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Accueil du site > Actualités > Environnement > LES OGM, des poisons ? Questions autour de la nouvelle affaire (...)

LES OGM, des poisons ? Questions autour de la nouvelle affaire Séralini…

Les faits

Le Nouvel Observateur nous indique que la revue scientifique « Food and Chemical Toxicology », revue que l’on peut qualifier de sérieuse, publie dans son édition du 19 septembre un article de l’équipe du professeur Gilles-Éric Séralini, qui démontrerait la toxicité de variétés de maïs OGM tolérantes à un herbicide. Celui-ci est accompagné de photos inquiétantes de rats nourris de rations constituées de maïs OGM tolérant, et dans certains cas d’eau additionnée de glyphosate. Ceux-ci sont affectés de tumeurs volumineuses généreusement mis en évidence.

Curieusement, à la date de rédaction de cet article, il a été impossible de se procurer dans la revue en question l’article mentionné, qui n’apparaît ni dans la liste des articles du numéro en cours, ni dans celle des articles acceptés pour publication. Peut-être s’agit-il là d’un point la technique, qui fait cependant qu’il est vain de tenter de s’appuyer sur une base solide pour évaluer l’étude concernée.

Ce qui est intéressant en revanche, c’est la publicité faite autour cet article, avec publication du « Nouvel Observateur », du « Monde », de « Libération », du « Parisien » et de « France Info » ! Le tout sous des titres inquiétants tels que « des OGM tuent » ou « les OGM, des poisons ». Cette publicité est d’ailleurs concomitante avec la parution d’un livre rédigé par Gilles-Éric Séralini, et intitulés "Tous cobayes !" (édition Flammarion, a paraitre fin septembre). Etrange coïncidence, en tous cas…

Qui est Gilles-Éric Seralini ?

Gilles-Éric Séralini est professeur à l’université de Caen, et biologiste moléculaire. Avec d’autres scientifiques il a demandé en 1996 un moratoire sur les cultures OGM et en 1999 avec Jean-Marie Pelt et Corinne Lepage, il crée le CRII-GEN. Depuis, il s’affiche ouvertement, et c’est son droit, comme un « anti- OGM »militant. Cet élément de contexte posé fait que les résultats de l’étude pâtissent immédiatement d’une suspicion de biais. Ce biais est d’ailleurs le même que celui qui affecte les travaux publiés par des scientifique des entreprises telles que du Pont de Nemours, Syngenta, ou Monsanto, et qui suggèrent une totale innocuité des lignées OGM. Gilles-Éric Seralini est également présenté comme un « lanceur d’alerte » ; il s’inscrit dans la même mouvance intellectuelle de personnalités comme le très controversé Christian Vélot, où Éric Meunier, tous deux militants anti-OGM. 

Il faut ajouter à cela, au passif de G-E Séralini, que plusieurs de ses travaux ont été invalidés ou tout au moins fortement critiqués par la communauté scientifique, en dépit de leurs publications dans des revues scientifiques à comité de lecture. Pour les lecteurs peu habitués aux protocoles scientifiques, toutes les revues sérieuses proposent à 2, 3 voire 4 experts du domaine, de relire de façon critique les articles qui leur sont soumis. Cette procédure limite le risque de voir publier des articles scientifiques déficients mais ne l’abolit pas complètement. La réelle validation de la découverte et de la validité de la publication, se fait au travers de la répétition de l’expérience par d’autres en d’autres régions du monde. Par ailleurs, certains experts peuvent laisser passer des erreurs qui sont ensuite repérées par d’autres membres de la communauté scientifique et c’est assez fréquemment ce qui s’est produit pour les publications de l’équipe de Caen, en particulier au niveau de l’analyse statistique. Malheureusement, ces invalidations n’ont pour ainsi dire jamais fait l’objet d’une publicité aussi importante que celle qui a concerné les travaux invalidés. Ce sont donc ces derniers, qui en dépit de leurs faiblesses méthodologiques, ont laissé une trace dans l’opinion publique. 

En attendant d’en savoir plus…

En attendant que l’article en question soit disponible – et encore une fois il est particulièrement surprenant que celui-ci soit absent du site de la revue scientifique qui le publie – il faut donner quelques éléments d’information concernant le maïs en question, et au-delà ce qu’il est convenu d’appeler un OGM.

Ce maïs a été rendu tolérant à un herbicide total, le glyphosate. Comme de nombreux herbicides, le glyphosate a pour cible une enzyme du métabolisme général de la plante. Parce que l’herbicide pénètre dans la cellule végétale, il va se fixer sur l’enzyme, et empêcher la plante de produire telles composées indispensables à sa survie, d’où sa mort. Les lignées en question ont été rendues tolérantes herbicides par introduction d’un gène qui permet à la plante de produire une enzyme cible naturellement insensible à l’herbicide, entendons que la plante tolérante. Les études menées sur la variété OGM ainsi obtenue montre que son métabolisme général est faiblement affecté par la modification génétique, bien moins que ne l’est le métabolisme de la plante non OGM équivalente lors de périodes de sécheresse. Il est donc très surprenant que les animaux de laboratoire nourris avec du maïs OGM ait développé des pathologies particulières. Il faudra néanmoins attendre la publication de l’article concerné et les vérifications expérimentales qui s’en suivront pour essayer de comprendre s’il s’agit d’une erreur, somme toute triviale, ou d’un phénomène avéré.

En revanche, un herbicide reste un toxique et il n’est donc pas forcément surprenant que celui-ci puisse induire des effets cellulaires délétères. La dose (comme la répétition de l’exposition) faisant le poison, Il faudra en revanche s’intéresser aux concentrations de glyphosate qui ont été administrées aux animaux de laboratoire, et bien vérifier que celles-ci représentent des concentrations équivalentes à celles que l’on peut retrouver dans les résidus végétaux, qu’ils soient OGM ou non d’ailleurs, traités avec cet herbicide. Des concentrations 100, 1000 voire 10000 fois supérieures n’auraient en effet aucun sens toxicologique. 

Par ailleurs, une conclusion majeure sur laquelle s’accorde l’ensemble des équipes ayant travaillé sur les risques associés aux variétés OGM, et ce depuis 20 ans partout dans le monde, est qu’un OGM donné diffère d’un autre OGM. En d’autres termes, ce qui est peut-être vrai pour le maïs tolérant au glyphosate peut ne pas être vrai pour du maïs tolérant à un herbicide, ou pour du colza tolérant au glyphosate. En conséquence, chaque étude relève du « cas par cas ». La généralisation en la matière qui transparaît sous le titre « les OGM, des poisons » est donc abusive, ne correspond parfaitement à la façon de procéder des anti-OGM, comme à celle d’ailleurs, des pros OGM. 

Il faut aussi rappeler que la directive européenne 2001/18 CE définit comme OGM « un organisme, à l'exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». A ce titre, les variétés végétales issues de mutagenèse sont effectivement des OGM, mais elles échappent à la réglementation concernant les OGM obtenus par transfert d’ADN (opération dite transgenèse), comme l’ont été les maïs évoqués plus haut. La mutagenèse est un processus qui permet d’augmenter artificiellement la fréquence des mutations dans une espèce donnée. Dans le cas de l’amélioration végétale, elle permet d’accroître la diversité génétique (qui est d’ailleurs une forme de biodiversité) et de sélectionner plus facilement des caractères intéressant pour l’agriculture. Cette technique fait d’ailleurs l’objet d’une opposition forte des anti-OGM avec des épisodes récents d’arrachage de mais ou de tournesols obtenus de la sorte. Il se trouve cependant que de tels OGM (ou leurs produits dérivés) sont dans nos assiettes depuis plus de 40 ans sous forme de riz, de pamplemousse, de blé, le colza, de tournesol, etc. Ainsi, aujourd’hui, toutes les lignées d’orge cultivée en France (et dans le monde), y compris en agriculture biologique, sont des OGM au sens où elles résultent toutes d’un travail d’amélioration fondée sur la mutagenèse. Nous buvons donc tous (ou tout moins tous les consommateurs) de la bière ou du wisky élaboré à partir d’OGM ! Cet état de fait permet à Graham Scoles, du département des Sciences végétales de l’Université de Saskatchewan, d’affirmer qu’établir « une liste des variétés de plantes améliorées par mutagenèse reviendrait, à quelques exceptions près, à établir une liste de toutes les variétés de plantes cultivées dans le monde [2] ».

On voit donc bien que le dossier des OGM végétaux est bien plus complexe que ne le laissent supposer à première vue les affirmations péremptoires de tel ou tel lobby pro ou anti-OGM, les uns jouant faussement de la fibre de la malnutrition, les autres des peurs liées à la symbolique de l’alimentation. Dans ce contexte délétère, on ne peut que regretter que les essais en champ des équipes scientifiques indépendantes de ces lobbys soient régulièrement détruits empêchant ainsi toute évaluation impartiale des conséquences de la culture de variétés génétiquement modifiées.

 

Références

1. http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/20120918.OBS2686/exclusif-oui-les-ogm-sont-des-poisons.html

2. http://www.agriculture-environnement.fr/edito,2/ogm-et-alors,764.html

 

Crédit photo

GEO : http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/ogm-signes-de-toxicite-pour-trois-mais-monsanto-59334


Moyenne des avis sur cet article :  1.86/5   (74 votes)




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111 réactions à cet article    


  • jean 20 septembre 2012 09:16

    Merci de réagir à cette information essentielle. Pour ma part, en dehors de la dangerosité, sur laquelle je ne suis pas capable de me prononcer, je pense que le simple fait de breveter le vivant et toute la masse juridique autour de cette affaire sont suffisants pour rejeter cette ignominie.


    • Hermes Hermes 20 septembre 2012 10:17

      Bonjour Jean,

        Les OGM ouvrent une brèche très dangereuse dans le maintien de ce qui reste de l’intégrité et de la cohérence de l’écosystème. La complexité et l’interdépendance des espèces est totalement niée par cette approche qui ne prend pas en compte le processus global d’adaptation et d’évolution.
      A terme le vivant risque par ailleurs d’être considéré ni plus ni moins comme des objets complexes de profit potentiel. Le sommeil généralisé qui enferme les gens dans les attitudes mécaniques et prédictibles permettra sans difficulté de nier toute existence de conscience en dehors des mécanismes connus des biologistes.
      Une raison de plus pour se réveiller et ne pas accepter les modèles matérialistes réducteurs, uniquements pilotés par des considérations économiques : la liberté n’est pas monnayable smiley

      Bonne journée


    • Ronny Ronny 20 septembre 2012 10:53

      La question de la brevetabilité du vivant est un réel problèmes à la fois en termes éthiques et en termes d’accès aux « innovations » des régions du monde les plus défavorisées. La question éthique est de loin la plus complexe et mériterait plus d’un article sur Avox.


    • Aldous Aldous 20 septembre 2012 11:23

      Ca n’a rien de complexe.

      Le vivant ce n’est pas de la technologie. Ça n’a pas à être breveté.


    • Ronny Ronny 20 septembre 2012 11:43


      Votre vision binaire des choses me rappelle celle des barbus destructeurs de Bouddhah avec les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. C’est encore une fois plus complexe !

      Je ne suis pas personnellement favorable au brevet sur le vivant de façon général. Donc breveter un gène, une séquence, une plante, un insecte, c’est non. En revanche sur l’utilisation, c’est différent.

      Vous êtes une entreprises de semenciers, une PME par exemple spécialisé sur le maïs, vous décidez de ne pas développer de filière OGM pour différentes raisons toutes plus légitimes les unes que les autres... Il vous faut 10 ans de temps de travail, de R et D, pour produire une lignée de maïs résistante à une maladie « X ». Vous voudriez qu’elle ne soit pas protégée comme obtention variétale ? Du coup, qui se lancera dans ce travail si il ne peut rentrer au moins dans les fonds investis ? Pas la recherche publique dont ce n’est pas la finalité et pas l’agriculteur du coin qui n’en n’a ni les moyens financiers, ni les moyens techniques...

      Avec ce genre de raisonnement, on n’aurait probablement ni aspirine ni doliprane, ni anti-tumoraux efficaces...


    • Aldous Aldous 20 septembre 2012 12:11

      Décidément c’est une obsession chez vous de vous en prendre à la personne des contradicteurs au lieu de trouver des arguments.


      Vous placez des mots sous ma plume que je n’ai pas ecrit, me faites détruire des bouddhas que je n’ai pas détruit, me faites pousser un barbe que je n’ai pas et me preter une religion qui n’est pas la mienne !

      Mais est-ce surprenant de la part de quelqu’un qui pond des articles pour critiquer des etudes scientifiques qu’il n’a pas lu !

      Et qui a le culot de retournant ce manque hénaurme de déontologie contre les gens qui ont publié l’étude en prétendant qu’on l’empeche d’avoir acces à l’info par on ne sait quel machination.

      Si ça sonne, allez ouvrir et soyez gentil avec les messieurs qui vont vous passer une chemise avec de longues manches. Ils veulent votre bien smiley



    • Aldous Aldous 20 septembre 2012 12:39

      Avec ce genre de raisonnement, on n’aurait probablement ni aspirine ni doliprane, ni anti-tumoraux efficaces...


      D’après le vôtre, l’abbé Mendel a probablement été financé par l’industrie agroalimentaire ?



    • Emmanuel38 20 septembre 2012 15:31
      LES OGM, des poisons ? Questions autour de la nouvelle affaire MONSANTO...N’inverser pas causes et effets, svp

    • Emmanuel38 20 septembre 2012 15:32

      oups....n’inversez pas


    • perlseb 20 septembre 2012 17:46

      Il vous faut 10 ans de temps de travail, de R et D, pour produire une lignée de maïs résistante à une maladie « X ». Vous voudriez qu’elle ne soit pas protégée comme obtention variétale ? Du coup, qui se lancera dans ce travail [...]

      Mais acune entreprise privée ne devrait se lancer dans un tel travail. D’ailleurs, s’il était effectué correctement, ce n’est pas 10 ans qu’il faudrait mais environ 50 ou 100 ans pour mettre au point une nouvelle variété. Pourquoi si longtemps ? Parce que dans une société où l’on ne prend pas les consommateurs pour des cobayes, il faudrait tester les nouveaux produits sur un échantillon représentatif d’humains consentants et rémunérés pour leur prise de risque sur un délai équivalent à une vie : leur état de santé serait bien évidemment suivi avec tout le soin qu’il faudrait. Tous les nouveaux produits destinés à l’alimentation (nouveaux emballages, nouveaux produits chimiques (phytosantaires, colorants, ...)) devraient être soumis à une période de tests aussi longue car la durée de vie d’un humain n’est pas de 3 mois.

      En clair, on ne peut pas appliquer les principes industriels à l’alimentation, et vouloir le faire est un manque de respect profond pour les humains et, non accessoirement, pour les plantes, les animaux et le sol (quant aux menteurs qui parlent de la famine pour justifier les OGM, les semences OGM plus chères ne visent absolument pas les pays en difficulté).

      Bref, les OGM sont dans la droite ligne de l’agriculture intensive : appauvrissement et stérilisation des sols, destruction des insectes pollinisateurs par nourriture déséquilibrée et insecticides, pollution chimique obligatoire pour prévenir les maladies inévitables dans ces champs concentrationnaires, ... Ceux qui regardent la nature comme une usine ne soupçonnent absolument rien de sa complexité et de sa fragilité (co-évolution, auto-régulation, coopération,...).


    • Aldous Aldous 20 septembre 2012 19:13

      Bah, ils ont construit leur réserve de graines frigorifiée au pôle nord et ils pensent que si ça vire à la cata, ils pourront piocher dedans pour replanter apres d’apocalypse.




    • nicolas_d nicolas_d 20 septembre 2012 20:40

      Une pétition liée aux OGM, à l’industrie agro alimentaire, aux brevets, aux semences en général :

      http://www.avaaz.org/fr/petition/Que_la_justice_revienne_sur_la_decision_pr ise_contre_Kokopelli//?tta

      "Kokopelli est une association qui distribue des semences anciennes et biologiques dans le but de préserver la biodiversité semencière et potagère. Mais du fait de la pression des lobbys, l’Union Européenne interdit la circulation des semences qui ne sont pas enregistrées dans un catalogue officiel.« 

      Le jour où il n’y aura plus de pétrole, d’énergie, plus rien... que se passera-t-il si, en plus, plus rien ne pousse ? Car les semences du »catalogue officiel" sont ou seront bientôt toutes stériles.

      Vous êtes concernés, signez SVP


    • Ronny Ronny 20 septembre 2012 10:56

      Je ne soutiens pas Monsanto et le point d’interrogation n’est pas « de moi ». Il se trouve dans l’article du « nouvel obs » sauf erreur de ma part.

      Essayez de relire ce qui est écrit sans a priori dans l’article et de comprendre que le problème posé va bien au delà de la simple vision blanc ou noir des choses...


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 20 septembre 2012 11:40

      A propos de lobbyiste, vous pourrez certainement compter sur Claude Allègre pour ajouter un point d’exclamation à l’affirmation suivante : « tout ça c’est du faux, les OGM sont bons, mangez-en ! »

      C’est d’ailleurs curieux qu’on ne l’ai pas encore entendu s’exprimer sur le sujet. Il attend certainement que Monsanto lui fournisse ses éléments de langage.

       smiley


    • alinea Alinea 20 septembre 2012 10:42

      Belle neutralité !
      Pour ma part, j’ai cru observer que chaque fois que l’homme met sa patte sur la Nature, il fout la m...
      Aussi je ne compte pas sur lui pour espérer retrouver un ordre naturel.
      Car, au fond, pourquoi « balancer » de l’herbicide dans des céréales si ce n’est par paresse de désherber ? Si ce n’est parce que l’homme ne supporte pas de se soumettre aux lois naturelles alors qu’il se soumet si facilement aux lois humaines ?
      Comme Jean, je ne suis pas scientifique et ce problème est pour moi tout simplement moral et philosophique.


      • Aldous Aldous 20 septembre 2012 11:03

        Quelle neutralité ?

        L’intro présente comme un FAIT un gros mensonge : il a été impossible de se procurer dans la revue [Food and Chemical Toxicology ] l’article [de l’équipe du professeur Gilles-Éric Séralini]

        Et ça c’est quoi alors ?

        Une étude sur la culture des petits poids en basse écosse ? smiley


        http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691512005637


      • Ronny Ronny 20 septembre 2012 11:03

        On ne balance pas de l’herbicide pour se faire plaisir mais effectivement pour désherber. Et on désherbe parce que la concurrence des « adventices » fait perdre du rendement de culture, jusqu’à 50 voire 70% dans les circonstances les pires.
        Dans une situation idéale, il faudrait désherber mécaniquement où à la main, nous sommes d’accord. Ceci n’est pas envisageable dans le cadre de l’agriculture à haut rendement que nous connaissons. Il est pourtant possible, par le jeu de rotations culturales plus complexes que celles qui existent, et moyennant que l’on accepte de perdre en rendement de 10 à 15% (à compenser financièrement pour l’agriculteur) de réduire d’’environ 40% la quantité de désherbant utilisé sur certaines cultures. Pas simple, mais théoriquement faisable.


      • Aldous Aldous 20 septembre 2012 11:10

        On ne balance pas de gros pipeaux pour se faire plaisir mais effectivement pour décérébrer. Et on doit décérébrer parce que la concurrence des plantes naturelles fait perdre du bénéfice aux gros pourris de l’industrie agroalimentaire, jusqu’à 50 voire 70% dans les circonstances les pires.
        Dans une situation idéale, il faudrait décérébrer mécaniquement où à la main, nous sommes d’accord. Ceci n’est pas envisageable dans le cadre de l’intoxication à haut rendement que nous connaissons. Il est pourtant possible, par le jeu de rotations culturel plus complexes que celles qui existent, et moyennant que l’on accepte de perdre en rendement de 10 à 15% (à compenser financièrement par le tribuable) de réduire d’environ 40% la quantité d’intox utilisé sur certains médias. Pas simple, mais théoriquement faisable.


      • foufouille foufouille 20 septembre 2012 15:39

        le paillage evites de desherber
        il suffit de couvrir le sol


      • Aldous Aldous 20 septembre 2012 16:52

        Oui mais la paille on peut pas la vendre en fûts...


      • foufouille foufouille 20 septembre 2012 17:13

        paillage est generique
        tu peut utiliser des films plastiques ou encore des ecorces bio qui coutent la peau du cul


      • Aldous Aldous 20 septembre 2012 17:42

        je voulais dire : y’a pas d’profit à faire !


      • zadig 20 septembre 2012 10:45

        Bonjour,

        Cet article est en avant garde de la riposte de Monsato.
        Vous avez reçu votre plat de lentlles  ?

        Salutations


        • Ronny Ronny 20 septembre 2012 11:03

          Commentaire excessif donc non sans importance.


        • Aldous Aldous 20 septembre 2012 11:11

          Article excessif donc non sans importance.


        • zadig 20 septembre 2012 11:32

          A Ronny,

          Bien entendu, mon commentaire était une blague.
          Monsanto a les moyens de s’offrir des mercenaires autrement plus consistants.

          Donc pour les délicieuses lentilles (du Puy ! ) c’est foutu

          Salutations


        • sirocco sirocco 20 septembre 2012 17:43

          « Cet article est en avant garde de la riposte de Monsato. »

          La riposte ne s’est pas fait attendre. Au JT de midi aujourd’hui sur France 3, on a déjà eu droit au discours d’un professeur qui conteste la façon dont a été menée l’étude de M. Séralini...

          Cet éminent spécialiste français préfère sans doute les études menées dans les conditions préconisées par Monsanto, à savoir sur un période maximale de 90 jours.

          Et pour cause : ce n’est qu’à partir du 4ème mois que les rats nourris au maïs transgénique commencent à développer des tumeurs ! Au regard de leur courte durée de vie.

          C’est pourquoi on ne voit pas le bétail nourri au maïs OGM développer des tumeurs. Ces bêtes ayant une espérance de vie beaucoup plus longue que les rats, les tumeurs n’apparaîtraient que bien plus tard. Les animaux auront été abattus avant... C’est ce qu’a expliqué M. Séralini.


        • Aldous Aldous 20 septembre 2012 19:15

          C’est pas celui qui nous a expliqué qu’il n’y avait pas de rupture du confinement à Fukushima ni fonte des reacteurs ?


        • Aldous Aldous 20 septembre 2012 10:47

          L’auteur dit : Curieusement, à la date de rédaction de cet article, il a été impossible de se procurer dans la revue en question l’article mentionné, qui n’apparaît ni dans la liste des articles du numéro en cours, ni dans celle des articles acceptés pour publication.

          Encore plus curieux : moi je l’ai trouvé en moins de 5 mn sur le site de Food & Chemichal Toxicology.

          http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691512004668

          Bonne lecture, donc.

          Au fait, il aurait été judicieux de lire l’étude avant de la critiquer.

          Ca se fait quand on a un peu de déontologie.


          • Aldous Aldous 20 septembre 2012 10:55

            Oups, j’ai copié le mauvais lien.

            Voici le bon : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691512005637


          • Ronny Ronny 20 septembre 2012 11:10

            Récapitulons.
            Hier vers 09H00, article inaccessible
            Hier vers 10H30, article inaccessible
            Hier vers 12H30, article inacessible
            Hier vers 14H00 rédaction de cet article pour Avox.
            Ce matin, article accessible effectivement
            Ce matin, via un contact chez l’éditeur. L’article a fait l’objet d’une demande exceptionnelle de non diffusion de la part des auteurs avant publication du journal. Pour info, la plupart pour ne pas dire la quasi des articles scientifiques sont disponibles « en ligne » des semaines voire des mois avant publication. Pourquoi celui-ci a t il échappé à cette règle, à la demande des auteurs qui plus est, mystère mais j’ai mon idée la dessus... 

            Quant à lire l’étude avant de la critiquer, vous me direz dans le texte où cette étude fait l’objet d’une critique. J’ai simplement présenté des faits vérifiables par tous au sujet de l’auteur de l’étude, des lignées végétales étudiées et de la mutagenèse. Je me suis donc abstenu de tous commentaires sur la validité des données publiées, n’ayant pas lu la dite étude. Je l’ai en revanche fait ce matin, et je suis au regret de dire qu’elle souffre encore un fois de très nombreux défauts. Si j’ai le temps, j’écrirai quelque chose là dessus ce week end.


          • Aldous Aldous 20 septembre 2012 11:13

            Moi je lis :

            Available online 19 September 2012

            C’est des menteurs chez Food & Chemichal Toxicology ?

            Ils font partie du complot anti OGM ?


          • Ronny Ronny 20 septembre 2012 11:34

            L’article a été publié le 19 septembre effectivement mais mis en ligne en fin de journée seulement... Cela correspond au timing que je vous ai donné.


          • Aldous Aldous 20 septembre 2012 11:44

            Ce n’est pas ce que vous dites dans votre article.

            Je cite : il a été impossible de se procurer dans la revue en question l’article mentionné

            N’importe qui comprend : La revue a été publiée sans l’article mentionné.

            Maintenant vous reculez et expliquez que ce que vous entendiez c’est que vous n’êtes pas parvenu à vous le procurer en ligne.

            C’est un peu léger pour décrédibiliser le contenu de l’étude comme vous le faites.


          • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 20 septembre 2012 13:38

            Salut,


            « j’ai mon idée la dessus... »

            Ça c’est la meilleure...

            Absolument convainquant... tant-mieux pour vous... et auriez-vous l’amabilité, cher auteur de nous la préciser, cette idée ? Ou est-on là pour faire galerie, auquel cas merci de nous le dire ?

            En tous cas, la suspicion plane au-dessus de ces articles. Le premier qui n’est pas encore lu au moment du deuxième, si j’ai bien compris, et le deuxième, d’un auteur aux « idées la-dessus » si réservées...

            Bon appétit à tous, en attendant...


          • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 20 septembre 2012 15:15

            bon... il ne répondra plus, le Ronny, maintenant.... tant-pis.
            C’est con parce que j’avais une autre question : je lis en caractères bien gras « une nouvelle » affaire Seralini ?
            Ah.
            C’est quoi la vieille affaire ? je viens de visiter Wikipédia et y ai effectivement lu qu’il avait poursuivi en diffamation un collègue jaloux. Et gagné, d’ailleurs. Ca serait pas vous ou un de vos proches, par hasard, le condamné ?

            Jeter ainsi le doute sur qqun en évoquant la récidive dès le titre, c’est pas beau, ça, Ronny, on dirait du Sarkozy. Surtout quelqu’un qu’on attaque en procès d’intention et dont on commente un article AVANT DE L’AVOIR LU.
            Du grand, du beau, du propre et courageux Ronny... A propos, c’est quoi votre nom à vous ? Parce que Seralini, il a peut-être tord, peut-être raison, mais on connaît le sien.


          • Aldous Aldous 20 septembre 2012 19:17

            Non il répondra pas : la force de l’intox, c’est qu’elle a les moyens, mais pour ce qui est de l’intelligence...


          • jjwaDal jjwaDal 20 septembre 2012 10:59

            Il est inévitable que l’expérience OGM tôt ou tard se termine très mal, vu son acharnement pathétique à ignorer la réalité notamment concernant son postulat fondateur (un gène code pour une protéine unique, point barre) et les techniques d’implantation du transgène (me rappelle souvent le personnage de Mickey dans « Fantasia »), mais de là à publier sans vérifier ses sources et à publier en réaction sans avoir le plus petit os à nous donner à ronger il y a un pas que perso je ne franchirais pas. Aucune étude sur les OGMs ne peut invalider le principe, puisque chacun est en soi une expérience assez unique ou le hasard a sa place. Tristement invalider le concept même (je parle des OGMs en pleine nature), prendra du temps, bien plus que celui nécessaire pour une étude.

             


            • Voltaire Voltaire 20 septembre 2012 11:08

              L’article du Monde m’ayant aussi interpellé, j’ai cherché l’article original et j’ai pu le trouver sur le site de l’éditeur : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691512005637

              Plusieurs choses frappent à la lecture de cette publication :

              - la méthodologie statistique décrite dans les méthodes est extrêmement complexe, mais aucune barre d’erreur ne figure dans les résultats sur la mortalité ou sur le nombre de tumeurs. on ne peut donc pas savoir si les résultats obtenus sont statistiquement significatifs ou pas.

              - la lecture de la figure 1 (mortalité) suggère qu’il n’y a pas de mortalité spontanée plus importante chez les males en fonction du traitetent ; par contre, les cas ayant nécessité une euthanasie en raison de tumeurs multiples ou graves chez les femelles semblent significativement plus important chez les rats traités (soit avec OGM, soit avec roudup).

              - en figure 2 (nombre de tumeurs), il ne semble là aussi ne pas y avoir de différences significative sur le nombre total de tumeurs entre rats traités ou non traités, mas par contre on observe une apparition plus précoce de tumeurs chez les rats traités (OGM et/ou roundup).

              Ce qui est frappant, c’est qu’il ne semble y avoir ni effet dose (que ce soit avec OGM et/ou avec roudup), ni différence significative entre rats ayant absorbés des OGM, du roundup, ou les deux. Ceci est assez difficile à expliquer et jette un petit doute sur les résultats, même si rien ne suggère que les rats contrôles ont été traités différemment des rats traités.

              Au final, il faut aussi noter que l’effet noté est assez réduit (un doublement du nombre ou de la grosseur des tumeurs par rapport aux sujets contrôles est un effet assez faible par rapport à celui constaté avec des produits réellement cancérigènes) et demande donc à être etayé statistiquement. En revanche, ce qui parait plus notable est un effet de précosité de l’apparition de tumeurs (tous les rats développent normalement des tumeurs à un âge avancé), qui demande à être étudié de plus près, et surtout validés sur au moins une autre espèce animale (la réponse des rats aux produits cancérigènes est parfois très différente de celle des primates).

              Le caractère très sensationaliste des articles publiés dans les média à propos de cette publication est certainement déplacé, mais cet article a le mérite d’avoir réalisé une étude de long terme qui ouvre des questions intéressantes. Pour autant, le rat (dont la durée de vie est courte, environ 24 mois) n’est probablement pas un bon modèle pour ce type d’étude chronique longue ; il serait intéressant de la réaliser sur des animaux différents comme le porc afin de mieux différencier la survenue de tumeurs naturelles de celles éventuellement provoquées par le roundup ou les OGM. 


              • alinea Alinea 20 septembre 2012 11:24

                Oui, encore des expérimentations sur les animaux !
                Quand l’homme ne se croira plus tout permis, je vous jure, tout ira beaucoup mieux !

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