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Réchauffement climatique : un premier combat vite oublié

Bien qu’il ait signé le Pacte écologique de Nicolas Hulot et déclaré au soir de son élection vouloir faire du réchauffement climatique le « premier combat » de la France, Nicolas Sarkozy reste bien peu crédible sur les enjeux environnementaux.

Dimanche soir à 20 heures, il était difficile de considérer encore que l’environnement et la cause écologique avaient été des thèmes essentiels de la campagne, décisifs dans le choix de l’élection de Nicolas Sarkozy. Le programme du candidat de l’UMP avait été estimé très insuffisant par les responsables des ONG regroupées au sein de l’Alliance pour la planète, et très en retrait par rapport aux propositions de son adversaire socialiste sur les mêmes enjeux. Entre les deux tours, une signataire du Pacte écologique reprochait d’ailleurs à Nicolas Hulot son silence et son manque de positionnement face à ce grand écart des projets.

Le Pacte Ecologique, le nouveau président l’avait lui aussi signé le 31 janvier dernier... sans toutefois souscrire totalement à son contenu, refusant notamment de s’engager à nommer un vice-Premier ministre chargé du développement durable, tout en affirmant reconnaître la nécessité de placer cette politique au plus haut niveau de l’Etat. Mais ce n’est pas la première fois qu’on l’entend dire en même temps une chose et son contraire.

Plutôt qu’un vice-Premier ministre, Sarkozy souhaite "un grand ministère du Développement durable, ayant rang de ministre d’Etat". Une idée désapprouvée par le Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot : "L’idée même d’un ministère, même d’Etat, qui comprendrait l’écologie, l’eau, les transports et l’énergie ne nous apparaît pas pertinente car l’effet le plus probable serait de diluer encore plus les enjeux environnementaux dans un grand ministère où le poids des lobbys risque de peser considérablement plus que les pressions environnementales."

Quant au reste du Pacte écologique, si l’on en croit le député UMP Claude Goasguen piégé par les Yes Men, Nicolas Sarkozy n’a pas l’intention d’en suivre à la lettre les recommandations. "Nicolas Hulot n’est qu’un journaliste, son pacte est extérieur à la campagne..." avait notamment déclaré Goasguen. Bref, si l’écologie n’est ni de gauche ni de droite, la politique environnementale de Sarkozy sera de droite, assurément !

Et puis, ce dimanche 6 mai sur le coup de 20h45, en écoutant le discours présidentiel à la télé du nouvel élu, une phrase étonnante a émergé.

"Mais je veux dire [à nos amis américains] aussi que l’amitié c’est accepter que ses amis puissent penser différemment, et qu’une grande nation comme les États-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique, mais au contraire d’en prendre la tête de ce combat parce que ce qui est en jeu c’est le sort de l’humanité toute entière. La France fera de ce combat son premier combat."

Oui, dans l’euphorie de la victoire, il a dit cette phrase incroyable : "La France fera de ce combat [contre le réchauffement climatique] son premier combat". D’une petite phrase, l’ex-candidat mauvais élève de la cause écologique se transforme en président vertueux qui affirme placer le réchauffement climatique au premier plan de son action politique.

Malheureusement, la phrase a mystérieusement disparu du texte du discours qui figure sur le site du candidat élu. Etonnant ? Pas tant que ça finalement : on a dû se rendre compte dans l’entourage sarkozyste que faire du réchauffement climatique son premier combat le dimanche soir et sauter dans un jet privé pour rejoindre un yacht le lendemain matin n’était pas très cohérent...

On ne peut qu’espérer que l’Alliance pour la planète et le Comité de veille écologique de la fondation Nicolas Hulot, avec tous les signataires du Pacte écologique, sauront se montrer vigilants et rappeler au candidat ses engagements. Parce que l’urgence climatique ne semble pas encore totalement intégrée par l’homme qui veut incarner la rupture.



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Les réactions les plus appréciées

  • Par aurelien (---.---.---.62) 10 mai 2007 12:25

    Le 31 mars 2007, Nicolas Sarkozy avait promis aux associations et aux ONG en charge de la protection de l’environnement d’organiser une réunion « dès le lendemain de la présidentielle] », s’il était élu, afin d’organiser un « Grenelle de l’environnement » qui aurait lieu en septembre.

    Force est de constater que cette promesse n’a pas été tenue.

    Sur LCI

    Sur Le Figaro

  • Par LE CHAT (---.---.---.49) 10 mai 2007 13:37
    LE CHAT

    on vera également jusqu’où ira le prochain gouvernement en matière d’isolation des logements anciens comme l’a promis le candidat Sarko , il y a de quoi faire , les propriétaires se contentant d’encaisser les loyers et se foutant que les locataires chauffent les rues ( en provence ils ont des putaing d’oursins dans les poches smiley )

    Sarko arrivera t’il à convaincre son modèle Debeulyou de signer les accords de Kyoto , rien n’est moins sur

  • Par Boileau419 (---.---.---.4) 11 mai 2007 09:11
    Boileau419

    C’est triste que l’on continue à croire en la parole de gens qui par le passé ont démontré par leurs actes qu’ils n’étaient pas fiables du tout...

    Ce n’est pas des hommes politiques, quoi qu’ils disent, que viendra le salut, mais de nous-mêmes.

    Quant au réchauffement climatique, les mesures efficaces à prendre seraient tellement draconiennes, tellement à rebours de tout ce qui se fait, se dit et se pense que Sarkozy ou n’importe quel autre président serait renversé s’il osait les prendre.

  • Par joseW (---.---.---.142) 11 mai 2007 10:55

    Sarko est un bonimenteur qui a pu vendre sa poudre de perlin pinpin avec l’aide des médias alignés, à grand coup de Unes et de sondages « rectifiés »...

    Les électeurs qui l’ont élu sont des gogos qui vont se réveiller (et encore c’est pas sûr qu’ils se réveillent un jour) avec la gueule de bois, au grand dam des Générations Futures qui risquent bien d’hériter d’un pays et d’un monde en très mauvais état.

    La fuite de Sarko en Falcone sur le Paloma montre l’importance de l’écologie dans l’ « Etat » d’esprit de ce dangereux personnage : nulle, sauf pour se faire élire.

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