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Accueil du site > Actualités > Environnement > Mais de quel mal mystérieux souffrent nos marronniers ?

Mais de quel mal mystérieux souffrent nos marronniers ?

medium_IMG_0167.jpgCe sujet aurait pu être écrit au mois de juillet, mais j’ai un peu tardé, quoique... Je l’avais déjà évoqué il y a plus d’un an (Batraciens & Signes). Maintenant, début septembre, le phénomène décrit ci-après apparaîtra de façon moins flagrante, sauf si cette allure précocement automnale des marronniers n’a pas, non plus, échappé à votre vigilance.

De quoi s’agit-il exactement ?

Alors qu’en plein coeur de l’été, la plupart des arbres sont habituellement bien verts et touffus, les marronniers semblent étrangement se distinguer des autres essences par leur port rabougri et par l’aspect desséché de leur frondaison.

Ce phénomène, apparu en France, et en particulier en Ile-de-France, il y a trois ou quatre ans, peut nous faire faussement croire que la cause en est la sécheresse. Or, même si on ne peut pas tout à fait exclure un rôle aggravant de la sécheresse dans ce jaunissement des marronniers, le responsable du mal qui les affecte est en fait un lépidoptère appelé la mineuse du marronnier (cameraria ohridella). C’est la larve de ce petit papillon venu des Balkans qui cause ces impressionnantes défoliations des marronniers.

medium_IMG_0161.jpgCela commence par l’apparition de taches brunes, ocre ou jaunes sur les larges feuilles du marronnier. En quelques semaines, l’intégralité de la feuille devient comme marbrée. Ce qui rend cette atteinte spectaculaire est l’envahissement progressif de tout l’individu, puis la généralisation à l’ensemble de la population des marronniers d’un secteur, donnant l’impression d’un paysage d’automne.

J’ai ainsi eu l’occasion de traverser plusieurs fois le bois de Vincennes cet été, la dernière fois en fin de mois d’août (moment où ont été prises ces photos). C’est assez angoissant de cheminer sur les sentiers bordés de hauts marronniers qui semblent comme séchés sur place, alors que tous les autres arbres restent normalement verts.
Etrangement, les médias ne se sont pas fait l’écho outre mesure de ce mal spécifique au marronnier, comme si un tel phénomène était en fin de compte normal. Voici quelques liens qui vous permettront de comprendre de quoi souffrent nos marronniers :

INRA La Nature La Recherche Le Point

Le pire de tout cela, c ’est qu’il n’y a pas vraiment de traitement efficace pour le moment. Allons-nous assister à la disparition de ce majestueux arbre, sorte de parasol géant au-dessus des pique-niques, sous nos latitudes ?

medium_IMG_0162.2.jpg


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17 réactions à cet article    


  • aurelien 8 septembre 2006 13:54

    Bonjour,

    Merci pour ces informations.

    Il est cependant étonnant en ce début du XXI ième siècle de diffuser encore(cf les sites que vous présentez) une idée aussi restreinte d’une situation écologique observable.

    Tous les insectes ravageurs ont leur place dans l’écosystème global. Il est donc réducteur d’assimiler un organisme vivant à quelque chose qu’il faut éliminer, et cela par des traitements chimiques ou autres. Les scientifiques sont loin de pouvoir comprendre les cycles longs de diffusion des espèces, difficulté accrue pour les insectes se mouvant sur de larges portions de territoires et traversant des écosystèmes très différents, susceptibles d’interférer avec leur propre développement.

    Ce qui est naturel, et pose problème pour des questions purement anthropomorphiques (esthétique de parcs boisés...) se transforme en problème nécessitant des solutions techniques coûteuses et de plus en plus complexes, sans considération aucune pour l’impact de cette activité humaine dirigée vers un confort sans aucun lien avec l’aspect écologique de tels événements observables.

    La régulation de ces espèces envahissantes doit être comprise sous un angle transdiscplinaire lié à l’écologie globale, et ne doit pas consister en des méthodes d’éradication totale de ces populations d’insectes, ou le remplacement progressif des plantations par des pgm aux résistances spécifiques, ce qui consituerait un bouleversement aux répercussions imprévisibles des écosystèmes locaux puis globaux. Des solutions fragmentées et à portée non écologique pour ces phénomènes observables ne sont donc pas des voies sérieuses pour les organismes concernés par ce type de questionnement.


    • HK (---.---.170.51) 8 septembre 2006 19:59

      Bonjour, Merci pour l’intérêt que vous portez à ce sujet. J’apporte quelques précisions toutefois. Il ne s’agit pas de vouloir éliminer à tout prix l’insecte responsable des maux affectant le marronnier et de prendre parti pour une espèce contre une autre. Il s’agit de trouver une solution. Le but de la recherche est justement de trouver les solutions optimales ie. celles qui permettent à l’arbre de survivre autant qu’à l’insecte. C’est une démarche qui me semble sensée dans l’optique de préserver la biodiversité. Donc le recours à des moyens de lutte radicaux de type chimiques n’est pas la solution la plus souhaitable.

      A ce propos mais je ne suis pas un expert, on peut envisager un arsenal complet pour tenter de résoudre le problème y compris à laisser faire la nature elle même. Parmi ces approches plutôt écologiques, on peut tenter de (liste non exhaustive) :
      - éloigner l’insecte du marronnier,
      - rendre le marronnier non attractif,
      - introduire un prédateur naturel pour réguler l’insecte,
      - ...

      J’ai proposé les liens dans un but de compréhension du mal qui atteint les marronniers. Pas forcément pour montrer au lecteur comment éliminer l’insecte.

      Je suis cependant assez d’accord avec vous concernant la vision anthromorphique de tel ou tel phénomène naturel. Parfois, l’homme est responsable (DDT, myxomatose, etc.). Parfois, l’homme n’est que le spectateur. Le but de mon billet était d’attirer l’attention sur un phénomène dans la mesure où j’avais ressenti une forme d’émotion en constatant ce déperissement apparemment ciblée sur une essence d’arbre en particulier. Effectivement, il y a de l’émotionnel. Mais c’est humain de s’émouvoir même si parfois l’homme doit admettre qu’il n’est pas tout puissant et que si jamais l’homme avait pour ambition de s’opposer à la nature et bien je crains que cela ne soit pas la bonne approche. La nature aura toujours le dernier mot. Il vaut mieux essayer de comprendre, comme vous le suggérez, un phénomène dans sa globalité. C’est là que la pensée systémique peut aider. Bonne continuation.


    • Antoine Diederick (---.---.26.36) 8 septembre 2006 13:55

      Bruxelles-stop-tous les marronniers de la ville-stop-ont été-stop-abattus-stop-pour les raisons que vous nommez-stop-ont été remplacés par platanes-stop-situation angoissante-stop- les arbres meurent-stop-pollution et réchauffement climatique-stop- HELP !!!!!


      • Rocla (---.---.132.81) 9 septembre 2006 21:59

        Antoine,

        J’ imagine que tu a envoyé ton post de l’ intérieur de ta voiture,et que tu es arrêté à un Stop.J’ ai bon ?

        Rocla


      • Antoine Diederick (---.---.168.8) 20 septembre 2006 21:43

        Tout juste Monsieur Rocla et je regardais les derniers marronniers de la ville avant qu’ils ne soient condamnés.

        Les arbres c’est comme les hommes lorsque sur un chablis vous vous promenez ce sont autant d’âmes mortes.

        Vivent les Celtes !

        Mais quand les hommes s’y mettent, c’est pire que vent et neige, grêle et orage, pourriture et vieillesse naturelle.

        Cce c’est pour le quart d’heure littéraire ...quoique ...


      • Antoine Diederick (---.---.168.8) 20 septembre 2006 21:50

        je crois me souvenir qu’à Bruxelles la cochenille était incriminée.


      • Rocla (---.---.37.134) 20 septembre 2006 22:02

        Le rouge de cochenille a été pendant longtemps ,s’ il ne l’ est plus ,un colorant alimentaire .

        Rocla


      • Fabrice Fabrice Duplaquet 8 septembre 2006 14:01

        Depuis toujours les espèce se sont opposées. Les meilleurs arbres pour nos villes sont les Ginkgo Biloba, les seuls arbres qui ont resisté à Hiroshima... dans le cas où...


        • tal (---.---.30.232) 8 septembre 2006 19:53

          Oui mais peuvent tout aussi bien crever d’un excès de pisse de chien à leurs pieds...


        • Antoine Diederick (---.---.168.8) 20 septembre 2006 21:45

          c’est vrai, il faudrait y songer des arbres qui résistent à l’atome, par les temps qui sont les nôtres, ce sont les arbres qui ont plus à craindre....


        • candidat007 (---.---.122.128) 8 septembre 2006 15:45

          Si ! il y a eu un article sur le sujet dans le Monde durant l’été. mais bravo d’en parler et d’en reparler.

          Dans le temps chaque place de village possédait ses marronniers. Lorsque ces places ont été transformées en parking, on les a tous coupés en raison des chutes de marrons, qui endommageaient nos sacro-saintes voitures.. Et nos chercheurs ont inventé un nouveau marronnier stérile qui ne fait plus de fruits, Les fleurs ne sont d’ailleurs pas de la même poésie blanche. Mais il n’y avait plus d’endroit pour les installer et les places ont perdu définitivement leurs marroniers. Et un marronier n’est pas fait pour être sur un trottoir. C’est bien trop majestueux.

          Quelle est l’espèce de marronnier malade ?

          En tout cas, une bonne nouvelle. Autour d’une ferme dénommée « les trois ormes » , qui avait perdu tous ces nombreux ormes il y a dix- quinze ans en raison d’une maladie trés grave pour cette espèce, j’ai eu le plaisir de revoir des ormes sains pousser. C’était un trés grand bonheur.


          • annie-rando@wanadoo.fr (---.---.210.246) 9 septembre 2006 21:39

            J’habite dans de calvados, je me suis fait la même réflexion hier quand j’ai vue ces arbres tout rouillés comme en automne, je n’avais pas pensée à une maladie, maintenant je vais lire les commentaires, pour pus d’infos.


            • Zamenhof (---.---.244.14) 11 septembre 2006 22:32

              C’est comme les muriers !!! Ces beaux arbres (j’vous dis pas vers l’automne ils sont quand ils commencent à perdre leurs feuilles d’un vert DIVIN ! c’est magnifique ! Et leurs fruits semblables en aspect et en goût aux mures des ronces (d’où leur nom, je pense, à moins que ee soit l’inverse) sont délicieux.

              Mais , volà ils tombent, ils font des taches noirâtres gluantes sur les fameuses chères carlingues sacrées de nos engins pollueurs (que curieusement on ne persécute pas à l’instar du tabac, alors que l’intoxication passive qu’on en subeit est bien plus dangereuse !). alors à là place où on voyait de magnifiques mûriers agrémenter les abords d’un bâtiment moderne par ailleurs hideux, coupé ! Attila est pasé par là, « pour des raisons de sécurité » j’imagine smiley le vide et la mort, tant chéris par notre civilisation de psychanalistes !


              • pelatan (---.---.34.121) 14 septembre 2006 09:56

                C est exact.Dans le sud ouest de la France : Pau, Bordeaux,Périgueux, on oberve depuis le début août le brunissement rapide de dizaines de marronniers, des allées et des rues entières. la sécheresse et la canicule ont certainement facilité l’action et le cycle du parasite.

                Un degré de moyenne d’élévation des températures provoque un déplacement de 250 km vers le nord.


                • anita (---.---.24.165) 25 septembre 2006 10:37

                  Je recherche le maximum de renseignements scientifiques et de renseignement sur les recherches faite a fin de soigner les marronniers malades


                  • fm (---.---.244.72) 10 octobre 2006 23:47

                    Merci pour toutes ces informations, nous avons deux très grands marroniers et un tilleul en piteux état cette année, la maladie semble avoir commencé par le tilleul sitôt passée sa floraison. Et curieusement, en milieu d’été le tilleul s’est repris et, par comparaison, a même semblé reverdir alors que les feuilles des marroniers voisins étaient de plus en plus nombreuses à sècher puis à tomber. Nous habitons dans le Gard mais j’ai observé le phénomène dans toute la France cet été, y compris dans des endroits humides, frais et plutôt épargnés par la pollution comme près des sources de la Seine (plateau de Langres). J’ai aussi remarqué que des marroniers malades pouvaient être voisins d’un arbre sain, et encore que dans certains cas, quelques branches seulement du marronier étaient atteintes. Enfin, nos arbres sont près d’un potager ou poussent entre autres des tomates, aubergines, poivrons et nous avons arraché durant l’hiver dernier, un abricotier cassé par le vent... Concrêtement, que peut-on faire pour éviter que nos marroniers à l’ombre si fraîche ne soient atteints à nouveau l’an prochain ? Merci !


                    • fm (---.---.244.72) 11 octobre 2006 00:05

                      Je viens de lire tous les articles de ce site et pour l’explication de la maladie est claire : j’avais, pour les portéger du gel, disposé un grillage autour des pieds de deux bigaradiers (orangers locaux) et y avait entassé les feuilles mortes des marroniers et du tilleul, j’ai ainsi sans le savoir organisé une pouponnière pour le papillon parasite. C’est peut-être aussi pour cela que le tilleul a été également contaminé. Nous allons donc ramasser et brûler les feuilles cette année, en espèrant détruire le mal et retrouver l’été prochain, l’ombre bienfaisante. Merci ! Nous avons aussi un ginko biloba mâle, il pousse lentement, connaissez-vous une fumure adaptée ?

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