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Accueil du site > Actualités > Environnement > Plantes aromatiques et médicinales du Maroc

Plantes aromatiques et médicinales du Maroc

Le Maroc est un fournisseur traditionnel du marché mondial en plantes aromatiques et médicinales. Cette activité met en exploitation aussi bien des plantes spontanées que des plantes séchées pour les besoins d’herboristerie et les aromates alimentaires. Plus d’une vingtaine d’espèces sont utilisées pour la production d’huiles essentielles ou d’autres extraits aromatiques destinés essentiellement à l’industrie de parfumerie et cosmétique ainsi que pour la préparation des produits d’hygiène et la formulation des arômes.

La production des PAM au Maroc se révèle ainsi riche et diversifiée, ce qui constitue un important atout pour l’établissement et le développement du secteur. Plusieurs produits sont connus sur le marché international comme étant des produits typiquement marocains. Cela signifie que la profession d’exploitation des PAM au Maroc, malgré ses faiblesses, a réussi à introduire sur le marché international plusieurs produits nouveaux.

La région du Moyen Atlas constitue une unité géographique dont les caractéristiques modèlent un cadre naturel tout à fait original. Par ses contrastes géographiques, elle offre une gamme variée de bioclimats permettant l’installation d’une flore riche à endémisme marqué. La richesse florifère de la région est en grande partie liée à l’hétérogénéité écologique des biotopes. En effet, On peut passer du désert à la haute montagne ce qui permet l’installation de diverses espèces de différentes souches.

A côté de ce contexte naturel particulièrement prometteur, la région dispose d’un savoir faire ancestral, qui a été préservé au cours des siècles : la médication par les plantes, leur utilisation pour l’aromatisation et la conservation des aliments, ainsi que pour l’extraction des principes aromatiques destinés à la parfumerie familiale ou au marché.

La récolte saisonnière de ces plantes spontanées à haute valeur ajoutée a traditionnellement offert une importante source de revenus pour les familles en zone rurale. Les hommes et les femmes, en milieu rural, jouent un rôle important dans la conservation et la gestion de ces ressources. Les populations rurales ont des connaissances considérables et un savoir-faire pratique gagné par de longues années de vie avec les plantes aromatiques et médicinales et les herbes en milieu naturel. Cependant leurs qualifications ne sont ni identifiées, ni valorisées. Parallèlement, le revenu qu’elles perçoivent de leur participation à la gestion, à la transformation et à la commercialisation des PAM n’est pas proportionnel au rôle qu’elles assument dans ces activités.

La filière des PAM est appelée à connaître de grandes mutations pour plusieurs raisons :

Ø Le retour du label du naturel à l’échelle planétaire

Ø Le désir de l’administration des Eaux et Forêts d’instaurer un mode de gestion rationnel des nappes de plantes spontanées.

Ø La prise de conscience des populations détentrices des plantes aromatiques.

Ø L’environnement socio-économique du pays est très favorable au transfert des résultats des recherches développement aux industries marocaines.

Ø L’absence dans la filière de recherches soutenues dans le domaine des extraits aromatiques demeure un handicap majeur pour ces mutations.

Afin de donner à la filière de la valorisation des PAM ses meilleures possibilités d’évolution, il s’agit d’intervenir à trois niveaux complémentaires :

 Dans une logique de filière régionale, favorisant la communication des informations et la mise en place d’actions concertées de formation, d’expérimentation et d’appui scientifique et technique aux initiatives locales, en faveur de la conservation et de l’extension des ressources végétales, de la qualification des opérateurs et de la valorisation de nouveaux produits.

 Dans une optique de qualité, visant la maîtrise des activités de production (personnel, locaux et équipements) et à l’optimisation de la qualité des produits (contrôle de qualité et labellisation des produits), conformément aux exigences des utilisateurs des diverses filières d’industrie du secteur.

 En associant les populations rurales, préalablement organisées en groupements de producteurs, comme partenaires.

Les possibilités de partenariat en matière des PAM sont assez diverses et doivent viser en premier lieu l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines et la participation dans le développement économique et social. En deuxième lieu, elles doivent inciter les opérateurs à transformer la matière première sur place pour ainsi avoir la meilleure valeur ajoutée. Troisièmement, il faut améliorer les connaissances surtout en matière de mode de multiplication et de culture, et de caractérisation et amélioration des espèces.

- Avec les coopératives d’usagers : les populations locales, en général, sont les plus défavorisées, puisqu’elles tirent le moins de profit de la commercialisation des PAM, dominée par les intérimaires et les sociétés d’exportation. Afin d’impliquer davantage les populations locales dans la gestion et dans l’exploitation des ressources naturelles, spécialement les PAM, il serait judicieux d’octroyer aux coopératives de récolteurs ou de distillateurs annuellement une partie des lots mis en vente. Ceci permettrait de générer des revenus supplémentaires pour les usagers, de les inciter à participer d’une manière directe à la sauvegarde et au développement du secteur, de mieux valoriser la ressource à la base et d’augmenter par conséquent la valeur ajoutée du produit. Pour garantir la réussite d’une telle organisation, et pour permettre aux bénéficiaires de faire face aux éventuelles mutations dans le domaine, l’encadrement, la sensibilisation, la formation des coopérateurs, le suivi, l’octroi d’aides financières et la recherche de débouchés sont nécessaires. Dans ce cas, il s’agit d’aider les populations locales à prendre l’initiative d’une production diversifiée et de qualité.

La nouvelle vision d’association des usagers au développement de l’économie forestière s’appuie sur les principes suivants :

 Les populations usagères des ressources doivent participer aux efforts pour leur préservation

 La situation de dégradation des forêts et la paupérisation des populations locales, dont le difficile équilibre économique dépend des prélèvements opérés en forêt, nécessitent la mise en œuvre de l’esprit de l’organisation de la participation des populations au développement de l’économie forestière

De nouvelles relations, formelles et informelles, doivent être instituées entre les services de l’Etat, les groupements traditionnels des populations, les nouveaux acteurs et les collectivités locales.

- Avec les exploitants et industriels : une grande partie des PAM, produites au niveau de la région, est exportée en dehors de la région sans aucune transformation, ce qui engendre un transfert de la valeur ajoutée. Le partenariat avec les exploitants et industriels du secteur doit être axé sur la transformation sur place des produits récoltés, en plus de leur contribution au développement des zones de production et de la ressource.

- Avec les institutions de recherche : les possibilités de développement et de valorisation des PAM au niveau de la région restent sous-étudiées. Il s’agit d’impliquer les institutions de recherche dans les activités d’expérimentation, d’assistance technique et de formation, dans le but d’orienter efficacement la production des PAM.

- Avec les communes rurales, ONG, etc.


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11 réactions à cet article    


  • Citoyen ordinaire 12 janvier 2007 12:25

    Il est aussi une plante intensivement cultivée dans le Rif et qui est une immense source de richesse mais que vous n’avez pas mentionnée semble t il. Pourquoi ?


    • louis mandrin (---.---.36.85) 12 janvier 2007 15:33

      je me posais la même question. En herboristerie, les marocains sont surtout réputés pour l’exportation massive, sous forme résinique, de substances aromatiques qui font rire ceux qui la consomme, ces herbes d’outre-provence qui ne sont pas faites pour aromatiser les pizzas et autres plats méditerranéens.

      Au moins, cet article nous dévoile une face plus respectable du commerce des herbes mené par ce pays, dont nous profitons aussi.


      • Citoyen ordinaire 12 janvier 2007 23:24

        Tout comme de l’autre... ;_)


      • Basile CLAPAS Basile CLAPAS 12 janvier 2007 22:35

        Lorsque les projets de développement concernent des cultures qui ne viendront pas concurrencer les productions françaises existantes, les organismes de recherche spécialisés dans les PAM, ainsi que les organisations économiques, devraient pouvoir aider les pays méditerranéens (celà n’engage que moi), la Région PACA a d’ailleurs mis en place un programme de coopération agricole avec les pays méditerranéens.


        • Le péripate Le péripate 12 janvier 2007 23:06

          C’est chiant à lire ce truc...

          Le Peripate.


          • afef (---.---.154.7) 14 janvier 2007 09:50

            bonjour je suis une etudiante en mastere de tunis et je fait un projer de memoire de mastere en chimie industrielle sur extraction des plantes aromatiques et medicinales (romarin + et myrte merci de me communiquer quelques documents si vous en disposez sur cet objet merci bien d&avance


            • wija 13 octobre 2011 22:49

              salut ,je suis une etudiante marocaine je fait master de biotechnologie et valorisation des plantes aromatiques et medicinales peux tu m’aider j’arrive pas a trouvé un théme pour mon memoire !! et merci


            • (---.---.0.9) 14 janvier 2007 20:26

              Il faut arreter de discriminer les amateurs de plantes aromatiques a forte teneur en cannabinoide.

              Non mais c`est quand meme un scandale qu on permette un danger public comme l`alcool et qu`on penalise l`usage d`une plante medicinale , dont la consommation est millenaire et plus ancienne que l`alcool .


              • caram (---.---.108.253) 15 janvier 2007 17:28

                bon article. faut voir les autres région du maroc qui regorgent de PAM et qui sont exportés brutes en europe qui fait une perte de valeur ajoutée qui doit profiter à ces régions. vous comprenez. continuer dans ce chemin


                • pat30 pat30 22 juillet 2008 18:41

                  C’est vrai que les épices enrichissent le Maroc. Mon épouse travailla pour une société Française qui exploite des épices et les pauvres gens à coté d’Agadir. Mon épouse était secrétaire, travaillait 7 heures par jour, 6 jours sur 7 pour un salaire de 200€ non déclaré. La majorité du personnel n’était pas déclaré, donc pas de retraite et pas de sécu. 


                  • tourn en ron 24 mai 2010 17:03

                    pat30 elle aurai pas du bosser donc rien a manger elle serait morte et tu n’en n’aurai pas parler car tu ne l’aurai pas connu cogno 200 euro tu voulais qu’ils les paie 1000 euro faut pas confondre le maroc avec la france

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