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Accueil du site > Actualités > Environnement > Portrait : « Elaguer par amour, c’est possible ! »

Portrait : « Elaguer par amour, c’est possible ! »

Il "kiff" les arbres ! A 27 ans Arnaud Simon exerce le métier de ses rêves. Il est élagueur. Perché sur ses hautes branches et muni de sa tronçonneuse, cet amoureux de la nature mutile quotidiennement les arbres de la ville de Tours. Un mal nécessaire pour garantir la sécurité des riverains.

Portrait rédigé par l’équipe de radiobistrot.com

« On les aime nos arbres
 » ! Quand il lui arrive de déambuler dans les rues de la ville, Arnaud a souvent le nez en l’air. « Ils m’aident à me repérer, à m’orienter » raconte t-il amusé. Pour se hisser aux sommets des arbres et leur scier les branches, ses collègues et lui prennent d’ailleurs soin de ne pas abîmer les troncs en grimpant. Contrairement aux élagueurs parisiens, ici à Tours les hommes n’escaladent pas un arbre avec des chaussures cramponnées.
Dotés d’une ou deux cordes ils grimpent et descendent en rappel, à la force de leurs biceps. « Cela fait les muscles et au moins on touche pas à l’écorce » explique fièrement Arnaud. Pas de blessure gratuite. Originaire de Besançon, jusqu’alors, il a toujours vécu au plus proche de la nature. Monter aux arbres ? Un rêve de gosse. Entré dans le service il y a 4 ans, en 2004, il plaisante : « Je suis le plus jeune dans l’équipe et le plus petit aussi ! » Le beau gosse du petit groupe aussi à l’évidence. Du haut de son mètre soixante neuf , treillis et veste marrons sur le dos, mousquetons à la ceinture Arnaud, le cheveux court, Arnaud ressemble à s’y méprendre à un bidas. tenue.1212052990.jpgC’est à l’armée d’ailleurs qu’il a découvert le béaba du métier...Méfiant, poli, le regard franc, Arnaud revient sur les différents aspects du métier. Calmement, sereinement. « Je suis un peu solitaire. Même si j’apprécie aussi de passer du temps avec mes amis et avec mes collègues » Pas étonnant donc de le retrouver perché dans les arbres. « Là haut on est tranquille au moins ! » lâche t-il d’un bel éclat de rire.

Plutôt satisfait des conditions dans lesquelles il exerce son métier, Arnaud n’est pas un râleur. « Je l’ouvre si besoin c’est tout ». Armés de cordes et de mousquetons, bien calés dans leur harnet, deux collègues intrépides escaladent pas à pas vers la cime des arbres. Ils sont bien protégés. Leur direction a investit 250 euros approximativement pour chacune de leur tunique en côte de maille. Elles résistent même à la découpe de la tronçonneuse ! Gantés, leur casque sur les oreilles, lunettes en plexiglas sur le nez, ils montent coupés du monde ou presque. Boulevard Tonnellé ce sont des platanes qui les attendent aujourd’hui. « Enfin les platanes ! » jubilent les trois hommes. Pourquoi ? « Les dégâts causés par la tempête de juillet 2003 viennent à peine d’être bouclés » rappelle Arnaud.

dessin.1212053217.gifDe là où ils sont ils touchent presque le ciel. Avec la terre il faut donc communiquer par signes. En bas, sur le bitume, Didier gère l’intendance : arrêter les automobilistes, ramasser petit à petit le gros des branches échouées sur le bitume de façon à permettre aux véhicules de pouvoir à nouveau circuler, rassembler méticuleusement les cadavres de jeune bois en petits monticules sur le bord du trottoir, préparer le café aux copains dans le camion...

10h30 c’est la pause. Volontaire, Arnaud prend les choses en main. « C’est l’heure du café ! » lance t-il en retirant ses gants, affichant de ce fait un large et beau sourire. Direction la camionnette. Il sort rapidement la tiraille : petite bouteille à gaz, petite casserole, bouteille d’eau, filtre, café. Cinq minutes plus tard, la sève noire est servie. On s’échange des nouvelles en fumant une petite sèche. Il fait 2 degrés, on se réchauffe comme on peut. Le calendrier coquin qui trône à l’arrière de la camionnette ? « C’était la plus belle fille de l’année » lâche Arnaud un peu gêné.

pique-nique-picto-preview.1212054093.png Et ici on fait pipi contre les arbres. Arnaud va se cacher dans un coin. Il travaille vraiment en communion avec la nature. Le midi, il ne mange pas avec ses collègues. Il a ses habitudes. Il rejoint d’autres gars des parcs et jardins. Au restaurant universitaire de la fac de Tours Sud. « On y mange bien même si 5 euros 80 le repas, çà commence à être un peu cher » relève t-il. Ces repas c’est l’occasion de faire le break, de voir du monde et de discuter. Et être discret de nature n’empêche pas d’avoir des opinions et de les défendre, calmement mais fermement. Un verre d’eau minérale à la main, Arnaud parle de développement durable. Il expose à ses collègues son point de vue sur la responsabilité qui incombe aux générations actuelles. Pour lui « on doit veiller à léguer à nos enfants une terre qui ne nous appartient pas »« rien à apprendre des écolos extrémistes qui de temps en temps viennent nous traiter d’assassins sur les chantiers ». Pragmatique il rappelle : « Si on ne coupe pas les branches elles tomberont sur les gens » se justifie t’il. Puis de s’emporter un petit peu : « Ou alors on veut une ville sans arbre,, et dans ce cas il faut le dire ! » Retour au calme. Devant l’objectif de l’appareil photo il ne rougit pas mais on sent qu’il n’est pas à l’aise. Dans les arbres, là, il est dans son élément : il pose en faisant la chauve souris ! Etre dans les airs il adore çà ! D’ailleurs à l’armée il avait fait du parachute. « Les gens nous appelle les écureuils ». Plutôt flatteur quand d’autres, dont le métier est plus dangereux encore, sont surnommés les poulets...

arbregrand.1212053499.jpgLe recrutement ? « On est formé ! » Oui, qu’on se le dise, on ne s’improvise pas élagueur. Aux Fondettes il y a un centre de formation. Lui il a fait une école de bûcherons. On est 4 pour 23 000 arbres donc forcément il arrive, comme aujourd’hui, que l’on ne puisse assurer la présence de 2 hommes au sol pour déblayer le bitume et sécuriser la rue en continu. Il arrive qu’on mette 2 hommes à la coupe et un seul au sol. Dans ce cas on se fait engueuler mais il faut bien avancer ! Pourquoi le service public ? Sans hésiter : « Le choix de la qualité et celui des horaires.. » Le rapport avec le public ? « On intervient fréquemment à la demande de riverains qui ont contacté les services des parcs et jardins. Soit que le feuillage des arbres leur cache la lumière... » Le plus ennuyeux au boulot ? « C’est quand un véhicule est mal garé. » L’automobile risque d’être touchée par les branches. Il faut chercher son propriétaire ou la faire enlever en appelant la police, très coopérative mais assez lente à intervenir. Leur chef ? Retranché dans ses bureaux du jardin Botanique de Tours, iIl est peu sur le terrain. « On est très libre ! » s’amuse t-il. La journée terminée, Arnaud est partant pour boire un petit verre, « mais vite ! ». Sa belle l’attend à la maison et madame n’aime pas attendre. Retour sur terre.

Plus d’infos sur ce métier ? : (infos du site emploi-environnement )

logoelagueur.1212052818.jpglogoemploi.1212052933.gif




Description

L’élagueur doux se charge de l’élagage d’entretien (dit aussi en « taille douce ») consistant en la taille des branches de l’arbre pour une raison de : Sécurité (élimination des branches menaçant de tomber ou gênante), de productivité (favoriser la pousse de fruit ou obtenir du bois de meilleure qualité) et pour soigner / protéger l’arbre des maladies & des parasites. Les arbres sont souvent abîmés en hivers à cause intempéries...

Formation requise

Pour devenir élagueur il faut obtenir le CS (certificat de spécialisation) taille et soins des arbres après un CAPA, un BEPA ou quelques années d’expérience professionnelle.

Compétence particulière

L’élagueur peut être amené a ce déplacer régulièrement parfois sur toutes la France de plus le métier est dur physiquement car il faut être capable de grimper aux arbres et supporter le poids des outils (tronçonneuse notamment) tout en étant soumit aux intempéries et aux variation climatique (chaleur, froid...). Enfin la profession est reconnue comme dangereuse et les accidents du travail reste nombreux.

Employeur potentiel

Un élagueur peut travailler dans les entreprises spécialisées en élagage (souvent de très petites tailles) ou pour les collectivités territoriales et les entreprises publiques (mairie, DDE...).

Un dossier de la Rédaction de Radio Bistrot

Documents joints à cet article

Portrait : « Elaguer par amour, c'est possible ! »

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5 réactions à cet article    


  • masuyer masuyer 31 mai 2008 17:29

    Merci pour ce portrait d’un métier un peu méconnu. Plus méconnu encore, le cousin des forêts de l’élagueur, l’éhouppeur.


    • elric 31 mai 2008 20:33

      le metier est dur,mais en plus,il ne faut pas être sujet au vertige,je suis dans les espaces verts,et élagueur,je n’ai jamais put le faire à cause du vertige justement,mais sinon c’est un metier intérréssant même au niveau des salaires par rapport à la moyenne dans les espaces verts


      • Gül 31 mai 2008 20:55

        Bonsoir Masuyer,

        Il me semblait tellement évident de te voir en prem’s sur le fil de posts de cet article, trop peu fourni pour l’instant.

        J’ai eu l’occasion de cotoyer un mec qui bossait dans les "espaces verts" et qui faisat ce boulot, il avait du soleil plein les yeux tout le temps, mais encore plus quand il était perché là-haut.

        Et lui, il me fournissait du bois !


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er juin 2008 08:13

          Descrition d’ un joli métier où pour pratiquer il ne faut avoir peur ni du vertige ni u froid , du vent , de la pluie , savoir grimper , se maintenir , être acrobate et risquer sa vie , pendant que de loin et ce temps confortablement installé dans son Hôtel des Impôts chauffé , à l’ abri des intempéries un tasse de café à la main , le tenancier lui envoie sa facture , je veux dire sa feuille d’ assujetti , et va ensuite défiler avec les syndicats pour l’ amélioration de ses conditions de travail .

           

          Merci pour cet article , et pour montrer qu’ il iy a encore des gens qui mouillent leurs chemises .


          • Yohan Yohan 1er juin 2008 10:03

            Il faut réhabiliter ces métiers manuels, d’autant qu’ils sont porteurs.

            autre lien sur le métier : http://www.orientation-metiers.fr/reportages/Elagueur.html

             

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