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Nous n’irons plus au bois

Nous n'irons plus au bois Dans ce beau livre de René Dubos, Les célébrations de la vie , celui-ci nous exhorte à « penser globalement et agir localement ». Cette phrase est devenue emblématique de la sphère du développement durable qui, pour faire slogan l’a remaniée, la transformant en « penser global agir local ».
 
  • Penser et (ensuite) agir
  • Penser comment ? (pour penser juste) : globalement, en examinant tous les aspects rassemblés dans un tout, non pas « approximativement » au sens de « très approximatif » mais peut-être « par une approche globale »
  • agir où ? : localement selon une approche globale.
Penser à quoi ? : (au) global, à un tout (penser global)

Agir sur quoi : sur ce qui est local (agir local)

Ainsi « penser global agir local » semble avoir perdu du sens. Il est devenu slogan, publicité, pot pourri... Ce slogan ne peut à lui seul être une déclaration d’intention, une référence claire, un guide.

« Penser globalement et agir localement » est une parole forte respectueuse de l’homme, de sa santé, de sa survie. En effet, une prise de conscience peut s’avérer désastreuse si derrière ne se trouve pas la possibilité d’agir. L’aveu d’impuissance face à une problématique complexe, générale et/ou mondiale, qui entraîne la plupart du temps fuite ou repli, est contrebalancé par la recherche d’une action qui puisse être juste et menée localement.

Un exemple pourrait être le suivant :
 
Comment concilier l’activité physique de plein air, si importante pour la santé des plus âgés, essentielle pour le développement psychomoteur et l’équilibre des enfants en bas âges, vitale pour tous les âges dans une ville ?

En cette veille des grandes vacances où seule une minorité partira en vacances, il s’agit d’un petit chemin de quelques centaines de mètres qui sent la noisette, la résine de pin, qui offre en sous bois la fraîcheur en été, des cerises au printemps, l’intimité de ses ramures pour quelques mouvements de gymnastique, les rayons filtrés du soleil au couchant. C’est le chemin plat des poussettes et des premiers vélos (à roulettes) de tous les petits evryens du quartier des Pyramides à Evry depuis plus de trente ans. C’est également le passage que tous empruntent « de préférence » pour promener leur chien deux fois par jour, pour aller-retour au marché, pour traverser le parc d’un quartier à l’autre, se détendre, se délasser, rêver...On l’aura compris ce petit chemin a quelque chose de magique.

C’est un charmant petit chemin légèrement en contre bas situé à l’extrémité nord du Parc des Loges, le parc des 15000 habitants de la zone urbaine la plus dense de la ville. Un petit bois descend jusqu’au terrain de sport pleine terre, engazonné. Des milliers d’évryens l’ont adoré, l’ont emprunté en toutes saisons. Ce chemin est suivi d’une descente douce vers un lieu de méditation, arrondi comme une placette, entourée d’essences rares, de rosiers, d’herbe de la pampa, de buissons odorants, une étape vers les vestiaires du terrain de sport ou la traversée vers le marché.

Personne semble-t-il n’est venu interroger les habitants, les rencontrer, leur demander ce qu’ils penseraient s’il venait à disparaître, englouti, par exemple par l’agrandissement, le bétonnage du terrain de sport en contre bas, situé pourtant à 500 mètres d’un autre terrain récemment inauguré avec sa salle de sport couverte et ses gigantesques projecteurs pour les matchs d’hiver.

Nul n’a songé, ni les élus, ni le maire, encore moins l’entreprise qui a remporté le marché, que ce petit chemin sans prétention, en bordure, coincé entre le parc et le terrain de sport était le terrain de jeux favori des tout petits et des plus âgés du quartier et un espace de délectation pour tous. Nul n’a songé aux instants passés à admirer la roseraie, à s’extasier, à se ressourcer avant de poursuivre un chemin plus besogneux.

Feu la roseraie Feu la roseraie

Un jour, sans crier gare, les bulldozers sont arrivés, ont tranché le talus, 150 arbres et arbustes ont été déracinés. C’est ainsi que ce petit chemin sous bois et la roseraie ont disparu il y a quelques semaines, emportant également un arbuste remarquable que tous regardaient grandir depuis quelques années : un arbre aux quarante écus (ginkgo biloba) dont les feuilles en éventail jonchaient le sol à l’automne, pourtant situé hors de la zone entourant le terrain de sport.

Un prestigieux terrain de sport que les nombreux promeneurs n’ont jamais vraiment vu très occupé, s’étale désormais alors que les enfants des écoles primaires du quartier voient se limiter leur courses d’orientation ou leur chasse au trésor dans le parc à un terrain désormais totalement à découvert et moins varié, amputé à son extrémité nord malgré les objurgations de nombre d’habitants participant aux « concertations » du PLU (Plan Local d’Urbanisation).

Ce sont les mêmes architectes, les mêmes élus qui vont créer à grand coup de publicité un quartier « entièrement écologique », respectant le sol et la végétation.

Penser globalement avant d’agir localement, c’est aimer, respecter, observer, devancer, être prévenant, prendre soin. Il paraît même que le parti socialiste veut en faire son programme.

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4 réactions à cet article    


  • ZenZoe ZenZoe 29 juin 2010 10:50

    C’est partout pareil. Vers chez moi, il y avait un terrain boisé en bordure d’une petite rivière. Lapins, écureuils, plein d’oiseaux, des mômes ravis et des grand-parents aussi. Ceux qui vivaient en appartement appréciaient beaucoup ce coin de verdure.
    Maintenant, c’est un lotissement. Bon, c’est utile un lotissement, je ne dis pas. Mais quand même, à chaque fois que je passe devant, je me dis que y’a pas photo, je préférais les écureuils et les oiseaux.
    Même si je sais que le maire est content, la construction a créé des emplois, la commune s’est agrandie (plus d’électeurs et d’impôts locaux), une école primaire requinquée, des commerces renfloués etc.
    Et voilà... Moi je veux bien penser localement. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’on pense.
    Les élus pensent développement économique, les utopistes (moi et les écolos) pensent développement respectueux de l’environnement. Deux visions s’affrontent.


    • clostra 29 juin 2010 11:15

      Si vous saviez combien il a fallu se faire violence pour ne pas tout accepter !

      Ne me dites pas que cette rivière peut déborder !


    • zelectron zelectron 29 juin 2010 11:34

      @ZZ (bien éveillé)
      « Les élus pensent développement économique » dans cette phrase tout est dit !
      Serait-ce qu’il y ait des opportunités de financement des bonnes œuvres du maire ou de certains de ses adjoints méritants ou encore quelque membre de sa famille, de ses amis et de ses amis d’amis...


    • clostra 29 juin 2010 11:56

      Mais non ! notre maire à tous rénove !

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