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Le bal des hérons

Le bonimenteur émerveillé ...

Leur retour nous enchante …

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Ils peuvent dire qu'ils nous ont manqués. Ils sont nos compagnons ligériens, ils ont élus domicile sur le dhuit qui délimite notre chenal de navigation. Durant quelques mois, nous étions comme des âmes en peine. L'ami castor ne se montrait plus, les hérons avaient taillé la route vers des cieux plus cléments et les sternes avaient elles aussi joué les filles de l'air meilleur ailleurs.

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Il ne restaient que les mouettes et leur étrange manège. Elles se regroupent et à la nuit venue, se laissent glisser lentement au fil du courant. Arrivées à proximité du pont Royal, elle se réveille, battent des ailes et volent au ras de l'eau pour revenir à leur point de départ. La boucle semble ne jamais s'arrêter, spectacle fascinant de ce tourbillon blanc, de cette nuée ailée qui a retrouvé le mouvement perpétuel.

Les cormorans eux aussi traînaient leur sombre carcasse. Goinfres, ils pêchent de leur bec crochu jusqu'à ne plus pouvoir s'envoler. Ils sont alors lourds et leurs efforts pour décoller deviennent pathétiques. Nous ne les aimons guère, ils sont si voraces, ils ne sont pas natifs du pays. Leur invasion a causé bien des saignées dans la troupe halieutique.

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Les corbeaux eux encore se plaisent sur nos quais. Compagnons indissociables des abus de l'homme, ils se nourrissent de nos immondices. Pour eux, aucun soucis, leur source d'approvisionnement n'est pas prête de tarir. Ils auront toujours quelque chose à se mettre sous le bec, les humains ne sauront jamais être propres quand ils sont au bord d'une rivière …

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Non, vraiment Hérons et sternes ont, dans les airs notre préférence. Alors quand nous avons vu revenir nos si malhabiles échassiers, nous nous sommes précipités pour assister au bal des la réfection des nids. Ils reviennent au même endroit, cette petite bande de terre entre le chenal et la petite Loire. Une centaines de mètres ou les arbres sont leurs maisons.

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Par une froid de canard qui ne semblait pas déranger nos amies les oies, elles aussi en préparatif pour la couvée suivante, les hérons allaient et venaient en un ballet incessant. Un envol lourd, maladroit, inquiétant est le signal de la mise en action. On craint que les larges ailes se prennent dans les branches alentour. Pourtant, il s'envole et devient subitement un merveilleux planeur, si avare de ses efforts, si élégant dans jolis rond aériens au dessus de l'eau.

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Il disparaît au loin, d'autres reviennent. Mouvement incessant qui fait de nous des enfants scotchés devant un spectacle qui les fascinent. Le vent glacial qui nous vient du nord est ne nous contraint pas à rebrousser chemin. Nous restons, admiratifs, frigorifiés mais béats devant tant de grâce et de fragilité, d'obstination et de force, de beauté et d'opiniâtreté.

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Ils vont, ils viennent. Rapportant au bout du bec une modeste brindille qui viendra renforcer le nid qui a résister à l'hiver. Ils volent au dessus de nos têtes, font à nouveau une large boucle d'approche pour venir se poser en une cambrure étonnante. Les pattes qui dans le vol, sont le prolongement parfait d'un corps fuselé, deviennent d'encombrantes fourches qu'il faut mettre en avant. Le corps se cabre, les pattes ressemblent à un train d'atterrissage d'un Tupolef si peu gracile !

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Celui-là se pose quand cet autre s'envole. Nous ne nous lassons pas de cette chorégraphie dont nous sommes les spectateurs privilégiés. Le capitaine ne cesse de photographier, la lumière n'est pas excellente, qu'importe, il se moque de ses doigts gelés, il prend des clichés incertains qu'il faudra triller.

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Soudain des cris, des mouvements confus viennent interrompre l'harmonie du moment. Les corbeaux sont déjà aux aguets. Ils se feront un plaisir de se goinfrer des œufs, ils viennent annoncer cette sournoise menace. Les oies sur les pierre disjointes de notre vieux dhuit, ajoutent les criailleries à ce brusque épisode belliqueux.

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Les corbeaux s'en vont. Il n'est pas temps de se lancer dans la razzia funeste. Ils sont simplement venus rappeler la terrible loi de la nature, repérer les lieux de leurs futurs larcins. Les hérons reprennent leur ronde, indifférents ou impuissants, inconscients ou bien philosophes. Ils n'en sont que plus remarquables encore. Il fait nuit noir, nous les quittons à regrets. Ils sont là pour de longues semaines, nous n'aurons de cesse que de suivre l'aventure de la vie, sur le fait de nos arbres.

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Héronnièrement leur.

 

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Photographies de Bertrand Deshayes

 

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10 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 18 mars 2013 10:53

    Bonjour Nabum

    Bel article et magnifiques photos sur cet oiseau admirable
    Le héron revient aussi par chez moi, ce qui est plutôt une bonne nouvelle
    La mouette et le cormoran, eux,posent problème, devenant opportunistes et envahissants.


    • C'est Nabum C’est Nabum 18 mars 2013 12:52

      ZEN


      Merci

      Effectivement il y a des déséquilibres qui ne cessent de s’amplifier !
      L’homme a joué les apprentis sorciers et le balai va lui retomber sur le nez

      Déja mouettes et corbeaux mangent des coquillages, ce qui était inimaginable. Que va-t-il se passer ? Une crise sanitaire prochaine ...

    • Kookaburra Kookaburra 18 mars 2013 12:33

      Nous avons des hérons cendrés toute l’année ici dans la Sorgue (Vaucluse) qu’ils partagent avec les canards. En été les guêpiers arrivent. Je ne reconnais pas l’héron avec une poitrine rouge dans la première photo. C’est quoi comme héron ? Merci pour ce beau texte poétique.


      • C'est Nabum C’est Nabum 18 mars 2013 12:54

        Kookaburra


        C’est un héron cendré illuminé par notre lumière de Loire.
        Il faut venir voir le soleil rougoyant, le ciel empourpré au dessus de notre fille Liger

        bien à vous

      • bakerstreet bakerstreet 18 mars 2013 15:30

        Bonjour Nabum pour cet article

        Habitant des bords du blavet, pas très loin de son embouchure dans l’océan, la faune est identique à celle que vous décrivez.
        Pour ma part, j’ai grande affection pour tous ces oiseaux, y compris le cormoran, et sa silhouette si particulière, quand il se pose sur les rochers, faisant sécher ses ailes mouillées ( son corps n’est pas protégé de l’eau comme la plupart des autres oiseaux des rivières) ;
        Quel plaisir de remonter en vélo cette rivière, que bien peu de gens connaissent, canalisé jusqu’à Pontivy, où elle rejoint le canal de Nantes à Brest.
        Il y a quelques années, l’ibis sacré a fait son intrusion par le biais du parc de branféré. Malheureusement, en raison de ses dépréciations sur l’éco système, il a du être illuminé....

        Parfois le vol d’un héron vous suit, et le temps tout à coup plane au dessus de vous.
        Il y a cette atmosphère particulière aux rivières, faite de tranquillité, avec pourtant cet appel du courant qui vous fait dériver l’imaginaire, un appel au voyage.

        Au siècle dernier, non, celui d’avant....les gens voyageaient beaucoup par les cours d’eau, les privilégiant en raison du brigandage, et des mauvaises route, quand d’ailleurs celles ci existaient. Quoi de mieux qu’une rivière pour arriver dans une ville, ce qui en fait tout de suite un port, et change sa configuration.


        • C'est Nabum C’est Nabum 18 mars 2013 16:03

          bakerstreet


          Je suis entièrement de votre avis c’est pourquoi je pense ralier Orléans à Saint nazaire cet été en plate de Loire à la force des bras et du courant et parfois du vent.

          Soyez sur mon passage ce sera en juillet et l’aventure sera illustrée sur Agoravox 

        • ZEN ZEN 18 mars 2013 17:40

          Hommage à un célèbre Héron...


          • C'est Nabum C’est Nabum 18 mars 2013 17:52

            ZEN


            Il est des jours où l’on comprend que son inculture est abyssale !

            Et c’est désolant !

          • Plus robert que Redford 19 mars 2013 01:04

            Hérons ligériens, certes, mais pas que !
            Par ici, entre Loire, Arroux, Arconce et Bourbince, foisonnement d’autres échassiers : Grande Aigrette, Aigrette Garzette, Cigogne (un couple est revenu sur Notre Dame dès le début février, à croire qu’elles ne sont jamais parties...) dont les populations semblent en constante progression depuis quelques années. Stabilisation de la présence des cormorans (qui n’ont strictement rien à foutre par ici !!)
            Quant aux rapaces, les espèces ne paraissent non plus nullement incommodées des prétendus « ravages » des pratiques agricoles modernes. Buses à foison, mais aussi Milans noirs, Faucons Crécerelle, Busards Saint-Martin...
            J’ai même à côté de la maison, une sorte de HLM à Hibous Moyen-Ducs dans un séquoia quadragénaire. J’en ai dénombré six l’autre jour, pas plus effrayés que ça de me voir à 3 mètres de leurs gros yeux rouge-orange...
            Le val de Loire reste un paradis pour naturaliste, pour peu que l’on se satisfasse d’observer des spécimens pas trop exotiques... Encore que ! Un pêcheur m’a apporté il y a quelques années une magnifique Tortue de Floride qui approchait son Kilogramme, avec un hameçon planté dans la gueule...

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