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Accueil du site > Actualités > Environnement > Quand les biologistes se prononcent pour l’énergie nucléaire...

Quand les biologistes se prononcent pour l’énergie nucléaire...

Controversée depuis de nombreuses années, l'énergie nucléaire n'aura de cesse de créer la polémique. Energie d'avenir pour certains, danger pour l'homme et la planète pour d'autres, le nucléaire est aujourd'hui au centre des préoccupations alors même que le réchauffement climatique nous presse d'agir dans le sens d'un développement plus propre et plus durable de notre production énergétique. 

Tout le monde sera d'accord sur la nécessité de se défaire des énergies fossiles et des émissions de CO2, dont les effets s'aggravent chaque année un peu plus tendant vers une irréversibilité des plus préoccupantes. Mais comment alors sortir de cette dépendance tout en garantissant un approvisionnement électrique de qualité et la rentabilité de la production énergétique ? 

Autant de difficultés que les énergies renouvelables ne permettent pas encore de résoudre malgré les avancées technologiques de ces dernières années et la croissance constante des moyens de production solaires et éoliens à l'échelle internationale. Car si ces énergies constituent des solutions d'avenir incontestables et qu'il est nécessaire de poursuivre de manière progressive leur développement, les problèmes liés à l'intermittence de ces productions et au stockage de l'énergie empêchent jusqu'à présent de les considérer comme la seule alternative envisageable pour supporter les exigences de la transition énergétique à venir. 

Dans ces conditions, l'énergie nucléaire, bien que nécessitant de lourds investissements de départ, s'impose de plus en plus comme une énergie complémentaire permettant une production d'électricité décarbonée en accord avec les objectifs de lutte contre le changement climatique. 

Patrick Moore par exemple, cofondateur de Greenpeace, s'est exprimé il y a peu en faveur d'un rôle croissant du nucléaire pour réduire le recours aux énergies fossiles. "Il ne fait aucun doute que l’énergie nucléaire est la source d’énergie la plus efficace et rentable pour réduire l’utilisation de combustibles fossile", avait-il déclaré à la surprise générale. Et il est loin aujourd'hui d'être le seul à changer son fusil d'épaule. 

De nombreux opposants à l’énergie nucléaire commencent doucement à admettre qu’elle est indispensable comme énergie de transition et qu’un désengagement trop rapide aurait des effets catastrophiques sur le climat et l’environnement. Selon une étude de Öko-Institut e.V., un institut de recherche environnemental, la production nucléaire générerait trois fois moins de CO2 que l’énergie solaire (les procédés de fabrication et de recyclage des panneaux solaires posent encore problème) et trente fois moins que le charbon. Le nucléaire apparaît dans ce sens comme une énergie propre qui concentre ses déchets et offre une solution efficace contre la pollution atmosphérique, le réchauffement de la planète, et la sauvegarde de la biodiversité. 

Un collectif de 65 biologistes et scientifiques internationaux est d'ailleurs venu renforcer ce point de vue en déclarant via une lettre ouverte (dont certains extraits ont été publiés cette semaine dans la presse britannique) toute la pertinence de l'exploitation de l'énergie nucléaire pour la production énergétique à venir. 

En effet, comme l'a souligné un des signataires de cette déclaration, le professeur Corey Bradshaw de l'Université d'Adélaïde, "notre principal objectif est de montrer par une analyse scientifique objective effectuée sur la base du coût, de la sécurité, de la réduction des émissions, de l'utilisation des terres et de la pollution, que l'énergie nucléaire doit être considérée dans le mix énergétique du futur". 


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13 réactions à cet article    


  • bibou1324 bibou1324 7 janvier 2015 11:51

    J’en connais un qui ne va pas aimer cet article ... M. Cabanel vous êtes dans le coin ?


    Malheureusement les informations relatées dans cet article sont exactes. L’énergie nucléaire est le « moins pire » que nous ayons pour le moment pour se désengager du charbon. L’éolien, le solaire et autres énergies renouvelables ne seront pas matures avant encore beaucoup d’années, et ne permettent pas de combler la demande en énergie. Et surtout, comme relaté dans cet article, les énergies renouvelables sont très polluantes à produire.

    Juste pour information, si on ajoute Tchernobyl et Fukushima, on arrive selon les écolo les plus extrémistes à 2 ou 3 millions de morts (quelques dizaines de milliers selon les gouvernements). Le charbon et autres pollutions aux particules fines tuent 7 millions de personnes chaque année, en causant insuffisances respiratoires et autres cancers. Très clairement, une petite explosion de centrale nucléaire tous les 10 ou 20 ans, c’est pas cher payé pour sortir du charbon.

    Pour ma part, je pense que dans le futur, c’est une diminution de la demande et non une généralisation du nucléaire qui pourrait nous sortir de ce mauvais pas. Mais c’est loin d’être gagné, et en attendant, le nucléaire a encore de beaux jours devant lui.

    • Homme de Boutx Homme de Boutx 7 janvier 2015 12:36

      J’aurai dû me douter que vous ne pouviez être que nucléophile !

      Que viennent faire des biologistes dans la promotion du nucléaire : ils ont une bourse payée par areva parce que pour eux, sans CO2 c’est l’anpe ?

      S’il y a un nucléaire que j’aurais volontiers laissé se développer, c’est celui de micro-unités à échelle humaine, pour alimenter à la fois en électricité et en chaleur une petite ville de 50 000 à 100 000 habitants (cogénération éventuellement assistée par toute autre source d’énergie réellement renouvelable) ;

      Mais il faudrait que la civilisation évolue vers le progrès et pas l’obscurantisme comme actuellement !


    • liberlog liberlog 7 janvier 2015 17:04

      Moi je trouve cet autour pro énergies carbonées. Cet auteur dit à la fois que les énergies solaires électriques sont pauvres et que le nucléaire est une énergie riche, tout en disant que le nucléaire devrait servir d’appoint. De quoi créer des nouveaux pauvres.
      À l’auteur :
      https://www.youtube.com/results?search_query=nucl%C3%A9aire+futur


    • wawa wawa 7 janvier 2015 11:56

      et oui.

      Les chose ne sont jamais toutes noires ou toute blanches.
      bienvenue dans un monde en nuances de gris

      • amiaplacidus amiaplacidus 7 janvier 2015 12:28

        Mais je les comprends ces biologistes (au fait, 65 sur combien de millions ? Et payés par qui ?).

        Ils auront un champ merveilleux d’expérimentation avec toutes les mutations dues aux rayons ionisants !
        Bon, il y a quand même un problème, c’est qu’il faut des centaines de millions de mutations délétères pour avoir une chance d’avoir une mutation apportant un avantage sélectif.


        • porcfr 7 janvier 2015 18:39

          Tout dépends si cela reflète un consensus scientifique global. Au passage, ils sont spécialistes des sciences de la vie, ils doivent en savoir un peu plus que l’anti-nucléaire notoire en ce qui concerne les risques des radiations sur les êtres vivants et leur résistance depuis des milliards d’années...

          Si vous voulez relativiser l’avis de ces 65 biologistes, vous pouvez toujours voir la sondage qui dit que 71% des climatologues dans le monde pensent que le nucléaire est essentiel à la lutte contre le réchauffement climatique http://spectrum.ieee.org/energywise/energy/nuclear/experts-favor-retiring-coal-keeping-nuclear


        • Homme de Boutx Homme de Boutx 7 janvier 2015 12:49

          J’ai du mal à comprendre ce que viennent faire des biologistes dans cet article alors qu’on me reproche un manque de rigueur lorsque je compare les courbes du réchauffement terrestre avec l’évolution de puissance des installations nucléaires mondiales et Françaises.

          Il est vrai que la même comparaison avec la consommation de pétrole ne montre rien de bien flagrant et il faut aux « grand spécialistes de la modélisation (ou de la manipulation) » inventer l’esprit de serre du CO2 qui fait le travail même si ça ne se voit pas !

          Mis à part ça, je suis partisan de la réduction rapide de toutes ces énergies non renouvelables


          • Samson Samson 7 janvier 2015 17:03

            « ... l’énergie nucléaire, bien que nécessitant de lourds investissements de départ, s’impose de plus en plus comme une énergie complémentaire ... »

            Bien entendu, pas un mot, des « lourds investissements » à l’arrivée : tous les chiffres évaluant le coût de démantèlement d’une centrale nucléaire sont systématiquement sous-évalués et sous-provisionnés pour de toute manière échoir finalement au futur contribuable : pas pour rien qu’on en est maintenant à vouloir prolonger la durée de vie des réacteurs.
            Sans parler du coût de retraitement des déchets usagés, encore moins de sa sécurité sur le « très long » terme (demi-vie du Pu 239= 24000 ans), ...
            sans parler du coût biologique et humain de la dissémination progressive d’isotopes radioactifs dans l’environnement, soit du fait de catastrophes, soit du fait de la multitude d’incidents « mineurs », ...
            et bien entendu, sans parler des faramineux budgets de propagande et de publicité consacrés par l’AIEA et le lobby nucléaire à assoupir, acheter ou réduire au silence toute conscience critique, ...
            Comme le disait je ne sais quelle chercheuse russe, le pire isotope qui se soit échappé du réacteur de Tchernobyl est le Mensonge. Et on peut en dire autant pour Fukushima. smiley


            • bourrico6 8 janvier 2015 11:05

              Le titre est à l’image d’AV...

              LES biologiste, cela signifie, tous les biologistes, ce qui n’est ni plus ni moins qu’un mensonge.
              Il aurait du écrire DES biologistes, mais c’était peut être pas assez percutant ?

              Vous vous prenez pour des vrais journaleux de torches cul pour faire des titres pareils ?

              J’ai pas lu le texte, le titre me suffit pour y voir que ce n’est pas une invitation à la discussion.
              En effet, après un titre pareil, on a souvent un texte dans la lignée, avec mensonges, exagérations mauvaise foi, omissions par douzaines, etc, etc.... bref, sans intérêt.


              • alain38 9 janvier 2015 23:16

                Tous ces idiots qui parlent d’énergie nucléaire sans s’être jamais seulement être entrés dans une centrale....
                @Samson : vous avez l’air d’en savoir un rayon sur le coût du démantèlement d’une centrale. Faites vous embaucher par la Cour des Comptes, elle recherche des experts compétents car les siens ont beau faire, mais ils confirment bien que les prévisions d’EDF sont exactes et les provisions suffisantes !
                Quant aux biologistes, il est probable que ce ne sont pas les scientifiques les mieux placés pour définir le mix optimal pour la production d’énergie du futur. D’autres l’ont fait, et les plus sérieux savent que l’énergie nucléaire est incontournable.
                D’abord pour son faible coût (imbattable, et de loin)
                Ensuite pour son respect de l’environnement (pas de pollution atmosphérique ni rejet de GES)
                Enfin parce qu’elle s’ajuste à la demande, contrairement aux énergies intermittentes telles que l’éolien et le solaire PV.
                Dernier point : si l’introduction à faible doses de ces énergies intermittentes peut être acceptable (à condition de les payer au prix fort : le kWh allemand est deux fois plus cher que le nôtre... et il provient essentiellement de centrales au lignite !!!), on ne peut physiquement envisager d’aller au delà de 30% de ces énergies dans la production d’électricité. Car les fortes variations aléatoires de ces énergies perturbent le réseau, et augmentent le risque de black-out (panne générale).
                Les biologistes par contre pourraient nousconfirmer que la quantité de rayonnement ionisant liée à l’industrie électronucléaire est tout à fait négligeable par rapport au rayonnement naturel, donc que les centrales nucléaires n’engendrent aucun risque pour la santé. Ce n’est pas le cas des centrales au charbon, qui tuent chaque année (source OMS) plusieurs millions de personnes dans le monde en raison des particules fines qui génèrent des cancers du poumon.


                • raymond 2 12 janvier 2015 22:43

                  Avec un peu plus de 400 réacteurs le nucléaire c’est 14 de l’électricité et 3 ou 4% de l’énergie finale va falloir en construire des réacteurs et en trouver de l’uranium pour nous sortir de la catastrophe climatique !
                  Et en plus c’est plus cher que le reste en matériel neuf. Cet article c’est NAWAK. Un exemple parmi d’autres :
                  http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/technologies-de-l-energie-thematique_89428/record-le-kwh-solaire-vendu-a-moins-de-4-centimes-au-texas-article_142910/

                  Quand à L’EPR il est a 11 centimes le kwh environ.

                  Et en plus d’être cher c’est dangereux .


                  • raymond 2 13 janvier 2015 09:56

                    La seule voie dans le nucléaire qui est peut-être acceptable c’est les LENR :
                    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nucleaire-la-3eme-voie-161405#forum4202341


                    • Homme de Boutx Homme de Boutx 13 janvier 2015 21:55

                      En France le nucléaire c’est 1 kWh/h/habitant + 3 kWh/h/habitant de déchets thermiques

                      et le pétrole c’est en plus 2 kWh/h/habitant sans déchet thermiques supplémentaires !

                      Quel gâchis : pour pouvoir disposer de 3 kWh/h/habitant, il faut en jeter autant dans la nature !

                      Vivement le grand démantèlement, et sans prolongation des installations existantes ! 

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