Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Environnement > Les problèmes écologiques et humains des roses kényanes

Les problèmes écologiques et humains des roses kényanes

Depuis les années 80, le Kenya s’est lancé avec succès dans la production de fleurs à grande échelle destinées à l’exportation. Avec ses atouts, le pays a su devenir le premier producteur de roses au monde mais pas sans conséquences alarmantes sur l’environnement et les hommes...

Depuis les années 80, le Kenya s’est lancé avec succès dans la production de fleurs à grande échelle destinées à l’exportation. Avec ses atouts, le pays a su devenir le premier producteur de roses au monde mais pas sans conséquences alarmantes sur l’environnement et les hommes...

Grâce à des conditions climatiques idéales pour la floriculture, le faible coût de la main-d’œuvre et un code du travail quasi-inexistant, et très bonnes liaisons aériennes avec l’Europe, Le Kenya est devenu le premier producteur de rose au monde avec près de 50% de la production mondiale au début des années 2010. Encore très touché par la misère et le chômage, ce pays d’Afrique équatoriale a su tirer profit de ses atouts pour devenir un géant mondial de la rose en rivalisant avec les plus grands producteurs européens. Tant bien que, les fleurs sont devenues la troisième source de revenu du pays derrière le tourisme et le thé.

Cette industrialisation de la fleur de la région du Lac Naivasha, principalement, provient, la plupart du temps de sociétés européennes qui implantent de nombreuses fermes autour du lac et n’est pas sans conséquences pour l’environnement mais aussi pour les hommes et les femmes y travaillant quotidiennement.

Comme l’a révélé l’Organisation Non Gouvernementale américaine WRI, il y a quelques années, le travail quotidien dans ces serres se fait trop souvent au détriment d’une santé qui se dégrade d’années en années pour cette main-d'oeuvre peu coûteuse (entre 1 et 2 dollars par jour). Pesticides et autres produits chimiques deviennent de plus en plus problématiques et entrainent par exemple des nausées pour deux femmes sur trois qui travaillent dans le secteur floral du pays, comme le souligne l’article d’Afrik.com sur le sujet. Les travailleurs se plaignent aussi régulièrement de maux de têtes, de troubles de l’équilibre, de la mémoire et de la vision, sans compter les risques de cancers pour ces populations sur le long terme.

Mais les travailleurs de ces fermes florales ne sont pas les seuls à se plaindre de cette industrialisation à grande échelle. Les pêcheurs du Lac Naivasha, qui regroupe près des trois-quarts de ces installations dans ses alentours, se plaignent également de la diminution des poissons dans ce lac qui était très riche. En effet, les eaux usées quasiment non-traitées sont directement déversées dans ce lac dont l’écosystème se trouve chamboulé. Rajoutons à ce problème de polluants, un pompage massif de l’eau pour garantir la production des serres, et cela devient une catastrophe écologique qui est en train de se jouer. Si bien que d’après les écologistes et les ONG locaux, le lac pourrait ressembler à « un cloaque boueux » d’ici une quinzaine d’année, comme on peut le lire sur un article sur le cheminement et la production des roses dans le monde.

Néanmoins, il est à noter que les mentalités évoluent et que les sociétés qui exploitent ces terres et l’Etat Kenyan sont de plus en plus pressées pour se conformer à certaines normes. Et concernant la santé des travailleurs, un code de conduite a été mis en place par le Kenyan Flower Council, mais cette législation sur les pesticides sont encore difficiles à mettre en place.

Pour aller plus loin sur le sujet :


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

13 réactions à cet article    


  • alinea Alinea 11 octobre 2013 10:49

    Quand le lac sera un cloaque, les rosiers partiront ! Nulle part l’homme réussit à oeuvrer en harmonie avec le milieu et avec les autres ! Chacun doit se dire que c’est à l’autre de commencer ; seulement les dégâts ne sont pas réparables..
    je me souviens d’avoir eu les moyens d’en offrir quatre-vingt pour les quatre-vingts ans de ma mère !!!!
    pour ce que durent les roses...


    • Croa Croa 11 octobre 2013 11:37

      Oui, quand un filon est usé le capital va détruire un autre endroit... smiley

      Avec les cons qui nous dirigent une seule solution pour qui aime les fleurs : En avoir dans son jardin !


    • Hermes Hermes 14 octobre 2013 11:00

      Bonjour,

      La production de masse centralisée, n’est justifiée que par le profit, et détruit tout partout, en même temps qu’elle génère de l’esclavage aux deux bouts de la chaîne : à la production, et par la consommation qui rend l’homme stupide car en plus de dépendre complètement des objets, il ne sait plus rien faire.

      Les roses de mon jardin sont éphémères et saisonnières, fragiles et invendables. Elles n’en sont que plus belles.

      Bonne journée.


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 11 octobre 2013 18:50

      Merci de nous signaler ce fait. Il serait probablement passé complétement inaperçu sans vous. Pour moi et d’autres qui vous le découvrir, j’espère.


      • le moine du côté obscur 11 octobre 2013 19:05

        Mais si les consommateurs de ces roses ne changent pas leurs habitudes rien ne changera. D’un autre côté il faut rechercher des solutions locales pour faire travailler toutes les personnes qui pourraient se trouver sans travail si on arrête cela. Dans tous les cas le genre humain va devoir évoluer au risque de disparaître c’est de plus en plus évident. 


        • ARMINIUS ARMINIUS 12 octobre 2013 08:38

          Encore une fois, il faut tout faire pour éviter ce genre d’excès ! Règle numéro un : produire localement des produits de première nécessité (cultures vivrières) de façon à répondre au besoin essentiel de la population . Règle numéro deux : si il y a excédent le céder a cours normal Règle numéro trois : faire en sorte que cette production ne perturbe pas l’équilibre naturel ( ici , le lac) Ca éviterait au moins ce genre d’excès qui conduisent à terme à l’épuisement des sols et à la dépendance totale à Monsanto et consorts...De plus attention aux risques d’exportations de parasites qui se font un plaisir d’accompagner les plantes, en particulier de ce vers tueur venu d’Angleterre qui assassine nos lombrics et sera la mort à court terme de nos potagers si nous ne réagissons pas !


          • fleuriste fleuriste 12 octobre 2013 19:57
            Alors que tous les médias font la promotion du Made in France, la culture de la rose se développe de plus en plus au niveau mondial alors que d’excellents producteurs français produisent des fleurs de qualité.

            Et pourtant depuis 1959, tous les ans des producteurs de la région d’Angers organisent une prestigieuse exposition de roses à Douée la Fontaine.


            • soi même 13 octobre 2013 12:08

              Vous savez que depuis que la loi du marché est devenue la loi dominante dans le monde, le soucis n’est plus de vendre un produit local, c’est vendre des produit le moins cher, et qui a la plus belle marge financière.
              Cela répond à deux faits de société, quoi que l’on en dissent, la dignité humaine na jamais été véritablement été l’objet d’avancer social dans le monde du travail , et l’autre conséquence, c’est ceux qui ont les moyens les plus faibles contribues justement à étre le socle de cette production au rabais en achetant justement les produit les moins cher.

              Car il y a un liens étroits entre cette renaissance d’une production sans foi ni loi au détriment de se qui y travail et cette de masse qui veux que tous soit à un prix qui ne les privent pas d’avoir un confort de consommation avec des moyens numéraires faibles.

              Ce problème ne pourra pas se résoudre tant qu’il n’aura pas une séparation indépendante entre le salaire et le travail , et de l’autre tant qu’il y aura pas une remise en causse de l’ hédonisme de la consommation.

              Car, comment espérer le retour d’une production de qualité, si l’on ne respecte pas ses règles et qui produit à outrance, alors qu’il serait judicieux de produire en fonction de la demande et non produire pour crées la demande.

              Tant que l’on aura pas cette volonté de se prendre en main sur cette question, il y a aura beau avoir des salons artisanaux d’une production traditionnelle de beau produit .
              Elles ne s’adresseront malheureusement pas à ceux qui l’on le plus besoin d’avoir des produits de qualités car ces produits sont il faut se l’avouer trop cher pour beaucoup, mais au final à toute cette classe social qui à les moyens d’acheter du luxe et qui sont à l’origine de cette exploitation humaine.

              Dans le même cas, il existe le même scandale, la perche du Nil.

              http://ppcp1sb.forumactif.org/t2-un-grand-scandale-ecologique-la-perche-du-nil

              http://lepoivron.free.fr/article.php3?id_article=42


            • soi même 13 octobre 2013 11:23

              Les amoureux qui pour conter leurs amourettes à leurs Amours sont priées à regarder à deux fois la brassé de Rose qu’ils achètent.


              • ecolittoral ecolittoral 13 octobre 2013 14:28

                Les roses, la perche du Nil, le pétrole, cuivre, agro carburant, chocolat, bananes. C’est juste un début prometteur.


                L’UE, la banque mondiale, la Chine, le Japon et, dernièrement les USA avec Barack Obama dans le rôle de VRP.
                Tous ces puissants ont découvert que...90% des terres cultivables ne sont pas exploités en Afrique. Il suffit de détourner l’eau des rivières et des fleuves, cultiver les savanes et autres terres sauvages qui n’entrent pas dans la case croissance.

                Un petit parc « écologique » dans un coin en échange de l’éradication de ces millions d’animaux sauvages non rentables qui divaguent librement sur ces Milliards de dollars et d’euros potentiels.

                Les roses du Kenya deviendront bientôt les roses des savanes. L’agro carburant, et autres sources de croissance aussi.

                Vous n’avez encore rien vu !
                Les abrutis(es) qui nous gouvernent sont décidemment irrécupérables.

                • soi même 13 octobre 2013 15:56

                  il est intéressant dans les articles qui sont parues dans les années 2000 en autres aux USA, l’Afrique est condiment qui a disparue dans le remodelage du Monde.
                  Il parle du l’arrimage de l’Europe à l’Amérique du Nord, qui elle englobe son Sud, et son liens avec l’Asie

                  http://libmu.lt/wp-content/uploads/cartedumonde.jpg

                  http://libmu.lt/share/images/activistes/carte-du-monde-futur-1990/


                  • soi même 13 octobre 2013 16:44
                    Les 7 bonnes raisons de ne pas faire du shopping aujourd’hui.

                    Lib Mult, le 17.07.2013

                    http://libmu.lt/articles/chroniques/les-7-bonnes-raisons-de-ne-pas-faire-du-shopping-aujourdhui/

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès