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Accueil du site > Actualités > Environnement > Le bois énergie, ou l’art de résoudre la querelle des anciens et des (...)

Le bois énergie, ou l’art de résoudre la querelle des anciens et des modernes

Les mouvements de mode ont ceci de particulier qu’ils surgissent brutalement dans les pratiques quotidiennes du plus grand nombre, sans crier gare, et connaissent, après un plus ou moins long laps de temps, un phénomène de ringardisation aussi implacable que celui qui les éleva au pinacle. Les nouvelles sources d’énergie dites renouvelables n’échappent pas à la règle, à moins qu’elles ne réussissent, comme le bois énergie, à s’appuyer sur de nouveaux ressorts technologiques à même de séduire les politiques... et de garantir leur pérennité.

Le bois, une vieille histoire d’amour

En des temps où l’humanité ne se posait de question que de survie, c’est-à-dire se préoccupait de se nourrir et de ne pas servir elle-même de festin à la faune sauvage, alors toute puissante, le bois était bien plus qu’une énergie (la seule) : la véritable source du bonheur ! Non seulement il permettait de cuire et de chauffer côtelettes de mammouth et consommés d’écorce à la sauce habilis, mais, de surcroît, il apportait ce bien précieux entre tous : la douce chaleur du foyer.

Source d’énergie universelle durant des millénaires, il fallut attendre l’usage de la houille, puis, quasiment au même instant à l’échelle de l’histoire de l’humanité, celui du pétrole, pour que les énergies fossiles détrônent définitivement le bois, croyait-on, au moins dans les pays industriels. Comme source d’énergie, le bois ne devait plus satisfaire que quelques arriérés de la civilisation dont on se demandait alors, un peu comme on se dit aujourd’hui de quelques asociaux qui se refusent à commencer leur journée par la lecture de leur e-mails : comment peuvent-ils se satisfaire de ce mode de chauffage archaïque, pas même efficace et à l’origine de cette fameuse corvée chère à tant de moniteurs scouts ?

Retour à la terre, charme discret de la campagne d’antan, bref autant de "retours" qui tinrent quelque temps le rôle de catalyseurs d’un retour en force du bois comme moyen de chauffage alternatif et quelque peu désuet, dans tous les pays économiquement développés. Notons au passage que ce mouvement s’accompagnait, à l’échelle du monde, d’un usage croissant du bois comme énergie de cuisson des aliments, participant largement au phénomène de déforestation et de désertification dans la plupart des pays pauvres de l’hémisphère Sud.

En tant que vecteur, parmi d’autres, de la révolution énergétique de la fin du XXe siècle, le bois devait lui aussi connaître un retour en force dans le cadre d’un usage plus maîtrisé, comme moyen de chauffage, rentable sur le plan énergétique, du foyer moderne. Ainsi la France, premier pays consommateur de bois énergie en Europe, connut un déploiement sans précédent de ce mode de production d’énergie calorifère qui porta le nombre de résidences "équipées au bois" à des sommets : six millions de logements individuels français chauffés au bois (soit un ménage sur deux), le plus souvent en associant ce mode de production de chaleur à une autre source d’énergie, notamment électrique ! 230 000 appareils de chauffage au bois commercialisés chaque année !

Usage du bois de chauffage : halte au feu !

Le phénomène connaît donc depuis une petite dizaine d’années une croissance exponentielle en Occident, phénomène qui conduit certains à tirer aujourd’hui la sonnette d’alarme. Ainsi, le gouvernement québécois, sur son site officiel, s’interroge sur le "prix à payer" après un tel succès (www.mddep.gouv.qc.ca/air/chauf-bois, Mais à quel prix ?) : "Qu’elles proviennent d’un poêle à bois, d’un foyer ou d’un feu de camp, les fumées qui s’en dégagent ne sont pas aussi « inoffensives » qu’on voudrait bien le croire". Le constat a, en effet, de quoi inquiéter : "Selon Environnement Canada, un poêle à bois non certifié émet autant de particules fines dans l’atmosphère en neuf heures qu’un poêle certifié fonctionnant soixante heures ou une automobile de type intermédiaire parcourant 18 000 km en un an", précise l’article consacré à la question du "coût écologique" réel de certaines installations.

C’est que les faits parlent d’eux-mêmes : "Monoxyde de carbone (CO), composés organiques volatils (COV), particules fines (PM2,5), oxydes d’azote (NOx) et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). La fumée dégagée par la combustion du bois est présente à l’extérieur comme à l’intérieur des maisons". Selon des chiffres avancés par l’organisme gouvernemental canadien Environnement Canada, dont la mission est "d’aider les Canadiens à entrer en communication, à échanger de l’information et à partager des connaissances afin d’être en mesure de prendre des décisions en matière d’environnement", la combustion du bois en secteur résidentiel serait même à l’origine d’un peu moins de la moitié des particules contaminantes toxiques d’origine humaine au Québec (voir schéma).

Développement des nouvelles technologies dans la filière bois énergie

Ce chiffre particulièrement alarmant, pour inquiétant qu’il soit en ces temps de disette pétrolière, devrait cependant diminuer assez rapidement, tant la mise en application des progrès portant sur l’amélioration du rendement énergétique des installations collectives et individuelles est encouragée par de nombreux Etats qui ont décidé de prendre en main le destin de la filière bois énergie (et celui de leur environnement, par la même occasion...). Les gouvernants ne sont donc apparemment pas prêts à retenir n’importe quelle idée en matière d’énergie, au simple prétexte qu’elle permettrait d’économiser la fameuse "facture pétrolière"...

l’ITEBE (Institut des bioénergies), institution professionnelle française et internationale créée en 1997, qui intervient comme outil de promotion et de soutien pour les acteurs des filières bioénergies, signale ainsi sur son site (www.itebe.org) les critères de rendement énergétiques des appareils de chauffage que les fabricants s’engagent à fournir en signant la charte "Flamme verte" qu’elle promeut : "Les entreprises signataires de la Charte s’engagent à commercialiser des appareils modernes et économiques (...), apportant sécurité et performances énergétiques et environnementales. Les inserts, foyers fermés et poêles mixtes ou transformables bénéficiant du label Flamme verte, contribuent à économiser l’énergie, par un rendement énergétique minimum de 65 % (rendement énergétique = rapport entre l’énergie produite et la consommation de combustible)"...

En France, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) soutient la démarche de l’ITEBE qui présente la particularité de viser, avec un succès croissant, tous les pays de tous les continents... D’autres expériences, également soutenues par l’Ademe, sont menées en région et fournissent des résultats encourageant (voir article Bois énergie sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bois_%C3%A9nergie).

Dans cet article, l’auteur montre en effet combien "les différentes applications du bois énergie se caractérisent par leur rendement. Les dernières générations de matériel permettent des rendements (...) supérieurs à 90%". On notera ainsi l’utilisation de techniques très pointues comme les réseaux de chaleur (transport de chaleur à plusieurs clients à partir d’un point de production unique) ou la cogénération (combinaison de ressources énergétiques fossiles et renouvelables pour la production d’énergies) qui, associées dans des usages collectifs ou particuliers tels que des inserts fermés de cheminées ou des chaudières de cheminées, font bondir le rendement énergétique du bois de 15% (rendement d’une cheminée ouverte) à... 95% (rendement d’une chaudière à granulés de bois ou d’un réseau de chaleur).

Bois-énergie : combinaison de savoir-faire technologiques et de volontés politiques

Si, comme le montre l’étude d’Environnement Canada citée au début de notre article, le chauffage au bois résidentiel peut être une source importante de pollution atmosphérique s’il n’est pas pratiqué au moyen d’appareils modernes et contrôlés, il n’en demeure pas moins l’une des solutions de substitution aux énergies fossiles le plus en vue. Ce plébiscite est en grande partie dû à une efficacité calorifère remarquable que des efforts technologiques sans précédent ont peu à peu poussée à son maximum. Mais gageons que le politique aura sans doute perçu qu’outre l’argument "environnemental" dont la filière bois énergie aura su se parer, celle-ci s’offrait à lui comme un remarquable vecteur d’application, extraordinairement et "ataviquement" populaire, des engagements internationaux pris il y a quelques années, lors d’un sommet, à Kyoto, qui réunit alors toutes les meilleures intentions d’un monde malade de son énergie.


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60 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 19 décembre 2006 11:55

    article très interessant , mortimer ,il faut que l’on redonne au bois la place qui est la sienne , surtout avec ces nouvelles chaudières à rendement nettement supérieur. La France qui est le pays le plus boisé en europe a sa carte à jouer, oui aux énergies renouvelables !

    Le bois sert de plus à la communication chez les politiciens , ils ont tous adopté la langue de bois .


    • Fillaam chez hotmail (---.---.212.224) 20 décembre 2006 14:52

      Excusez moi de vous interpeller, « le chat », mais je pense que vous vous méprenez comme beaucoup de gens ici, et ça devient franchement triste. Au risque d’être complètement impopulaire sur ce site (j’ai un écran protecteur), je voudrais dire que la combustion du bois est toxique sauf si pour vous le simple fait de diriger votre cheminée vers le haut vous rassure. De plus elle n’est légèrement rentable que jusqu’à la prochaine taxe/hausse sur le bois.

      Vraiment, j’insiste le bois n’est qu’un fausse solution, de la sciure aux yeux, ainsi que tout les produits provenant de la terre (appauvrissement du sol) l’Ile de Pâque et l’Afrique en sont les exemples frappants. Ainsi, si en France la production du bois est réglementée par l’ONF (1 arbre abattu = 1 arbre planté), qui vous prouve que c’est le cas pour le bois que vous avez acheté ? Et si c’est le cas, allez vous acheter du bois 2x plus cher parce qu’il est français ? Voyez la démonstration un peu plus loin de « Marsu » qui l’explique mieux que moi... Je vous conjure de me croire, le bois, les biocarburants, et l’hydrogène ( tous les trois très très énergivores lors de leurs productions + transports respectifs) ne sont pas des solutions à longs termes.

      Il n’y a pas de solution propre individuelle de chauffage : vous vous imaginez bien dans votre petit pavillon de campagne, en train de vous chauffer au bois, et quand les grands complexes immobiliers de la megalopole voisine décident de se chauffer au bois vous applaudissez, mais vous n’imaginez même pas la pollution énorme produite et le temps qu’il faudra aux arbres pour assimiler tout ce carbone. On brule en 5 min ce que l’arbre a mis en 20 ans pour se développer et emprisonner le carbone, gràce a la photosynthèse. C’est d’ailleurs le seul moyen autonome et gratuit (ie d’autorégulation) que la nature nous offre pour traiter le CO2 de l’air (avec la fixation du fond des océans).

      Quitte à me mettre tout le monde à dos, je me sentirai mieux de rouler électrique (nucléiare, éolien offshore, marémoteur, hydrolique, photovoltaïque) et de me chauffer (le moins possible puisque bien isolé ,sans pont thermique) avec la géothermie, l’aérothermie, le solaire et autres pompes à chaleur qui n’ont besoin que d’un petit appoint en énergie). A noter que le nucléaire n’est définitivement dangereux que pour ceux qui en détourne l’intéret principal (Enola guay) ou ceux qui ne l’entretienne pas (Tchernobyl). Les déchets NUCLEAIRES SCELLES sont moins toxique que ceux (POLLUTION, CO2, RECHAUFFEMENT) que vous allez léguer à vos ENFANTS.

      Je préfère produire du nucléaire et conserver ma planète, quitte à envoyer les déchets nucléaires vers LE SOLEIL QUI S’EN NOURRIT que de donner pour héritage à mes enfants un caillou aride et brûlant. Et ça la France l’a bien compris avec le projet ITER, à qui on ne peut pas reprocher d’avoir des cheminées.

      Enfin, l’eolien, le photovoltaïque et le solaire sont subventionnés , contrairement aux produits carbonique, qui, s’ils ne le sont pas, le seront un jour.


    • (---.---.107.75) 23 décembre 2006 17:17

      Puisque à cause du CO2 la terre se réchauffe, il nous faudra moins de chauffage. Donc moins de production de CO2, le CO2 se fixant sur les arbres, ils grandiront plus vite, nous procurant ainsi de l’ombre qui nous protègera du soleil, et le CO2 diminuera. Tout finira donc par s’équilibrer, la nature fait bien les choses, il n’y a qu’à attendre. CQFD


    • Jolafh 26 mai 2007 07:08

      Réaction au commentaire de Fillaam chez Hotmail

      >je voudrais dire que la combustion du bois est toxique sauf si pour vous le simple fait de diriger votre cheminée vers le haut vous rassure.

      Effectivement les poêles à bois anciens ou mal réglés sont une source de pollution. Beaucoup de site canadiens du Québec en font largement état. Ceci dit on assiste à une campagne d’information pour sensibiliser les canadiens à remplacer leur vieux poêles par des modèles à combustion propre recommandés par l’Association canadienne de normalisation (CSA) ou par l’Environmental Protection Agency des États-Unis (USEPA).

      « Toutes les méthodes de chauffage au bois ne se valent pas », déclare M. Tex McLeod, gestionnaire de la Hearth Products Association of Canada (HPAC). « En réalité, il est très important de distinguer entre la bonne et la mauvaise combustion du bois...cela fait une grande différence pour la qualité de l’environnement. » Source gouvernementale « Environnement Canada » http://www.on.ec.gc.ca/success-stories/on/tex-f.html En Français.

      Les générations actuelles de chauffage au bois sont très performants. Le réglage de la combustion est très pointu et il n’y a plus de pollution, à tel point qu’on ne voit plus du tout aucune fumée sortir des conduits et qu’une chaudière de 100Kw à plein régime ne produit très peu de cendres (l’équivalent d’un petit seau en 15 jours).

      D’autre part alors que l’utilisation des énergies fossiles rejette du gaz carbonique dans l’atmosphère, la combustion du bois restitue à l’air le carbone prélevé par la photosynthèse et présente donc un bilan équilibré. De plus, contrairement aux énergies fossiles, le bois ne contient pas de souffre, élément fortement polluant. Utiliser du bois local, c’est contribuer à la lutte contre l’effet de serre.

      Le chauffage au bois à largement sa place en milieu rural. Pourquoi vouloir se passer d’une ressource renouvelable exploitée dans le cadre d’une gestion durable. En France quand la forêt pousse de 10m3 on en prélève 5m3. Le reste se capitalise mais c’est comme pour tout, quand le réservoir est plein il déborde.

      C’est vraiment pas sérieux de casser du bois sur le chauffage au bois. Merci de votre attention.


    • rjolly (---.---.227.38) 19 décembre 2006 12:56

      Si je ne me trompe pas, le chauffage est responsable de plus du tiers des émissions de gaz à effet de serre, là où le transport et l’industrie-agriculture font 25% respectivement (les chiffres exacts, quelqu’un ?) Un chauffage à base renouvelable comme le bois serait donc extrèmement intéressant pour la réduction des GES.


      • DEALBATA (---.---.166.140) 19 décembre 2006 13:14

        A l’approche de Noël, de nombreuses bûches vont périr asphyxiées dans l’oesophage central. En politique, c’est souvent nos chères têtes de noeuds et nos vielles planches pourries qui nous montrent l’arbre qui cache la forêt, Ils méritent une bonne volée de bois vert.


        • LE CHAT LE CHAT 19 décembre 2006 13:33

          @dealbata

          brulons les langues de bois en un gigantesque autodafé !

          et dire qu’on va couper des arbres pour imprimer leurs mensonges , il vaudrait mieux leur couper la langue !


        • ZEN zen 19 décembre 2006 14:11

          Dealba,

          Ils finiront aussi entre quatre planches, car ils sont du même bois que nous...


        • ZEN ZEN 19 décembre 2006 15:44

          Celui qui m’a enlevé un point va voir de quel bois je me chauffe ! smiley


        • Angus (---.---.131.78) 19 décembre 2006 14:02

          Et si les chaudières à bois possèdent un tel rendement en fournissant de plus une garantie d’énergie propre, à quand nos chères automobiles pourvues de chaudières à bois ?

          Ce serait un bon sujet à bûcher, non ?


          • Deltarho Deltarho 19 décembre 2006 14:37

            Elles ont déjà été supprimées en 1945, vous ne les avez pas sauvegardées ?


          • Deltarho Deltarho 19 décembre 2006 14:34

            Le granulé de bois est une solution écologique à condition de conserver les impératifs de production actuels, particulièrement l’interdiction de tous adjuvants. En la matière nous ne sommes pas les précurseurs, une fois encore, et nous pourrions faire confiance à ces derniers, pour « voir » !

            Mais le succès apportera une « demande » en augmentation importante et apparaitra alors des productions hâtives, sinon des prix aussi en augmentation (la fameuse excuse de l’offre et de la demande ! ) qui remettront tout à niveau. L’aspect "écologique sera-t-il conservé ?

            Ce qui me gratte aussi derrière l’oreille c’est que d’emblée on (nos financiers !) avance une réduction d’impôt, Bizarre, vous avez dit bizarre !

            Alors, pourquoi ne pas en profiter, dans la mesure d’une rénovation du système de chauffage existant ?


            • nico (---.---.239.171) 19 décembre 2006 23:03

              Le prix des granulés bois à presque doublé dans certaines regions en 1 an (350EUR la tonne contre moins de 180EUR il y a 1 an) . Le ou les coupables : des installateurs qui profitent de l’engouement des gens pour vendre avec des marges confortables des produits subventionnés (ADEME, credit d’impot..) , une filière de production de granulés qui se developpe bcp plus lentement que la progression des ventes d ’appareils de chauffage, les scieries qui compte tenu de la demande vendent la sciure à prix d’or (alors qu il y a quelque temps elles auraient payées pour en etre débarrasées..) avec au final des « éco » consommateurs qui après un lourd investissement deviennent captif d’un système .. Je ne donne pas chère de cette filière si cela continu comme ça...


            • interrogation (---.---.248.203) 20 décembre 2006 13:36

              IMMENSE BETISE PROPAGEE PAR LES MEDIAS

              Avez vous connaissance du nombre de KW nécessaire pour faire du granulé ?

              Le rendement réel du granulé est de ce fait au moins inférieur de 30% au bois brut...


            • EDARI (---.---.225.129) 19 décembre 2006 14:41

              Attention, tout de même, à ne pas couper plus vite que cela ne repousse...

              Il y a une période, j’ai entendu dire, qu’il fallait économiser le papier, car la déforestation que cela engendrait était dangereuse pour la planète.

              Il faut se méfier des modes qui au départ économisent, c’est valable si c’est utilisé avec modération, peut-être.


              • herve33 (---.---.187.101) 19 décembre 2006 15:40

                Petite remarque . On ne rase pas les forêts pour le bois de chauffage . Pour pouvoir pousser dans de bonnes conditions la forêt doit etre entretenue et certains arbres doivent etre élagués , la plupart du bois de chauffage vient de cette élagage . Donc sauf , mauvaises pratiques dans le milieu forestiers , le fait de consommer du bois de chauffage ne détruit pas la forêt .


              • jcm (---.---.67.11) 19 décembre 2006 17:43

                « ...la plupart du bois de chauffage vient de cette élagage... »

                Oui et non... !

                Certaines formes de sylviculture sont apparues afin de fournir du bois de chauffage sous forme de « plaquettes » (bois déchiqueté, transformé ou non), et l’on cultive en particulier du saule en TtCR ou « Taillis à très Courte Rotation » à cette fin.

                Il semble que l’on soit au début d’un renouveau des combustibles renouvelables solides avec cette culture en taillis mais aussi la culture du miscanthus, au pouvoir calorifique plus élevé que le bois.


              • Cram (---.---.56.195) 19 décembre 2006 15:41

                Oui, c’est vrai, mais on en est encore loin en France. La surface boisée n’a jamais été aussi grande en France depuis le Moyen-Age ! Incroyable, non ?


                • pierrot (---.---.141.25) 19 décembre 2006 19:01

                  Ouaip, pareil en Suisse, les forêts se portent bien. Et comme pour faire moderne il fallait se chauffer au pétrole, le bois mort traine dans les forêts.

                  Ce qui fait que les forêt risque de mourrir à cause de la vermine que cela apporte (comme le bostriche par exemple).


                • masuyer masuyer 1er mai 2007 21:31

                  pour pierrot il n’y a pas de corrélation entre bostryche et bois mort, le bostryche (ou scolyte typographe) n’étant pas un détritivore. Il se nourrit du liber (partie qui se trouve sous l’écorce)de l’épicéa. Leur développement semble plutôt dû à la sécheresse, l’affaiblissement des forêts suite aux tempêtes de 1999, et à certains choix sylvicoles (plantations pures d’épicea)


                • masuyer masuyer 1er mai 2007 22:25

                  Bon, je vais essayer de faire simple et d’éclairer un peu le débat. Pour ce qui est du CO2 et des plantes, il faut expliquer la photosynthèse. Pour aller vite un lien http://fr.wikipedia.org/wiki/Photosynth%C3%A8se. Pour ceux qui ont la flemme de lire l’article, c’est un processus chimique qui (grosso modo) utilise le carbone contenu dans le CO2 (le C) pour fabriquer du glucose ( C6H12O6). Vous verrez sur wikipédia l’équation simplifiée complète et équilibrée.

                  Ensuite, on peut diviser les forêts en 2 groupes : les forêts primaires et les forêts secondaires. Les premières sont les forêts « naturelles » et les secondes les forêts façonnées par l’homme. Il n’y a pas de forêts primaires en France, elles n’existent pour ainsi dire qu’en zones tropicales ou boréales. Une forêt primaire rejette à peu près autant de CO2 qu’elle en absorbe (les arbres en mourant dégage du CO2). Pour le bois de chauffage c’est pareil. Quand on fait du feu, on dégage pas plus de CO2 que ce qu’on brule n’en a absorbé.(Revoir les cours de physique sur les équations moléculaires). Donc tant que vous ne brûlez pas plus de bois que vous n’en produisez, la balance du CO2 est neutre. Par contre quand vous brûlez du pétrole et du charbon (qui sont aussi le produit de la végétation) vous dégagez du CO2 qui a été stocké depuis le carbonifère (à une époque ou le taux de CO2 était bien plus important que maintenant et n’aurait pas permis la vie humaine, les plantes, elles, s’éclataient). Le bois qui va être utiliser dans la construction ne se désagrégeant pas, il ne rejettera pas de CO2). En bref, en vous chauffant au bois vous n’aggravez pas l’effet de serre, et en construisant en bois vous stockez du carbone qui va compenser celui que vous aurez rejetez das l’atmosphère en brûlant du pétrole. C’est un peu schématique mais c’est ça. Les causes de la déforestation : La première cause de déforestation est l’agriculture. En France autrefois, au Brésil aujourd’hui. D’ailleurs si la surface forestière augmente fortement en France, c’est principalement par la déprise agricole. L’exploitation forestière est une autre cause, mais c’est plutôt en zone tropicale. Dans certains pays africains (cameroun, Gabon) pour accéder à des arbres produisant ces bois précieux dont les riches occidentaux sont friands, on passe au Bulldozer. Plusieurs centaines d’hectares détruits pour fournir quelques mètre cubes).

                  En France, les forêts dans lesquels vous aimez retrouver la nature sauvage sont entièrement façonnées par l’homme). Observez la silhouette d’un arbre en croissance libre (seul au milieu d’un champ) et celle d’un de ses congénères en forêt. Le second à moins de branches (donc moins de noeuds), un fut (le tronc) plus élancé (plus de bois d’oeuvre), il est plus haut. Pourquoi parceque la concurrence pour l’accès à la lumière a été plus importante donc il a été obligé de s’éléver. Si nous plantons du chêne, nous planterons, disons 1200 pieds à l’hectare. Nous le récolterons à 120 ans (ce qui se pratique en forêt privée, en forêt publique c’est dans les 200-240 ans). Mais au moment de la récolte il n’y aura plus que 250 tiges à l’hectare. Les autres auront été récoltées au fur et à mesure de la croissance en diamètre des arbres. c’est ce qu’on appelle des éclairicies (ce n’est pas de l’élagage). Les pieds de -de 30 à 35 cm ne fourniront pas de bois d’oeuvre. Ils seront utilisés en bois de feu ou en bois de trituration (pâte à papier, panneaux de particules, aggloméré). Dans la première partie de sa vie votre forêt vous coûte de l’argent, il faut investir. Normalement à partir des éclaircies elle vous rapporte. Sauf qu’avec la baisse de la consommation de bois de feu et de pâte à papier, la première éclaircie vous coûte encore). Donc fautes de débouchés, les propriétaires ne font plus d’éclaircies, leur forêt dépérit, elle est faiblement productive et vous n’aurez pas ou peu de bois d’oeuvre. Le chauffage au bois améliore donc la qualité de nos forêts.

                  Je m’excuse d’avoir été si simpliste, mais j’essaierai de faire un petit papier sur la sylviculture.


                • Jolafh 26 mai 2007 07:34

                  Très intéressant Cram. Entièrement d’accord avec tes commentaires. J’attends de lire ton papier sur la sylviculture et ce papier (la matière) sera bien utile pour éclaircir nos forêts ! Il y a du boulot pour vaincre les idées reçues.


                • (---.---.211.165) 19 décembre 2006 15:56

                  « Selon Environnement Canada, un poêle à bois non certifié émet autant de particules fines dans l’atmosphère en neuf heures qu’un poêle certifié fonctionnant soixante heures ou une automobile de type intermédiaire parcourant 18 000 km en un an »

                  60h de chauffage = 18 000 km de voiture

                  ca fait quelque chose entre 138 et 360 heures de bagnole. donc ca pollue (en terme de particules fines) 2,3 à 6 fois plus qu’une voiture.

                  Pas sûr que ce soit vraiment un réel progrés... enfin, c’est toujours mieux que le fuel.


                  • pierrot (---.---.141.25) 19 décembre 2006 19:12

                    Il serait bon de rappeler que le CO2 est absolument nécessair à notre atmosphère. C’est même la respiration des arbres qui risquent d’en souffrir donc les arbres eux-même en ...crevant : la végétation inspirant du CO2 et rejetant de l’oxygène.

                    Les taxes sur le CO2 sont une des plus grosses arnaques financières des temps modernes. Un Hold-Up pour tout dire.


                  • louis mandrin (---.---.36.85) 20 décembre 2006 00:40

                    amusant comme étude canadienne, et le cul des vaches, ils les ont mesuré aussi, pour voir la pollution, à les en croire, un chauffage au bois pollue plus qu’une voiture, ils brulent quoi comme bois au canada, des buches imprégnées de gasoil ? j’ai jamais vu quelqu’un faire une allergie pulmonaire à la fumée de cheminée au bois (au charbon peut être) mais tout bon pneumologue pourra certifier que les gaz d’échappement des voitures et des usines sont beaucoup plus nocifs que le feu de bois, ce sont les mêmes scientifiques qui certifient que les antennes relais des opérateurs de téléphonies mobiles ne sont pas nocives, tout comme les rayonnements des téléphones portables, qui causent des cancers et des tumeurs, et dont, bizarrement, personne ne parle...ils devaient être payés pas exxon ou total pour raconter des conneries comme ça, et certainement fumer de la moquette


                  • Miche (---.---.228.100) 20 décembre 2006 06:31

                    Il n’y a pas que les particules fines. Si un poêle à bois conventionel 9 heures + une année auto 18 000 kilomètres un poêle certifié ou granule est 60 heures = une année auto 18 000 kilomètres vive l’industrie de la foresterie et des vendeurs de poêle à bois et au diable la santé. être voisin d’une cheminée c,est pas de la tarte. On s’enferme et même à l’intérieur on sent le créosote.


                  • noireb (---.---.228.170) 20 décembre 2006 08:12

                    « j’ai jamais vu quelqu’un faire une allergie pulmonaire à la fumée de cheminée au bois »

                    Je dirai pour la défense du feu de bois qu’il a l’avantage de bénéficier d’une cheminé, donc ne rejette pas directement dans nos gueules, contrairement aux échappements de bagnole.

                    Pour la blague du cul des vaches, il me semble que ca a été fait, résultat : la plus grosse source d’émission de méthane, c’est elles.

                    Enfin, je n’ai pas de source a proposer, mais j’ai souvent entendu dire que la nourrirture fumée (au feu de bois donc) était plutot bien cancérogène (à vérifier).


                  • gem gem 20 décembre 2006 10:06

                    « j’ai jamais vu quelqu’un faire une allergie pulmonaire à la fumée de cheminée au bois »

                    rassurre toi : on ne fait pas d’allergie, on meurt, directement. La poussière de bois est pour le charpentier ce que la charbon est pour le mineur : la cause d’une grave et même mortelle maladie pulmonaire professionelle.


                  • titou hs 74 (---.---.217.142) 20 décembre 2006 11:09

                    il faut savoir aussi que se sont les arbres jeunes qui convertissent le plus de CO2 en matiere organique. C’est vrai que les forets ont repoussé dans certaints pays:800 millions d’hectares dans les 10 ou 15 dernieres années(cela correspond à la superficie de l’Inde)

                    Alors pourqoi ne pas laisser cette biomasse compensser la déforestation qui sévit dans d’autres pays et en même temps aisseyer d’absorber même modérement les émissions de GES produites par les énergies fossiles...


                  • un ch’ti (---.---.107.75) 23 décembre 2006 17:06

                    Il n’y a pas de silice dans le bois, donc pas de silicose il ne faut pas confondre. Je ne dis pas que c’est bon, mais c’est autre chose ( des goudrons probablement).


                  • puppy (---.---.145.83) 19 mars 2007 20:30

                    et surtout les produits de traitement des bois au fait le Pinatubo ça fait combien d’émission de c02 par les poêles à bois et pendant combien d’année ?


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 19 décembre 2006 16:45

                    SALUT A L’AUTEUR

                    D’autant plus intéressé par l’article que je viens de faire installer un insert chez moi .

                    Ces appreils de chauffage à bois modernes sont géniaux . Cela demande plus de travail que le gaz mais quel plaisir et quelle économie .

                    Salut et fraternité .


                    • Mortimer (---.---.231.155) 24 décembre 2006 09:44

                      Salut et fraternité à toi aussi cher Cambronne, ça chauffe aussi pas mal sur ce forum... A +. Mortimer.


                    • pierrot (---.---.141.25) 19 décembre 2006 18:57

                      Ben merde alors ! Si les gouvernements commencent à s’occuper du bois de chauffage, on va être retaxé en lieu et place des taxes sur le pétrole.

                      çA me plaît moyen, mais alors vraiment moyen, après que ceux qui se chauffait au bois se faisait traiter de rétrograde.


                      • (---.---.49.41) 19 décembre 2006 20:10

                        Le chauffage au bois c’est très bien tant que tout le monde ne s’y met pas. Si tout le monde passait au chauffage au bois, la déforestation serait importante. Les quelques énergies qui sont vraiment non polluantes (ou tout au moins qui pourront le devenir parce qu’il y a encore des progrès à faire) sont l’énergie solaire, éolienne, hydroélectrique. Et le plus important, une stabilisation de la population à court terme, avec inversion de courbe à plus long terme. Et non, pas seulement dans les pays du tiers-monde. Chez nous aussi.


                        • Zamenhof (---.---.63.254) 29 décembre 2006 14:21

                          Tout à fait ! comme l’a dit qq un peu plus haut c’est une excellent idée, si on l’utilise avec modération.

                          (comme tout peut-être ?)


                        • masuyer masuyer 3 mai 2007 19:20

                          La déforestation n’est pas vraiment un problème en France puisque la surface forestière s’accroit et que la loi forestière française empêche une diminution de cette surface. Il faut un peu se méfier de ce qu’on entend parfois. C’est un peu comme les livres électroniques qui protègent la forêt parce qu’on utilise plus de papier mais qui pose la question des déchets électroniques, ou le papier recyclé qu’on aime bien blanc (pour le blanchir on utilise du chlore). Ou le papier recyclé qu’on envoie à la Réunion par avion pour imprimer les bulletins de vote. Le vrai problème c’est notre modèle de développement, basé sur la consommation à outrance qui n’est pas compatible avec la survie de notre espèce. Pour ce qui est de la Nature dans son ensemble, ne vous inquiétez pas elle en a vu d’autres et elle saura s’adapter


                        • rock.marshall41 (---.---.47.157) 19 décembre 2006 21:24

                          La solution reste intéressante, tant que le prix du bois ne sera pas supérieur au fieul ou autre monde de chauffage...

                          Et si c’est pour assister à une déforestation massive...


                          • Marie Pierre (---.---.40.80) 19 décembre 2006 22:56

                            On peut fabriquer des plaquettes de bois à partir de toutes les tailles. Inutile de pratiquer la déforestation. Regardez les tailles des arbres dans les villes, les jardins, les haies (qui sont remises à l’honneur), tous les bois morts dans les forêts et qui produisent du CO². Peut-être faut-il informer les bûcherons de toutes ces possibilités afin qu’ils ne brûlent pas stupidement ce bois ou ne le revendent à des propriétaires de cheminées qui ne servent à rien (les cheminées... bien sûr !) qu’à rejeter du CO².


                          • louis mandrin (---.---.36.85) 20 décembre 2006 00:31

                            si je résume bien l’article, d’un côté, chauffer au bois, c’est pas bien parce que ça pollue (donc, pour plus polluer, il ne faut plus se chauffer, ou alors à l’électricité, qui chauffe pas vraiment une maison, et qui, pour être produite, utilise majoritairement des énergies polluantes), d’un autre, c’est bien, parce que ça utilise du bois, et que le bois, on peut le faire repousser, suffit de gérer la ressource intelligemment.

                            Moi, ça fait depuis 1989 que je me chauffe exclusivement au bois, avec un bon poêle en fonte norvégien dont je ne citerai pas la marque (Jo... pour ceux qui connaissent) une maison de 100 m² avec environ 4 stères par an de consommation, de fin septembre à fin avril (c’est ça, l’avantage du feu continu, la buche est consumée complètement, 4 buches avant d’aller au lit et le matin, un bonne et agréable chaleur rayonne partout dans la maison. Il y a certes des désavantages, comme le stockage du bois, la saleté que ça génère (poussières, morceaux d’écorces, cendres quand on ouvre la porte pour le charger...mais quelle économie de fric, quelle tranquillité aussi, hormis deux ramonages par an (tube inox) que je fais moi-même, un bon nettoyage par an du poêle, et le reste du temps, il n’y a qu’à le nourrir pour avoir bien chaud sans se ruiner. Et les cendres servent dans le jardin, bref que du bonheur, et pour rien au monde, je changerai de mode de chauffage, et l’odeur d’un feu de cheminée est bien plus agréable qu’une odeur de pot d’échappement ou de centrale à fioul.

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