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Accueil du site > Actualités > Environnement > Le CO2 est-il une énergie d’avenir ?

Le CO2 est-il une énergie d’avenir ?

A l'heure du litre d'essence à 2€, au moins 2 initiatives, l'une publique et l'autre privée, cherchent à faire du CO2 une énergie d'avenir. Le principe est simple : utiliser des micro-algues pour convertir le CO2 en biocarburant.

D'un côté le CO2 dont on ne peut pas dire qu'il manque puisque nos industries et tous nos moyens de transport en "produisent". De l'autre des micro-algues qui n'ont besoin que d'une chose pour convertir ce "responsable du réchauffement climatique" en biocarburant : l'énergie solaire universellement disponible et a priori gratuite.

Cet ambitieux objectif, qui serait une solution permettant de dépolluer en convertissant le CO2 en carburant à nouveau brûlé, est la mission du projet GreenStars, "lauréat de l'appel à projet Investissements d'Avenir "Instituts d'Excellence sur les Energies Décarbonnées" (IEED). Il s'agit d'un ensemble de plate formes collaboratives regroupant des acteurs hexagonaux de la filière valorisation des micro algues" :

"Objectif premier : développer à l’horizon 2020, des composés d’intérêts dont notamment des biocarburants performants et des molécules à haute valeur ajoutée grâce à des micro-algues utilisant les émissions de CO2 et les substances issues des rejets des activités humaines. Porté par l’INRA et rassemblant 45 partenaires (organismes de recherche publique, entreprises, collectivités territoriales, pôles de compétitivité), GreenStars a également pour ambition de se positionner, d’ici cinq à dix ans, parmi les centres d’excellence mondiaux dans le domaine de la bio-raffinerie des micro-algues. Un budget de 160 M€ sur 10 ans est initialement prévu dont près de 20 % d’aide publique."

De son côté, une start-up américaine a elle annoncé début Janvier un nouvel investissement qui lui permettra de construire une unité de production "industrielle" basée sur son procédé propriétaire. Joule Unlimited, basée à Bedford dans le Massachusetts, a modifié génétiquement une bactérie pour produire de l'éthanol à un coût de production "compétitif" soit un peu plus d'un Euro pour 5 Litres soit 20 Centimes d'Euro le Litre.

Mais il s'agit d'un carburant même si elle d'origine "biologique". Ce qui limite aujourd'hui le développement des voitures électriques c'est la capacité des batteries : celles-ci sont elles produites de façon "écologiques" ? Quel est l'impact carbone de la construction des éoliennes ou des panneaux solaires ? Quel sera le coût de R&D et de production des technologies de stockage des énergies renouvelables, permettant de "lisser" leur utilisation.

Les technologies existent ou sont en développement et leur généralisation va certainement créer des emplois mais les investissements nécessaires pour cela sont considérables : le "marché" existe-t-il ? Pouvons nous nous les "permettre" en période de crise ?


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17 réactions à cet article    


  • sdzdz 16 mars 2012 09:23

    Vous faites bien de souligner le budget alloué à ce type de recherche : 160millions, une somme dérisoire sans rapport avec les enjeux, il suffit de considérer la facture de nos importations ! D’ailleurs vous oubliez le « pétrole bleu » alors qu’un de ses inventeurs est Français.


    On occulte aussi généralement le rôle pernicieux des grands groupes qui verrouillent le marché à leur profit, le ministre de l’industrie ayant confirmé que le tissu de PME-PMI de taille moyenne en France n’a pas vocation à leur tailler des croupières.

    L’IRC aborde ce dossier tout en désignant le système institutionnel européen et donc français comme néo-impérialiste. Cf blog


    • Strawman Strawman 16 mars 2012 09:36

      L’idée est donc de capter la lumière du soleil par photosynthèse sur une grande surface pour transformer le CO2 en combustible.
      Brillant, sauf que la nature y a déjà pensé depuis des milliards d’années : ça s’appelle une forêt.


      • Strawman Strawman 16 mars 2012 09:48

        Je double-poste pour réagir au titre : le CO2 n’est pas une énergie ou une source d’énergie. Les deux seules sources d’énergie dont dispose notre planète sont le rayonnement solaire et la chaleur du noyau terrestre. Les énergies renouvelables (éolien, marémotrice, géothermique...) découlent directement de ces deux sources, et le CO2 est une batterie qui, avec de l’eau, va stocker cette énergie sous forme de liaisons inter-atomiques et former du combustible (bois, biocarburant...)


      • Pierre Memheld pmemheld 16 mars 2012 09:52

        Si les forêts existent et « fonctionnent » il serait dommage de s’en servir pour produire du carburant non.


        Le problème n’est pas tant le faible montant des budgets de R&D mais le montant particulièrement élevé qu’il faudra investir pour industrialiser, construire et exploiter chacune des options des énergies renouvelables.

        Et les pays émergents, ou à fort développement, comme l’Inde, la Chine, l’Indonésie, le Brésil, la Turquie, et l’Afrique ou le Golfe Persique en général ont de nombreux atouts sur ce nouveau marché.

        • JC (Exether) 16 mars 2012 09:54

          Présenter le CO2 comme une source d’énergie est biaisé.
          Dans le mécanisme, bien connu, que vous décrivez c’est le soleil qui apporte l’énergie, le CO2 n’est qu’une matière première qui est en quelque sorte recyclée par la nature pour faire un carburant.

          Effectivement, on devrait faire beaucoup plus de recherche sur ce type de carburant qui pourraient nous permettre de limiter notre dépendance énergétique et de créer des emplois.

          Il faut cependant rester attentif au bilan réel de la fabrication de ces carburants et à la concurrence de ces marchés avec les marchés alimentaires.


          • Pierre Memheld pmemheld 16 mars 2012 10:08

            Le CO2 ne manque pas : outre les industries et les transports, il est naturellement produit. Il existe même des dispositifs de capture du CO2 ... reconverti il ne manquera à personne ... et l’énergie solaire est librement disponible.


            D’un point de vue pratique, c’est l’impact en surface des énergies renouvelables qui peut interférer avec les cultures, les habitats ou l’espace libre. Les champs d’éoliennes, de panneaux solaires ou de convertisseurs de CO2 vont occuper des milliers d’hectares.

            Comme le sujet Jeremy Rifkin dans sa « 3ème révolution industrielle » l’avenir des énergies renouvelables est peut être dans l’individualisation de la production : les vitrages « solaires » arrivent et le solaire sert au chauffage mais aussi à la climatisation.

            • Croa Croa 16 mars 2012 22:28

              « Le CO2 ne manque pas :» Certes !

              Mais qu’en est-il des zones de cultures pour tes micro-algues ?


            • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 16 mars 2012 11:58

              Il semble que les filières basées sur l’hydrogène soient encore plus avancées : j’ai entendu dire récemment que la firme Daimler ( les fameuses Mercedes ) prétendait être capable de produire des véhicules à hydrogène au même prix que des véhicules diesel à condition d’en produire au moins un milion !

              Le problème réside donc dans la mise à la disposition d’hydrogène pour ces véhicules.

              Cerise sur le gateau, on peut également se servir de l’hydrogène pour se chauffer, s’éclairer et stocker de l’électricité ...

              D’autre part j’ai entendu qu’une autre entreprise automobile ( Honda si mes souvenirs sont bons ) propose d’acquérir une unité de fabrication et de stockage d’hydrogène à domicile qu’on pourrait coupler à des panneaux photovoltaïques où à son éolienne ce qui ferait de nos habitations des maisons non plus passives mais positives !

              Je pense donc que le futur proche appartient à l’hydrogène, bien que les cultures d’algues bleues puissent permettre de remplacer l’usage des carburants fossiles durant la période de transition et qu’après celle ci elle pourrait toujours servir à fabriquer des bioplastiques.






              • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 16 mars 2012 20:45

                Dans un premier temps j’ai entendu dire que l’industrie pétrolière produisait trop d’hydrogène à un point tel que c’était considéré comme un déchet problématique.

                Donc, il n’y a pas de stress pour le premier milion de voitures.


              • Croa Croa 16 mars 2012 22:32

                « Dans un premier temps j’ai entendu dire que l’industrie pétrolière produisait trop d’hydrogène à un point tel que c’était considéré comme un déchet problématique. »

                T’as encore l’adresse de ta source ? (j’ai des doutes.)


              • gordon shumway gordon shumway 16 mars 2012 19:59

                Est ce qu il serait possible une fois au moins d arrêter de parler de stockage d électricité ! L électricité est un mouvement d électron libre et on ne peux pas stocker cela car il faut un circuit fermé pour qu il y ait ce déplacement ! Le seul mouvement que l on arrive à stocker c celui d un ressort ! Merci 


                • Croa Croa 16 mars 2012 22:48

                  L’auteur veut sûrement parler de stockage d’énergie en vue de reproduire de l’électricité.

                  Sinon,
                  On peut stoker l’électricité dans des condensateurs. ça sert pour les flashs à piles par exemple (pour restituer une grosse puissance au moment de l’éclair)  ; En traction électrique on commence à utiliser des « super-condensateurs » (c’est nouveau) afin de stocker directement l’énergie électrique afin de pallier à de brèves ruptures d’alimentation ou de permettre de courtes surpuissances. 


                • Hétérodoxe 16 mars 2012 23:53

                  "Est ce qu il serait possible une fois au moins d arrêter de parler de stockage d électricité ! L électricité est un mouvement d électron libre et on ne peux pas stocker cela car il faut un circuit fermé pour qu il y ait ce déplacement ! Le seul mouvement que l on arrive à stocker c celui d un ressort ! Merci "

                  Commentaire très utile (c’est sérieux puissance -19)


                • gordon shumway gordon shumway 17 mars 2012 22:15

                  Ça crédibilité ça s invente pas : 



                  L’électricité ne se stocke pas, elle ne fait que circuler dans les fils.

                  Au sein d’une ville par exemple, la puissance fournie par le réseau électrique est en permanence égale à la puissance demandée par les consommateurs. En France, toutes les centrales électriques sont interconnectées et mettent en commun leurs productions. Elles ajustent ainsi à tout moment la distribution électrique. Certaines centrales fonctionnent à leur rendement maximum. Pour d’autres centrales, la production est ajustable. C’est le cas des centrales hydrauliques notamment, où en ouvrant les vannes, on permet à davantage d’eau de faire tourner des turbines. Celles-ci augmentent alors leur vitesse et on produit plus de courant électrique.

                  Source : 

                • Hétérodoxe 16 mars 2012 23:56

                  L’energie d’avenir, c’est la masse, point !!

                  La seule chose qui est en quantité suffisante et qui peut fournir de l’energie propre, c’est le fer. Mais on sait pas faire.


                  • Pierre Memheld Pierre Memheld 17 mars 2012 08:38

                    S’il serait possible en couvrant disons de panneaux photovoltaïques une surface négligeable d’un désert de produire assez d’énergie pour disons la consommation de l’Europe, la perte d’énergie lors du transport entre zone de production et zone d’utilisation réduit l’intérêt de cette solution. Pour la production d’un biocarburant, le problème n’est pas le même.


                    Pour ce qui est du stockage de l’énergie, pour la réutiliser ou la distribuer ultérieurement, les solutions sont : chimiques, biologiques, électromécaniques, électriques, mécaniques ou thermiques.

                    Une solution de masse est l’utilisation de l’excès de production pour remonter de l’eau dans des réservoirs puis la relâcher, l’énergie étant re-produite par une usine hyro-électrique.

                    On peut aussi coupler cette solution avec une unité de désalement afin de pallier dans les régions désertiques au manque d’eau potable ou même pour l’agriculture.

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