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Les OGM, la dépendance alimentaire, la dépendance politique, la bio-uniformisation

Les OGM reviennent par intermittences sur le devant de la scène médiatique. En France, la question sur la législation autour des OGM implique notamment le ministre de l’Agriculture, le ministre de l’Ecologie, la FNSEA et d’autres interlocuteurs que l’on peut assimiler à des lobbies [1] (voir les notes en fin de l’article), ainsi que les instances de l’Union européenne. Les groupes de travail mis en place en juillet dernier, voulus par le gouvernement français et préparant les travaux précisant les orientations françaises sur la politique de l’environnement, que les médias appellent abusivement le « Grenelle de l’environnement », ont finalisé fin septembre leurs propositions sur les OGM. Ces propositions vont en apparence dans le sens de la prudence face aux OGM. Les réunions préparatoires ont, concernant les OGM, permis d’arrêter des positions telles que « le libre choix de produire et de consommer avec ou sans OGM », « le principe du pollueur-payeur », « la non-brevetabilité du génome ».

On constate que ces groupes de travail sur l’environnement n’ont pas choisi de proposer l’isolement obligatoire des OGM. Au contact de la nature, la dissémination non contrôlée des plants d’OGM pourra donc se produire. La majorité des citoyens ne sont peut-être pas d’accord avec ce feu vert donné à la propagation incontrôlable des OGM. La propagation sera en effet incontrôlable car une fois lâchés dans la nature, dans des conditions favorables de reproduction et de croisement avec les plants traditionnels, les plants d’OGM se propageront de façon aléatoire.

Quoi qu’il en soit, il faut insister sur le fait que malgré le battage médiatique, les lois qui découleront des propositions que formuleront les groupes de travail sur l’environnement auront une portée limitée puisque, comme on vient d’en faire la remarque, le point le plus important à retenir est que les lois sur les OGM n’empêcheront pas la prolifération des plants d’OGM à travers le continent européen.

Il convient d’ailleurs de constater que la position que pourra éventuellement prendre l’État français, à travers les lois qui restent à mettre en place, risque par ailleurs d’être en conflit avec les orientations stratégiques qui sont suivies par l’Union européenne. La problématique des OGM se situe en effet dans un cadre plus large qu’impose l’Union européenne, le cadre défini par le rôle que l’Union européenne planifie pour l’Europe dans le scénario de la distribution des activités agroalimentaires au niveau mondial. Le présent article situe donc au niveau de l’Union européenne la réflexion sur les OGM, sur la dépendance alimentaire, sur la dépendance politique et sur la bio-uniformisation.

  • Tout citoyen est concerné et peut comprendre quels sont les enjeux autour des OGM.

Il n’est pas du tout nécessaire d’être un scientifique hautement qualifié pour comprendre la problématique posée par les organismes génétiquement modifiés (OGM). Le présent article s’adresse à tous les citoyens doués de simple bon sens.

Dans le débat sur les OGM, les arguments fréquemment évoqués concernent le danger potentiel pour la santé. Mais répandre les OGM dans la nature présente encore autres dangers.

Le présent article évoque deux sujets d’inquiétude sur les dangers liés aux OGM. Le premier danger est que les OGM peuvent provoquer une réduction si importante de la biodiversité qu’elle risque de conduire vers la bio-uniformisation. Le deuxième danger mis en avant dans cet article est que les OGM risquent d’instaurer la dépendance alimentaire de l’humanité envers les entreprises détentrices des brevets sur les OGM. La dépendance alimentaire a pour conséquence nécessaire et évidente la dépendance politique. L’article évoque les décisions politiques qui poussent les Européens dans les bras du mondialisme. Le manque du respect des règles fondamentales de la démocratie dans les processus de prise de décision politique est également évoqué.

Il apparaît que les OGM sont un parmi les moyens de soumettre les nations à la globalisation des économies, en instaurant la dépendance agroalimentaire et en imposant l’uniformisation des organismes vivants, notamment ceux produits à des fins agroalimentaires.

  • La maîtrise de l’agroalimentaire conditionne l’indépendance politique de l’UE.

En démocratie véritable les citoyens décident de leur avenir. Au moyen de la majorité des voix ils sont entièrement libres de décider. Ils décident les questions sur lesquelles ils décident, ils décident des critères selon lesquels ils décident. Ils décident de l’organisation de leur communauté, des valeurs auxquelles ils croient, de leur présent et de leur avenir.

Pour assurer à ses citoyens l’accès à la démocratie, une communauté structurée en État ou en Union d’États, doit être capable de refuser les ordres venant de l’extérieur et pour cela doit être organisée de manière à garantir son indépendance.

Pour être indépendante et démocratique, une communauté doit notamment avoir la maîtrise de sa production alimentaire et l’assurance de l’approvisionnement en matières premières et en énergie.

Lorsque l’approvisionnement en nourriture est de fait sous contrôle d’un État étranger, cet État a des moyens de pression et peut imposer ses décisions à ceux qui dépendent de lui pour leur nourriture.

Deux aspects sont à considérer pour la maîtrise européenne de l’agroalimentaire :
- la localisation de la production alimentaire,
- la libre disposition et la libre reproduction des organismes produits pour l’alimentation.

  • La localisation de la production alimentaire.

L’Europe produit actuellement plus de nourriture qu’elle n’en consomme. Mais dans le cadre de la globalisation mondiale des économies, les dirigeants politiques ont attribué au Brésil le rôle de futur producteur d’alimentation destinée à l’Europe. La population européenne n’a pas eu le droit d’exprimer sa volonté sur cette question. À terme, le consommateur européen n’aura pas le choix : il devra majoritairement acheter des produits alimentaires fournis par les firmes agricoles situées au Brésil.

Pourquoi des pans entiers de la forêt amazonienne - 350 000 hectares - ont-ils disparu pour y cultiver du soja qui nourrit le cheptel européen, alors qu’un quart de la population du Brésil souffre de malnutrition chronique ? Pendant ce temps les surfaces agricoles européennes sont transformées en friches. Pourquoi les dirigeants politiques, fidèles à leurs objectifs de globalisation planétaire, délocalisent-ils la production agricole européenne ? Avons-nous besoin de manger des fraises à Noël ou de faire parcourir des milliers de kilomètres aux fruits et légumes que nous achetons dans nos supermarchés ?

Premièrement, cette délocalisation de la production alimentaire ne contribuera pas à l’indépendance de l’Union européenne et donc nuira à la démocratie dans l’Union européenne.

Deuxièmement, dans l’optique de développement durable, un autre aspect doit être maîtrisé. Parmi les procédés agroalimentaires possibles, il faut favoriser les types de production et de distribution d’aliments qui ont le meilleur bilan écologique : le moins de consommation d’énergie ou de ressources non renouvelables, le moins d’émissions de polluants. Par conséquent une organisation des circuits de distribution de produits agroalimentaires, sciemment basée sur des transports sur de longues distances, par exemple entre le Brésil et l’Europe, serait contraire au principe de la gestion saine du potentiel écologique de la planète. Les points de production des aliments doivent être répartis de manière à être proches des points de consommation. La stratégie des orientations économiques de l’Union européenne devrait en tenir compte.

  • La libre disposition et la libre reproduction : le problème des OGM.

Quant au rôle de propriétaire de brevets sur les OGM, il est actuellement occupé de fait par les États-Unis d’Amérique. Les États-Unis d’Amérique ont intérêt à ce que leurs OGM s’imposent à la planète entière.

Il n’est pas certain que la proposition des groupes de travail sur l’environnement concernant « la non-brevetabilité du génome » sera retenue dans la loi française et d’autre part cette loi locale française serait-elle applicable s’il s’avère qu’elle n ’est pas conforme au droit de l’Union européenne ?

Un problème majeur introduit par les OGM est que ces organismes se propagent en éliminant les organismes traditionnels non génétiquement modifiés.

Prenons l’exemple d’un champ de culture traditionnelle situé à proximité d’un champ de plants de même espèce mais à culture d’OGM dont les semences sont produites par une firme multinationale américaine. Le champ de culture traditionnelle est à terme contaminé par le croisement avec les plants d’OGM. À partir de ce moment-là le propriétaire du champ traditionnel contaminé par des OGM n’est plus propriétaire des semences produites sur son champ. La compagnie multinationale américaine est propriétaire des semences OGM puisque elle dispose de brevets sur ces OGM [2]. L’Union européenne accepte ces modalités juridiques, les dirigeants politiques de l’Union européenne, au lieu de démocratiquement appliquer la volonté de la majorité des citoyens européens, ont préféré céder à la pression américaine [1]. Progressivement et sans le vouloir, sans pouvoir légalement s’opposer à l’envahissement des champs, sans avoir jamais semé des plants d’OGM, les agriculteurs de l’Union européenne deviennent entièrement dépendants des firmes américaines disposant de brevets sur les OGM. Cela ne contribue pas à l’indépendance de l’Union européenne et donc nuira à la démocratie dans l’Union européenne.

Les OGM au contact de la nature sont une agression contre la biodiversité. Mais les citoyens européens sont souvent seuls, abandonnées des cercles politiques, face à cette menace des OGM d’uniformisation génétique et de disparition des types vivants. Les initiatives des citoyens pour sauvegarder la variété du patrimoine génétique disponible sur la planète sont même combattues par la législation faite sur mesure pour favoriser les OGM. Par exemple une association dénommée Kokopelli [3] a pour but la sauvegarde des plantes cultivées en Europe parfois depuis des siècles. Le lobby agroalimentaire a fait appel à la justice pour empêcher cette association d’agir : début 2007, le tribunal français de Nîmes a condamné l’association au paiement d’amende et lui a de fait interdit de distribuer les semences. Les avocats du lobby ont parmi d’autres griefs trouvé le suivant : « les semences sont non conformes ». C’est-à-dire que ces variétés n’ont pas obtenu le permis de mise sur le marché comme doivent par exemple l’obtenir les produits de l’industrie pharmaceutique. Ces semences ont pourtant été utilisées pendant de nombreuses générations par les paysans européens et le fait que les humains consomment ces plantes depuis des siècles est la preuve qu’elles ne présentent pas de dangers pour l’alimentation humaine. Pour le lobby agroalimentaire la vraie gêne est dans le fait que ces semences anciennes, préservées par Kokopelli, sont fertiles sans limites, elles produisent à leur tour des semences fertiles et permettent à leur possesseur d’être en autosuffisance alimentaire - lui et ses descendants - sans limite dans le temps. Alors qu’avec les semences OGM, l’agriculteur est contraint de racheter au lobby agroalimentaire chaque année des semences qui ne se reproduisent pas.

Le lobby agroalimentaire pousse à la généralisation des OGM car il vise à instaurer un marché captif où il aurait le monopole du patrimoine génétique agricole.

  • Les dirigeants politiques européens opposés à l’indépendance politique de l’UE.

À long terme les dirigeants politiques européens semblent viser la création d’une Union mondiale. Cela expliquerait leur volonté de globalisation au détriment de l’existence des peuples européens indépendants des pressions mondiales. Comme c’est le cas trop souvent, les dirigeants politiques européens n’ont pas demandé aux citoyens quelle est leur volonté sur cette orientation politique fondamentale - le mondialisme - qui œuvre pour la création d’une Union mondiale. En tout cas, les politiques au pouvoir raisonnent dans une vision de répartition de l’activité économique sur l’ensemble de la planète et d’interdépendance des régions de la planète. Mais en cas de catastrophe - naturelle ou causée par l’activité humaine - les voies de transport risquent de devenir impraticables. La décision prudente serait de répartir sur l’ensemble de la planète des zones de production alimentaire près des centres de consommation.

Une autre voie existe hors de l’ultralibéralisme qui pousse à la globalisation et hors de l’altermondialisme.

  • Quelles décisions prendre sur la politique agroalimentaire européenne ?

Les opinions exposées dans la présente contribution ne traduisent pas obligatoirement l’opinion majoritaire des citoyens. Certains citoyens européens sont favorables à la création d’une Union mondiale et donc favorables à la globalisation des économies et à la perte d’indépendance politique en général et en particulier à la perte d’indépendance alimentaire. D’autres Européens aimeraient que l’Union européenne soit véritablement européenne, c’est-à-dire qu’elle justifie son existence par la défense qu’elle apporte aux Européens et à leurs intérêts. Certains citoyens sont pour la généralisation des OGM, d’autres sont contre.

La première condition pour respecter une démocratie véritable c’est de garantir aux citoyens la liberté complète d’expression. Toute entrave à cette liberté complète d’avoir des opinions et de les propager est signe de dictature [4].

La deuxième condition pour respecter une démocratie véritable est que chaque décision politique à prendre doit être le reflet fidèle de ce que veut la majorité de la population. Cela concerne également les décisions concernant les questions soulevées dans le présent article :
- la généralisation des OGM ;
- l’abandon de la diversité biologique des organismes utilisés dans l’agriculture ;
- la création d’une Union mondiale avec la répartition de l’activité économique sur l’ensemble de la planète, avec l’interdépendance des régions de la planète, avec la disparition de la souveraineté politique européenne.

Les groupes invités à apporter des propositions pour les lois sur l’environnement ne sont pas une garantie suffisante de décisions démocratiques concernant les OGM. Ces groupes sont composés de femmes et d’hommes. Chaque femme et chaque homme peuvent être soumis à des pressions et, surtout lorsque les intérêts financiers sont en jeu, à des chantages. Il n’est pas garanti que ce processus impliquant les groupes représentatifs aboutisse à des orientations qui préservent l’intérêt général. Il n’est pas garanti que les lois qui seront votées répondent aux souhaits de la majorité de la population. Et au niveau de l’Union européenne, il est certain que les textes de droit sont écrits sous la dictée des lobbies [1]. Par conséquent, pour garantir la démocratie véritable, il faudrait procéder autrement.

Pour éviter la situation où les politiques au pouvoir ignorent la volonté de la majorité des citoyens, la solution pour la démocratie sont les référendums, notamment les référendums sur l’initiative du peuple [5] qui devraient être garantis par la Constitution.

Les référendums sont un outil souple, ils peuvent avoir aussi la forme de questionnaires à choix multiples - par exemple sur « le libre choix de produire et de consommer avec ou sans OGM », « le principe du pollueur-payeur », « la non-brevetabilité du génome », etc. - et la majorité des voix exprimées par les citoyens européens sur chaque question devrait emporter la décision. La démocratie véritable implique la liberté au sujet de la question posée dans le cadre de référendum d’initiative populaire et au sujet des critères de décision proposés dans le référendum d’initiative populaire. En démocratie véritable, les citoyens doivent avoir le droit à tout moment, sur toute question, selon les critères de leur choix, de décider par référendum.

Concernant les OGM, comme concernant les autres questions qui relèvent des décisions politiques, les articles que l’on peut écrire, sur AgoraVox ou ailleurs, peuvent-ils amener les politiques qui sont au pouvoir à respecter les règles fondamentales de la démocratie véritable ? Quelles actions faut-il entreprendre pour obliger enfin les politiques au pouvoir à mettre en application la démocratie véritable, la démocratie dans laquelle chaque décision politique répond aux souhaits de la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision ?

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  • Notes :

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[1] Lisez mon article publié sur AgoraVox « Comment contrer les lobbies de toute sorte et comment aller vers la démocratie ». Lien :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28735

[2] Risques de contamination dans les campagnes :

[3] L’association Kokopelli a pour but de préserver la biodiversité semencière et potagère :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kokopelli_(association)


Lisez l’interview du président de l’association Kokopelli :

http://www.univers-nature.com/interviews/kokopelli.html

[4] Vous pouvez lire d’avantage dans mon article publié sur AgoraVox « La liberté d’expression est une condition de la démocratie ». Lien :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28714

[5] Vous pouvez lire d’avantage dans mon article publié sur AgoraVox et qui explique quelle est la différence entre les soi-disant « démocraties » que nous imposent les politiques au pouvoir depuis des décennies et la démocratie véritable : « Démocratie participative et poids des lobbies ». La démocratie directe - avec la possibilité donnée aux citoyens de déclencher les référendums - n’élimine pas les éléments de « démocratie représentative » ni les éléments de « démocratie participative ». La démocratie directe laisse aux uns et aux autres la possibilité de faire des propositions et laisse aux politiques la responsabilité de gérer les affaires de la communauté au quotidien. Mais elle exerce sur les politiques et sur les lobbies le contrôle permanent du respect de la règle démocratique : « pour toutes les questions qui touchent la communauté, c’est la volonté de la majorité des citoyens qui décide ». Lien sur l’article :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=21702


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48 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel R 27 septembre 2007 12:45

    votre exemple de champs dont la production changerait de propriétaire sous prétexte que les graines incorporeraient des gènes brevetés est très important.

    La simple justice voudrait que le propriétaire du champ pollué soit indemnisé par le responsable de la pollution. Par quel artifice juridique la victime devient-elle coupable ?

    En contre exemple, si un agriculteur répand sur son champ un puissant herbicide et que, emporté par son élan purificateur, il arrose le champ du voisin, ce dernier obtiendra des dommages et intérêt. Alors pourquoi en est-il autrement avec les OGM ?

    Concernant l’Europe, l’absence de démocratie est l’une des raison pour laquelle les Français ont refusé le traité constitutionnel. Que les décisions soient prises en dernier ressort par des institutions non élues est une négation de la démocratie.

    L’accumulation d’inconvénients liés à notre appartenance à l’Union Européenne pose dès à présent la question de notre maintien dans cette entité.


    • El Fredo El Fredo 27 septembre 2007 14:20

      Voir l’affaire Monsanto Canada contre Percy Schmeiser :

      http://www.percyschmeiser.com/ http://en.wikipedia.org/wiki/Percy_Schmeiser http://en.wikipedia.org/wiki/Monsanto_Canada_Inc._v._Schmeiser

      Pour résumer, la multinationale Monsanto, distributrices de semences génétiquement modifiées brevetées, a attaqué l’agriculteur Percy Schmeiser pour violation de brevet, au titre qu’il aurait profité des semences OGM propriétés de Monsanto sans l’accord de celle-ci. Ces semences étaient issues de la contamination des champs de Schmeiser par des champs voisins. Schmeiser ayant récolté et replanté ces semences il violait ainsi selon Monsanto les droits à la propriété intellectuelle de ce dernier.

      Le jugement de la Cour Suprême du Canada a été en faveur de Monsanto, au titre que Schmeiser avait découvert le caractère d’OGM d’une partie de ses semences (résistance au Roundup) et ne pouvait donc pas ignorer qu’il violait les droits à la propriété intellectuelle de Monsanto.

      Conclusion : avec les OGM, un agriculteur n’est plus propriétaire de ce qui pousse sur son propre champ, si ces pousses sont issues d’une contamination extérieure même indépendante de sa volonté. Autrement dit, attendez-vous à des jugements similaires en Europe, et à d’autres questions intéressantes sur le plan légal.

      Le problème des OGMs n’est pas scientifique, technique ou agricole : il est politique.


    • boumboum 27 septembre 2007 16:15

      En conclusion (objective) : Quelqu’un qui vole DELIBEREMMENT quelque chose peut etre puni.


    • El Fredo El Fredo 27 septembre 2007 17:49

      Pour votre information, une infraction à la propriété intellectuelle, ça n’est pas du vol, même si ça reste une infraction. Au passage cette remarque s’applique également au piratage. Tout bon juriste pourra vous le confirmer. Je travaille dans l’informatique et les problématiques de propriété intellectuelle y sont exactement les mêmes que pour les OGM.

      Si Schmeiser avait été ramasser des graines sur le champ du voisin, ça aurait été du vol, au détriment de son voisin et pas de Monsanto (en tout cas pas directement). C’est la même différence qui existe entre télécharger illégalement un morceau de musique sur l’Internet et voler des CDs chez son voisin. Dans le premier cas c’est l’industrie phonographique qui vous attaque, dans le second c’est votre voisin. Parler de vol dans l’affaire Monsanto contre Schmeiser prouve que vous n’y connaissez rien.

      Trouvez-vous normal qu’on ne puisse pas planter les graines qu’on trouve sur sa propriété ? Pour attaquer Schmeiser, Monsanto a prélevé des plants sur ses champs sans son autorisation, et ça c’est du vol. Le fond du problème c’est qu’on accorde des droits de propriété intellectuelle sur des organismes modifiés qui sont susceptibles de se répandre dans la nature et de contaminer les champs d’agriculteurs qui n’ont rien demandé. Ca ne me choquerait pas qu’une entreprise dépose un brevet sur un organisme qu’elle aurait intégralement créee, ce qui me choque ce sont les expéditions qui ratissent les forêts équatoriales, brevettent tout ce qui leur tombe sous la main, et organisent une véritable industrie du racket avec du patrimoine qui ne leur appartient pas.

      Quant aux bénéfices supposés des OGMs sur la santé ou la faim dans le monde, laissez-moi rire : c’est peut-être vrai dans l’absolu, mais en pratique la plupart des semences OGMs fabriquées par les multinationales sont conçues pour résister à des doses massives de produits phytosanitaires fabriqués par les mêmes multinationales. L’utilisation des OGMs aggravera la pollution des sols et des nappes phréatiques et la contamination des aliments à un point tel qu’il ne suffira même plus de les laver en surface pour les consommer sans risques. Et je ne parle pas des OGMs qui génèrent leur propre pesticide, dont les effets sur l’humain sont inconnus. Alors oui aux OGMs pour la production de sucre ou de biocarburants en environnement contrôlé, non à la culture des OGMs en plein champ pour l’alimentation humaine.


    • boumboum 27 septembre 2007 18:02

      E la pub pirater c’est du vol ca prouve que vous ne connaissez rien à l’industrie audiovisuelle ? smiley Notre pauvre Canadian est un guignols, je ne sais pas ce qu’il vient faire dans le débat. Vous pourriez etre plus précis dans vos arguments ?


    • boumboum 28 septembre 2007 10:53

      Tu le rateras :) Mais plus serieusement, ce n’est qu’une legende, et Shmeister a ete condamne ( et sur les millions d agriculteur, c est le seul qui c est plein, faudrai peut etre en trouver d autre non ?)


    • NPM 27 septembre 2007 13:19

      Des idées d’un autre siécle..


      • El Fredo El Fredo 27 septembre 2007 14:21

        Vous changerez d’avis quand vous serez obligé de verser des royalties à une multinationale pour faire pousser des tomates sur votre balcon.


      • Totor 27 septembre 2007 14:27

        pff , il crèvera de faim car il sait pas faire pousser une tomate !


      • samy31500 27 septembre 2007 14:54

        Je crois en fait que NPM c’est Zorg(5eme Element)


      • boumboum 27 septembre 2007 16:27

        Bande d’ignorants, les agriculteurs des pays les plus pauvres preferent payer des royalties plutot que de consommer du gazole et des insecticides, et pour ce qui est des semences conventionnelles les agriculteurs en achettes chaques annees car elles se degradent d’une recolte a une autre...


      • Totor 27 septembre 2007 16:31

        @boumboum

        C’est vous l’ignorant ... voyez deja par exemple ces chiffres pour commencer !

        http://www.usinenouvelle.com/article/controverses-aux-pays-des-ogm-96411

        « Controverses aux pays des OGM 28/02/2007 Les études montrent que les cultures génétiquement modifiées ne donnent pas les résultats escomptés. »


      • boumboum 27 septembre 2007 16:42

        OK, tres objectifs, les chiffres, le nom des etudes, leur dates, la quantite des echantillons, les amis de la terres... Envoyez moi l etude et expliquez moi pourquoi 100% du soja est OGM en argentine...


      • Totor 27 septembre 2007 17:20

        « expliquez moi pourquoi 100% du soja est OGM en argentine... »

        dissémination + géopolitique ?


      • boumboum 27 septembre 2007 18:04

        Ouha, vous devez bosser pour la CIA pour avoir un telle analyse !


      • alberto alberto 27 septembre 2007 13:48

        Martin, encore quelques quinquénnats, et de plus en plus de râleurs comme vous moi et quelques autres que je connais sur AV. (je ne donnerais pas les noms) on aura peut-être droit à un « Grenelle de la Démocratie » !

        Espérons, et bien à vous.


        • boumboum 27 septembre 2007 14:09

          Article déplorable...

          1 : Les USA n’ont pas le monopole des OGMs (ils sont juste meilleurs pour les vendres), les allemands sont tres bons aussi 2 : Les US obtiendraient le monopole si les autres pays arretaient la recherche dans ce domaine. 3 : L’importation se fait depuis le Bresil car elle ne se fait plus des USA a cause des OGM (et vu les autorisations d OGM au Bresil, cela pourrait encore changer) 4 : Il a ete prouve (plus de 150 000 samples) que la contamination au mexique des Mais « originaux » avaient disparut (les OGM etant plus faibles que les especes classiques). 5 : La democratie et la science... sujet a debattre (avez vous seulement des base en statistiques ?) 6 : Les OGM sont plus sur que le bio pour la sante, 7 : La perte de la biodiversite ne depend que des agriculteurs, dans n’importe quelle agriculture, la selection d’une espece conduit a l’abandon d une autre, ils utilisent la plus resistante ( la Suisse a une importante banque de conservation genetique de cereals, ils ont ca Greenpeace ?) 8:Les polenisation de champs OGM, ne change rien a l apartenance du champ (les USA ont egalement la plus grande superficie de culture bio au monde et les OGM ne posent pas de problemes) 9 : Les citoyens ecoutent ceux qui font le plus de bruit, pas les plus riches ni les plus intelligents. Et qui fait le plus de bruit ? Ceux qui font peurs...


          • samy31500 27 septembre 2007 14:56

            Allez avoue tu bosses dans un labos d’OGM smiley


          • boumboum 27 septembre 2007 16:23

            Et si c etait le cas, je serais donc en train d essayer de tous vous empoisonner ainsi que mes gosses, pendant que toi, noble je ne sais quoi, essayerais de faire triompher la « verite » sur le mal que sont les OGMs ?


          • Totor 27 septembre 2007 16:25

            @boumboum

            vous seriez juste en train de faire du fric pour maximiser le bilan comptable en cours sans vous poser la question du long terme !


          • boumboum 27 septembre 2007 16:30

            J espere que vous etes SDF pour dire ca, ou benevole a plein temps, je n ose meme pas imaginer quel travail vertueux est le votre. Et si j etais un pauvre chercheur francais dans un labo public paye le SMIC ?


          • Emmanuel 28 septembre 2007 10:12

            « 4 : Il a ete prouve (plus de 150 000 samples) que la contamination au mexique des Mais »originaux« avaient disparut »

            Sources ?

            « 6 : Les OGM sont plus sur que le bio pour la sante »

            Idiot de comparer la nature génétique des plantes avec leur mode de culture : Quid si l’on conduit en agrobiologie des plantes GM ?


          • boumboum 28 septembre 2007 11:13

            Le resume ici : http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2005/cap1209052.html « we did not find a single transgenic construct among 153,746 seeds from more than 870 plants growing in 125 fields » http://www.bioone.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1641%2F0006-3568(2006)56%5B709%3ATMIM%5D2.0.CO%3B2&ct=1 Ensuite : prends 2 plantation bio de ble (pas de commercialisation en EU 27, mais suppose), une avec OGM resistant au fusarium et l autre sans OGM. Celle sans OGM : Tu va devoir labourer (chose dont tu n as pas besoin avec ogm d ou leur succes) si tu recolte avec le meme temps qu il y a eu cette annee, ton ble sera hautement contamine, il ne sera meme pas bon pour la consommation animal a cause des mycotoxins (surtout DON, Ochra et T2, CAST science 2003) Ton ble OGM, lui, n aura pas besoin d avoir ete laboure, aura un meilleur rendement, donc moins de terre cultiver, moins d erosion, et meme si il sera contamine (comme 60% de la production mondiale, voir plus, FAO) il le sera moins, car il se sera battu tout seul contre les fusarium et donc il pourra etre commercialise sans risque pour la sante. Donc si ce ble est teste correctement pour la sante, et qu il ne represente pas de risque pour l environnement (chose plus facile a determine qu on ne le croi) ce ble sera meilleur pour la securite alimentaire que le ble bio non GM. cdt


          • Totor 27 septembre 2007 14:10

            Soutenons Kokopelli !!

            http://www.kokopelli.asso.fr/


            • El Fredo El Fredo 27 septembre 2007 14:34

              « le tribunal français de Nîmes a condamné l’association [Kokopelli] au paiement d’amende et lui a de fait interdit de distribuer les semences. Les avocats du lobby ont parmi d’autres griefs trouvé le suivant : « les semences sont non conformes ». C’est-à-dire que ces variétés n’ont pas obtenu le permis de mise sur le marché comme doivent par exemple l’obtenir les produits de l’industrie pharmaceutique. »

              Ca rappelle furieusement l’affaire du purin d’ortie :

              http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2354 http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=1014 http://www.purindortie.com/ http://www.blogg.org/blog-17585-billet-kokopelli-437274.html

              Encore un exemple des conséquences du lobbying des vendeurs de désherbants. Luttons ensemble contre la stupidité !

              Aux dernières nouvelles, il n’est plus interdit de communiquer la recette du purin d’ortie, vous n’êtes donc plus hors-la-loi si vous visitez les sites ci-dessus.

              Pour info, voici la fameuse recette qui a failli provoquer l’effondrement de l’industrie phytosanitaire, et par là même, menacé les fondements de notre démocratie éprise de liberté. Il était urgent de mettre fin à cette forme d’Al Qaedisme vert :

              Mettez une poignée d’ortie fraîche (utilisez des pousses jeunes) dans une bouteille vide et ajoutez de l’eau. Comptez 150 grammes d’orties par litre d’eau. Fermez la bouteille et agitez-la tous les 2 ou 3 jours. La fermentation dure de 2 à 3 semaines en fonction de la température ambiante : 2 semaines à 20°C, 3 semaines à 5°C. Filtrez la macération. Votre purin d’ortie est prêt à l’emploi. Il devra être dilué de 5 à 10 fois suivant l’utilisation.


              • Totor 27 septembre 2007 14:37

                Je confirme cela n’est plus interdit d’ailleur Mme Nathalie Kosciusko-Morizet , actuellement au gouvernement s’est battue contre cette absurdité et à pris la peine de répondre à mon mail sur le sujet.


              • samy31500 27 septembre 2007 14:58

                C’est dingue cette histoire ... J’allucine


              • TSS 29 septembre 2007 13:49

                mr bouboum

                si un cultivateur fait une rotation regulière de ses cultures et ne plante pas toujours la même chose au même endroit il reduit de 75 % le risque de pyrale donc basta les OGM !!


                • TSS 29 septembre 2007 13:49

                  je parle du maïs !!


                • boumboum 29 septembre 2007 15:53

                  Source ? Et quoiqu’il plante après (le Maïs) il devra à tout prix labourer ! Chose inutile avec une culture OGM...


                • Emmanuel 29 septembre 2007 18:57

                  En quoi de particulier les plantes GM dispensent du labour ?

                  On peut très bien conduire ses cultures sans PGM, sans labours et sans herbicides : cf. le trés bon ouvrage de Joseph Pousset « Agricultures sans herbicides »

                  http://www.unitheque.com/nature/Agricultures_sans_herbicides-10191.html?&rubrique=ACHBD


                • Fabien 1er octobre 2007 20:22

                  boumboum, vous n’y connaissez rien. Des milliers d’agriculteurs travaillent déjà sans labour en France, sur tous les types de culture, depuis pas mal de temps déjà, et sans OGM. Cf les sites de l’agriculture de conservation et le forum agricool.


                • Emmanuel 29 septembre 2007 19:25

                  Les utopies généticiennes

                  Auteur : Jacques TESTART

                  On peut raconter l’histoire (vraie) de la découverte du génome comme un gag = il y a 10 ans les généticiens annonçaient 120 000 gènes dans le génome humain et ajoutaient avec satisfaction « on en connaît déjà plus des deux tiers ! » . En 2000, ils corrigeaient l’évaluation, la ramenant à 30 000, et estimaient alors en connaître 90% ... En 2003 la carte complète du génome est dite « achevée » avec 20 000 à 25 000 gènes. Cherchez les erreurs ! La surévaluation du nombre des gènes démontre, pour le moins, qu’on est incapable de les définir par leur structure ; quant au triomphalisme affiché sur la proportion des gènes déjà connu, il prouve que le bluff est partie intégrante du « miracle génétique » .

                  La génétique formelle avait eu recours à une invention utile il y a un siècle : la notion du gène qui permettait d’imaginer un support matériel quoiqu’ invisible, aux caractères hérités. La génétique moléculaire a ensuite parcouru l’anatomie du génome en quête de ces structures, investies comme constituant la pierre philosophale du vivant.

                  L’imagerie généticienne a longtemps été puissamment réductionniste. Les étudiants apprenaient à l‘université que chaque gène code pour une et une seule protéine, laquelle détermine un unique caractère. Et réciproquement : tout caractère résulte de l’effet d’une protéine, laquelle est le message délivré par un gène. Pourtant, en même temps que l’on assistait aux extraordinaires avancées techniques dans la dissection du génome et aux premières approches de mécanismes explicatifs de pathologies génétiques, se faisait jour une complexité imprévue.

                  Par exemple : l’ADN apparaît finalement surtout composé de parties apparemment non codantes (« introns » , un peu vite taxés d’ « ADN poubelle » ) ; par ailleurs, de nombreux « exons » (parties codantes ), plutôt qu’un seul, peuvent être impliqués dans la fabrication d’une seule protéine et/ou dans la manifestation d’un caractère.

                  Mais ce sont surtout des faits surprenants (surprenant du moins l’orthodoxie théorique des généticiens ...) qui soulevèrent de sérieux questionnements. C’est en clinique médicale que sont apparus ces faits, relativisant le rôle des gènes : certains d’entre eux, considérés jusqu’alors comme déterminant certaines pathologies, se sont révélés absents chez certains malades et présents chez des personnes saines.

                  Il fut également démontré que certains syndromes pathologiques considérés comme génétiquement transmissibles, pouvaient sauter des générations, ou que des gènes eux-mêmes pouvaient sauter d’un locus (lieu occupé sur un chromosome)à un autre. L’évidence d’une gradation individuelle dans la gravité des atteintes par une maladie génétique fut également source de remise en question. Comment, enfin, expliquer qu’une protéine pathologique, le prion de la « vache folle » , soit issue d’un gène normal, d’une part, et capable d’induire la pathologie de protéines saines, d’autre part ?

                  S’ajoutant à ce premier cortège de démentis de la théorie du « tout génétique » , des manipulations réalisées sur le vivant sont venues récemment aggraver le trouble des zélateurs du génome. Alors que la thérapie génique ne parvient toujours pas à assumer son ambition de guérir les maladies monogéniques, la transgenèse animale amène à s’interroger. On a, par exemple, voulu ajouter au génome un gène codant pour l’hormone de croissance afin d’augmenter le rendement du vivant (viande, lait ...). La souris de laboratoire, ainsi modifiée pour la première fois, s’était montrée stérile et sujette à diverses fragilités. La même manipulation réalisée récemment chez des animaux d’élevage a conduit à des moutons ou vaches diabétiques et à des saumons difformes, sans qu’on puisse expliquer le rapport entre la modification introduite dans le génome et l’effet négatif obtenu.

                  Plus accablant : par recours au « clonage thérapeutique » chez la souris on a pu obtenir des cellules souches à partir d’embryons possédant le même génome que la souris malade (après transfert d’un de ses noyaux cellulaires dans un ovule énucléé). Pourtant ces cellules ont été rejetées après leur greffe chez cette même souris alors qu’elles étaient supposées éminemment compatibles ...

                  Citons enfin la principale leçon du « clonage reproductif » : quand un noyau cellulaire, naturellement bridé pour assurer les seules fonctions du tissu où on l’a prélevé, est introduit dans un ovule énucléé, il se montre totipotent, c’est à dire capable de contribuer à toutes les fonctions nécessaires à la vie d’un nouvel individu, révélant que son activité dépend largement de son environnement. Ainsi c’est la partie non génomique de l’ovule qui se comporte en chef d’orchestre, une fonction jusqu’ici attribuée au génome.

                  Quelques brèves conclusions qui devraient être tirées de ces observations : le génome n’est pas un Meccano dont les pièces seraient aisément interchangeables, il n’est pas la seule source d’informations dans l’organisme vivant, il n’est pas un « programme du vivant » mais seulement une base de données parmi d’autres .

                  C’est dire que le génome est à la fois plus complexe et moins directif qu’on l’avait cru. Cette conclusion est aujourd’hui partagée par la plupart des biologistes moléculaires mais ils rebondissent en lançant de nouveaux enjeux, et toujours sans analyser leurs responsabilités dans l’utopie scientifique et technologique du dernier demi-siècle. Certes, il est raisonnable de s’intéresser aujourd’hui à la fonctionnalité du génome (« protéomique » ) ou à sa dépendance vis-à-vis de l’environnement (facteurs épigénétiques) mais ces pistes risquent d’ouvrir de nouveaux programmes géants sans qu’un bilan critique du passé soit disponible, c’est-à-dire sans qu’on ait tiré des leçons permettant de limiter les erreurs à venir.

                  Pendant trente ans « on » (les chercheurs, les industriels, les politiques et médias qu’ils manipulent) a fait croire que le génome constituait le « programme » du vivant, on a vendu l’idée du « gène-médicament » et celle d’une nature (bêtes et plantes transgéniques) complètement maîtrisée au service de l’homme. Des opérations rituelles avec sacrifices (« courir contre la maladie » ) et professions de foi à répétition (« on est presque au but » ) ont culminé avec le Téléthon, attisant la pitié publique au point de recueillir en 36 heures des dons d’un montant équivalent au budget de fonctionnement annuel de toute la recherche médicale française. Devant l’échec de la stratégie de thérapie génique, le lobby scientifique et industriel se précipite vers une stratégie de traitement grâce aux cellules-souches, entretenant la confusion entre gènes et cellules comme pour éviter de présenter un bilan. Certains diront que ces recherches-là ne sont pas critiquables quels qu’en soient les résultats. C’est oublier que les laboratoires de biologie, de plus en plus privés de dotations publiques récurrentes, sont facilement enrôlés sous cette bannière biotechnologique grâce à une manne providentielle, sacrifiant ainsi d’autres voies de recherche dont l’intérêt public pourrait être supérieur. Surtout, il est navrant que la science serve de caution à ces opérations alors qu’il y a détournement de l’outil public de recherche (personnels, locaux, matériels ...) vers des besoins certes authentiques mais minoritaires : un groupe de pression impose sa propre priorité, qui échappe aux procédures usuelles et à un véritable contrôle par l’institution. La rigueur scientifique est aussi mise à mal par une mystification organisée du public (et des malades) selon des pratiques qui empruntent plutôt au marketing.

                  L’important dispositif médiatique qui encadre la génomique ne cesse de proclamer ses prétentions hégémoniques : la nouvelle médecine sera celle qui enquête sur le génome pour établir son diagnostic, et utilise les « gènes-médicaments » pour guérir. Cela doit être indiscutable(J.Testart : Le désir du gène Flammarion, coll.Champs,1994). Dès lors, tout investissement de recherche hors du génome ne pourrait être que palliatif, en attente de la bonne solution, voire un gaspillage. L’avenir dira ce que cette attitude comporte d’illusions mais l’actualité permet de constater sa volonté globalisante, voire totalitaire. L’exemple des plantes transgéniques est riche d’enseignement à cet égard.

                  Plantes transgéniques : l’hégémonie de l’absurde

                  On peut s’interroger sur les raisons qui ont fait regrouper sous l’intitulé commun « OGM » (pour Organismes Génétiquement Modifiés) des chimères transgéniques aussi différentes que des cellules individualisées ou des microorganismes d’une part, et des plantes ou animaux entiers d’autre part. S’il est bien montré que les cellules isolées peuvent être génétiquement modifiées de façon assez bien maîtrisée, les exemples donnés plus haut pour les animaux recevant un gène d’hormone de croissance indiquent les limites de la maîtrise pour les organismes plus complexes. De plus, les microorganismes transgéniques sont cultivés en fermenteurs, selon de strictes obligations de sécurité alors que les animaux (ex : poissons), et surtout les plantes, occupent l’espace public. Il est alors tentant pour les défenseurs de la transgenèse animale ou végétale de se référer aux cultures cellulaires pour illustrer les bienfaits des « OGM » (« déjà plus de la moitié des vaccins sont produits par des OGM » ) et en démontrer la maîtrise (l’effet obtenu est bien l’effet recherché et il est permanent ; les règles de sécurité empêchent toute contamination ...). Alors que la commercialisation d’animaux transgéniques commence à peine, celle des plantes (qu’il est sage de nommer PGM = plantes génétiquement modifiées) a envahi l’agriculture depuis 1996 et couvre aujourd’hui 70 millions d’hectares, ce qui autorise un bilan d’étape.

                  Notons d’abord que les PGM le plus souvent citées dans la propagande n’ont pas d’existence réelle : la tomate à longue conservation, première production transgénique commercialisée (1994), a été vite abandonnée, son goût rebutant même les consommateurs des USA (mais les conditions douteuses de son homologation, malgré l’avis des experts scientifiques, expliquent aussi ce prudent retrait) ; le riz produisant la provitamine A est en échec, aucune personne ne pouvant absorber les 9 kgs quotidiens nécessaires pour obtenir la dose requise de vitamine ; les plantes capables de pousser en terrains très riches en sel ou désertiques en sont toujours au stade de la recherche ; quant aux « plantes-médicaments » supposées capables de fournir l’industrie pharmaceutique en substances variées, elles n’ont jamais produit ces molécules en quantités suffisantes pour arriver au stade de commercialisation (contrairement aux OGM de laboratoire).

                  Qu’en est-il des PGM réellement cultivées (sur le continent américain et en Chine essentiellement) ? Il s’agit à 98 % de plantes capables soit de produire elles mêmes un insecticide, soit de tolérer les épandages d’herbicides. Dans les deux cas, l’effet bénéfique initial s’atténue en quelques années parce que les pestes ainsi combattues se sont adaptées : insectes parasites mutants capables de résister à l’insecticide ; plantes adventices résistantes parce qu’auto-sélectionnées ou devenues elles même porteuses du transgène. Or, la variété des constructions génétiques susceptibles de transformer les végétaux cultivés dans le sens recherché n’est pas très grande et le risque existe (comme avec les antibiotiques) de se trouver démuni devant une nouvelle configuration parasitaire. De plus, ces PGM ont des effets indésirables sur l’environnement. Dans le cas des plantes productrices d’herbicides, ces substances toxiques sont produites en continu, et par toutes les parties de la plante, ce qui , par rapport aux traitements conventionnels augmente considérablement, leur distribution à l’hectare (10 000 fois selon certaines estimations), et donc leurs effets dévastateurs sur l’environnement, particulièrement les insectes ou les oiseaux. Dans le cas des plantes tolérantes à un herbicide, celui-ci est alors appliqué massivement (souvent en quantités doubles ou davantage) avec des conséquences stérilisantes pour la biologie du sol (micro-organismes, vers, etc ...).

                  Il est frappant de constater la volonté d’une action radicale exercée sur les pestes : éradiquer les mauvais herbes et les insectes parasites, telle est la mission de ces PGM. Elle diffère sensiblement de l’attitude traditionnelle du paysan, résolu à préserver sa récolte mais par un « pacte armé » avec la nature plutôt que par éradication. Car le paysan sait que l’ensemble vivant auquel il appartient est beaucoup trop complexe, chargé d’interférences, pour s’autoriser des actions radicales au risque de catastrophes imprévues. C’est bien une logique totalitaire qui anime le système PGM, même si les éléments naturels résistent à cette ambition.

                  L’excès de pesticides présents dans les PGM, soit par génération autonome (insecticides) soit par imprégnation (herbicides) pourrait présenter des risques sanitaires pour les animaux ou les hommes qui les consomment. On peut aussi s’interroger sur l’éventuelle transmission aux bactéries qui peuplent notre tube digestif de propriétés nouvelles induites par les transgènes ingérés. Ces risques n’ont pas été sérieusement étudiés tant il est admis que les plantes transgéniques ne font que poursuivre le projet classique d’amélioration des espèces, lequel a fait ses preuves d’innocuité ....C’est confondre la sélection variétale et les croisements traditionnels avec la production de chimères qui mélangent l’animal et le végétal (avait - on déjà mis des gènes de poisson dans les fraises ? ...).

                  Afin de contrer les réticences (surtout européennes) à la culture et la consommation de PGM, deux types de mesures ont été proposées, fondées sur une apparence de démocratie. D’abord la « coexistence » , c’est-à-dire une réglementation supposée capable de permettre la culture de plantes transgéniques et conventionnelles sur les mêmes territoires, pari qui semble impossible à tenir durablement, du fait des phénomènes naturels de dissémination, qu’il est impossible de contenir. Ensuite l’étiquetage des produits issus de PGM, mais seulement quand ils sont destinés à la consommation humaine directe, afin de permettre le « libre choix » du consommateur. Là, l’utopie technologique rencontre l’utopie démocratique, qui laisse croire que tout citoyen, même sans avoir été correctement informé, pourrait faire un choix éclairé, mieux que les experts qui se contredisent ...

                  Si des agriculteurs se lancent dans les cultures de PGM, c’est qu’ils en escomptent une économie de main d’œuvre, laquelle est bien réelle dans un premier temps : suppression des aspersions d’insecticides, diminution des passages d’herbicides (d’où les doses massives ...). C’est aussi que les industriels consentent des avantages initiaux aux « pionniers du progrès » pour mieux les entraîner vers des pratiques difficilement réversibles. Mais l’illusion de miracles promis par la propagande, n’est certainement pas étrangère à cette disponibilité. Bien sûr, les PGM ne sont en aucune façon la solution aux famines, lesquelles relèvent d’une distribution inégale des produits agricoles, et non de leur insuffisante production. Au contraire, les « pays en développement » qui recourront aux PGM se priveront encore davantage de leurs ressources vivrières et aggraveront leur dépendance par rapport aux pays riches à qui ils achèteront des semences et fourniront de la nourriture. De façon générale, le progrès agronomique n’a aucun besoin des PGM. Il passe par la poursuite de la sélection des variétés les mieux adaptées à chaque terroir, et non l’adaptation de tous les terroirs à une variété unique, par la rotation des cultures, les associations variétales dans le même champ, le non-retournement des sols, ...( lire impact des OGM sur les agrosystemes. D’autres systèmes agraires sont possibles. In : société civile contre OGM. Collectif cc-ogm, Ed.Yves Michel, 2004.)

                  Au total, les PGM relèvent d’un énorme bluff technologique auquel participent les institutions, et, au premier rang, de nombreux chercheurs, malgré un fiasco déjà évident. C’est qu’un vaste marché est en jeu, celui des semences GM brevetées que les agriculteurs devront acheter cher, et renouveler chaque année puisqu’il est interdit de les ressemer ... Pour les multinationales, qui ont ajouté à leur domaine d’origine (la chimie) celui des variétés végétales (par rachat des semenciers), il s’agit de créer un marché captif, faisant dépendre de leurs intérêts propres tous les aspects de l’alimentation mondiale (variétés utilisées, traitements phytosanitaires, travaux agricoles, commercialisation ...).

                  Les défenseurs des PGM fuient de plus en plus les débats contradictoires. Ayant éprouvé la faiblesse de leur argumentation ils préfèrent les soliloques dans la presse bienveillante. De plus, ils reprochent à leurs opposants d‘être presque tous « anti-nucléaires » en même temps qu’ « anti-OGM » , ce qui démontrerait leur passéisme généralisé. Comme si le souhait d’une humanité épanouie dans une société démocratique et un environnement sain était une conception passéiste ! Mais il y a bien une attitude commune aux pro-nucléaires et aux pro-PGM : ils refusent de reconnaître les faits et les problèmes réels, au risque de créer des problèmes nouveaux et irréversibles, en se persuadant qu’une solution encore inconnue va miraculeusement survenir. Cela explique que les confrontations débouchent stérilement sur l’accusation de « pessimisme » ou « catastrophisme » , proférée contre ceux qui ne veulent pas compter sur des miracles pour sauver la planète et ses habitants.


                  • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 30 septembre 2007 18:39

                    Le lien sur l’article d’où à été copié ce texte permettrait d’apprécier le contexte de la publication afin de permettre à chacun de se faire une opinion sur la crédibilité des arguments qu’il expose.

                    Je trouve certaines précisions intéressantes. Par exemple les précisions qu’apporte ce texte sur les différences entre les types d’OGM et sur ce qu’on peut espérer de chaque type (PGM c’est-à-dire plantes, organismes unicellulaires, animaux) montre quelles sont les confusions peut-être sciemment entretenues à travers les médias.

                    Il me semble particulièrement intéressant de trouver mentionné dans ce texte les effets dévastateurs sur l’environnement qu’ont les substances toxiques produites en continu par les plantes génétiquement modifiées productrices d’herbicides. C’est paradoxal puisque le principal argument marketing, avec lequel on cherche à nous imposer l’emploi généralisé de ce type de plant OGM (ou PGM), est qu’elle suppriment ou réduisent l’emploi des herbicides. La vérité serait donc exactement l’opposé : les plantes génétiquement modifiées productrices d’herbicides sont un agent d’empoisonnement généralisé et de la nature. Si en appui de ce commentaire nous avions quelques liens, les sources, ils seraient les bienvenu, afin de couper court à ceux qui voudraient nier ces constatations, et pour appuyer concrètement l’observation que les OGM en liberté, au contact de la nature, nous mènent vers des catastrophes imprévues.

                    Ce texte reproduit en commentaire, rappelle, confirme, explique et argumente certaines constatations autour desquelles j’ai construit mon article. Par exemple ce texte met en avant l’apparence de démocratie dans les mesures politiques qui ont été proposées, telles que le « libre choix » du consommateur ou la « coexistence », c’est-à-dire une réglementation supposée capable de permettre la culture de plantes transgéniques et conventionnelles sur les mêmes territoires, pari qui semble impossible à tenir durablement, du fait des phénomènes naturels de dissémination, qu’il est impossible de contenir.

                    J’ai juste une observation, une divergence, sur la remarque que contient le texte quant à la solution aux famines. La solution aux famines de mon point de vue ne relève pas d’une distribution plus égale des produits agricoles. De mon point de vue la solution aux famines relève largement plus, et peut-être même exclusivement, du contrôle des naissances : alors que la fécondité moyenne en Europe est inférieure au taux de renouvellement de la population, la fécondité moyenne est en Afrique est proche de 5 enfants par femme - même le SIDA ne peut freiner la croissance des populations africaines, et d’ailleurs aucune croissance économique n’est capable de suivre la croissance explosive de la population en Afrique et les famines sont inévitables dans ces conditions. L’Afrique avait 130 millions d’habitants en 1900, 780 millions en 2000, et aura au moins 2200 millions d’habitants en 2100 d’après les projections minimalistes faites par les organismes internationaux. D’ailleurs l’équilibre écologique de la planète exige l’arrêt de la croissance de la population mondiale. Mais nous abordons là un autre sujet.

                    Un autre point important qui ressort de ce texte est qu’il faut être méfiant face aux certitudes affichées par les milieux scientifiques ou industriels.

                    Il est certain que d’une part, les scientifiques falsifient parfois volontairement leur « démarche scientifique ». Il est certain que d’autre part, même quand la démarche est honnête, la science ne peut jamais affirmer qu’elle détient la vérité ultime et absolue. Cette certitude n’existe pas. Dans les sciences fondamentales, les lois s’appuient au mieux sur des probabilités fortes.

                    Le dernier paragraphe ci-dessus est repris de mon article publié sur AgoraVox « La liberté d’expression est une condition de la démocratie ». Lien :

                    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28714


                  • Internaute Internaute 30 septembre 2007 12:38

                    « La problématique des OGM se situe en effet dans un cadre plus large qu’impose l’Union européenne, le cadre défini par le rôle que l’Union européenne planifie pour l’Europe dans le scénario de la distribution des activités agroalimentaires au niveau mondial. »

                    Quelle phrase terrible et lourde de sens.

                    Cela corrobore la présentation faite par la propagandiste européenne à la télé hier (je parle de la pétasse en jeans aux cheveux gris artificiel). Elle expliquait que ce qui était vraiment bien allait être la disparition de tous les paysans qui n’auront pas réussi à (ni voulu) se regrouper en kolkozes géants. Preuve à l’appuis, l’entrevue d’un hollandais qui faisait 3.000.000 d’euros de CA par an en cultivant des lianes sous serres sur la tige desquelles s’accrochent des kilogs de tubercules rougeâtres et insipides que l’UE nous vend sous le nom d’emprunt de tomates. L’UE a déjà décidé qu’en France il ne devait rester que 3 sortes de tomates, dans des fermes géantes.

                    La spéculation actuelle sur le blé montre que nous ne sommes plus autosuffisant pour notre nourriture à cause de l’Union Européenne.

                    Malgré tout, il y en a encore pour justifier plus d’EUrope et plus de mercantilisme international.


                    • oncle archibald 30 septembre 2007 13:11

                      Merci pour ce magnifique article qui pose très bien les problèmes du futur de l’agriculture.

                      Parmi ceux qui ont été soulevés l’un des plus importants me paraît être celui de la production spécifique de semences qui prive l’agriculteur de son autonomie pour le rendre dépendant d’une firme qui les lui vend au lieu de pouvoir prélever une partie de sa récolte pour la re-semer comme l’on fait nos ancêtres depuis que le monde est monde. Bien sûr il est vrai que très peu d’agriculteurs procèdent encore ainsi, la plupart achètent chaque année leurs semences. Ce qui est grave c’est que le choix ne soit plus possible et que les agriculteurs perdent encore une parcelle du peu d’indépendance qui leur reste.

                      Ce qui est grave aussi c’est que l’on se dirige a grands pas vers une industrie de la terre au détriment de tout ce qui a fait la richesse de la vie des agriculteurs. On fera pousser le sorgho au Brésil, la vigne en Australie, les salades sous serre en Hollande, etc.. et ceux qui voudront aller contre ces décisions et organisations industrielle seront réduits à l’état de bricoleurs. L’agriculteur produit ce qu’on lui commande au lieu de proposer son produit à l’appétit des consommateurs. Il n’est plus que l’exécutant des décisions des industriels. Même les bricoleurs des potagers familiaux en sont réduits à se soumettre : chaque année on trouve dans les jardineries des plants de tomates hybrides nouveaux, toujours plus insipides, au détriment des anciennes variétés anciennes certes moins résistantes aux maladies mais tellement plus goûteuses.

                      Triste fin d’un beau métier, et dangereuse dépendance... Si les rutabagas échappent à la transformation génétique on pourra peut-être en faire pousser à la place de nos pelouses à la prochaine guerre !


                      • Internaute Internaute 30 septembre 2007 13:52

                        Pire que cela. Le bricolage est interdit par nos politiques. Souvenez-vous des mésaventures de celui qui vendait des horties !


                      • farniente 30 septembre 2007 14:18

                        Bonjour Monsieur Martin,

                        comment obtenir une consultation nationale par référendum sur ce sujet ?


                      • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 30 septembre 2007 19:01

                        Les référendums sont un outil souple, ils peuvent avoir aussi la forme de questionnaires à choix multiples. Le questionnaire sur les OGM reprendrait l’inventaire des propositions recueillies, afin que les citoyens puissent s’exprimer directement sur : « le libre choix de produire et de consommer avec ou sans OGM », « le principe du pollueur-payeur », « la non-brevetabilité du génome », « la culture des plants OGM uniquement dans les espaces isolés des autres plants », etc.

                        La majorité des voix exprimées par les citoyens sur chaque question devrait emporter la décision. Il resterait aux députés à rédiger les textes des lois en fonction des orientations décidées par le peuple souverain.

                        Ce qui sont opposés à la démocratie véritable disent que de façon collective, la masse des citoyens n’est pas souvent génératrice d’idées constructives.

                        Il est vrai que certaines grandes idées qui apportent le progrès à la communauté viennent d’individus qui sont capables d’exposer leur vision, de l’argumenter et de convaincre les citoyens. Ces individus font progresser l’humanité parfois en étant au départ contre l’opinion du plus grand nombre. Mais il est important que ces individus n’imposent pas leurs idées contre la volonté de la majorité des citoyens : ils doivent convaincre les citoyens et c’est toujours l’opinion du plus grand nombre qui doit décider.

                        La façon de procéder par référendums est généralisée en Suisse à tous les niveaux : municipalité, canton, fédération. Pour certaines décisions le référendum est également l’outil habituel de décision politique aux États-Unis d’Amérique.

                        Tant que cette façon de procéder par référendums n’est pas adoptée de façon généralisée en France, nous ne serons pas en démocratie.

                        Alors en effet comment nous rapprocher de la démocratie ? Concernant les OGM comme concernant les autres questions qui relèvent des décisions politiques, les articles que l’on peut écrire, sur AgoraVox ou ailleurs, peuvent-ils amener les politiques qui sont au pouvoir à respecter les règles fondamentales de la démocratie véritable ? Quelles actions faut-il entreprendre pour obliger enfin les politiques au pouvoir à mettre en application la démocratie véritable, la démocratie dans laquelle chaque décision politique répond aux souhaits de la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision ?

                        Je cherche la réponse à ces questions.

                        Si les lecteurs d’AgroraVox ont des réponses à proposer, je les invite à les formuler ici, en commentaire ou bien sous forme d’article.


                      • Philippe Aigrain Philippe Aigrain 30 septembre 2007 17:48

                        Je m’étonne de ce que l’on puisse présenter comme un consensus contre la brevetabilité du génome une situation dans laquelle une partie des acteurs défendent le status quo concernant la législation européenne et la pratique de l’Office européen des brevets. En effet, aussi bien la directive européenne 98/44, sa loi de transposition française que l’OEB acceptent la brevetabilité des séquences génétiques lorsque celles-ci sont « associées à une fonction ». Cela revient ni plus ni moins qu’à les rendre brevetables tout court. S’il n’en était pas ainsi, il aurait suffi d’accepter la brevetabilité de techniques exploitant d’une façon précise la connaissance de la fonction associée à un gène sans rendre pour autant brevetable la séquence génétique elle-même. Si les lobbies de l’agro-alimentaire biotechnologique et partie des chercheurs en biotechnologies médicales ont réclamé à tant de cris la brevetabilité des séquences elles-mêmes, c’est bien parce qu’ils savent que sa portée déborde inévitablement sur l’appropriation du génome et que c’est précisément ce qu’ils recherchent, soit pour pratiquer des prix de monopoles, soit pour convaincre les investisseurs d’investir dans des techniques parfois d’utilité douteuse.

                        Ce qui est particulièrement grave - au-delà même de la brevetabilité d’une ressource rare comme le génome et constituant une découverte - c’est que la directive 98/44 a inauguré une utilisation de Novlangue écoeurante en déclarant que les séquences génétiques ne sont pas brevetables ... mais qu’elles le sont (voir articles 5 et 6 de la directive : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/site/fr/oj/1998/l_213/l_21319980730fr00130021 .pdf )Depuis, les naifs se font rouler temporairement dans la farine et ne se réveillent que trop tard.

                        Le fait qu’il s’agisse d’une législation européenne ne nous autorise pas à accepter l’inacceptable. Il impose de convaincre les opinions d’autres pays qu’il est de l’intérêt de tous de revenir sur cette législation. Rappelons qu’après avoir adopté cette directive à la majorité qualifiée 8 pays sur 15 avaient ensuite refusé de transposer les articles contestés de la directive (brevetabilité des séquences génétiques et des organismes les contenant), avant de céder un à un devant le risque de condamnation ... et les pressions des lobbies internes, notamment pour la France et l’Allemagne.

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