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Non aux brevet sur les plantes et les animaux normaux !

 

 A force de faire des mises en garde, de crier : « Attention danger ! », la plupart des dirigeants européens ont pris conscience que la généralisation des agro-carburants était assez aléatoire, pour plusieurs raisons qu’il est inutile de rappeler. Bon, malheureusement cela ne pouvait pas faire l’unanimité, et celui qui naturellement a voulu se singulariser est l’inconscient Sarkozy, une sorte de savant fou diront certains, qui a fait accélérer le mouvement pour que la France soit la première à 10% de mélange essence et éthanol avec toutes les conséquences qui en découlent. Surtout que l’agro-carburant mis sur le marché est tout à fait discutable, ainsi que je l’ai déjà expliqué dans un article précédent. Cependant, il ne faudrait pas que cela soit une disqualification totale des éthanols qui dans le cas de surproduction agricole mondiale reste un palliatif et une façon intelligente de réduire des stocks encombrants, mais uniquement dans ce cas là, cela va de soi.

 D’autant que parallèlement à la fabrication d’éthanol, l’agrobusiness qui se met en place pour fournir agrochimie va devoir aussi fabriquer des polymères à partir des amidons et de la cellulose. On invoque donc les agro-carburants en dénonçant leur généralisation mais l’on oublie cette face cachée de la pétrochimie qui maintenant va se transformer en agrochimie pour fabriquer emballages, sacs plastiques et autres formes de conditionnement. Et si le marché des carburants est porteur avec l’usage intempestif des bagnoles, celui de l’ensachage, du conditionnement l’est probablement encore plus. Donc déjà nous devons tirer la sonnette d’alarme lorsque l’on voit que la profusion de sacs plastiques venant des dérivés du pétrole pourrait être remplacée par les mêmes sacs, biodégradables, mais fabriqués avec des amidons issus du blé nourricier.

 Une évidence s’impose, c’est que nous devons changer nos modes de vie et par exemple privilégier la bouteille en verre consignée, à la bouteille en plastique jetable. Même si l’on estime que le recyclage contribuera en bonne partie à subvenir à nos besoins, il n’en reste pas moins que nos habitudes de consommations doivent changer. Mais c’est là que le bât blesse, car on est loin d’aller dans ce sens. En effet, Les polymères par exemple s’incluent bien dans des principes courant à la catastrophe sous le fallacieux prétexte de développement durable. Donc on en revient à dénoncer l’origine de ces façons de faire, destructrices de l’équilibre de la planète, que sont le productivisme et son moteur la recherche du profit maximum, les deux adages du capitalisme.

 Bien que la crise soit celle du capitalisme on s’aperçoit que celui-ci continue sur sa lancée productiviste en mettant l’agrobusiness au service du capital, ce qui implique exploitations expansives de toutes sortes ou formes de territoires, avec à la clé, déforestations, surdoses d’engrais, pesticides, insecticides, OGM, arrosages intempestifs, et le tout sans se soucier de la demande nutritionnelle qui se trouve dévoyée au profit de la bagnole et des sacs plastiques. On assiste donc à la mainmise des multinationales de l’agrobusiness que beaucoup ont dénoncé à travers l’exemple le plus souvent cité, Monsanto. Si les critiques à l’encontre de cette firme sont justifiées, elle est néanmoins l’arbre qui cache la forêt.

 On se souvient de Svalbard Global Seed Vault qui est une sorte de banque de conservatoire de graines, située sur l’île du Spitzberg, et dont on doit le financement à la fondation Rockefeller, à la Fondation de Bill Gates, à la Fondation Syngenta et à Monsanto, le tout avec l’appui du gouvernement Norvégien. Fondée en février 2008 certains avaient tiqué sur l’intention profonde des participants qui voulaient que cette action soit uniquement à but humanitaire afin de garder mémoire du patrimoine biologique de la planète. Le nom des prétendus philanthropes en avait laissé sceptique plus d’un. Mais à la suite de la dernière trouvaille des rapaces de l’agrobusiness on comprend mieux dans quelle optique mercantile et à quoi pourrait servir par la suite un tel potentiel de graines.

 En effet, l’OEB (Office Européen des Brevets) a été saisie de demandes à déposer des brevets pour des variétés de plantes et semences issues de croisements traditionnels. Cela paraît anodin puisqu’il s’agit du Brocoli désigné sous l’appellation barbare d’EP 1069819 et de la tomate EP 1211926 dont les brevetages sont à l’approbation. On ne peut que s’en émouvoir car jusqu’à présent les brevets étaient réservés à des plantes ou animaux issus de la recherche biologique, des droits d’auteurs en quelque sorte. Mais là on est devant le cas de produit venant de cultures conventionnelles ce qui change tout l’aspect de la question puisque par ce biais les grands semenciers auraient la mainmise sur toutes les filières économiques, que les produits viennent par le tripatouillage des scientifiques de l’INRA pour ne citer qu’eux, ou tout simplement parce que le cultivateur a gardé de la graine qu’il a replanté ou semé. On comprend l’enjeu monétaire pour les multinationales si elles arrivent à breveter ce brave brocoli, ce dont s’est ému l’ONG, « No Patends on Seeds » qui lance avec Greenpeace et plusieurs autres associations un cri d’alarme. http://www.no-patents-on-seeds.org

 Si ces deux produits sont brevetés le champ de la marchandisation de toutes espèces de la biodiversité sera ouvert aux seules multinationales qui vont faire leurs choux gras d’une telle aubaine. C’est pourquoi la Fondation Rockefeller et consort n’a probablement pas creusé son coffre fort, renfermant pour l’instant que ses graines, dans un seul but lucratif ou celui d’une œuvre caritative. Comme on le voit, pour s’accaparer de tout notre patrimoine, pour faire du fric, les capitalistes ne manquent pas de ressources. Ce qu’ils savent faire aussi sans vergogne lorsqu’il s’agit de licencier les ouvriers d’usines prétendues non rentables.

 L’agrobusiness capitaliste monopolisera alors toutes les filières de la production agricole. De la semence, au carburant qui ira dans la bagnole s’approvisionnant au « super-market » du coin d’où son propriétaire consommateur en ressortira avec un cabas à base d’amidon, pendant que la poche de nouille sera hors de prix pour celui-ci et tout à fait inaccessible pour l’exploité du mali.

 Non seulement ils vont manger à tous les râteliers en écrasant le prolétaire, après avoir vidé en partie le sous-sol de la terre, ils vont maintenant tirer le maximum de profit de sa surface en continuant à la détruire….

http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com

par Mengneau Michel (son site) lundi 11 mai 2009 - 10 réactions
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  • Par Massaliote (xxx.xxx.xxx.32) 11 mai 2009 13:35

    Excellent article.

    Le public n’est pas assez informé de ce qui se cache derrière le Conservatoire des graines. Quel homme politique d’envergure prendra le risque de combattre ces gens là ?

    Nous, citoyens-lambda, devons tout faire pour les empêcher d’arriver à leurs fins.

  • Par astus (xxx.xxx.xxx.91) 11 mai 2009 14:15
    astus

    Merci à l’auteur de cet article d’attirer notre attention sur cette question des brevets qui sont actuellement déposés sur le vivant par des multinationales peu scrupuleuses parce qu’il s’agit d’une question extrêmement importante dont le résultat, facilement prévisible si les citoyens ne réagissent pas avec une grande détermination, sera d’aboutir à un contrôle encore plus massif du marché de la faim par quelques psychopathes seulement soucieux de leur enrichissement personnel.

    On parle actuellement beaucoup des fondamentalismes religieux qui dans toutes les croyances sans exception asservissent les populations, principalement les femmes, par des morales hors d’âge et qui refusent toute avancée scientifique en suscitant depuis toujours, partout sur la planète, des conflits idéologiques qui sont sources de guerres incessantes comme en Palestine.

    Mais si l’on doit s’opposer avec fermeté à ces extrémismes religieux , et respecter les croyants "normaux", il ne faut pas perdre de vue que ceux qui se sont nourris au siècle dernier des totalitarismes hitlérien, fasciste et soviétique, avec les résultats que l’on connaît, se sont aujourd’hui convertis à l’extémisme ultralibéral qui, s’il apparaît superficiellement moins violent, est en réalité tout aussi nocif dans ses résultats.

    On doit en effet à celui-ci le pillage sans bornes des ressources de la planète avec la pollution et le néocolonialisme qui l’accompagnent, de nombreuses crises financières qui acculent les plus pauvres à la détresse absolue, une augmentation de la famine et des déficits hydriques qui sont déjà la première cause de mortalité des individus, surtout des enfants, et une concentration jamais atteinte des pouvoirs et des richesses qui menace le monde actuel et futur (5000 multinationales contrôleraient plus de 50 % du PIB de la planète). On parle souvent de l’opportunité d’une gouvernance mondiale : mais celle-ci est déjà en place à l’insu du plus grand nombre et pour le bénéfice de quelques uns seulement. Cette prise de conscience est indispensable.

    Le combat des citoyens d’aujourd’hui est donc celui à mener contre tous les extrémismes d’où qu’ils viennent : religieux, sociaux, politiques, financiers...et bien sûr agricoles. Cette liste n’est malheureusement pas limitative, et tous les combats se tiennent. Il ne serait toutefois pas exact de voir dans ces divers fondamentalismes actuels une composante spécifique de notre époque qui témoignerait de quelque modernité nécessaire car cela a toujours été le cas depuis l’aube des temps : déjà dans la Grèce antique, l’hybris (la démesure) était considérée comme un crime et puni comme tel. Mais il reste à inventer les moyens nécessaires pour contenir ces errances perverses qui sans limitation menacent d’entrainer le monde à sa perte.  

  • Par Ungh (xxx.xxx.xxx.190) 11 mai 2009 23:19
    Ungh

    OMS, OMC, FMI, Codex Alimentarius, FAO, AIEA, Commission Européenne, Grand Marché Transatlantique...

    Dormez, dormez, vos paupières sont lourdes ...

  • Par roquetbellesoreilles (xxx.xxx.xxx.34) 12 mai 2009 07:04
    roquetbellesoreilles

    Les premières victimes de ces Brevets et autres interdictions en tout genre, sont les petits marchands de graines, qui finissent pas capituler face aux pressions et aux procès contre auxquels, ils ne peuvent pas lutter.

    Un exemple de ces pressions inacceptables sur l’association Kokopelli, qui a perdu son procès, mais qui ne baisse pas les bras, mais pour combien de temps ...
    http://www.kokopelli.asso.fr/proces...

    une pétition pour "Libérer les semences" avant qu’il ne soit trop tard !

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