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Le Développement Durable, un trait d’union entre action et réflexion

 
A l’heure où l’héritage que l’on souhaite léguer aux générations futures est devenu une préoccupation partagée par nos dirigeants, le développement durable, comme une clef miraculeuse, est omniprésent dans le débat public. Parmi les slogans du moins. Il s’agit d’un nouveau prisme à travers lequel chacun peut envisager l’avenir. Il n’est pas un acteur qui n’habille ses produits de cette mention. Solution marketing ou engagement citoyen ?
 
C’est un nouveau sujet qui appelle l’esprit critique. Si on ne trouvait pas des répercussions immédiates à travers des économies substantielles comme la récupération d’eau de pluie pour arroser les plantes ou l’utilisation d’ampoules de faible consommation d’énergie dans la maison, il serait facile de penser que le développement durable est l’idéologie du XXIe siècle. Chacun le revendique comme une vertu malgré tous les efforts qu’il nécessite. Sa force : le retour sur investissement est très rapide et s’observe à travers des économies attractives. Evoquée dans tous les projets contemporains, la notion de développement durable n’en demeure pas moins floue ou plutôt impalpable. Sans concession, pour se revendiquer d’un développement durable digne du nom, il faut s’attacher à ses trois piliers fondateurs : l’économique, le social et l’écologique.
 
Cette démarche qui se veut transversale est par conséquent difficilement repérable des autres paramètres du reste de l’action. Une notion plus globale qu’équivoque Enjeu majeur du 21E siècle, le DD se définit de manière globale et s’illustre par des mesures très pratiques. De par sa nature même le concept de développement durable résout d’emblée l’ambivalence traditionnelle entre logiques descendantes et ascendante. En effet, comme l’affirmait un récent article de la revue sciences humaines : le développement durable est conçu à la fois comme un programme d’action pour la défense de la terre, et un projet de société planétaire. Il permet tout à la fois d’associer un instrument de cohésion tout en étant force de solutions pratiques. C’est sans doute cette dimension globale et, du reste, peu habituelle qui rend difficile sa lisibilité.
 
Omniprésent d’un bout à l’autre de la chaîne, de l’élaboration des décisions jusqu’à leur réalisation, le DD est un processus au caractère entier. C’est par conséquent un outil très efficace pour la gouvernance qui s’accommode autant de la théorie que des faits. Cela permet d’établir un trait d’union entre le terrain où s’exécutent les gestes durables et l’endroit où ils ont été pensés. Du fait de sa dimension globale, le DD réuni un ensemble de disciplines hétéroclites favorisant un consensus entre sciences dures et sciences molles pourvu que le projet soit pérenne. En effet, la réflexion durable, privilégie sur le même plan le progrès social et la préservation du cadre de vie. Cela permet d’envisager toute action dans son contexte réelle et non restreint à un périmètre ponctuel. Le postulat qui fonde la dynamique durable est d’envisager dès le départ les conditions de sa pérennité. Il ne suffit pas d’accoler le préfixe "éco" devant les nouveaux produits créés pour se revendiquer d’un développement serein.
 
Il est impératif de réfléchir aux conséquences réelles plus que prétendues de ses actes et d’engager un processus qui concernera chacun. A ce titre, le développement durable bannit bien entendu tout réflexe simpliste et recommande de repenser parfois ses propres habitudes. Ainsi, le développement durable est à la société ce que la gestion est à l’économie. C’est-à-dire qu’il implique une indispensable projection. Un écho face à la crise Le DD, notion déjà très présente dans le débat contemporain trouve un écho majeur face à la crise, en particulier à travers l’essor de l’économie verte.
 
Néanmoins, il ne faut pas le circonscrire à cet unique champ d’application. N’oublions pas que la dimension écologique n’est qu’une des trois branches du développement durable aux côtés des deux autres non moins importantes : l’économique et le social. Là encore, il ne faudrait pas, sous le prétexte d’une conjoncture qui appelle à des solutions d’urgence, ne s’attacher qu’à une partie d’un processus plus large. Le risque serait d’en dévoyer les effets durables. En effet, si le développement durable nécessite de préserver l’impact environnemental, il lui faut également s’inscrire dans une perspective de progrès social tout en assurant une viabilité économique.
 
C’est seulement en réunissant ces trois conditions sans exclusives mais indispensables que l’on peut prétendre au développement durable. De ce fait, l’économie sociale qui promeut la redistribution des richesses et son investissement dans le capital humain, ou encore l’expression démocratique qui donne à chaque citoyen une place d’acteur dans l’espace public sont des facteurs aussi importants et tout au moins complémentaires de l’utilisation de produits issus d’une production raisonnée. Le DD, c’est avant toute chose un état d’esprit plus qu’une idéologie. Il s’agit d’une pratique qui s’accommode bien mal des grands discours mais se mesure au quotidien dans nos faits et gestes. En bref, s’engager dans une démarche de développement durable, c’est inscrire son action dans un cercle vertueux qui tient compte de l’humain à travers son environnement naturel, social et économique pour que demain demeure viable.
 
Pour illustrer cette démonstration, lorsqu’ Erik Orsenna se déplace d’un continent à l’autre afin d’étudier l’avenir de l’eau, il s’agit pour lui autant d’être vigilant à ses modes de déplacements en privilégiant des moyens de locomotion doux, là où l’avion n’est pas indispensable. Pour ce qui est du contexte de crise que nous connaissons, il me semble intéressant de se servir de ce modèle. En effet, plus que tout autre modèle, celui du développement durable ne peut se départir d’un diagnostic de départ alliant état des lieux et vision prospective. C’est précisément ce focal qui nous serait utile à ce jour afin de mieux mesurer et garantir les répercussions de nos actes.

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