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Accueil du site > Actualités > Environnement > La véritable autonomie énergétique

La véritable autonomie énergétique

Contrairement à ce que nombre de dirigeants et leaders politiques nous répètent, l’indépendance énergétique de la France n’est pas assurée. Il n’y a, en vérité, d’ailleurs aucune volonté de l’acquérir. Ni pour le nucléaire, fer de lance de notre infrastructure électrique ; ni pour les carburants causes chroniques des crises qui secouent nos pays développés depuis 35ans. L’argument de l’indépendance énergétique est pourtant l’un des premiers avancé lorsqu’il s’agit de défendre la filière de l’atome dans l’hexagone.

Les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima n’ont jamais entamé ce raisonnement pourtant totalement invraisemblable. Je vais vous le démontrer. Le nucléaire n’est pas une énergie d’avenir.

La France ne dispose pas de gisement d’Uranium sur son sol.

L’énergie nucléaire reste une ressource fossile dont l’utilisation demeure bornée dans le temps par le fait même qu’elle n’est pas renouvelable. Un conflit, un évènement géopolitique ou une catastrophe naturelle, par nature inattendu pourrait remettre en cause notre approvisionnement.

Le nucléaire pollue...

Le fait que son exploitation ne produise pas de CO2 n’en fait pas (loin s’en faut) une énergie propre* puisque les déchets qu’elle crée (incluant sa propre structure) nécessite un confinement allant parfois jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’années et même plus...

... Pour longtemps !

Aucune société humaine n’a su se maintenir aussi longtemps. L’avenir incertain de ces déchets hypothèque donc les générations futures jusqu’à leur innocuité complète. Si l’on prend l’exemple d’une particule de césium rejetée en grande quantité lors de l’accident de Fukushima, il s’agirait d’une durée de 26.000 ans. C’est un peut comme si les magdaléniens nous laissaient vider leurs poubelles. C’est une image.

Le nucléaire est vulnérable.

La moindre faille dans la chaine d’exploitation du minerai s’avère immédiatement catastrophique. Le manque d’eau à l’occasion d’une canicule peut engendrer des dégâts aussi redoutables qu’une vague de 20 mètres qui submerge les installations. Une légère imprudence comme, par exemple le passage d’un convoi à proximité de lieux habités peut entrainer conséquences graves en termes de santé publique.

L’installation en infrastructure du réseau électrique est vulnérable en son centre contrairement à une structure décentralisée. Un attentat ciblé pourrait, immobiliser une très grande partie de notre économie. L’exemple du Japon, sur ce point peut nous donner une idée de ce qui pourrait nous attendre.

Personne ne sait actuellement démanteler une centrale nucléaire.

Depuis plus de 25 ans, Brennilis, une toute petite centrale, au cœur de la Bretagne est l’objet d’une expérience unique au monde : Le démantèlement d’une centrale nucléaire. On aurait pu imaginer que cette étape capitale de la vie d’un bâtiment aussi dangereux aurait été planifiée comme il se doit et prévu de longue date. Il n’en est rien. En l’absence de solutions, les scientifiques et ingénieurs de l’époque ont tout simplement fait le pari que leurs enfants sauraient le faire. 35 ans plus tard, nous en sommes quasiment au même point. Les enfants destinés à démonter les installations sont devenus adultes mais ils devraient mettre leur vie et celle de leurs descendants en jeu pour solder le forfait de leurs parents. Quoi qu’il arrive et quelque soit le scénario, il faut démonter le réacteur et çà c’est long et extrêmement mortel. Ce n’est ni plus ni moins qu’un attentat à la vie et aux générations futures. Pire qu’un crime contre l’humanité.

Je ne suis pas contre le nucléaire.

Pour autant, voyez-vous, je suis profondément pro-nucléaire. Cette énergie est la plus miraculeuse qui soit, d’une longévité et d’une régularité rare, d’une puissance inégalée et quasiment inépuisable. En fait, sans elle, il n’y aurait tout simplement pas de vie sur cette planète. C’est dire combien elle est aussi quasiment renouvelable. Oui mais voilà, la centrale se trouve à 150 millions de kilomètres d’ici. Moi, çà me va bien mieux que d’habiter à 300 kilomètres de Golfech, Pierrelatte ou Fessenheim. Qu’en dites-vous ? D’autant que le soleil ne se contente pas de m’apporter la lumière et de la chaleur. A lui seul, il met en mouvement ma planète toute entière : La mer, les vents et la Terre elle-même dansent autour depuis la nuit des temps au bénéfice de tout ce qui vit. Une infime partie de toute cette énergie suffirait à combler les besoins de tous jusqu’à la fin des temps et vous savez-quoi ? C’est gratuit.

Si tout le monde peut puiser de l’énergie où mettrons-nous le compteur ?

Nicolas Tesla, inventeur de génie avait découvert le moyen d’établir un système de transmission d’énergie sans fil afin que l’on puisse disposer d’énergie électrique en n’importe quel point du globe. Quand Tesla présenta son projet à Morgan (JP) celui-ci refusa de le financer au prétexte que si tout le monde pouvait puiser de l’énergie partout la question était « où mettre le compteur ? ». Stanley Meyers, l’inventeur du moteur à eau a rencontré un destin plus tragique encore en 1998.

La véritable autonomie énergétique.

J’ai toujours eu du mal à comprendre qu’il ait été possible d’imposer en Suisse pendant la guerre froide, la construction systématique d’abris antiatomiques, et qu’il soit impossible d’imposer l’autonomie énergétique de tous les bâtiments à construire où à rénover ?

L’autonomie énergétique ne signifie pas forcement l’installation d’équipements coûteux sur le toit et dans la cave. L’autonomie énergétique pourrait se décliner de différentes façons selon les circonstances et les ressources locales. Bien sur, Le solaire passif, le photovoltaïque, la géothermie, l’incinération de déchets, l’éolien, l’hydrolienne, la biomasse l’isolation, HHO et j’en passe sont des options valables mais elles n’ont pas vocation à être multipliées au-delà de ce que la nécessité exige. Le cas par cas. Voilà la force du postulat.

Tantôt le raccordement à un groupement ou à un réseau communal pourrait mutualiser la fourniture des services communs comme l’éclairage public, le chauffage des bâtiments, Les véhicules de service.

Tantôt l’installation au particulier ou au collectif (syndic) s’imposerait. La cotisation volontaire d’un citadin ne disposant pas d’installation autonome auprès qu’un collectif rural muni de moyens de productions permettrait au premier de participer au développement et à la réorganisation des réseaux d’énergie tout en se voyant rétrocédés une partie de sa facture d’énergie classique.

Bref, Il y a beaucoup de systèmes à inventer. C’est en s’adaptant que nous parviendrons à surmonter l’écueil majeur que représente le parc nucléaire dans notre paysage Français, le plus dense au monde après celui des États-Unis.

C’est de cette façon que les pays en voie de développement ainsi que les plus pauvres rattraperont leur retard. Il n’y a pas d’autre choix que d’apprendre à obéir et à respecter la nature pour la domestiquer.

Les avantages des réseaux décentralisés face aux infrastructures des opérateurs électriques sont indéniables. Intégrer cette problématique à vos projets futurs, se constituer en associations pour réfléchir au niveau local à la faisabilité de ce type de projet est devenu une évidence. C’est le moment. Pour que le nucléaire ne soit, pour les générations futures, qu’une lointaine étape historique et archaïque de la révolution d’un monde uni et sain.


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12 réactions à cet article    


  • yoananda 14 mai 2011 10:53

    Ne rêvons pas ... l’indépendance énergétique n’est pas dans l’intérêt des élites ... sinon a quoi serviraient-elles ? ce serait la révolution dès demain si elle n’avaient pas le pouvoir de nous couper le robinet !


    • colza 14 mai 2011 11:49

      Salut,
      Qu’ils essaient, tiens, de venir me couper le robinet !
      Plus sérieusement, nous vivons dans une société de pénurie entretenue...
      Car c’est la pénurie qui donne de la valeur aux choses.


    • BisonHeureux BisonHeureux 14 mai 2011 12:31

      Il faut relativiser lorsque l’on dit que le nucléaire ne produit pas de CO2,400 000 tonnes de matériaux sont nécessaires à la construction d’un seul réacteur et certains nécessitent beaucoup d’énergie !
      -170000 tonnes de béton
      -32000 tonnes d’acier
      -3200 tonnes de cuivre
      -et 200 000 tonnes d’autres matériaux
      Pour transporter tout cela,une noria de camions est nécessaire !
      D’autant plus que la moitié de la production énergétique d’une centrale est dissipée dans l’atmosphère lors de son transport !
      Le nucléaire est une gabegie et une énergie qui n’est pas compatible avec le vivant !
      Eva Joly a lancé un appel cette semaine pour une sortie intelligente de cette folie !
      Hasta la libertad
      Salut et fraternité


      • Pyrathome Pyrathome 14 mai 2011 13:04

        Je ne suis pas contre le nucléaire....

        J’ai eu peur......mais le soleil ne ressemble en rien à une centrale nucléaire même si le principe atomique est le même....et encore !...

        C’est bien de citer N Tesla, ses brevets mis dans l’ombre représente l’avenir....et sans compteur !!  smiley

        La solution est la « décentralisation énergétique » ou l’autarcie de la production reliée en réseau, un peu comme le pier to pier du net.....

        Le concret présentement sont :
        L’éolien
        Le solaire
        La géothermie
        Le mini hydraulique
        La bio masse
        et sans compter sur le développement des idées Tesla.......

        Le nucléaire est une guerre contre l’humanité.....en plus d’être une gabegie mortifère sans nom....


        • Spip Spip 14 mai 2011 13:49

          Demander à des financiers d’aider au développement d’énergies qui cumulent des tas d’ « inconvénients » (notions de : gratuité au départ, autonomie, souplesse, pas de monopole, etc.) c’est quand même beaucoup leur demander...

          C’est bien ça le problème de fond : où (c’est à dire au bénéfice de qui) mettre le compteur dans ces conditions ? Mais ne nous leurrons pas, ils y arriveront, après nous avoir vendu la dernière goutte/le dernier gramme d’énergie fossile à prix d’or, pardon, au prix du marché, pas avant.


          • Ariane Walter Ariane Walter 14 mai 2011 16:20

            Merci pour cet article très encourageant....et rageant pour Areva, les maudits à éliminer !


            • slipenL’air 14 mai 2011 18:13

              . info sur le césieum
              .
              .
              césium 134
              (période de 2 ans).
              césium 137 (période de 30 ans).très nocif, c’est celui dont on parle le plus
              césium 135 demi-vie :3 millions d’années.


              • slipenL’air 14 mai 2011 18:14

                Environ 10 % du total des atomes formés lors de la fission ont des descendants qui sont des radioisotopes artificiels à vie très longue qui représentent véritablement la radioactivité résiduelle à long terme due aux produits de fission. Ils sont au nombre de 7.
                Les quantités étant exprimées en % des atomes initialement formés par fission, ce sont :

                • Le zirconium 93, émetteur bêta d’une demi-vie de 1,5 million d’années pour en gros 3,2 %, sachant qu’une quantité complémentaire nettement plus faible est formée par irradiation neutronique du zirconium des gaines dont une infime partie est adjointe aux produits de fission du fait du procédé de cisaillage des gaines, effectué à l’usine de La Hague.
                • Le césium 135, émetteur bêta d’une demi-vie de 3 millions d’années pour en gros 3,2 %.
                • Le technétium 99, émetteur bêta d’une demi-vie de 211 000 ans pour en gros 3,0 % des atomes initialement formés.
                • L’iode 129, émetteur bêta d’une demi-vie de 15,7 millions d’années pour en gros 0,49 %.
                • L’étain 126, émetteur bêta d’une demi-vie de 100 000 ans pour en gros 0,10 %.
                • Le palladium 107, émetteur bêta d’une demi-vie de 18 millions d’années pour en gros 0,05 %.
                • Le sélénium 79, émetteur bêta d’une demi-vie de 295 000 ans (l’ancienne demi-vie de 65 000 ans ayant été « abandonnée » récemment suite à de nouvelles mesures)pour en gros 0,02 %.

                Pour ces corps dont la durée de vie est sans rapport avec les échelles de temps historiques, il n’existe pas de solution définitive actuellement.

                • La solution nominale consiste à les confiner dans une matrice adaptée (mélangés aux autres PF ci-dessus) et les stocker en couche géologique profonde.
                • Des études et évaluations économiques sont en cours pour examiner dans quelles conditions, il est possible de transmuter ces 7 corps en d’autres corps à vie plus courte ; comme par exemple via une irradiation neutronique en réacteur.

                • slipenL’air 14 mai 2011 18:21

                  L’idéale serait de balancer ces merdes dans l’espace .


                  • Kessonfait ? 14 mai 2011 20:16

                    En ce qui concerne la présence d’uranium sur le sol français. Voici un autre lien.

                    Est-ce que l’indépendance énergétique de la France ne reposait pas sur l’exploitation de ses réserves minières ? La dernière a fermé en 2001. Le pétrole était exploité par les géants anglo-saxons qui régnaient en maître sur cette énergie d’où la volonté d’autonomie. Non ?


                    • Edward Lyle Brill Edward Lyle Brill 15 mai 2011 11:16

                      Je connais bien cette carte. J’ai affiché sur la porte de mes toilettes. C’est dire combien tout cela me fait c....


                       smiley


                    • Raymond SAMUEL paconform 14 mai 2011 22:05

                      Bien sûr, il faut impérativement, partout où c’est possible, décentraliser, rendre les habitats individuels autonomes en énergie, se séparer des grands groupes industriels et des décideurs centraux.
                      A terme, c’est une question de vie ou de mort.

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