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Accueil du site > Actualités > Environnement > Pollution aux nitrates : La France condamnée

Pollution aux nitrates : La France condamnée

Nous parlons constamment d’écologie, d’environnement. Les ministres se succèdent, mais dans les actes cela se traduit comment ? 

Eh bien pour comprendre comment notre pays se comporte sur le sujet, il suffit de savoir ce qui s’est passé ce jeudi.

Pour ne pas avoir correctement appliqué la directive de 1991 qui visait à lutter contre la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole, la France vient d’être condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne. Toutefois, cette condamnation n’est accompagnée d’aucune sanction financière.

Voici une étrange façon de faire respecter la loi. En effet, cela ressemble fort à une condamnation sans sanction. Cette absence de sanction est d’autant plus génante que la Cour de justice avait déjà condamné la France en juin 2013 pour les mêmes raisons.

Dans notre pays une large partie des eaux de surface et des nappes phréatiques, mais aussi des eaux côtières, sont polluées par les lisiers, les fumiers et engrais azotés.

La réglementation française est jugée bien trop laxiste sur les dates et les durées d’épandage de lisier et autres fertilisants azotés.

Ce problème est tout particulièrement répandu en Bretagne avec le phénomène des porcheries.

Les agriculteurs, souvent contraints à des investissements très lourds, ont parfois bien du mal à appliquer la loi face à des règlements qui changent en permanence au fil des années, des ministres, et des directives de Bruxelles.

Selon Corine Lepage, ancienne Ministre de l’Environnement sous le gouvernement d’Alain Juppé : " il aurait fallu un délai de six mois pour respecter certaines exigences et si les objectifs n’étaient pas atteints, infliger une amende. Sans cette mesure, le dossier des nitrates n’évoluera pas et nous serons condamnés une nouvelle fois."

Elle poursuit en disant que notre pays doit arrêter de déposer du lisier et le traiter pour en faire des engrais, comme le font les les Pays-Bas, ou les porcs sont plus nombreux que chez nous. Elle termine sur ces mots " Nous sommes dans une situation de pollué-payeur alors qu’il faudrait appliquer le système de pollueur-payeur. Mais pour ça il faut du courage politique."

On y revient toujours.


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16 réactions à cet article    


  • caillou40 caillou40 5 septembre 2014 10:24

    +++
    Hélas la triste réalité sur des gens qui utilisent les nitrates (qui sont interdits)..et reçoivent des aides de l’UE en plus...Nos politiciens sont aussi pollués que nos rivières... !


    • trevize trevize 5 septembre 2014 11:41

      Hmmm... les nitrates, sont l’un des trois macro-nutriments des plantes, l’un des plus importants de tous. Dire que les nitrates sont interdits, c’est un peu comme dire que le dioxygène est interdit !

      Ce qui est peut-être interdit, ou en tous cas limité, c’est l’apport en nitrates libres, sous forme d’ions NO3-, qui sont mal retenus par le sol, et qui filent donc jusqu’à la rivière à la première pluie, ou s’enfoncent tout droit dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques.


    • caillou40 caillou40 5 septembre 2014 12:19

      Le 4 septembre 2014 la Cour de justice de l’UE vient de condamner la République française en listant point par point les griefs fondés en matière agricole :

      Concernant les périodes d’interdiction d’épandage

      « – des périodes d’interdiction d’épandage des fertilisants de type I pour les grandes cultures implantées à l’automne ainsi que pour les prairies implantées depuis plus de six mois ne sont pas prévues ;

      – la période d’interdiction d’épandage des fertilisants de type I pour les grandes cultures implantées au printemps est limitée aux mois de juillet et d’août ;

      – l’interdiction d’épandage des fertilisants de type II pour les grandes cultures implantées à l’automne est circonscrite à la période allant du 1er novembre au 15 janvier et l’interdiction d’épandage des fertilisants de type III pour les mêmes cultures n’est pas prolongée au-delà du 15 janvier ;

      – la période d’interdiction d’épandage des fertilisants de type II pour les grandes cultures implantées au printemps n’est pas prolongée au-delà du 15 janvier ;

      – la période d’interdiction d’épandage des fertilisants de type II pour les prairies implantées depuis plus de six mois est prévue uniquement à partir du 15 novembre et l’interdiction d’épandage des fertilisants de type III pour lesdites prairies et dans les régions montagneuses n’est pas prolongée jusqu’à la fin du mois de février ; »


    • fatizo fatizo 5 septembre 2014 22:12

      « Nos politiciens sont aussi pollués que nos rivières... ! »

      Et le pire c’est que nous en conssomons 24/24h

    • eau-du-robinet eau-du-robinet 5 septembre 2014 11:27

      Bonjour fatzio,
      .
      « Nous parlons constamment d’écologie, d’environnement. Les ministres se succèdent, mais dans les actes cela se traduit comment ? »
      .
      En France on parle beaucoup, mais la traduction en actes d’une politique respectueuse de l’environnement est boycotté par les lobbys.
      .
      Ceci est valable pour le secteur de l’agriculture comme pour le secteur énergétique ou une multitude d’associations et leur fédération font une chasse aux écologistes pour démolir tout projet d’implantation des éoliennes ;
      .
      Le comble dans cette histoire ...
      Si cette décision de l’UE, à l’encontre de la France, n’est assortie d’aucune sanction financière, la France doit rapidement se remettre à niveau. Dans le cas contraire, un nouveau recours de la Commission européenne pourra l’obliger à payer lourdement son infraction.
      .
      En clair cela signifie, nous les contribuables vont payer la future amande, car il faut pas rêver la France ne se mettra pas aux normes européennes ... puis les lobbies de l’industrie agrochimique veilleront à ce que leur bénéfices ne soit pas en baisse...
      .
      Ici au niveau national devait valoir le principe : pollueur = payeur !
      .

      La pollution des eaux superficielles utilisées pour l’alimentation en eau potable.

      .

      Le réseau d’observation sur les eaux superficielles utilisées pour l’alimentation en eau potable porte sur 838 points de mesure, avec au minimum 1 prélèvement par an, donnant les résultats suivants :
      .

      - 39 % des prises d’eau de surface avec des teneurs en pesticides nécessitant un traitement spécifique.

      .

      Pollution des eaux souterraines utilisées pour l’alimentation en eau potable.
      - 21 % des captages avec des teneurs en pesticides nécessitant un traitement spécifique.

      .

      Coûts des principales pollutions agricoles de l’eau

      .

      Les principaux résultats de l’étude par le Commissariat général au développement durable sont les suivants :

      .

      - Les dépenses additionnelles des ménages générées par ces pollutions pour les ménages sont évaluées dans une fourchette comprise entre 1 000 et 1 500 millions d’euros, dont 640 à 1140 millions d’euros répercutés sur la facture d’eau, représentant entre 7 et 12% de cette facture en moyenne nationale.

      source d’un article que j’ai écrit : http://www.eau-du-robinet.fr/eau-potable-pollueur-payeur/

      .
      Donc nous pouvons nous déjà préparer à payer une futur amande pendant que les multinationales comme Monsanto engrangent d’énormes bénéfices, tout en contribuant à polluer notre environnement, sans parler de la souffrance (en silence) des nombreux agriculteurs qui sont trop souvent en contact avec ses produits chimiques divers...


      • trevize trevize 5 septembre 2014 11:40

        La petite tape sur les doigts que vient de nous donner Bruxelles ne concerne pas les taux de pesticides dans l’eau, mais les taux de nitrate, c’est de l’engrais.

        Apparemment, pour les pesticides, tout va bien (ironie inside, of course)


      • fatizo fatizo 5 septembre 2014 22:15

        @eau-du-robinet

        Vous avez raison de soulignez le rôle des lobbys dans cette histoire. Ce sont eux qui nous dirige , ici comme dans de nombreux domanaines. On peut ajouter par exemple la pharmacie.

      • gruni gruni 5 septembre 2014 11:37

        Bonjour fatizo


        Effectivement la pollution des rivières et en générale, malgré tout ce qui se passe d’inquiétant sur la planète, et une véritable bombe à retardement. Et c’est nos enfants qui vont déguster. Tout le monde le sait et comme disait Chirac, la maison brûle et on regarde ailleurs. Sauf qu’à part de la com, lui comme les autres ne sont pas pressés d’éteindre l’incendie.

        Bonne journée

        • fatizo fatizo 5 septembre 2014 22:19

          Bonsoir Gruni,

          Oui, nos politiques et nos médias s’amusent de petites phrases, de petites polémiques stériles et mineures, mais sur ce qui nous fera crever tout le monde s’en moque.
          En même temps c’est difficile pour eux de taper sur ce qui les nourrissent .


        • Corinne Colas Corinne Colas 5 septembre 2014 21:37

          L’écologie avec un pouvoir de « droite », on sait qu’elle n’a pas avancé. Ce qui est terrible, c’est de constater qu’avec un pouvoir de « gauche », elle a régressé... et on ne le dira jamais assez !


          • fatizo fatizo 5 septembre 2014 22:21

            En même temps,avec des pseudos leaders comme Duflot et Placé.

            Pas besoin d’en dire plus je pense.

          • Alex Alex 5 septembre 2014 23:03

            Ancien « paysan » moi-même, je me désole de voir ce que sont devenus les champs, forêts et ruisseaux qui me servaient de terrain de jeu dans mon enfance.
            Mais cela ne m’empêche pas d’analyser la situation (sans l’avoir approfondie) :

            1. Il me semble avoir lu que la filière porcine (30 % de la viande consommée en France) souffrait de la concurrence allemande.

            2. Installer le matériel nécessaire coûtera de l’argent aux producteurs, qui seront obligés de répercuter sur leurs prix. Il est peu probable que le consommateur français achètera plus cher : aucun média n’encourage l’achat local.

            Il faudra procéder à ces installations, mais sans augmenter le prix de la viande, donc récupérer le surcoût facturé en traitement des eaux et le distribuer aux producteurs.
            Mais notre magnifique Europe libérale risque ne pas l’accepter.
            On assistera donc à une autre disparition de filière de bouffe, alors que la nourriture est un élément réellement vital.
            Je ne sais pas si ce problème a été examiné par nos « penseurs », mais je vois mal un Placé ou une Dufflot compétents dans ce domaine économico-écologique.


            • Corinne Colas Corinne Colas 6 septembre 2014 00:10

              J’avais oublié leur existence...je ne pensais pas à EELV ou ses représentants ridicules au sein du gouvernement. 


              Qu’un Montebourg défende les gaz de schistes, bon c’est comme Rebsamen avec les chômeurs, c’est un genre de traîtrise qui n’étonne que les naïfs. Qu’une Ségolène Royal dise en 2011 qu’elle est contre le nucléaire et qu’aujourd’hui, elle ait oublié ses « convictions », nous surprendra peu aussi. Cependant au milieu de ce « rien ne change en politique », il y a de véritables régressions au sens premier du terme, les battues aux loups autorisées l’année dernière, c’est un symbole parlant par ex, cela ne s’était jamais vu ! De même, si on évoque régulièrement la politique « anti-sociale » (tiens ça rappelle une chanson), l’économie défaillante etc. que dire de la surveillance des défenseurs de l’environnement ? 


              La police de M. Valls range les mouvements écologistes parmi les dangers publics‏

              LEFIGARO.FR

              «  Les mouvements de défense de l’environnement, qui peuvent être amenés à conduire des ’actions fortes’ sur les thèmes du nucléaire ou du gaz de schiste, doivent également ’faire l’objet d’une veille permanente’  »

              Comme le gouvernement de droite dure au Canada, celui des «  socialistes  » considère les écologistes comme une menace à l’ordre public« 


              Et pour revenir à l’eau :

               »L’Eau paie l’Eau. C’est la règle à laquelle l’Etat s’est toujours officiellement attaché. Elle est pourtant aujourd’hui clairement mise en question par l’arbitrage du budget 2014. Et en mettant en cause cette simple règle écologique, les populations les plus défavorisées en seront les premières victimes.

              Le gouvernement a décidé de ponctionner les Agences de l’eau pour l’année 2014 à hauteur de 10% de leurs recettes provenant des redevances sur l’eau. C’est 210 millions d’Euros qui iront directement au budget général de l’Etat.« 

              (..) Ainsi l’objectif de rétablissement de l’état écologique des eaux à l’horizon 2020, en respect de la directive européenne cadre sur l’eau ne pourra pas être tenu.

              Il en sera de même pour la gestion quantitative de la ressource et l’adaptation au changement climatique. Cela amplifiera les conséquences dues à la baisse des aides des conseils généraux dans ce secteur passées de 164 Millions d’Euros en 2007 à 112 Millions en 2011. (..)

              la quatrième conséquence est d’ordre social. Les redevances sont versées en partie par les secteurs économiques industriels et agricoles. Mais elles le sont avant tout et à plus de 80% par les usagers domestiques. Cela veut dire que ce prélèvement qui ne servait qu’à permettre l’amélioration de la qualité de l’eau devient en partie un impôt. Il sera payé par l’ensemble de la population et en particulier par les plus défavorisés.

              Ceci va totalement à l’encontre de l’engagement du Président de la République et du Premier Ministre de ne faire payer que les riches pour rétablir l’équilibre financier de l’Etat. Les plus défavorisés y participeront sans pouvoir y déroger, l’eau étant indispensable à la vie. »



              Terminons avec un rappel sur la casse du "thermomètre de l’environnement :
              (objet déjà d’un article agoravoxien introuvable)



              Sans oublier toutes les cartes interactives sur le site :
               

              ----------------------------------------

              Moi-même sur Agoravox, j’évoquais le problème des bouteilles dans un vieil article. Désormais, au vu des préconisations médicales pour les personnes fragiles ( femmes enceintes, malades...) il n’est plus honnête à ce jour d’inciter les gens à préférer quotidiennement l’eau du robinet.... 

              Quelle tristesse d’en être arrivés là si vite pour les humains !


              • joletaxi 6 septembre 2014 16:36

                ah, si on n’avait pas les écolos.
                Car ,comme dans d’autres domaines, cette norme, fixée on ne sait trop comment, a été décidée sans doute par un comité Théodule,et relayée ensuite comme toujours par la clique verte, pour finir en ukazes,on se souviendra des pluies acides, et des crétins qui s’enchaînaient aux arbres,et plus près de nous, les nouvelles normes concernant les aspirateurs, les sèche cheveux, les cuisinières.

                http://www.mitosyfraudes.org/Francia/nitrates.html
                http://laurent.berthod.over-blog.fr/article-31435333.html

                et bien entendu, l’administration ,toujours bien pensante dans le vert, renchérit,pourquoi se priver de taper sur un coupable tout désigné

                http://laurent.berthod.over-blog.fr/article-35319088.html
                http://laurent.berthod.over-blog.fr/article-le-prefet-les-marees-vertes-et-le-pere-ubu-38276532.html

                Mais dans une société où les charlatans, les Philipulus et autres "sorciers, occupent les médias,on peut s’attendre à encore bien des imbécilités, avec son cortège d’idiots utiles, qui ont trouvé là une façon de se valoriser


                • PlanetWatcher 7 septembre 2014 07:17

                  Inacceptable…

                  L’Italie – avec son jambon de Parme, l’un des tous premiers producteurs européens de porcs tant sur le plan qualitatif que quantitatif– a réglé son problème de nuisances olfactives, de pollution aux nitrates et d’algues vertes DEPUIS PLUS DE DIX ANS.

                  Et ce en faisant tout simplement appel à une méthode 100% naturelle, ne demandant aucun investissement lourd en matériel : il suffit en effet d’ajouter à la nourriture des porcs en très faible quantité de la Chabasite, une roche volcanique qui réduite en poudre, améliore le process digestif des animaux.

                  A l’instar d’un charbon actif, ce simple apport minéral permet de réduire drastiquement la production et le rejet de l’azote ammoniacal, vecteur des odeurs et précurseur des nitrates…

                  Le Préfet de Bretagne et les Ministères de l’Agriculture + Ecologie ont été dûment informés de cette solution novatrice et écoresponsable il y a déjà trois ans…


                  La Bretagne et nos Ministères continuent pourtant de « réfléchir », alors qu’il aurait été tellement plus efficace d’appliquer cette méthode utilisée depuis dix ans en Italie par exemple sur l’une des baies les plus polluées de Bretagne, dans le cadre du Plan Algues Vertes…

                  Il y a pourtant urgence : Bruxelles, l’Allemagne et la Hollande se penchent à leur tour sur la Chabasite, ce qui va redonner des points de compétitivité aux éleveurs hors hexagone (les Hollandais qui ne disposent pas du foncier suffisant dépensent jusqu’à 18 euros par porc pour le traitement des effluents…), conduisant à une situation économique dramatique en Bretagne, qui n’a pas vraiment besoin de ça en ce moment...

                  Pourquoi ce retard inadmissible ? Pourquoi la Collectivité préfère t’elle payer 70 euros aux grands du secteur du traitement de l’eau par kilo de nitrates « nettoyés », alors que la simple prévention amont de la pollution coûterait, comme d’habitude, jusqu’à 20 fois moins cher ???…

                  Que font les services de Ségolène Royal ? C’est pourtant un dossier qui devrait la motiver…


                  • durable 8 septembre 2014 13:22

                    Oui, HenriCanant "une terre soignée et respectée n’a peu ou pas du tout besoin d’entrants. et la production est bien souvent meilleure et les plantes sont beaucoup plus résistantes."

                    et l’agroforesterie (cultures associées : technique ancestrale (!) qui consiste à cultiver plusieurs pantes - arbres en même temps, sur la même parcelle) est une superbe piste ! à la fois pour avoir de la qualité, moins de parasites et de maladies, moins ou pas besoin de pesticides, moins (ou pas) d’engrais chimique, pas de pollution, plus de production, meilleur équilibre écologique, meilleur bilan économique... tout pour plaire !

                    comment se fait il que cela ne se développe pas plus ?

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