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Pour que Copenhague fasse mieux que Kyoto

Pour que les Etats-Unis d’Obama signent ce que l’Amérique de Bush n’aurait même pas lu ; pour qu’à Copenhague tous les dirigeants comprennent avant noël que sauver la planète sera leur plus belle œuvre ; pour que l’Europe soit le promoteur du respect des décisions et de la civilisation, donc de la terre. Montrons à ces hommes que nous avons décidé de remonter nos manches, disons leurs que les lobbies sont moins importants que nos volontés, montrons au monde que nous avons décidé d’une Europe verte. Pour que Copenhague marque le début de l’ère mature de l’homme après ce siècle de consommation et production effrénées, après que fut déchu le dieu de la croissance dans une crise que nous ne pouvons ignorer.

 Kyoto avait été une réussite en demi teinte mais une petite réussite tout de même, les dirigeants du monde humain (il me semble utile de le préciser !) ont pris la mesure de l’opinion de leurs peuples, ils ont eu de belles paroles et des promesses comme ils savent le faire, mais elles (les belles paroles) prouvent qu’ils ont entendu les cris de nos scientifiques joints aux nôtre. Certes nous aurions pu attendre que l’initiative vienne d’eux, mais il aurait été utopique de croire à leur intégrité face aux féroces lobbies. De plus le fatalisme qui consiste à attendre que ce soit toujours l’autre qui commence ne nous mène nulle part. Ainsi, tant mieux, les politiques nous ont entendus. Pourtant, ces hommes politiques entravés peut-être par les habitudes n’ont pas su agir, pire grâce à leurs précieux conseillers ils ont amendé le précieux décret. Effectivement, sous la pression des américains principalement, la loi exigeant la limitation des rejets de CO2 un amendement annulant simplement ses effets : la possibilité d’acheter le droit de polluer d’autres pays !

cop15_logo_imgprotocollokyotoLes Etats-Unis qui ont tué dans l’œuf les progrès de Kyoto l’ont achevé en ne le signant pas. Ainsi, puisque sans le premier pollueur mondial le projet avait perdu son essence, la Chine ne signa pas non plus. Il y a même eu des pays pour retirer leur signature après, tel le Canada. Nous pourrions dire que le Canada a eu le courage de dire qu’il ne respectera pas les objectifs, d’autres n’ont rien dit et n’ont rien fait…

Alors pour Ban Ki-moon et tout ceux qui croient en la capacité de l’homme à se sauver de lui même, la préparation de cette réunion de l’ONU sur le climat est très importante. Copenhague doit être l’aboutissement de longues rencontres préparatives, de longues négociations entre chefs d’états et une réussite programmée. L’enjeu est trop important pour se laisser aller aux dérives des rencontres précédentes. Le temps d’agir est presque révolu, nous ne pouvons pas nous réveiller écolo lorsque la mer arrive dans notre jardin, il sera alors trop tard.

copenhagen-reportCopenhague doit convaincre les lobbies ne vont pas y perdre, ils vont y gagner s’ils regardent les résultats plus loin qu’une année fiscale. Même si les grands groupes industriels trainent la patte, il ne faut pas les accabler de tous nos maux. Ils devront faire de grandes mutations, tout comme nous. La principale source de gaz à effet de serre est le transport, de marchandise comme d’humains. Copenhague doit nous convaincre d’abonner notre voiture, symbole de réussite au XXeme siècle, Copenhague doit voir l’aboutissement de projets de ferroutages et de transports fluviaux, plutôt que de fermer des lignes, SNCF et les autres doivent en ouvrir pour ne pas avoir un tunnel du mont blanc qui explose tous les dix ans. Mais Copenhague doit nous convaincre de changer de manière de vivre, finis les ananas qui viennent du bout du monde, encore moins les pommes que l’on peut pourtant avoir chez le maraîcher du coin, finis les transports inutiles. La deuxième source de CO2 est l’agriculture et l’industrie, cette dernière devra prendre en compte l’impact sur la planète dans ses coûts, et ceux-ci sont exorbitants. L’agriculture qui consomme 70% de l’eau potable utilisée chaque année ne peut plus arroser criminellement et continuellement des plantes qui préfèrent le goutte à goutte. On ne peut plus cultiver des plantes du sud dans nos régions et les noyer d’eau, d’engrais et de pesticides. Enfin les forêts doivent cesser d’être coupées entièrement pour seulement quelques essences. Une coupe éthique permettra de continuer cette industrie sans détruire irrémédiablement les parcelles et en prenant des nouvelles. Il y aura bientôt plus de nouvelles parcelles, alors pensez à vos actionnaires de demain et permettez leur de faire du bénéfice en leur laissant des forêts organisées et exploitables.

innovation_obamaNOUS sommes les premiers à devoir changer, manger moins de viandes pour partager la terre, payer notre litre de lait le prix qu’il vaut vraiment, une alimentation saine coûte plus chère qu’une agriculture bâclée, nous devons nous en rendre compte. Mais une alimentation saine et bio est moins chère que des plats préparés en Chine bourrés de sels, ou moins chère que des boîtes de conserves pleines de BPA. On paie triplement ces produits : ils sont plus cher, il ont une emprunte carbone plus importante (fabrication et transport) et ils nous coûteront beaucoup en soins quand nous aurons tous des maladies cardio-vasculaires et autres !

NOUS avons montré à l’Europe par notre vote du 7 juin que nous sommes enfin concernés par notre planète, nous avons commencé nos changements, nous trions, nous achetons bio et équitable, nous construisons des maisons économes en énergie. Il est temps de passer la seconde !

mob357_1205126467Signez l’appel pour un Copenhague réussi où nos politiques montrerons le meilleurs plutôt que ce qu’ils ont l’habitude de montrer. Le moment est unique, les planète sont alignées pour un succès : un président américain plus moderne qui n’est pas enfermé dans son ranch et sa religion, un président qui connaît les défis que nous avons à surmonter ; nous avons une Europe qui n’a jamais été aussi verte, et nous recevons les chefs d’états dans une de nos villes témoins. Quoi de mieux pour commencer ce sommet dans les meilleurs conditions. Le monde attend que nous montrions la voie pour suivre l’exemple, l’Europe peut être ce messie qui sauvera l’humanité ! Pour l’instant, on se prend pour Dieu et on regarde avec mépris les autres (animaux, humains et plantes).

Signez l’appel et montrez aux monde et à nos élus que l’humanité peut se sauver elle même d’elle même !

source : LGV


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3 réactions à cet article    


  • Fredon 11 juin 2009 08:18

    l’archétype de l’overdose
    Que l’auteur me pardonne mais ce texte illustre exactement le pilonnage auquel on assiste pour nous faire entrer dans la tête que le climat est LA question qui éclipse toutes les autres, étant entendu que le réchauffement est, pour vous, une donnée indiscutable !
    C’est bien ça le problème, comme s’il n’y avait pas assez de pollutions à réduire, mais le surplus de CO2 bouleverserait notre climat dans le sens d’un réchauffement irréversible !
    Là se situe l’imposture scientifique et idéologique, pas dans la nécessité de s’attaquer aux atteintes à l’environnement et à leurs conséquences sur la santé publique.
    Pour l’illustrer, vous nous dîtes « n’attendons pas que la mer arrive dans notre jardin pour devenir écolos » ou encore, mangeons moins de viande et coupons éthique nos forêts, abandonnons nos voitures...
    Et vous ajoutez « même si les grands groupes industriels traînent la patte, il ne faut pas les accabler de tous nos maux. » Les pauvres, ils ont des actionnaires à satisfaire, il faut les comprendre.
    Tout est dit : conservons notre bon vieux système capitaliste et faisons qu’il devienne écolo, moral et éthique...L’air est connu mais il est légèrement vicié.
    Cela évite de s’interroger sur : pourquoi en sommes-nous là ? Tous les hommes auraient-ils la même responsabilité dans les dégradations de notre environnement ?
    Les lobbyes industriels, financiers et leurs fondés de pouvoir à la tête des Etats et des institutions qui sont là pour perpétuer leur domination, ne sont-ils pas, en fait, les pompiers-pyromanes auquels il faudrait s’en remettre pour résoudre les problèmes économiques et sociaux (mot que vous ne prononcez pas) tout en respectant l’environnement, en amont, au niveau de la production des biens et services qui ne devraient pas, pour un grand nombre (énergie, eau, santé, éducation, culture...) tomber dans le domaine marchand. En même temps qu’il serait indispensable de repenser à une autre répartition des richesses produites par le travail. Aux inégalités sociales et entre pays dont l’immense majorité continue à vivre dans la pauvreté absolue. Franchement, ce n’est pas ça la priorité des priorités ?
    Cela n’enlève bien sûr rien à la modification nécessaire des comportements individuels, en particulier dans les pays les plus industrialisés, contre les gaspillages et les pollutions domestiques. De grâce assez de culpabilisation.
    Un dernier mot sur votre allusion au vote écolo du 7 juin. Là, vous ne manquez pas d’air : 60% d’abstention et vous y voyez un succès ? Relativement à d’autres (UMP, PS) qui ont perdu plus de la moitié de leur électorat présidentiel du 1er tour, peut-être, mais quand on arrive à un tel constat de désaffection, c’est qu’il y a un problème de confiance dans la gestion de l’Europe qui se fait sans les peuples et contre eux.
    René Fredon


    • boddah boddah 11 juin 2009 10:39

      @Fredon,

      Je suis totalement d’accord avec vous ! Je ne veux cependant pas me faire révolutionnaire et mettre en cause le système capitaliste tout de suite, personne ne le ferai. Je vise le résultat puisque c’est urgent. Le capitalisme est un monstre vorace presque immortel. Attaquons-nous à lui et il nous mangera, et nous auront perdu un temps précieux pour sauver la planète. Alors que si nous prenons en compte les défauts du capitalisme, nous pouvons l’amener à s’autodétruire ou à changer. Je m’explique, le libéralisme s’adapte à tout et trouve des marchés dans toutes les niches, le capitalisme n’aime pas les espaces vides, il les combles aussitôt. Par exemple, les gens deviennent écolos, le libéralisme leur propose plein de nouveaux produits. Bien sur la consommation effrénée, donc la croissance sans but sont le vrai problème à notre gaspillage. Parce que nous sommes écolo, les entreprises le deviennent pour gagner de nouveau marchés. Ainsi si les forets primaires deviennent plus importantes à nos yeux, les entreprises s’y adapteront... Ainsi je pense qu’il faut agir vite pour la planète, et même si la réponse ne va pas sans changer notre système économique, nous n’arriveront à rien en tentant d’abors la révolution. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs, les agriculteurs ne sont pas mauvais, les pêcheurs non plus, c’est la société qui doit leur montrer qu’après la quantité, maintenant nous voulons de la qualité...
      PS : je ne parle pas de social dans mon article parce que l’environement est le vecteur principal du bien être social...

      • Croa Croa 14 juin 2009 17:46

        Il y a eu kioto, en France le Grenelle, bientôt copenhague...

        Et tout ça pourquoi ? Des mesurettes qui n’ont jamais été prioritaires et ne le seront jamais !

        Tant que les guignols plus ou moins fantoches qui nous gouvernent seront là rien ne changera. Surtout tant que ne sera pas mis à bas l’oligarchie qui mène le monde en coulisse,impose sa « croissance » et ses droits d’usure non seulement nous contunuerons à foncer dans le mur mais toujours plus vite !

        Alors Copenhague, laissez moi rire ! Quoique... jaune un peu smiley 


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