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Les Tours du 13ème

 Nouvelles Tours Nouvel : est-ce la bonne réponse ?

 On connaît enfin le lauréat du concours lancé par la Mairie de Paris pour construire des immeubles de grande hauteur dans le 13ème arrondissement, avec un programme de plus de cent mille mètres carrés. La Commission présidée par Anne Hidalgo a choisi Jean Nouvel et son projet, Duo. L'architecte présente les deux Tours avec des perspectives séduisantes, accompagnées du discours convenu : « Duo amplifie le plaisir d'être là ; chercher des vues ; accueillent des arbres et des arbustes ; sommets accessibles à tous... » ; et la Mairie n'est pas en reste : « dynamique et rythmé. :silhouette au déhanchement étonnant ; visibles depuis les villes voisines... »

Duo est un bel objet : deux Tours dont l'une monte à 180 mètres, aux formes complexes , brisées, répondant à un programme qui mélange hébergement et tertiaire. On est devant une sculpture, monumentale, comme l'Arche de la Défense, la Pyramide du Louvre, ou... la Tour Eiffel. Jean Nouvel est un grand sculpteur orienté vers le monumental... il produit du Beau ! Mais n'est-ce pas de l’esthétisme pur, de l’idéologie constructiviste (comme il l'a déjà fait avec son projet de « Tour Sans Fin » de la Défense qui sortait d'un gouffre pour se perdre dans les nuages... ) ?

Le projet répond à la demande de la Mairie de Paris qui voulait que l’on dépassât le plafond des 37 mètres sur certains arrondissements, près du boulevard périphérique, pour y mettre de belles Tours, en rupture avec le Paris haussmannien. Enfin ! Les esquisses de principe montraient des Tours cassées, découpées en blocs aux équilibres audacieux, élancées ou reposant sur des treillis ; végétalisées jusqu’à des hauteur improbables avec des peaux réfléchissantes, voire en couleur ! Cette démarche hélas, n'engageait pas une programmation à long terme pour Paris et sa proche banlieue qui aurait été autre chose qu’un catalogue de volumes.

Mais Duo est-il une bonne réponse ?

Bien sût les Tours doivent être de beaux objets, mais la démarche première n’est-elle pas de répondre aux lois de la physique, dans l’esprit de ce que Norman Foster a fait à Londres avec son « Cornichon » ? Si le « Cornichon » est une bonne réponse aux contraintes de vent, d'énergie, de stabilité etc., pourquoi continuer à faire des Tours ayant des formes issues du parallélépipède cubique ?

Mais est-ce encore une bonne réponse à la transformation du Paris intra-muros et de l'extension du tissu urbain au-delà du périphérique ? Et du Grand Paris ? Le boulevard périphérique délimite Paris en l’enfermant, et crée une rupture spatiale (visuelle et de circulation) entre Paris et la Banlieue. Ce projet ne répond pas au besoin de rompre avec cela, de créer du tissu urbain au-dessus du périphérique pour que Paris respire. On monte à 180 mètres - c'est évidemment un facteur extrêmement favorable -, mais au sol, en bordure du périphérique, on ne brise pas le carcan du boulevard pour avoir cette continuité non seulement du bâti, mais humaine. Ce projet devrait prendre en compte les terrains qui sont au-delà du Périphérique pour sortir Paris de son intra muros qui la condamne à être à terme une ville-musée. L'architecture c'est aussi de l'anthropologie.

Mais est-ce aussi une bonne réponse aux exigences de sécurité ? On a vu, le 11 septembre 2001 à New York, des mouchoirs s’agiter à des fenêtres ouvertes au-dessus des zones d’impact des avions ; ces gens-là étaient condamnés. L’évacuation des personnes au-dessus d’un point critique résultant d’un sinistre n’est pas prise en compte dans le projet Duo. Pourquoi ne pas relier les Tours à deux ou trois niveaux par des passerelles pour que les personnes bloquées dans l’une puissent passer dans l'autre pour trouver des issues de secours ?

Enfin, n'est-il pas temps d'en finir avec la sanctuarisation des immeubles haussmanniens qui ont un très mauvais rapport empreinte au sol/surfaces utiles ? Que dire d'un Paris futuriste formé de ce centre haussmannien entouré de Tours le long de son boulevard périphérique ! Fussent-elles belles !.

Pour que le Grand Paris soit autre chose qu’une juxtaposition de zones urbanisés concentriques – suivant le processus en cours – il faut inscrire la problématique du Périphérique au centre de la réflexion ; ce n’est pas un problème secondaire ; ce n’est pas une contrainte parmi d’autres. Le Périphérique doit être un élément structurant de Paris, et il le sera alors aussi du Grand Paris.
 


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11 réactions à cet article    


  • eric 14 mai 2012 12:36

    Je viens de passer un moment dans le 13ème. J’ai reçu le tract de la Mairie invitant les cadres en dessous de 5000 euros par mois à faire valoir leur droit aux HLM. J’en ai parlé avec une bénéficiaire. Cadre sup, divorcé, parent isolé, HLM Bibliothèque de France. Il parait que c’est très bien. D’ailleurs sa voisine serait vice présidente socialiste du conseil régional. Avec son compagnon, deux revenus, mais fiscalement distincts, ils trouvent que c’est bien le social en général.
    Mais j’ai croisé aussi une lycéenne de 15ans, Sarkoziste, en HLM également, qui prétend que le 300m2 de Peilllon est en face de chez elle vers la rue saint jacques. Fabius, je ne connait pas le métrage, mais c’est très hausmannien sur le Panthéon. J’en ai d’autre des comme cela.
    Vous confondez un projet d’urbanisme global pour l’agglomération parisienne avec la difficulté à loger pas au centre et pas trop loin du centre les différentes strates du PS et le personnel ancillaire nécessaire pour qu’il puisse se consacrer au bonheur des travailleurs.


    • GéraldCursoux GéraldCursoux 14 mai 2012 13:22

      Certes ! N’oublions pas Jack Lang et DSK qui ont de petits pieds à terre pas très loin... Le PS est une mafia, les parrains forment groupe... et leurs affidés doivent être convenablement traités. Il faut aussi loger les 40.000 employés municipaux. Tout cela explique peut-être le programme... Mais soyons naïfs et pensons urbanisme... 


    • focalix focalix 14 mai 2012 15:10

      Bonjour eric et aux autres aussi,

      Peux-tu montrer une photo ou un scan du tract ?


    • easy easy 14 mai 2012 17:54

      Je pense que c’est une erreur de faire des bâtiments qui masquent leur fonction.
      Ca nous confirme dans notre trop forte tendance à jouer d’apparence.

      Le viaduc de Millau, le pont de Normandie, expriment leur fonction. Tout y ressort à minima.
      Le stade de France exprime sa fonction

      Ce n’est déjà plus le cas pour l’Arche
      Ce n’est pas le cas de la tour Agbar
      Ce ne sera pas le cas de Duo

      A Valence Espagne, il y a un nouveau musée des sciences. Il provoque la curiosité, il nous incite à y entrer pour le fouiller. Ca colle avec sa fonction.
      Le centre culturel Jean-Marie-Tjibaou c’est parfait.
      Le musée du quai Branly excite la curiosité tout en étant très élémentaire. Il ne présente rien de brillant ou de luxueux, ça colle avec son contenu.
      Les musées Guggenheim, ça va aussi. Pas toujours rationnels mais leur contenu ne l’est pas non plus, ça colle.

      L’usine l’Oréal d’Aulnay sous bois exprime bien sa fonction de production
      L’ESIEE marne la Vallée exprime bien sa fonction

      Le ministère des finances à Paris, c’est inutilement pompeux (dépassement des devis de plusieurs milliards (plateforme hélico superfétatoire car il n’y a jamais d’urgence à ce point sur le plan des finances, sauf si on jette ainsi l’argent par les fenêtres). Ce bâtiment exprime le mal français, sa monumentale structure fiscale. Ca colle mais c’est bien triste.

      La piscine Joséphine Baker est parfaitement parlante de sa fonction.

      Une géode, comme celle de la Villette, vue de l’extérieur, ça n’est pas du tout parlant. C’est une erreur (difficile à résoudre dans ce cas)

      Le POPB, pareil, ce n’est pas parlant.
      La Grande bibliothèque, grosse erreur. Ce qui est le plus visible, les 4 immenses livres ouverts, ne sont pas les bibliothèques mais seulement les administrations.




      D’autre part, la verticalité ne résout pas durablement le problème de la densité urbaine. Un immeuble, avec une seule face de séjours au Sud, très bien. Mais il fait alors de l’ombre à 1000 immeubles situés derrière lui. Drame derrière la Tour Montparnasse.
      A NY, plus personne ne voit le soleil sinon quelques rares PDG.

      Dans la présentation des projets architecturaux de nos jours, il y a un trucage des maquettes. Tout y semble lumineux. Alors que la réalité est sombre, surtout quand les immeubles sont à touche touche.


      Le Grand et Petit Palais représentent bien leur époque du point de vue global. Mais toute la statuaire qui les accompagne est incongrue, en particulier les deux quadriges qui remontent à Platon. Aucune sculpture de Rodin. (en 1900, lors de leur construction, il y avait déjà 30 constructeurs automobile en France)

      Faut dire que N1er avait fait fort en nous ramenant à la mode de l’Egypte ancienne. Des sphinx en veux-tu en voilà. Tu m’étonnes que cent ans après, Freud se soit égaré dans Oedipe.

      Un immeuble d’habitation devrait montrer de l’habitation. De la multihabitation donc des alvéoles, une par logement. Ca ne devrait pas représenter une sculpture, un monolithe.
      C’est le fait des foyers séparés qui devrait faire apparaître les séparations, non l’inspiration esthétique considérée sur la forme globale.


      Les logements à coursives autour de la BNF ou ceux de Bercy c’est bien.

      (Les moucharabiehs de l’Institut du Monde Arabe ont coûté une fortune et ils sont toujours en panne. La pelouse du POPB est difficile à tondre. Les escaliers extérieurs de la grande bibliothèque ont dû être sécurisés car trop glissants. Les lourds parement de l’Opéra Bastille se décrochent, ceux de l’Arche et de cent autres immeubles aussi. Les vitrages du Futuroscope coûtent une fortune à nettoyer. Trop de conneries parce que les archis sont obligés de séduire les élus sur maquette, parce qu’il y a une surenchère au tape à l’oeil qui se joue au niveau international et que ce casino mondial est perverti par le goût spécial des rois du pétrole, les anciens comme les nouveaux)



      • GéraldCursoux GéraldCursoux 14 mai 2012 18:15

        D’accord à dix mille pour cent ! Vous soulevez trois problèmes bien distincts :

        1- Il y a les erreurs techniques qui ne concernent pas l’architecture ni l’urbanisme : les ex que vous donnez sont justes et affligeants ! Comment les façades de l’Opéra Bastille, de la Grande Arche &c. peuvent tomber par plaques ? C’est ahurissant, de la connerie à l’état pur. Le clou a été l’effondrement du hall de Roissy. On a à la fois des fautes de conception et de mises en oeuvre. Malheureusement la justice met un siècle pour juger... La séparation que l’on entretient en France entre Archi et Bd’E est-elle une bonne chose ? Je crois que non.
        2- Des immeubles décalés par rapport à leur fonction : c’est un must de la création architectural pour certains maîtres d’ouvrage. Ce n’est pas nouveau ; ça peur se discuter. Mais ce qui ne se discute pas c’est la juste insertion d’un immeuble dans son environnement urbain. Les ex que vous citez sont pertinents. Mais le maître d’ouvrage se laisse séduire - comme le politique et le public - par la maquette, et la belle pers (Cogedim sait faire ça pour vendre, c’est un ex.car tous les promoteurs voudraient en faire autant) On a abandonné les constructions sur dalle à la suite de l’échec du Front de Seine (vents tourbillonnants, désert de béton &c.), mais il y a à inventer une archi qui valorise le tissu urbain, et qui ne se limite pas à s’insérer pas trop mal dans l’existant.
        3- La formation des élus à l’urbanisme et à l’architecture est nulle... Mais ce sont eux qui jugent et font des phrases pour vendre leurs trucs aux électeurs ébahis devant maquettes et pers. 
        Bien à vous

      • easy easy 14 mai 2012 19:33

        A noter que lors des concours de projets, les concurrents sont tenus de livrer un petit texte de présentation.
        Quel est le rôle de ce texte tout en doux bruit de petite cascade d’eau claire sur lit de galets à mousse tendre ?
        Il est de permettre aux élus qui choisissent, qui vont donc se retrouver avec une lourde responsabilité, de tenir en main la musique qui va charmer leurs électeurs ; la bonne réponse à opposer à tout grincheux et surtout leur protection.
        Cet argumentaire de charme peut en effet leur servir de couverture en cas de procès. 


        Ce principe est devenu si important que tout projet étudié par un cabinet doit commencer par l’écriture de cette présentation et qu’un commerce de pitchs est même en train de se développer.


        Mais c’est pour tout comme ça.
        A quoi sert un vernissage ? Bin surtout à écouter ce que l’artiste dit de son oeuvre afin de pouvoir le répéter à son tour. Sans ça, on ne sait rien dire devant un Picasso. Pas plus que devant la Joconde d’ailleurs.

        L’emballage, l’emballage, un continent d’emballages.


      • GéraldCursoux GéraldCursoux 14 mai 2012 20:58

        Oui, je connais. Mais il y a beaucoup de copié collé ! Et puis le jury se précipite sur la pers (en couleur) et la maquette avec ses petits arbres d’éponge verte et ses voies dégagées... C’est là que tout se joue : « un peu haut faudrait en enlever un peu... &c. », dit l’élu pour faire savant. Mais cela n’enlève rien à ce qu’on vient d’échanger. 

        Comme m’a dit un architecte devant l’essai en vrai grandeur de la pyramide de Pei : « quand on enlève la grue... c’est toujours transparent ? » Idem pour les livres ouverts de la BFM : « transparent, mon c.. » aurait dit Zazie. 
        Mais ne jetons pas tout : la Grande Arche est un grand geste, de même la Pyramide du Louvre ; et contrairement à vous, j’aime bien le paquebot de Chemetov : il y a de la puissance (sans faire dans le stalinisme), ce qui est assez juste pour notre fiscalité nationale. 
        Enfin les procédures administratives sont trop contraignantes : ex le PC du Grand Stade de l’OL vient d’être attaqué par un zélu vert pomme ! 

      • easy easy 14 mai 2012 23:15

        La pyramide

        Partant du fait qu’on devait créer un hall souterrain, la concevoir était une toute petite idée allant de soi. Le Louvre contenait déjà une pyramide, des sphinx et sarcophages, l’obélisque est en face, la rue des Pyramides est à 200m et les deux arcs de triomphes avaient été édifiés par un empereur fasciné par l’Egypte 
        Faire une couverture transparente au-dessus du hall souterrain selon toute autre forme que pyramidale aurait été absurde. Il aurait fallu que la France soit très fâchée avec l’Egypte pour renoncer à une telle évidence
        Même son orientation allait de soi, même son entrée à l’Ouest allait de soi.

        La seule difficulté était d’arrêter ses proportions.


        Et la chose a été très parfaitement réalisée

        La vraie bonne idée qui n’allait pas directement de soi c’était les bassins miroirs et surtout leur bordure en banquette avec une difficulté pour arrêter le choix de son matériaux et sa couleur

        Et la trouvaille c’est la pyramide inversée. Ca fait cher l’effet mais ça vaut le coup

        Il n’y a que la question de la structure d’accueil dalle qui a été bâclée.


      • GéraldCursoux GéraldCursoux 15 mai 2012 09:07

        Ce qui va de soi, c’est après qu’on le sait, non ? Il y avait peut-être d’autres solutions pour éclairer le sous-sol. Mais la pyramide c’est la meilleure puisqu’elle est belle par ses dimensions, sa peau, et ce que vous rappelez. Aujourd’hui on construirait une structure métallique plus légère, donc qque chose de plus transparent. J’aurais bien aimé des vitrage réfléchissant... 

        Dans l’article que j’ai commis la chose à laquelle je tiens le plus, c’est cette idée de ne pas faire des Tours isolées, mais par bloc de 3 pour les relier entre elles par des passerelles, et avoir ainsi des évacuations, en cas de gros sinistres, pratiquement assurées. Qu’en pensez-vous ?

      • easy easy 15 mai 2012 13:11

        «  »«  » Ce qui va de soi, c’est après qu’on le sait, non «  »«  »
        On peut toujours objecter ça.

        Mais peut-être parce que je suis particulièrement sensible aux éléments existants que j’ai cités et parce que je ne connais aucune forme plus facile à penser et à réaliser que la pyramide, parce qu’un skydome ne peut se concevoir que depuis la forme pyramidale à la forme hémisphérique et que cette dernière n’aurait fait écho à rien, j’aurais eu à dessiner une couverture à la prise de jour, je l’aurais faite pyramidale, j’en suis certain.

        Alors que je n’aurais pas eu immédiatement l’idée de concevoir de tels bassins.

        Remarquez que si l’extérieur est parfait tant il a répondu à ce qui allait de soi, l’intérieur, au niveau supérieur, est bordélique.

        Moi, j’aurais fait banal un ascenseur de verre sur verrins pour les handicapés. Il aurait été placé dans un recoin. Et pour les valides, j’aurais placé une bête série d’escalators (réversibles) alignés dans l’axe majeur.
        Et j’aurais prévu des structures d’accueil ou contrôle sécurité déjà au niveau supérieur




        Concernant les passages d’une tour à une autre, j’y suis archi favorable.

        Depuis l’incendie de Triangle à NY, j’entends toujours le bruit mat de ces jeunes femmes s’écrasant sur le bitume. J’enrage devant l’idée qu’une tour puisse prendre feu et que les gens ne puissent pas s’en échapper en passant dans la tour voisine (un sas coupe feu n’étant pas sorcier à ajouter au dispositif)


        J’ai tout le temps été tellement soucieux de la sécurité incendie que je n’ai jamais compris qu’on en vienne pas à prévoir dans chaque logement ou depuis les sommets, une longue corde ininflammable avec quelque sorte de mousqueton ou fourreau à descente (systèmes apparaissant automatiquement en cas d’alerte). Ou des chaussettes ou des mâts de pompier verticaux qu’on descendrait très vite en glissant dessus. Et même des parachutes comme les base jumper nous le démontrent à longueur de temps. Ou encore des airbag géants sur le trottoir. Ou plus simplement des parois escaladables, des echelles intégrées.


        Des escalier, des escaliers, toujours des escaliers, idéaux pour s’y vautrer et se faire piétiner quand il faut faire vite. Comme si les gens n’étaient pas capables de descendre par une corde.

        Mais voilà, l’esthétique l’emporte. Elle doit cacher la fonction principale et forcément les fonctions secondaires liées à la sécurité. A part le CGP qui montrait ses tripes et ses fonctions, personne n’a suivi le mouvement aussi clairement. (La lecture du Stade de France est très claire mais c’est un cas bien trop rare)



        Pour des passerelles, se pose le problème du mouvement relatif des tours.
        A l’IMA, au niveau du restaurant en terrasse, il y a une passerelle qui ne fait que 3 m de long mais qui pose des problèmes techniques
        Le bâtiment est en forme de U édifié sur une berge susceptible de mouvements, d’infiltrations, d’affouillements, dont le sol n’est pas parfaitement stable. Ce U est fragile et ses deux branches bougent, chacune à sa manière. La passerelle doit s’adapter aux variations d’écarts et de niveaux.
        Ce ne serait pas grande affaire si cette passerelle n’était que de toile voire découverte.
        Mais de nos jours ; les contraintes thermiques allant vers des formules passives sont si exigeantes qu’une passerelle régulièrement empruntée doit donc être à la fois mobile et très étanche..
        En forçant le trait, ça devient presque aussi complexe à réaliser qu’une catapulte de porte-avion où il faut un système en fermeture éclair étanche. (1 milliard $ la catapulte)


        M’enfin, entre des tours, pour en assurer la sécurité, il suffirait de passerelles découvertes, très simples, ordinairement non accessibles et qu’on n’emprunterait qu’en cas d’incendie.


        Le cas du WTC aurait dû nous secouer et nous décider à prévoir des moyens d’évacuation mais il n’en a rien été et on est allé à installer des Rx dans tous les aéroports.


      • GéraldCursoux GéraldCursoux 15 mai 2012 13:27

        Merci de ces précisions. Des liaisons entre Tours, même si elles bougent l’une par rapport à l’autre, ne serait-ce que pour des raisons naturelles - dilatation, vent par ex -, on peut toujours en faire. Aux architectes d’en tirer un parti esthétique. La liaison entre les deux Tours Petronas de Singapour n’enlève rien à l’ensemble. (Je ne sais si elles servent à qque chose...)

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