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Accueil du site > Actualités > Environnement > Le manège à pédales et l’avion Zéro émission...

Le manège à pédales et l’avion Zéro émission...

J’ai eu l’occasion de voir fonctionner un manège d’un type particulier, vraiment écologique, lors des fêtes de Grenade en P6070035Andalousie. En voici une photo qui vous montre le propriétaire exploitant de ce manège et probablement constructeur en pleine opération. Ledit manège est en effet mu exclusivement à la force du jarret, celle de l’opérateur qui pédale sur une bicyclette reliée à une roue en caoutchouc tournant elle-même sur le plateau du manège et l’entraînant.

Résultat : absolument aucune énergie électrique nécessaire, pas de CO2 d’émis et apparemment la satisfaction de la clientèle qui a occupé le manège toute la soiréee sans discontinuer.

Cette observation est à rapprocher d’une déclaration récente du président de l’Iata, l’association internationale des transporteurs aériens, monsieur Giovanni Bisignani, qui lors du congrès mondial annuel de cette organisation à Vancouver, soucieux de défendre une activité industrielle hautement émettrice de CO2, s’est permis de promettre pour les années 2050 un objectif de "Zéro émissions". Sur le plan purement scientifique, c’est une stupidité, il n’est pas possible de faire avancer un avion sans consommer de l’énergie, fossile ou non, et sans émissions de CO2. Sans doute monsieur Bisagnani a-t-il plus pratiqué le commerce et la gestion qu’un minimum de chimie, à moins que ce n’ait été une plaisanterie pour distraire les observateurs. Le problème de cette industrie est qu’elle continue et continuera à voir croître ses émissions à moins que l’on n’en vienne à des mesures coercitives.

Monsieur Bisignani n’a pas précisé de quelle manière il entend arriver à ce Zéro émission. Techniquement, ce n’est pas possible. Vraisembablement, il pensait, en compensation des émissions des avions, que les compagnies rachèteraient des droits à émissions de CO2 correspondants sur le marché, que l’on fera alors payer au voyageur avec son billet. Un peu comme le photogaphe Yann Arthus Bertrand, qui nous précise que ses photos en hélicoptère se font sans émissions puisqu’il rachète des droits à émettre équivalents aux émissions de son hélicoptère. Par contre, ce qui est possible financièrement pour monsieur Arthus Bertrand ne l’est peut-être pas pour le fFançais moyen qui part en vacances en famille en Tunisie ou au Portugal !

Il reste à démontrer que la totalité des émissions de CO2 du transport aérien pourront trouver des économies équivalentes dans d’autres industries et d’autres pays. Pour l’instant, l’équilibre entre demande et offre dans ce domaine semble exister du fait des obligations limitées existantes, mais il n’est pas prouvé que lorsque la totalité des pays et des industries entreront dans le cycle du rachat de droit, il y aura suffisamment de droit à vendre en contrepartie. Autre sujet de préoccupation, les droits vendus correspondront-ils bien à des économies effectives, et qui sera chargé d’en vérifier la réalité ?

Enfin il restera une solution à monsieur Bisignani, faire comme mon opérateur de manège, tout le monde aux pédales. Sur un Airbus A 380, ce devrait être impressionnant !


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7 réactions à cet article    


  • aquad69 13 juin 2007 15:04

    Bon Dieu !

    Pourvu que Boeing ne le lance pas avant nous...


    • indianagrenoble indianagrenoble 13 juin 2007 17:47

      Si la technologie de la FUSION FROIDE existait vraiment...

      Si les lobbies nucléaires et pétroliers (sans parler des autres) ne tenaient pas, avec l’aide de nos politiques, TOUTES les chaines d’approvisionnement et de fabrication des ENERGIES actuelles...

      ....et bien peut-être qu’on verait, à l’horizon 2050, des avions avec pour seul emission : de la vapeur d’eau...

      Continuons à nous GAVER d’énergies (électriques d’origine nucléaire et pétrolière) et à consommer comme si il y en aura toujours et de façon immuable...

      Noter toutefois qu’il existe déjà un projet bien avancé d’avion solaire... allez voir le projet SOLAR IMPULSE... il rejete quasi.. rien !

      Merci pour l’article en tout cas - il fait prendre conscience de certaines choses, de certains biais et aberrations « écologiques »...

      Alex smiley


      • Le Dacquois Le Dacquois 13 juin 2007 19:41

        De l’avis de beaucoup de personnes (voir le site de l’ASPO), de toutes façons, en 2050, il n’y aura plus de pétrole depuis bien longtemps. Je n’invente rien, ce sont des hauts responsables de multinationale pétrolières aujourd’hui a la retraite qui l’expliquent. Selon eux, nous sommes sur le point de franchir un pic petrolier a l’echelle planetaire. Cela veut dire que bientot, les capacites de productions ne seront plus capables de suivre l’augmentation de la demande, et que l’offre de petrole va subir une rapide chute, pour arriver a 0.

        Je vous laisse reflechir aux consequences que cela suppose, dans ce merveilleux monde totalement dependant d’une seule et unique source d’energie qu’est celui dans lequel nous vivons...

        Pour ce qui est des sources alternatives d’energie, faisons rapidement un tour d’horizon si vopus le voulez bien :

        - la biomasse : Si on voulait produire la quantite necessaire de biocarburant pour remplacer le petrole, on devrait alors volontairement se passer de tous les produits alimentaires venant de l’agriculture intensive. De toutes façon, comment faire marcher les machines agricoles et produires les engrais sans petrole ?? Impossible.

        - Le nucleaire : On deplace le probleme, mais les donnees sont les memes. L’uranium est tres rare et difficile a produire, et va lui aussi connaitre un pic tot ou tard. De toutes façons, comment acheminer l’uranium, les dechets nucleaires, assurer la maintenance du reseau electrique sans petrole ?? J’attends la reponse.

        Eolien/Solaire : Il faut du petrole pour fabriquer les eoliennes et les panneaux solaires, c’est une industrie qui necessite de l’energie.

        Donc, on n’a pas de raisons de se soucier outre mesure pour les emissions de CO2 des avions, ils ne pourront pas voler pendant bien longtemps encore.


        • mclerc 16 juin 2007 09:34

          Le problème se résoudra de lui-même. Avant qu’il n’y ait plus de pétrole, la fusion nous procurera de l’hydrogène en krakant l’eau et il faudra encore que l’on mette vraiment au point les piles à combustible. Et là, nous y sommes. Je suis obtimiste : la nécessité est un moteur puissant.


          • 65beve 16 juin 2007 10:45

            Bonhttp://agoravox.fr/smileys/clin_d-oeil.pngjour,

            En poussant un peu loin le bouchon, on pourrait imaginer de jeunes délinquants (ou des vieux délinquants à col blanc) condamnés à des travaux d’utilité publique, pédaler pour produire de l’électricité.

            A un degré supérieur de délinquance, ça serait carrément les galères (quelle galère !).


            • aurelien 16 juin 2007 12:14

              Agora Vox, un manège à pédales ? smiley


              • sarcastelle 6 juillet 13:59

                Attention ! La masse et la puissance nécessaire à faire voler un avion ne croissent pas comme le nombre de passagers. Autrement dit, un avion à pédales de 800 passagers est plus facile à faire qu’un monoplace, qui cependant existe. Donc, M. Bisignani est dans le vrai. 

                .
                Voir aussi les autobus à pédales de Krollstadt. 


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