconnaissance de l’individualité de chacun : équité pour chacun, égalité pour tous.

      Je crois qu’il y a dans votre commentaire un ensemble de pré-supposés issus du passé qui ont du mal à vous faire comprendre ce que nous voulons vraiment. Il y a pas mal de raisons à cela, y compris des raisons dont le PS est responsable, mais je crois que nous réussirons vraiment à refonder ce parti et son idéologie, en mieux.


    • MarcDS MarcDS 24 janvier 2009 23:45

      Les états interviennent massivement dans la crise financière, formidable. On voit mal comment ils pourraient faire autrement, en tout cas en démocratie. Car l’alternative était de laisser le système s’écrouler, ce qu’auraient d’ailleurs voulu les disciples de Friedman qui voient là une formidable occasion de reconstruire un monde sur un tas de ruines, mais qu’aucun politicien soucieux de se faire réélire ne peut laisser faire. Ceci posé, la question est : et après ? Ces interventions massives impliquent-elles la nationalisation des banques sauvées ? Le principe de la finance spéculative est-il remis en cause ? Le FMI plaide-t-il pour la suppression des paradis fiscaux, rouage essentiel de cette finance prédatrice ?

      En évacuant ces questions vous pointez exactement ce qui nous divise. Vous prétendez pouvoir proposer des solutions mécaniques au réchauffement climatique sans remettre en cause la société de consommation, tout comme vous estimez que l’intervention massive des états suffit à résoudre la crise ; j’estime au contraire que toute solution appliquée dans ce cadre ne sera jamais qu’un emplâtre sur une jambe de bois, la racine du mal étant systémique. La société de consommation pousse à consommer, par définition, et ne peut fonctionner en-dehors d’une croissance matérielle continue. Dans ce cadre, toute tentative de réduction de la demande énergétique ne peut être que marginalisée au lieu de former le pivot d’une société frugale.

      Votre conception du nucléaire est aberrante. Comme toujours, cette technologie est mise en avant comme une solution incontournable et ce faisant, elle prend la place de ce qui devrait être la question prioritaire : comment poser aujourd’hui les jalons d’une nouvelle société, suffisamment sobre pour arrêter de détruire le capital santé de la planète tout en donnant à tous la possibilité de vivre décemment ? Ce n’est qu’une fois fixé ce nouveau cadre que les solutions technologiques pourront être discutées, et ceci est valable aussi bien pour l’éolien que pour le nucléaire. 
      Je remarque que vous évitez soigneusement de dire comment la France pourra solutionner la crise énergétique sans entraîner les autres pays dans une nucléarisation radicale, qui serait en complète opposition avec l’idée de sortir "un jour" du nucléaire. Etes-vous naïf au point de penser que toutes ces centrales au coût pharamineux ne vont pas imposer une société nucléaire pour longtemps, au nom de la rentabilisation des investissements ? Et le démantèlement de toutes ces centrales, qui sera une source de déchets nucléaires bien plus importante que ce qui est causé par leur exploitation, vous vous apprêtez à le léguer en héritage aux générations futures ?

      Je passe sur votre allusion à l’éclairage à la bougie. Navrant. Quant à mes soi-disants pré-supposés issus du passé, ils existent uniquement dans votre imagination. N’étant pas français, je ne suis pas suffisamment impliqué émotionnellement pour être poussé à attaquer le PS en tant que parti. Je réagis surtout à un mode de pensée conformiste, englué dans la logique de marché et qui ne répond plus aux défis qui s’annoncent. Arrêtez donc de vous épuiser dans une fuite en avant qui ne pourra profiter qu’à une infime minorité d’ultra-favorisés. Les limites des capacités et des ressources de la Terre sont atteintes et nous imposeront demain de faire le choix entre la société de consommation et la démocratie.


      • Bloggy Bag Bloggy Bag 26 janvier 2009 09:56

        Je vous approuve sur le fait que notre problème est systèmique et dans le cas précis de l’écologie, nous avons à comprendre les interactions entre l’écosystème et la société. L’économie est une des caractéristiques d’une société.
        Je diverge sur l’interprétation de la croissance. Vous la décrivez comme "une croissance matérielle continue", je réponds, pas seulement. Croître c’est créer de la valeur ajoutée (de la richesse) et si effectivement cela peut se faire en produisant plus de Ford T, cela peut aussi se faire en construisant plus de maisons à énergie positive ou en produisant plus de prestations intellectuelles.

        Pour ce qui est du nucléaire, la question est de savoir comment en sortir. Le monde entier fait actuellement beaucoup d’efforts sur l’éolien qui est la solution de production la plus facile à mettre en place (et à désinstaller). Mais on sait que cela n’est pas suffisant.
        Le solaire est cher est pour l’instant d’un rendement écologique moyen, l’hydrolique est très avancé mais souffre d’impacts négatifs sur les écosystèmes.
        A moyen terme, la solution domestique idéale semble être l’habitat à énergie positive : on sait déjà presque le faire. Mais à moins de tout resconstruire (peut-être publierai-je un texte que j’ai là-dessus d’ailleurs) cela prendra beaucoup, beaucoup de temps. Reste que pour les activités professionnelles, ce n’est pas suffisant et qu’il faut des grosses chaudières pour répondre à la demande. A part le nucléaire ou ne plus avoir d’usines, que proposez-vous de faire en sachant bien que l’immense majorité des gens n’accepteront pas un retour en arrière sur leur confort. Personnellement, j’ai déjà du mal à ce que ma famille ne laisse pas les lumières allumées pour rien alors leur expliquer que désormais on vivra avec 3/4 d’énergie en moins relève de l’exploit intergalactique !

        Pour votre conclusion, je crois fondamentalement que vous vous méprenez sur notre "logique de marché". L’économie (et donc le marché) n’est pour nous qu’un moyen, le but est la société et désormais, le bon équilibre entre la société et les écosystèmes. Alors oui, il reste du chemin à faire pour approfondir et faire comprendre ce que cela veut dire car il ne s’agit pas que de piquer une ou deux idées aux écolos, mettre des récupérateurs d’eau et réparer son vélo.
        Un dernier point, la non-maîtrise de notre impact écologique fait peser une menace directe sur la démocratie, tout simplement parce que la pression en retour d’un écosystème à bout de souffle menacerait directement la société, et donc son organisation politique.

        Au final, je crois que nous avons un point de divervenge de fond, c’est la définition de la croissance et du marché. Pour le reste, bien que de sensibilités différentes, il me semble que le dialogue est possible. C’est déjà cela.


      • EXPAT456 17 avril 2009 17:16

        J’ai particulierement apprecie ce passage : « Nous défendons l’idée d’une croissance économique compatible avec les impératifs écologiques. La croissance ne s’oppose pas aux impératifs écologiques si on choisit des modes de production et de consommation adaptée. Elle sera même un outil qui
        renforcera ce mouvement dès que les modèles de développement durables qui incluent le coût de la trace environnementale auront été largement mis en place ».

        Pour contribuer a votre reflexion, je vous propose la lecture de mon article :
        http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/des-vertus-du-liberalisme-54637

        En terme d’ecolo-ideologie, j’y propose le concept d’ecosocionomie.

        Vos commentaires seront les bienvenus.

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