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Pour en finir avec l’atome !

"Il est criminel de développer une technologie qu’on ne maîtrise pas, surtout quand elle engage les générations à venir."
Théodore Monod, savant et naturaliste

On présente souvent l’énergie nucléaire comme une solution de compromis. Dangereuse ? Oui, mais elle assure notre indépendance énergétique. Productrice de déchets radioactifs ? Oui, mais elle n’émet pas de gaz à effet de serre. Difficile à maîtriser ? Oui, mais sans elle, nos besoins en électricité ne pourraient pas être satisfaits. L’atome serait un moindre mal, un pis-aller, une contrainte salvatrice. Ne tournons pas autour du pot : tout cela est faux ! Le nucléaire ne dispose d’aucun avantage spécifique dont les autres sources d’énergie ne pourraient prétendre. Le nucléaire est une énergie mortifère, polluante et coûteuse et surtout elle n’est en aucun cas indispensable pour assurer l’avenir énergétique de la France et du monde.

L’atome tue. L’Histoire nous l’a appris en août 1945 avec le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki par le président américain Harry Truman. Mais le nucléaire civil est également une plaie pour l’humanité. Lors des catastrophes évidemment (l’explosion de réacteurs à Tcheliabinsk en 1957 et à Tchernobyl en 1986 ont entraîné la mort de centaines de milliers de personnes), mais pas seulement. Les matières radioactives (uranium, plutonium, tritium, césium, strontium...) nous contaminent en permanence. Lorsque ces matières sont présentes en masse dans notre environnement, elles nous irradient et provoquent des mutations au sein de notre organisme pouvant déboucher sur des cancers. En France, depuis l’installation de la première centrale en 1975, les cas de cancer de la thyroïde ont été multipliés par trois. Par ailleurs, différentes études sur la radioactivité montrent que les citoyens habitant à proximité de centrales nucléaires ont statistiquement beaucoup plus de "chances" d’attraper une leucémie. Cette contamination insidieuse a des effets dévastateurs. D’après les experts du CERI (comité européen sur les risques de l’irradiation), le nombre total de morts dues au nucléaire sous toutes ces formes depuis 1945 dépasse les 60 millions. C’est autant que le bilan des deux guerres mondiales réunies... Et ce chiffre pourrait gonfler davantage si d’aventure, des terroristes écrasaient un avion sur une centrale en activité. En France, les usines atomiques n’ont pas été conçues pour supporter l’impact d’un avion de ligne. D’après le World Information Service on Energy, si un tel appareil se crashait sur les bassins de refroidissement de l’usine de retraitement de La Hague, c’est l’équivalent de cinquante fois la quantité de radiations émise par Tchernobyl qui serait libérée...

Et si l’énergie nucléaire tue, c’est aussi par la faute des déchets radioactifs qu’elle engendre. Car contrairement à ce qu’on entend parfois, le nucléaire pollue. Les déchets radioactifs sont toxiques et contaminent tout ce qui les touche. D’après l’Agence internationale sur l’énergie atomique, plus de 100 000 tonnes de matières radioactives ont été déversées en mer depuis 1945. Aujourd’hui, l’usine de retraitement de La Hague déverse chaque jour 650 000 litres d’eau contaminée dans la Manche. C’est considérable mais c’est pourtant douze fois moins que ce que rejette quotidiennement l’usine de Sellafield (Angleterre) dans la mer d’Irlande... Evidemment, cette pollution a un impact direct sur la biosphère : les homards pêchés en mer d’Irlande présentent ainsi un taux de radioactivité treize fois plus élevé que celui considéré comme acceptable pour la consommation. Autre problème : certains déchets radioactifs ont une durée de vie quasiment infinie. Ils peuvent être dangereux pendant plus de 200 000 ans, ce qui veut dire que l’arrière-petit-fils de votre arrière-petit-fils pourrait être contaminé par des radiations émises aujourd’hui. Et ce sur près de 6 000 générations...
Le pire dans l’histoire, c’est que même l’argument préféré des nucléocrates ("au moins, l’atome n’émet pas de CO2 !") est inexact. L’énergie nucléaire émet des gaz à effet d’au moins deux façons. D’abord, de manière directe car chaque étape de production d’énergie nucléaire émet du dioxyde de carbone (construction des centrales, extraction et transport de l’uranium, transport des déchets de la centrale à l’usine de retraitement de la Hague puis de l’usine de retraitement à celle de réenrichissement située à... Tomsk en Russie). Puis, de manière indirecte car la France importe de l’électricité allemande, majoritairement d’origine fossile, lors de ses pics de consommation. L’énergie nucléaire n’a donc rien de durable, comme le revendiquent parfois ses défenseurs. Le retraitement des déchets ne peut pas être considéré comme un recyclage. Seuls 10% de l’uranium appauvri (déjà utilisé pour produire de l’énergie) peut être réutilisé après une étape de réenrichissement lointaine et dangereuse. Ceci explique sans doute pourquoi seulement trois pays (France, Grande-Bretagne et Japon) sur les trente-deux qui font fonctionner des réacteurs choisissent de retraiter leurs déchets.

Tout cela a un coût. Elevé évidemment. Le prix officiel d’un kilowattheure émis par une centrale nucléaire avoisine les trois centimes d’euro. Mais ce coût ne comprend pas le coût de l’investissement de départ, celui de la recherche, celui des dépenses publiques de sûreté, le coût du combustible, celui du retraitement, de la gestion des déchets, du démantèlement... Si bien que certains spécialistes estiment le coût réel du kilowattheure d’origine nucléaire a six ou sept centimes d’euro. Or, des modèles récents d’éoliennes ont permis de générer de l’électricité au prix de 2,4 centimes d’euro. Et ce n’est pas tout ! Le nucléaire a également un coût social non négligeable. Aujourd’hui, en France, il concentre 90% des investissements en recherche énergétique contre seulement 2% pour les énergies renouvelables. Or, le nucléaire génère moins d’emplois que toutes les autres énergies. D’après le centre international de recherche sur l’environnement et le développement, pour un million d’euros investis, le nucléaire crée 19 emplois, contre 23 pour le solaire, 27 pour l’éolien, 47 pour le microhydraulique et plusieurs dizaines pour l’efficacité énergétique (consommer autant en produisant moins). Ces chiffres ne sont valables qu’en période dite normale, c’est-à-dire sans accident. Mais outre les conséquences humaines, le coût d’une catastrophe nucléaire serait apocalyptique pour les finances d’un pays comme la France. Pour mémoire, l’accident de Tchernobyl a coûté 240 milliards d’euros à l’URSS. Aujourd’hui, le coût d’un accident nucléaire majeur en France est évalué à environ 400 milliards d’euros. Soit plus d’un quart de la dette de l’hexagone...

Bonne nouvelle malgré tout : le nucléaire n’est en rien indispensable pour couvrir nos besoins en énergie. Une étude de l’institut pour l’énergie et la recherche environnementale, sortie en 2006, montre que la France, pays le plus nucléarisé au monde, pourrait sortir du nucléaire d’ici 2040 tout en réduisant de 40% ses émissions de gaz à effet de serre. Evidemment, cette mutation passe par des changements radicaux dans nos comportements mais aussi dans nos modes d’approvisionnement d’énergie. Il faudrait investir massivement dans les énergies renouvelables, miser sur les transports les moins polluants et augmenter notre efficacité énergétique. Mais cela est possible. Autre étude encourageante : celle de l’association Virage Energie en 2008. D’après elle, la région Nord-Pas-de-Calais peut sortir de l’ère de l’atome d’ici 2050 tout en couvrant ses besoins électriques et en divisant par quatre ses émissions de CO2, si des investissements massifs sont faits dans le solaire photovoltaïque, l’éolien terrestre et offshore, le bois et le biogaz. Bref, le nucléaire, à l’origine de seulement 8% de l’énergie vendue sur la planète, peut rapidement devenir de l’histoire ancienne si une volonté politique forte se fait entendre. Aujourd’hui, quasiment plus personne ne croit aux beaux discours des nucléocrates. D’après une étude récente de l’Union Européenne, 75% des Européens pensent que les tenants de l’industrie du nucléaire mentent. C’est vrai, ils mentent. Alors à quoi bon continuer à les écouter ?

Samuel Duhamel

 
Sources :
Agnès Sinaï, Yves Cochet, Sauver la Terre, éd. Fayard, 2003, Paris, p. 213-248
Laurent de Bartillat, Simon Retallack, Stop, éd. Seuil, 2003, Paris, p. 154-183
Philippe Quirion, "Sortie du nucléaire : y a du travail !", Ecorev, n°10, septembre 2002, Paris, p.39-43
Laure Noualhat, Eric Gueret, Déchets, le cauchemar du nucléaire, prod. Arte et La bonne pioche, 2009
Synthèse du rapport Virage Energie Nord-Pas-de-Calais, 2008
Rapport de l’Institure for energy and environmental research, 2006
 
par Samuel Duhamel (son site) jeudi 29 octobre 2009 - 108 réactions
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  • Par Eloi (xxx.xxx.xxx.241) 29 octobre 2009 14:00
    Eloi


    "L’atome tue. L’Histoire nous l’a appris en août 1945 avec le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki par le président américain Harry Truman."

    Comme dit dans d’autres posts, comparer le nucléaire civil et le nucléaire militaire n’est pas honnête. Chaque invention humaine a conduit à (voire à été générée par) des recherches militaires : l’aviation, les fusées, les satellites, l’informatique, l’internet et pour aller plus loin la hache, la faux, le marteau. Il en est de même pour l’image d’explosion atomique en tête d’article, qui n’a rien à faire dans un article sur l’énergie nucléaire.

    "Lors des catastrophes évidemment (l’explosion de réacteurs à Tcheliabinsk en 1957 et à Tchernobyl en 1986 ont entraîné la mort de centaines de milliers de personnes), mais pas seulement."

    Vous dites que l’énergie nucléaire est dangereuse : la réponse est oui. Mais ce qui compte en pratique, c’est le risque couru. Un exemple : un choc frontal en voiture à trente kilomètres/heures est susceptible de vous faire traverser le pare-brise et de vous tuer. Pourtant, vous roulez plus vite, pourquoi, pourquoi prenez-vous ce risque sur votre vie (voire la vie des autres) ? Vous comptez sur des inventions suscupetibles de réduire le risque : ceinture, airbags, ABS...
    Pour l’industrie nucléaire cela va plus loin, car proportionné au danger :
    * le pilotage du réacteur est largement automatisé. Les potentiels erreur de pilotage sont interdites. Des centaines, des milliers de capteurs surveillent en permanence chaque paramètre de fonctionnement : pour votre voiture cela voudrait dire que vous auriez rarement à toucher le volant, et que des dizaines d’automates et de capteurs, redondants, vérifient en permanence que vous ne vous approchez pas d’un obstacle ; le c as échéant (initiateur d’accident) il réduira votre vitesse à 20 km, réduisant ainsi les risques de l’accident.
    * ce que l’on cherche à éviter c’est justement la dissémination de particules radioactives : les gaines contenant l’uranium et les produits de fission, la cuve du réacteur et l’enceinte de confinement (le gros batiment en béton que l’on voit de loin), soit une triple redondance, sont calulées de façon à ne pas rompre dans le cas des accidents internes ou d’agression externe (séisme, chute d’avion...)
    * les erreurs (ou complot) qui peuvent conduire à des accidents graves sont "interdites physiquement". Pour votre voiture cela signifiera qu’on la placera sur des rails et qu’on exlut ainsi tout risque de choc frontal.

    Pour ce qui est tchernobyl, il n’y avait pas de troisième enceinte. Un tel accident en france aurait été confiné dans la troisième enceinte. De plus une erreur de conception faisait qu’en insérant les barres qui devaient diminuer la réactivité, on introduisait un peu de modérateur dans le coeur. Cette erreur n’existe pas en france. De plus, de nombreuses normes de fabrication n’ont pas été respecté, ce qui n’est pas le cas en france, où l’Autorité de Sûreté Nucléaire est toute puissante pour arrêt les chantiers

    "Aujourd’hui, l’usine de retraitement de La Hague déverse chaque jour 650 000 litres d’eau contaminée dans la Manche. "
    "les homards pêchés en mer d’Irlande présentent ainsi un taux de radioactivité treize fois plus élevé que celui considéré comme acceptable pour la consommation. "
    "Mais outre les conséquences humaines, le coût d’une catastrophe nucléaire serait apocalyptique pour les finances d’un pays comme la France. Aujourd’hui, le coût d’un accident nucléaire majeur en France est évalué à environ 400 milliards d’euros."
    "D’après les experts du CERI (comité européen sur les risques de l’irradiation), le nombre total de morts dues au nucléaire sous toutes ces formes depuis 1945 dépasse les 60 millions. C’est autant que le bilan des deux guerres mondiales réunies... "

    Ces accusations sont très graves. J’espère que vous avez de solides preuves.
    Pour ce qui est de la CERI, leurs théories ont encore à être prouvées. Ce que je sais c’est que l’irradiation moyenne équivalente due aux centrales en France est de 0.01 mSievert (moins qu’un vol Paris-New York). l’irradiation moyenne naturelle équivalente en France est de 1 à 2 mSivert, soit 100 à 200 fois plus. Pour quelle raison une variation de 1% ou 0.5% multiplierait-elle par trois le taux de cancers ? et provoquerait 60 millions de morts supplémentaires ? Pourquoi ne serait-ce pas, plus simplement, le fait que la proportion de gens prenant l’avion est plus importante, et qu’ils le prennent plus souvent ?

    "D’après le World Information Service on Energy, si un tel appareil se crashait sur les bassins de refroidissement de l’usine de retraitement de La Hague, c’est l’équivalent de cinquante fois la quantité de radiations émise par Tchernobyl qui serait libérée..."

    Vous savez, le terrorisme, c’est ce qui a poussé Bush à faire sa guerre en Afghanistan. C’est ce qui permet à Sarkozy d’installer le fichier HEDVIGE. le terrorisme est l’excuse pour pousser à des actes stupides, car l’on manie la peur, l’émotif, plutôt que l’argument.

    "Autre problème : certains déchets radiocatifs [...] peuvent être dangereux pendant plus de 200 000 ans."
    "Le retraitement des déchets ne peut pas être considéré comme un recyclage. Seuls 10% de l’uranium appauvri (déjà utilisé pour produire de l’énergie) peut être réutilisé après une étape de réenrichissement lointaine et dangereuse."

    Pour ce qui est du retraitement des déchets, votre affirmation est inexacte concernant la situation en france. La composition massique des déchets est donnée ici . Pour le retraitement qu’on fait des déchets nucléaires :
    * la séparation de l’uranium 238 (uranium appauvri) réduit de 95.5% environ la quantité de déchets, puisque ce n’est pas un déchet. Cet uranium 238, qui n’est pas utilisé pour produire de l’énergie (seul l’U235 l’est) dans les réacteurs actuels (REP) et est conservé entre autres à Pierrelatte comme un stock stratégique pour son utilisation dans les surgénérateurs qui eux peuvent produire de l’énergie à partir de l’U235. Rappelons que les russes disposent, eux, de surgénérateurs et sont donc probablement très content de recevoir chez eux cette source d’énergie.
    * l’utilisation du plutonium (1% en masse mais 90% de l’activité à long terme), dans le MOX en France permet de produire de l’énergie à partir de ce "déchet" et de ne plus avoir le problème de la gestion du plutonium à long terme. Résultat plus dé déchet, et diminution de 90% de l’activité.
    * pour ce qui est des actinides mineurs (neptunium, americium, curium : 0.9% de la radiotoxicité et 0.01% de la masse des déchets), les expériences réalisées dans Phénix, à marcoule, ont montré qu’un réacteur à neutrons rapides était capable de les recycler en produisant de l’énergie.
    Le but est d’utiliser ces déchets pour produire de l’énergie et de les transformer (on dit transmuter) en produits à durée de vie beaucoup moins longues, voire stables. Vous le voyez, nous seulement les progrès ont été important, mais les progrès possibles sont énormes.

    On rappelle que, par un chantage électoral, les antinucléaires ont réussi à stopper une filière (réacteurs à neutrons rapides) envisagée pour la surgénération et le traitement des déchets depuis les années soixante en France. Le problème des déchets nucléaires aujourd’hui, est le fait de l’action des antinucléaires. Ceux-ci ayant stoppé la filière permettant de les retraiter, sont donc générateurs de déchets nucléaires.

    "D’abord, de manière directe car chaque étape de production d’énergie nucléaire émet du dioxyde de carbone (construction des centrales, extraction et transport de l’uranium, transport des déchets de la centrale à l’usine de retraitement de la Hague puis de l’usine de retraitement à celle de réenrichissement située à... Tomsk en Russie). "

    Ces dégagements indirects sont exactement les mêmes pour la production de l’acier des éoliennes, leur transport, les déplacements des techniciens qui viennent les contrôler. Ce qu’il faut démontrer c’est que le dégagement de CO2 du à cet activité est négligeable par rapport aux flux annuels de la biosphère. Cet argument n’est pas utilisable contre le nucléaire en tant que tel.

    "Puis, de manière indirecte car la France importe de l’éléctricité allemande, majoritairement d’origine fossile, lors de ses pics de consommation. "

    Vous avez des exemples ?
    Parlons de l’allemagne d’ailleurs : sa décision d’arrêter le nucléaire a conduit à la construction de 25 GWe de centrales au charbon. Les allemandes forment un peuple industrieux et efficace. Pourquoi n’arrivent-ils pas à se passer et de nucléaire et de charbon ?

    Le prix officiel d’un kilowattheure émis par une centrale nucléaire avoisine les trois centimes d’euro. Mais ce coût ne comprend pas le coût de l’investissement de départ, celui de la recherche, celui des dépenses publiques de sûreté, le coût du combustible, celui du retraitement, de la gestion des déchets, du démantèlement...

    Pourquoi le prix du kilowattheure ne prendrait pas en compte le coût du combustible, du retraitement et de la gestion des déchets ? Avez-vous une source comme quoi l’Etat offre le combustible nucléaire à EDF ?
    EDF, pour la construction de ses centrales à emprunté sur le marché privé. De plus, EDF a constitué une réserve à long terme pour leur démantèlement .

    Si bien que certains spécialistes estiment le coût réel du kilowattheure d’origine nucléaire a six ou sept centimes d’euro. Or, des modèles récents d’éoliennes ont permis de générer de l’électricité au prix de 2,4 centimes d’euro.

    Je veux bien voir la démonstration. prend-on en compte pour les éoliennes le coût énergétique de l’acier nécessaire pour les construire ? prend-on en compte le fait que, 25% du temps, ce seront des centrales thermiques qui devront remplacer le fonctionnement des éoliennes ? Prend-on en compte le fait que ces centrales devront travailler en rampe en permance, ce qui détruit leur rendement ? Les industriels qui achètent des éoliennes payent-il le carburant de ces centrales thermique ? Le prix d’un réseau blindé aux variations brusques de charge (exemple du black-out allemande de 2006) ? Quel est le coût induit par le risque que l’ensemble du réseau européen puisse griller à cause de ces variations ?

    C’est tout cela que vous devez démontrer.

    "Une étude de l’institut pour l’énergie et la recherche environnementale, sortie en 2006, montre que la France, pays le plus nucléarisé au monde, pourrait sortir du nucléaire d’ici 2040"
    "celle de l’association Virage Energie en 2008. D’après elle, la région Nord-Pas-de-Calais peut sortir de l’ère de l’atome d’ici 2050 tout en couvrant ses besoins électriques et en divisant par quatre ses émissions de CO2, si des investissements massifs sont faits dans le solaire photovoltaïque, l’éolien terrestre et offshore, le bois et le biogaz."

    Pourquoi perdre votre temps à casser du nucléaire, alors qu’il suffirait de reprendre les arguments de cette étude, les exposer, pour convaincre ? Si vos affirmations sont si évidentes et si facile, pourquoi chercher à "abattre l’ennemi" alors que ça se fera tout seul ? Pourquoi être plus "antinucléaire" que "pro-énergies alternatives" ? Faites de la vulgarisation : expliquez comment cela est possible !

    "Alors à quoi bon continuer à les écouter ?"

    Parce que c’est ca la démocratie.

  • Par jcm (xxx.xxx.xxx.15) 29 octobre 2009 08:03
    jcm

    Il faudra maintenant également examiner le coût des expositions aux faibles doses en termes de santé : "Les rayonnements à faible dose sont sous-estimés dans les maladies cardiaques et les attaques".

    Et l’on a vu dans le documentaire de Laure Noualhat sur Arte récemment ("Déchets, le cauchemar du nucléaire") que l’Europe était généreusement abreuvée par notre usine de La Hague en divers gaz radioactifs... : faibles doses à gogo !

  • Par Samuel Duhamel (xxx.xxx.xxx.218) 29 octobre 2009 13:37
    Samuel Duhamel

    Bonjour monsieur, madame Geneste,

    Voilà, je voulais juste réagir à votre commentaire que j’ai trouvé très enrichissant.
    Manifestement, nous ne réussirons pas à nous convaincre mutuellement.
    Mais la richesse est dans l’échange, je pense que nous pouvons être d’accord là-dessus.
    Simplement, ce papier est un article de synthèse. Ce n’est pas moi qui ai sorti d’un chapeau les chiffres ou les statistiques que vous avez pu y lire mais des spécialistes indépendants ou des journalistes ayant travaillé sur la question pendant plusieurs années. Encore une fois, l’enquête américaine de l’IEER est indépendante et celle de Virage Energie montre qu’une région aussi ensoleillée que le Nord-Pas-de-Calais (!) pourrait sortir du nucléaire et réduire drastiquement ses émissions si en parallèle du développement de l’éolien, seuls 7% de nos parkings, toits ou autres bâtiments publics étaient recouverts de panenaux photovoltaïques.

    Je continue de penser qu’on peut se passer du nucléaire aujourd’hui et qu’on pourrait produire autant d’énergie sans risque, de manière plus sobre et pus conviviale. La France paie aujourd’hui les lours investissements passés et là, où vous voyez une France laminée dans le concert des nations, j’essaie de voir une société plus harmonieuse et plus équilibrée.

    Enfin, rassurez-vous, vos arguments ont beau ne pas me convaincre, je ne vous aurais pas conduit au bûcher si nous nous étions rencontrés en Bourgogne vers 1150.

    Samuel Duhamel

     

  • Par Geneste (xxx.xxx.xxx.211) 29 octobre 2009 12:46

    Cet article est un tissu d’âneries !

    Commençons par le début. Il faudrait, selon l’auteur, ne pas développer un technologie qu’on ne maîtrise pas. Je rêve ? Toutes nos technologies d’aujourd’hui n’ont pas été maîtrisées initialement. Y compris le feu que ce pauvre homme des cavernes a mis bien longtemps à maîtriser et encore ce n’est pas fini (le moteur à explosion par exemple est une forme de la maîtrise du feu et nous ne le maîtrisons pas encore parfaitement). De tels propos sont d’un obscurantisme que je pensais dévolu !

    Deuxième point. Le nucléaire tue ! Révisez vos cours d’histoire et vous constaterez que ses promoteurs, par exemple Enrico Fermi, avait d’autres idées en tête que la bombe. La vocation première du nucléaire est donc de créer de l’énergie avant tout, la bombe étant un dommage colatéral, mais bien pratique car qui peut contredire le fait que nous n’avons, depuis 1945 pas eu de guerre tout simplement à cause de l’arme nucléaire ?

    Par ailleurs, les chiffres qui sont donnés en termes de morts sont fantaisistes. Il est vrai que si on considère les morts par les seuls accidents de la route dans le monde depuis 1945 et si on en attribue les morts au pétrole, là, c’est l’équivalent de 100 fois la somme des deux conflits, mais est-ce bien raisonnable ?

    En ce qui concerne la radioactivité de l’environnement aujourd’hui, il faut savoir que la plus grande partie est celle d’origine naturelle et une part non négligeable est due au relation que nous avons avec les autres personnes. Faut-il vivre en reclus pour espérer durer davantage ? De mêrme, l’auteur propage, de manière subliminale l’idée de l’hypothèse linéaire, à savoir zéro radiations, zéro cancer, et une augmentation linéaire en fonction de l’exposition. Cela est faux. Allez voir sur le site de l’académie de médecine ou sur le site des nations unies. Au passage, en Iran par exemple, dans certaines régions de cure, la radioactivité est 70 fois celle des normes maximales de l’OMS sans que la population s’en porte plus mal... !

    Passons aux déchets. Y a-t-il une activité humaine qui ne génère pas de déchets ? Pour les déchets nucléaire nous avons à la fois la possibilité physique d’un élimination définitive sans pollution (brevet du groupe EADS qui sera rendu public courant 2010) et nous pouvons espérer une forme de transmutation dans les années à venir (voir les travaux de la fondation de Broglie sur le sujet).

    Quant au coût de l’électricité nucléaire, si on doit tout prendre en compte, comptons effectivement aussi, combien cela a rapporté en excellence technique pour la France et les marchés gagnés à l’export y compris ceux qui sont à venir. Rappelons, sur un autre registre que l’énergie nucléaire est une énergie constante quand l’éolien, en France, ne fonctionne que 7% du temps en moyenne et le solaire guère plus. Quand on appuie sur son bouton, on aime quand-même bien avoir le courant ! Par ailleurs, oser dire que le nucléaire crée moins d’emploi par kilowatt que les autres énergies et se baser la-dessus pour le critiquer, c’est être idiot ! Toute activité économique qui se respecte vise à employer le moins de monde possible pour la réaliser. C’est le B-A BA de l’économie. Que l’auteur retourne à l’école ! Si on adoptait sa position, on se ferait laminer dans le concert des nations. Déjà que notre situation n’est pas brillante et en particulier à cause de gens comme l’auteur qui, manifestement, ne comprennent rien à rien !

    Je termine ce tour rapide par la volonté maladive de l’auteur de vouloir sortir du nucléaire et le renvoie à la revue de géopolitique ( http://www.amazon.fr/Revue-fran%C3%...) pour avoir une vision un peu plus réaliste. Du pétrole pour 30 ans, du gaz pour 60, du charbon pour 200 et du nucléaire de surgénération pour 6700. Comme on dit, il n’y a pas photo !

    Au moyen âge, ce monsieur aurait été, à n’en pas douter, inquisiteur à l’instar de Torquemada !

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