Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Environnement > Les stigmates d’une nouvelle religion ?

Les stigmates d’une nouvelle religion ?

Les stigmates d’une nouvelle religion ?
L’écologie comme confessionnal au consumérisme…
 Par Chien Guevara avec la participation de Michel Mengneau
 Suite aux résultats des dernières élections régionales confirmant à quelques choses près les européennes de l’an dernier, force est de constater que l’écologie est « politiquement » en vogue, ne pas confondre d’ailleurs avec l’écologie politique prônant la rupture avec le capitalisme et qui fut étrangement absente des débats.
 Tiens ? Pourquoi avons-nous ajouté : « politiquement » ? Et bien tout simplement parce qu’en grattant un peu nous ne pouvons que constater que les politiciens, mais surtout les « politicards » professionnels de tous partis confondus, font de la récupération. C’est devenu comme un leitmotiv : penser à sa planète, essayer de la sauver, l’économiser, ces préoccupations que l’on veut majeures seront-elles devenues les poncifs d’une mode médiatisée ? Médiatisée ! Le terme est lâché.
 Il y a déjà plus de dix ans, on jetait en prison un José Bové soi-disant altermondialiste écologiste qui avec encore un semblant de foi menait une croisade active contre les OGM. Pendant ce même temps, au Mexique, le commandant Marcos devait vivre caché comme un guérillero, lui était aussi un altermondialiste, il était pourtant presque ignoré…
 Alors pourquoi, désormais, cette résurgence forte de l’écologie, cette prise de conscience soudaine, et qui se transforme peu à peu en une nouvelle forme de religion ? Car souvenons-nous qu’aux dernières présidentielles les écologistes avaient obtenu 1,57 % des suffrages. La réponse est simple : Nicolas Hulot, Yan Arthus Bertrand et … Daniel Cohn Bendit ! Médiatisation des apparats, quand tu nous tiens. Médiatisation capitaliste qui ne nous montre que la décomposition de la planète, et qui ne nous donne pas la solution. Loin s’en faut, et pour cause…
 Ceci dit, il est indéniable que l’on ne peut aller contre le fait d’avoir envie de sauver ce qui nous fait vivre. Mais là où nous ne sommes pas d’accord, c’est sur les méthodes employées.
 Des faux-semblants, des caches misère, et la mise à contribution du peuple sous diverses formes que ce soient sont les seuls remèdes que la pensée unique nous propose.
 Cela va de l’insistance à la prise de responsabilité personnelle, qui pour beaucoup est la panacée, pourtant ce n’est que soigner superficiellement comme le font aussi un certain nombre d’actions ponctuelles, plus collectives certes mais pas forcement plus efficaces, de surcroit fortement médiatisées en attrape gogos par les tenants de l’écologie spectacle, mais en réalité rien sur le fond, qui est le consumérisme au service du productivisme. Alors, comme pis-aller, on nous propose aussi des taxes, dont la taxe carbone à laquelle on vient d’échapper provisoirement.
 Comme ce n’est que partie remise, alors vous allez nous dire : mais comment gérer dans une société capitaliste l’écologie autrement que par des taxes ? Axiome basé sur un système voulant que la production soit facteur de richesse et que l’on va mettre à contribution lors de la consommation pour reconstruire des richesses à l’instar de la fumeuse croissance verte ! C’est la couleuvre verte qui se mord la queue croyant avoir inventé la ronde perpétuelle…
 Voilà, le problème est posé. Bien que la taxe ne soit pas une solution en soi, pourquoi pas, après tout, vu que nos dirigeants ne souhaitent pas instaurer une alternative au capitalisme destructeur, au contraire, ils vont vers encore plus d’ultralibéralisme et que pour faire bonne figure il est de bon ton de taxer les pollueurs, mais lesquels ?
 Mais là où ça nous dérange encore plus, ce sont les victimes de ces taxes. Car NON, le consommateur n’est pas responsable de la pollution ; et OUI, l’acheteur, devenu consommateur par la force du système, est victime de la productivité et du marketing au service de ce consumérisme qui nous l’emballe pour la présenter en papier cadeau dans les publicités forcées, créant une forme de consentement inconscient à des produits qui ne sont pas forcement utiles pour « l’usage ».
 Pour ce faire on prélève ou on va prélever les taxes lors de la distribution, on ponctionne ainsi sans vergogne le prolétaire qui n’est pas le véritable responsable de la pollution, d’autant qu’en plus il en est la principale victime. Il est évident que l’on ne peut pas être d’accord avec cette conception inique de percevoir les écotaxes, taxes carbone, taxes au recyclage, voire à la destruction. Par contre, oui, on pourrait envisager qu’elles fussent perçues à la production. Car en effet, en toute logique pour un produit fini mis sur le marché il ne sert à plus rien de le taxer, la pollution étant produite à sa fabrication ! Taxer à ce niveau revient juste à définir qui va payer ? Alors qu’une taxe à la production, et donc envers les véritables responsables, serait non seulement plus juste, mais aussi plus efficace.
 Nous vivons dans une société de consommation, et quoiqu’on essaye de vous faire croire, on nous l’impose. Consommer est devenu, un ordre imposé par l’outil productif, un impératif sociétal incontournable, pour ne pas être largué, mis à l’écart, oublié sur le banc de touche.
 On nous force à l’achat, et d’un autre côté, on veut nous faire culpabiliser. Alors oui, on accepte les taxes malgré nous, oui, on gobe le package écolo, et on paye.
 On paye le droit de polluer en bon bobo écolo, (comme certains vont se repentir dans un confessionnal en faisant pénitence avec trois « je vous salue Cécile », et deux « notre père Dany »), en somme, la reconnaissance éternelle à la croissance verte, avant d’aller, soulagés et lavés, recommencer à pécher.
 
 
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.08/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

12 réactions à cet article    


  • JET67 JET67 25 mars 2010 11:49

    « Sauver la planète » ?

    Juste un slogan publicitaire !


    • Kelson 25 mars 2010 12:26

      « le prolétaire qui n’est pas le véritable responsable de la pollution »

      C’est le système actuel dans son ensemble qui ne tient pas assez compte de l’environnement et le consommateur lambda est une pièce maitresse de ce système.

      ... tant que certains n’auront pas compris qu’il faut s’occuper de ce chainon maitre (et des autres) il n’y aura aucune vraie solution en vue.


      • faxtronic faxtronic 25 mars 2010 17:05

        « le prolétaire qui n’est pas le véritable responsable de la pollution, d’autant qu’en plus il en est la principale victime »

        Il n y a pas de classe proletaire unique, c est faux. Il y a de multiples acon d etre proletaire. Je suis desole, le proletaire qui cherche a casser les prix pour son ecran plat ou son home cinema ou ses vacances, et qui rechigne a s engager d une facon ou d une autre a lutter contre la pollution, est un maillon critique du marche.


        • Croa Croa 25 mars 2010 18:36

          Cet article fait reflet à la politique de récupération qu’il prétend dénoncer.

          ça commence dès le titre : L’écologie est à la base une science, pas une religion ! Et ça continu avec les idées reçues TV & presse de caniveau habituelles sur de sois-disant injustes taxes, etc... (Avant de critiquer il convient d’étudier sérieusement ces propositions et ce à la source !)

          L’écologie politique authentique était bien dans les débats mais pas ceux de la télé !  La campagne ouvre des débats publics... Dommage qu’il n’y ait jamais personne ! On peut aussi s’informer et débattre sur internet car sur la toile

           smiley le débat y est riche et permanent ! smiley 

          J’invite l’auteur à s’y joindre, il verra par exemple que la taxation à la source, c’était ça la taxe carbone (pas sa version Sarko bien sûr.)


          • Spip Spip 25 mars 2010 20:11

            Article intéressant mais un peu sommaire, parfois, dans ses affirmations. En gros, je suis d’accord sur le fond avec quelques remarques.

            - l’écologie politique prônant la rupture : lorsqu’elle se présentât comme telle, elle fut accusée de faire de la politique comme les autres plutôt que de l’écologie...

            - la récupération  : c’est l’inévitable réflexe de base du politicien (avec éventuel retour de bâton - cf le FN aux dernières élections)

            - la médiatisation : comment faire passer son message en ignorant les mass-médias ? En créant son petit blog perso dans son coin ? Sympa mais limité quand même. (ce n’est pas ce qu’a fait l’auteur, qui s’est servi d’Agoravox, un site très consulté...)

            - José Bové au passé  : il a arrêté ? Il me semble qu’il est encore passé devant un tribunal il y a peu.

            - Pourquoi la résurgence et la forme « religieuse » : parce qu’il commence à y avoir urgence, après avoir roupillé pendant 40 ans, souvenons nous de René Dumont, ça a commencé là... Quand au réflexe religieux, de tout temps ça a toujours servi à calmer les angoisses majeures, faute de les analyser, non ?

            - la fumeuse croissance verte  : qui a inventé et promeut le green-business et le green-washing ? Pas les écolos, je pense.

            - le consommateur victime et pas responsable
             : à relativiser quand même ! et entre un consommateur compulsif qui gobe tout et un militant qui s’astreint à sa responsabilité personnelle, il y a de l’espace (et tous sont électeurs...)

            - la taxe à la production  : refusée par nos gouvernants au nom de la sacro-sainte compétitivité de nos entreprises... sans prendre en compte ce qui se fait ailleurs, dans certains pays nordiques par exemple. Ils n’ont pas l’air d’en souffrir, au contraire. Ceci dit, pas d’illusions. Si on arrive à l’imposer, en pratique ce sera toujours celui qui est en bas de l’entonnoir qui paiera, c.a.d. le consommateur final.

            - Alors, que faire ? S’orienter vers une forme de décroissance ? Mot diabolisé car dangereux pour le système. Où irait-on si on ne consommait que ce qui nous est essentiel en obligeant l’offre à s’y conformer ? Vers plus de partage, de vivre ensemble, bref vers plus de démocratie réelle ? Vaste programme, comme disait un Général (qui doit faire des loopings dans sa tombe en ce moment...)


            • antonio 26 mars 2010 07:04

              D’accord avec vous.Le système d’exploitation capitaliste n’est jamais remis en cause.Daniel Cohn Bendit est un ultra-libéral prêt à tout privatiser.
              La « fameuse » pensée verte si à la mode est au contraire un moyen supplémentaire d’asservissement des masses puisqu’elle les culpabilise en les rendant responsables de la pollution.Il faut dire que l’offensive a été de taille : filme dégoulinant de bons sentiments de Nicolas Hulot, esthétisme de ses cascades dans des
              paysages sublimes, alarmisme de Home où tout est mélangé (sans doute YAnn Arthus Bertrant a-il eu « une révélation » lui qui a couvert pendant dix ans le Paris-Dakar) mais c’est un nouveau prophète qui a le sens des réalités économique puisque son film a été diffusé partout (Conseils Généraux, Education Nationale, etc...).
              Le capitalisme a trouvé un nouveau moyen de métamorphose extérieure : se repeindre en vert et nous prendre pour des « gogos ».
              En ce moment, l’Afrique est à la mode : il est peu de jours où on ne nous diffuse pas des reportages montrant la misère ou quelques petites initiatives telles le creusement d’un puits.JAMAIS on ne nous parle du pillage éhonté de l’Afrique par les grandes multinationales ni des pouvoirs politiques corrompus ,riches à millions et tyranniques..A nous français bouleversés par la misère de faire un « geste » en envoyant une aide dont à peine 10% parviendra à ceux qui en ont besoin !
              Oser nous faire croire qu’on peut maîtriser le climat alors que la climatologie est une science neuve ! Nous faire croire que supprimer le bétail va tout résoudre ! On observe que les vents sévissent de plus en plus : des millions de kms de haies ont été supprimées pour permettre
              l’industrialisation de la culture de milliers d’hectares à nu ! Et ce serait de notre faute alors que les gros exploitants agricoles se remplissent les poches !
              Qui a érigé la consommation et l’argent comme valeurs suprême si ce n’est le système capitaliste qu’aucun vert ne remet en cause réellement  ?
              Jean-Pierre Pernaut dans son journal diffuse régulièrement des images de petits coins de France idylliques avec des traditions bien ancrées mais c’est pour mieux faire passer l’uniformisation et le formatage général de la société.
              Oui, on a rendu beaucoup de gens « accros » à la consommation.Quoi de plus avilissant que ces images de gens faisant la course, la grille à peine levée, les jours de soldes ?
              On ferme des usines, on délocalise et on nous parle de la crise...Les restos du coeur ont accueilli plus de 830 000 personnes...Qu’en pensent les verts ?
              Les dames patronesses de la bien pensance nous rebattent les oreilles avec des formules telles que « le peuple souffre ».Le mot souffrance est employé par tous, de gauche comme de droite.Au lieu de cet apitoiement hypocrite, ne vaudrait-il pas mieux appeler au combat, à la lutte ? Gentils esclaves, on a pitié de vous mais surtout ne bougez pas !
              Je ne parle évidemment pas du capitalisme financier riche à milliards capable de spéculer sur la chute de la Grèce !
              Oui le système économique dans lequel nous vivons est inique et c’est cela qu’il faut changer.
              Je ne me fais bien sûr pas le chantre des système communistes gros pourvoyeurs de charniers et de corruption.
              Autre remarque : quand je vois Philippe Merieux tête de liste écologiste, je « tremble », lui le père du « pédagogisme » qui a mis l’élève au centre du système éducatif (on ne dit pas élève mais « apprenant » !)  ; l’élève doit découvrir par lui-même et en plus ça doit être ludique ! Résultat : le cours traditionnel est devenu « ringard », faire apprendre par coeur « obsolète » d’où une baisse de niveau jamais atteinte chez nombre d’élèves ! Un véritable Gourou qui a gangréné tout le corps éducatif .Gare à celui qui n’applique pas la nouvelle « vulgate » il se fait vite taper sur les doigts ! On travaille avec des photocopies, l’élève écrit de moins en moins ; j’ai connu des professeurs qui,« en cachette » faisaient des dictées et de la grammaire à la grande joie des parents....Je ne suis pas passéiste, je n’idolâtre pas l’école d’antan mais au moins une hiérarchie était respectée : l’enseignant transmettait un savoir, savoir RESPECTE par les élèves et les parents..
              Alors oui, Philippe Mérieux candidat écolo me fait peur et il n’aura sûrement pas ma voix..

              Alors ne tombons pas dans le piège si bien orchestré par les médias (rappelez-vous la campagne à propos de Copenhague !) Au fait, avez-vous entendu les verts protester contre la
              production à grande échelle de neige artificielle pour les jeux d’hiver au Canada ?

              J’ai conscience que mes remarques sont un peu décousues mais elles disent mon exaspération devant ce nouvel Evangile qu’on veut nous faire ingurgiter et elles vont toutes dans le même sens :MEFIANCE à l’égard des verts (certaines initiatives locales de bon sens peuvent être soutenues, je le reconnais) et ne les prenons pas pour des SAUVEURS : ils ne sont qu’un nouvel avatar d’un systèmes capitaliste capable de tout récupérér, ils ne sont que le nouvel habillage de l’exploitation et du décervellement du peuple.
              Ne nous DECOURAGEONS pas.RESISTONS avec chacun nos moyens.


              • Mengneau Michel Mengneau Michel 26 mars 2010 07:32

                « Les verts, nouvel avatar du capitalisme » Je retiens l’expression que je trouve excellente....


              • mika.baila-girl mika.baila-girl 26 mars 2010 07:35

                Si ça peut faire refoutre les pieds à certain dans une Eglise. smiley


              • JL JL 26 mars 2010 08:34

                La grande victoire des caoptalistes en la matière est d’avoir réussi à noyer l’écologie dans le green buziness. Quand on vous dit que le capitalisme fait flèche de tous bois ! C’est comme le cancer qui se nourrit des poisons !


                • JL JL 26 mars 2010 08:35

                  La grande victoire des capitalistes en la matière est d’avoir réussi à noyer l’écologie dans le green business. Quand on vous dit que le capitalisme fait flèche de tous bois ! C’est comme le cancer qui se nourrit des poisons !


                • mika.baila-girl mika.baila-girl 26 mars 2010 08:35

                  Tss tss, je me nourris des poissons moi. ( smiley ? )


                • mika.baila-girl mika.baila-girl 26 mars 2010 08:39

                  Ce qui me fait penser que j’ai manqué à tous mes devoirs en ne demandant pas la permission à l’auteur de cet article pour poser ma tente ici, toutes mes excuses donc.

                  Puis-je rester encore un peu ici pour faire la circulation ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès