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Les habitants du Nord Pas de Calais se mobilisent pour l’éducation à l’environnement

Nous étions une soixantaine de participants le 13 février, réunis au bord de l’Aa, bien au chaud à l’intérieur de la « maison du papier  » dans le territoire du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale.

Dehors les rayons du soleil d’hiver se reflètent sur la neige encore bien persistante. Hérons, poules d’eau, traces de fouine ou putois, c’est vivant ici, même la roue du moulin tourne encore et malaxe la pâte à papier. 

Lieu des premières fois

Après les introductions d’usage, c’est Amélie Sander des clubs CPN qui a présenté les nombreux intérêts que présentent les activités de découverte de la nature sur le terrain pour les enfants. Lieu de construction de l’intelligence naturaliste, lieu des premières fois, lieu d’apprentissage du contrôle de nos émotions, du développement de l’imaginaire, les enfants sollicités dans tout leur être… Elle évoquera le passage de Louis Espinassous dans le nord, il n’y a pas très longtemps : « un enfant il faut le laisser faire ce qu’il veut » disait-il. Amélie a illustré son propos de belles photos d’enfants en pleine activité de toutes sortes. C’est une très solide expérience qu’elle nous a fait le plaisir de partager avec nous.

Coup de foudre

Hugues Rétaux animateur nature à EDEN 62 a tout de suite exprimé sa reconnaissance à Martine Magnier et Anne vernier qui ont participé à sa formation il y a déjà quelques années. Séquence émotion, « on a de la chance on fait un beau métier » dira Hugues, on le croit. Il nous a ensuite mis dans un suspens torride et a provoqué un éclat de rire en évoquant son « coup de foudre » avec sa femme, parlant de sa « chevelure et de son regard » il dit que c’est pareil dans la nature, l’animateur quand il pratique l’approche sensible sait provoquer des « coups de foudre », il est « chef d’orchestre » des musiciens de la nature. Il insistera sur l’importance d’apprendre à écouter : « essentiel dans les rapports humains ». On a vu deux formatrices très fières de leur ancien élève. Elle est belle la famille de l’EE.

Un peu plus le mot « écologie »

Anne Vernier de Nausicaa avait la tâche d’apporter la note scientifique. Elle nous livrera elle aussi un peu de son histoire personnelle : « Dans les Ardennes à la Neuville aux haies, à 18 ans j’ai appris qu’on pouvait reconnaître les chants d’oiseaux ». Anne a dit qu’elle aimerait bien qu’on utilise un peu plus le mot « écologie » et nous a présenté les 4 concepts principaux à faire connaître dans les animations : 1. Tout naît avec l’énergie. Soleil, photosynthèse, chaîne alimentaire… 2. Il n’y a pas de déchets dans la nature, tout est recyclé. 3. la biodiversité est nécessaire, tous différents et chacun à sa place, à son rôle, à son travail…4 Tout est lié, quand j’agis ici, cela à un impact ici mais aussi ailleurs. Elle à aussi insisté sur le fait qu’on doit être positifs, elle ouvre les voies de nouvelles pratiques éducatives avec les sciences participatives (comptage des œufs de raies), plateau TV interactif…

Ma mère adore l’odeur de la terre

Richard Pereira de Moura doctorant en géographie et animateur au Parc abordera l’EEDD par l’entrée philosophique, culturelle et symbolique. Il dit que le lien intime avec la nature existe mais qu’il faut le réveiller, « faire évoluer le regard ». La nature est apparue au VIème siècle avant JC. « On a compartimenté pour mieux comprendre ». Lui aussi nous fera son intime livraison : « ma mère adore l’odeur de la terre retournée à l’automne ». De prime abord elle ne saura pas expliquer pourquoi, puis elle fera le lien avec sa présence auprès de son père quand il bêchait le jardin. Richard insistera sur le fait qu’il faut d’abord consulter les habitants, récolter leur parole pour seulement ensuite construire des projets et pas l’inverse. Il nous proposera de lire : « Diversité des natures et diversité des cultures  » de Philippe Descola, « Ecoumène » d’Augustin Berque et l’approche symbolique du Réseau Ecole et Nature avec « regards d’ici et d’ailleurs  ».

Expériences menées avec les handicapés

Les participants poseront ensuite des questions ou témoigneront à leur tour. On voit que les expériences menées avec les handicapés marquent profondément les animateurs nature. Eric Dubois de Chico Mendes évoquera aussi des retours de lycéens assez effrayants, après un photo langage qui ne « veulent plus qu’on les em… avec l’environnement, que de toute façon c’est foutu, ça ne sert à rien de se bouger pour ça »…Bon il va falloir sérieusement s’en occuper (ndlr) ! A la question posée sur l’évaluation, il est répondu par des exemples vécus : un ancien participant du club des sitelles qui, 15 ans plus tard, bossant dans une boite téléphone à CARDERE pour démarrer une action d’EEDD dans son entreprise. C’est tout en finesse l’évaluation « Il faut savoir cueillir des signes » dira François Lenormand animateur de la Sitelle et « la nature est insaisissable » dira Richard Pereira de Moura. Claudie Boulanger de l’ENR parlera de la nécessité de créer des « corridors pédagogiques », « il faut tramer tout ça » dira t-elle.

une odyssée ce plan d’éducation nature

Dominique Rembotte, conseillère régionale et vice présidente du Parc est venue nous retrouver et à passé le début de l’après midi avec nous, elle a prononcé quelques mots amicaux et nous a donné ses encouragements. Puis ce fut l’exposé de François Lenormand qui gentiment nous a promis de ne pas parler trop fort pour ne pas troubler notre digestion ... Mais ça n’y a rien fait ! Pas moyen de dormir, ses propos ont été passionnants. C’est une odyssée ce plan d’éducation nature de Haute Normandie qui commence à contaminer des territoires extra normands. Les CPN ont fait une enquête auprès des membres de leur réseau. Et bien il s’avère que ce qui a le plus compté pour déclencher la passion de la nature, ce sont des expériences dans l’enfance, le fait de faire du terrain et la présence d’un « passeur ». De ce constat et des propositions d’action venant des contributeurs, découlent des fiches actions selon « 9 voies de passages ». On ne peut que souhaiter bonne chance à François et a ses petits camarades (mais on en est en fait) dans leur folle entreprise, il suffit juste « d’élever le niveau de culture de la nature », ça nous intéresse tous.

Nouvelles inventions en vue

Il règne vraiment une excellente ambiance dans le Nord Pas de Calais et on se rend très vite compte que c’est un pays où la culture de l’EEDD est profondément ancrée. Les savoirs faire se transmettent, les formations se succèdent, les innovations sont nombreuses, le désir d’entreprendre est là, avec le sourire en plus de celles et ceux qui le portent. C’est tout vu, nous verrons encore venir du neuf de cette terre aux habitants chaleureux, observons, il y aura un post assises de Lyon.

(A suivre)

Martine Magnier et Roland Gérard

 


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