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Accueil du site > Actualités > Environnement > Pour l’EEDD deux embûches à éviter

Pour l’EEDD deux embûches à éviter

L'éducation à l'environnement a ça de commun avec la musique, elle vient du peuple spontanément sans que personne ne demande quoi que ce soit. Maintenant il faut voir si les pouvoirs en place lui donnent droit de cité ou s'ils l'empêchent de s'exprimer. Qui doit donner le la et comment éviter toute instrumentalisation ? Ce sont des questions qu'ils faut se poser.

L’éducation à l’environnement vers un développement durable (EEDD) arrive à un moment critique. La crise écologique étant devenue ce qu’elle est, la transition ne peut plus tarder, il faut maintenant sérieusement l’enclencher. C’est l’heure de la transformation culturelle de la société en profondeur qui a sonné. Bien, mais maintenant comment cela va s’orchestrer ?

Là où il y en avait dix il y a 20 ans, il y en a cent aujourd’hui.

L’éducation à l’environnement ce n’est rien d’autre que des milliers de projets de terrain, comme un semis dans une belle futaie de chênes. Les jeunes arbres germent et poussent de partout, on marche dessus. Là où il y en avait dix il y a 20 ans, il y en a cent aujourd’hui. Cent projets qui sont autant de situations originales, vécues entre des personnes qui s’écoutent et co-construisent. Autant de créations originales que de projets d’EEDD. L’acte éducatif meure d’aller à la répétition, il revit à chaque fois qu’il se pose comme nouvelle création.

Un bois fait d’une conviction et de valeurs

De quel bois est fait cet arbre neuf ? Nouvelle espèce inconnue jusqu’alors. Apparue dans le bruit médiatique de la parution d’« un printemps silencieux » de Rachel Carson en 1962, ou encore sur les rives de Minamata, ou à Seveso, ou sur une plage bretonne empuantie de vapeurs de pétrole en 67, ou en 86 à Tchernobyl ou là maintenant à Fukushima. Un bois fait d’une conviction et de valeurs. Pour les valeurs, c’est simple elles tiennent en deux mots, respect et responsabilité. Respect dans tous les sens de ce mot-là. Le respect que je dois, le respect qu’on me doit, le respect que tous on doit à la nature et mettre de la radioactivité dans la mer, ce n’est pas me respecter, pas plus que de mettre dans mon assiette une nourriture industrielle, nouvelle honte de l’humanité. Et responsabilité parce qu’en chacun de nous, il y a cette noble faculté : la capacité de décider. La conviction c’est que tout ça peut changer. On peut changer de cap individuellement et collectivement, parce que nous sommes vivants, parce que nous sommes humains, parce que nous sommes citoyens et que nos potentiels sont immenses et inconnus.

Un nouvel exercice pour le corps social

Chacun de ces arbres est original et chacun trouve sa nature propre dans son génome, il n’y a pas deux arbres pareils, comme il n’y a pas deux partitions de musique semblables, il n’y a pas deux actions d’EEDD identiques. Toutes sont originales, toutes sont différentes, toutes sont nées de désir, d’espérances, de savoirs faire, de situation locale à un temps donné. Toutes sont nées dans l’échange et le désir de bien faire ensemble. Accoucher d’un projet d’EEDD constitue un nouvel exercice pour notre corps social. Ce serait d’un prince bien peu éclairé d’aller se mêler de ce que les musiciens doivent créer, quand il faut juste les accompagner. On n’accepte pas l’idée d’un forestier venant trafiquer, pour forcement des mauvaises raisons de court terme, le génome des petits chênes… hélas. On n’imagine pas un prince demander à Mozart de mettre un do là où le génie a mis un mi. Laissons les acteurs de l’EEDD inventer leurs projets, laissons-les innover, donnons-leur les moyens de se rencontrer, d’échanger entre eux, pour encore et encore créer, inventer, oser… en un mot faisons leur confiance, demain en a besoin.

Il appartient aux territoires de faire leur EEDD

Si le génome permet à l’arbre de se constituer intrinsèquement, il est essentiel pour son développement de trouver un terrain favorable. Les jeunes pousses doivent trouver à leur disposition de l’eau, un sol riche et un minimum de protection. C’est pour cela que les territoires doivent aujourd’hui se doter d’espaces de concertation pour l’EEDD. Depuis 40 ans sans que personne dans aucune haute instance ne l’ait décidé, des projets d’EEDD naissent du corps social. La crise écologique étant devenue ce qu’elle est, ces projets sont devenus les principales bases pour la transition écologique dans laquelle progressivement tous les pays du monde s’engagent. Nous vivons dans des territoires dont l’avenir est façonné par les responsables de ces territoires. Responsables politiques, responsables économiques, sociaux et responsables culturels, ce sont eux qui sont les décideurs pour les apports d’eau et d’éléments nutritifs. Nous sommes à un moment de l’histoire où les territoires doivent penser leur EEDD. La concertation en est devenue indispensable. C’est bien d’agir local, mais il faut penser local aussi tout autant que global.

La concertation pour un bon épanouissement des projets d’éducation à l’environnement

Nous sommes à un moment de tous les dangers, « ça y est, ils ont compris qu’avec l’EEDD il y a un enjeu » m’a-t-on glissé dans l’oreille suite aux derniers évènements de 2013 : assises nationales de Lyon, congrès mondial de Marrakech, loi de refondation de l’école, conférence environnementale, saisine du CESE… moment de tous les dangers pour la petite plantule qui survivait à l’ombre depuis des dizaines d’années. Les pouvoirs vont faire ce qu’ils savent faire, ils vont s’exercer. De quelle écoute vont jouir nos éducateurs artistes ? Certains de ces pouvoirs feront bien, d’autres feront mal, d’autres encore en croyant bien faire feront mal aussi. Une seule solution, une fois de plus, en revenir à la méthode et la méthode cette fois-ci c’est la concertation. Oui nous sommes au moment de l’histoire où il faut mettre tout le monde autour de la table. Etat, collectivités, entreprises, associations, fondations, syndicats, chercheurs…et tous rassemblés dans la conscience qu’ils sont chacun à leur niveau responsables du territoire, ils auront à penser ensemble à mettre ce qu’il faut en place pour un bon épanouissement des projets d’éducation à l’environnement. Certains territoires sont déjà bien avancés dans cette voie, d’autres s’y engagent. Oui à une EEDD diversifiée, il appartient à tous d’en écrire la définition.

Évitons que l’un se mette au milieu du jeu

Moment de tous les dangers, d’abord ne confondons pas les choses, il y a les arbres et il y a le terrain. Les projets d’EEDD, c’est l’affaire des éducateurs et de leurs partenaires dans leur diversité, comme la musique dans sa mélodie et son rythme, c’est l’affaire des artistes et pas celle du prince. Ce n’est pas le maire de Cannes qui décide de la programmation du festival, ne confondons pas les rôles. La tendance des pouvoirs dominants à se mêler de tout est sans limite. Au prince nous demandons de rendre la musique accessible au peuple. Faire en sorte que les musiciens mangent à leur faim, se forment, puissent se procurer de bons instruments et disposent de salles de concert de qualité, voilà l’affaire du prince. Moment de tous les dangers, ensuite évitons que l’un se mette au milieu du jeu, c’est la deuxième grosse embûche. L’Espace Départemental de Concertation s’il existe, ce n’est pas l’EDC du Conseil Général, l’Espace Régional de Concertation ce n’est pas l’ERC du Conseil Régional, enfin l’Espace National de Concertation n’est pas l’ENC du seul Etat qui organiserait les choses à sa façon, comme dans le temps. Non l’ENC c’est l’espace de concertation de la Nation, c’est le lieu où tous les corps constitués et les forces vivent de la Nation se mettent en ordre de marche vers la transition écologique sur le chantier spécifique de la sensibilisation, de l’information, de la formation et de l’éducation. Un des premiers mots clés de l’époque ici s’impose à tous, c’est « complexité », il nous rappelle que tout est interdépendance et intelligence commune, la courte expérience de l’ENC le montre, c’est sur ce terrain que ça se joue. C’est sur ce terrain, celui du « faire ensemble » qu’on peut gagner.

Assurer la participation de tous les citoyens

Installer un récupérateur d’eau de pluie sous le toit du préau, créer un potager et un compost à l’école, organiser un débat sur le climat, poser un capteur solaire sur le toit du lycée, proposer un repas bio à la cantine du collège, installer des toilettes sèches au centre de loisirs, fabriquer un hôtel à insectes et creuser une mare avec les élèves, poser des nichoirs sur les arbres du campus, organiser une sortie nature, organiser le tri des déchets en pied d’immeuble, partir en classe verte, animer un atelier cuisine avec les résidents du quartier… aujourd’hui ils sont cent, demain ils seront mille et dix mille les projets d’EEDD, et dix millions même parce que nous sommes très nombreux nous les humains sur la Terre et que tous nous sommes concernés par la crise écologique et tous nous pouvons et devons agir à notre niveau. Le principe 10 de Rio, vingt ans plus tard, reste tout à fait valable : « La meilleure façon de traiter les questions d'environnement est d'assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient. » Appliquons-le, et appliquons-le bien, c’est urgent.

(à suivre)

RG


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2 réactions à cet article    


  • @lbireo @lbireo 7 novembre 2013 01:16

    trouvez moi un cactus comestible qui peut pousser en appartement et je transmettrais des recettes à tous les tex-mex du pays !

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