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Accueil du site > Actualités > Environnement > Réduire l’insécurité énergétique par l’innovation : (...)

Réduire l’insécurité énergétique par l’innovation : l’exemple des transports

La récente chute des cours du pétrole, précipitée par la crise financière et un ralentissement significatif de la demande, occulte provisoirement l’urgence énergétique à laquelle sont confrontées les économies occidentales. Nous subissons un degré de dépendance croissant vis-à-vis des pays producteurs d’énergies fossiles comme le gaz naturel, ou le pétrole. Par exemple, nos pays font face à une double compression de l’offre ayant pour effet de redresser –artificiellement ou non-, les cours du brut : l’OPEP contrôle les prix, tandis que la demande en provenance des puissances émergentes explose. Comment s’extraire alors du racket énergétique ? En accompagnant l’innovation !

L’exemple de l’approvisionnement en pétrole est probablement le plus parlant d’entre tous. Nul n’est encore besoin de souligner l’impact du commerce de brut sur les relations internationales. Le Moyen-Orient, à lui seul, concentre 30% de la production de pétrole et 60% des réserves mondiales. C’est dire le pouvoir d’influence dont dispose le cartel de l’OPEP, puisque 95% des modes de transport actuels dépendent de cette source d’énergie. Au-delà des considérations d’ordre géopolitique, le mode routier représente 81% du transport intérieur terrestre de marchandises. Par conséquent, les cours du pétrole accroissent les coûts de transport et, bien entendu, le prix des denrées alimentaires pour le consommateur final !
 
Certes, une pléthore de progrès techniques a été apportée à nos véhicules : meilleur aérodynamisme, réduction de la masse ou de la résistance au roulement, amélioration des systèmes d’injection… Mais toujours à partir de groupes motopropulseurs tournant au pétrole. Les biocarburants, pour leur part, permettraient d’amortir l’amenuisement des ressources pétrolières, mais provisoirement toutefois. Leur exploitation n’est pas exempte de reproches : leur production entraîne une déforestation massive, et leur combustion rejette du CO2 dans l’atmosphère au même titre que le pétrole. Par ailleurs, ils font naitre un nouveau problème : la compétition entre terres destinées à la production de denrées alimentaires et celles pour les biocarburants. Jean Ziegler, rapporteur spécial auprès de l’ONU, a affirmé que le développement de la production agricole a des fins énergétiques « était un crime contre l’humanité » qui se traduirait par des famines sans précédents.

Par conséquent, on parle de plus en plus des véhicules électriques. De nouvelles technologies voient le jour, et devraient remplacer peu à peu les batteries nickel-métal-hydrure qui équipent les modèles hybrides actuels. Plus performantes, les nouvelles batteries lithium-ion permettraient même de faire tomber les verrous technologiques qui bloquent l’adoption du tout-électrique. Les enjeux ne sont pas seulement environnementaux ou géostratégiques : un récent rapport parlementaire notifiait l’intérêt très soutenu qu’y portait la Chine, marché de plus d’un milliard d’individus ! Et pour peu qu’un réseau de distribution d’hydrogène au grand public puisse voir le jour d’ici 30 ans, nos véhicules seront emmenés par une technologie de pile à combustible, en cours de développement. La production d’hydrogène est déjà maîtrisée depuis des décennies et, accessoirement, c’est aussi l’élément le plus répandu à la surface du globe.
 
On pourra citer quelques entreprises pionnières, qui affichent un espoir sans précédent quant à ces technologies. PSA et Renault-Nissan envisagent par exemple de présenter leurs premiers modèles de véhicules à pile à combustible aux alentours de 2010. Le constructeur IrisBus (IVECO-FIAT) a déjà lancé trois véhicules expérimentaux dans trois grandes villes européennes, en vue de fournir une flotte de transports en commun écolo aux grands réseaux urbains. Le développement des batteries au lithium mobilise également des moyens de recherche importants dans le monde entier, ce qui témoigne de l’ampleur du marché potentiel. Ainsi, AVESTOR (Canada/Etats-Unis) s’est lancée dans l’aventure, tandis que la Chine et le Japon inaugurent de nombreux centres de recherche dédiés à cette technologie. On remarquera enfin l’existence d’une jeune entreprise française, Uniross, déjà leader européen de la pile rechargeable. L’entreprise, malgré des difficultés financières engendrées par la rupture de ses lignes de crédit (ce qui fut d’ailleurs largement relayé ces derniers jours par les médias), développe la technologie au lithium-ion en partenariat avec le CEA-Liten, fleuron national de la recherche en matière énergétique. L’entreprise, qui risque la liquidation judiciaire au seul titre de la crise financière, représente pourtant un intérêt stratégique majeur pour l’indépendance énergétique de notre pays…

Les cycles d’investissement dans l’énergie sont, il est vrai, très longs. Mais la France dispose d’une avance technologique certaine dans ce domaine, grâce à des entreprises qui ont su, plus tôt que l’Etat, anticiper la rupture énergétique qui nous guette. Favorisons donc la rupture technologique ! L’avenir n’est plus dans la consommation d’énergie, mais bel et bien dans les énergies positives et les capacités de stockage afférentes. A quand la pile à énergie positive ? 


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8 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 9 décembre 2008 13:20

    La "voiture électrique" ne change rien au sujet de l’approvisionnement en énergie. Il faut bien produire l’électricité.


    • max14z max14z 9 décembre 2008 13:46

      sa fait environ 50ans qu’il ont découvert l’energie libre ( l’éléctro-magnétisme, voir tesla) une énergie non polluante MAIS surtout casiment gratuite pour tous, qui réduirait le pétrole en un mythe...^^(la, les magnats du pétrole et les banquiers internationaux ne pourraient plus s’engraisser sur notre dos... !!!!!) alors forcément il ont éttouffé l’affaire... smiley
      il y a aussi la "fusion froide", (rgardez sur dailymotion !!!), qui fonctionne ac l’eau de votre robinet !!!! mais cet découverte, plus récente, a été renié par la communauté scientifique, qui, ne sachant expliqué le phénomène, a décidé d’ettouffer la découverte, de discréditer et de mettre des batons dans les roues des chercheurs travaillants sur le sujet ! !!!
      ils nous maintiennent dans l’ignorance, il faut dire ce ki est !!
      quand je dit "ils" je parle de "l’élite" qui controle tout, et des gens qui les aident dans leurs taches pour je ne sais quel raison....

      OUVREZ LES YEUX,, car reste aveugle qui ne veut pas voir...^^


      • samregarde samregarde 9 décembre 2008 23:40

         @Forest Ent : Tout à fait d’accord. L’électricité n’est pas une source d’énergie, mais un vecteur. Idem pour l’hydrogène, dans la mesure où il n’existe pas à l’état natif sur notre planète. 
        Jean-Marc Jancovici estime dans son livre "Le plein s’il vous plaît" que pour rouler tout électrique en France, il faudrait doubler le parc nucléaire national. Je laisse à chacun le soin d’apprécier une vision du système étendu au monde entier...

        Je voudrais dans le cadre de ce débat soumettre à votre analyse (que j’estime fort), le petit billet que j’ai déjà placé sur l’un ou l’autre fil d’AV . Jacques Attali trouve l’idée vraiment intéressante, m’a-t-il confié. Voici ce billet :

        "Il apparaît pour tout observateur que nous pourrions être à un moment fort de l’histoire contemporaine La concomitance de plusieurs crises (écologique, énergétique, économique et industrielle), qui peut effrayer en première approche, fournirait néanmoins peut-être l’opportunité rare, sinon unique, de franchir certains caps, à condition de "se retrousser les manches".


        Il existe peut-être une idée qui permettrait, je le crois sincèrement, de régler plusieurs problèmes en même temps. Une idée qui paraît simple, presque simplette, mais dont les conséquences, si l’on y réfléchit attentivement, pourraient être énormes. 
        Il faut préciser que cette idée brise un tabou touchant au progrès via la mobilité, et que par conséquent sa simple évocation suscite de haut cris. 

        Cette idée (j’y viens !), serait de limiter la vitesse de façon drastique (50 ou 60 km/h maximum, y compris sur les autoroutes). 

        Alors bien entendu on imagine déjà les voix de nombreux citoyens hurlant au scandale, à l’utopie, à la régression, à la stupidité, à la caricature verte, etc... ! Et pourtant, si l’on, y réfléchit, cette idée est logique, s’appuie sur des données physique, et aurait beaucoup d’avantages. 

        A noter qu’une telle limitation n’a rien à voir, de par ces conséquences, avec les mesurettes parfois envisagées ici ou là. Pour un certain nombre de raisons évoquées ci-après.

         Il faut d’abord comprendre et considérer que l’augmentation de l’énergie nécessaire pour amener et maintenir un véhicule à une vitesse élevée n’est pas une fonction linéaire de la vitesse. C’est plutôt une fonction exponentielle, qui dépend de la résistance de l’air (laquelle augmente ne façon non linéaire), du poids du véhicule (qui augmente avec le nécessaire surdimensionnement du chassi et du moteur lui-même), de la résistance au roulement (fonction linéaire) et de l’accélération (laquelle augmente de façon non linéaire également) . 

        Une réduction de la vitesse induirait donc une réduction drastique de la puissance des moteurs (électriques, thermiques ou chimiques). Cela aurait plusieurs conséquences. La plus évidente serait une forte réduction des émissions polluantes et/ou de la consommation d’énergie (d’après Jean-Marc Jancovic, il faudrait doubler le parc nucléaire français pour rouler au tout électrique, aux vitesses actuelles s’entend). 

        Une autre conséquence à laquelle on songe moins serait de pouvoir enfin utiliser de nombreuses techniques jusque là restées dans les cartons parce que pas assez performantes pour rivaliser avec les moteur thermique selon les normes de vitesses en vigueur.

        Je passe volontairement sur la diminution du taux d’accident et des économies afférentes, de l’utilisation possible de toutes les routes simples comme routes à plusieurs voies (voitures ou vélos), sur la fluidification du trafic, qui verrait sans doute de nombreux bouchons sauter (la plupart de trajets étant du domicile/travail, le surcoût en temps serait vraisemblablement assez faible), pour passer à un autre avantage, très valable en cette période de criseS. 

        Les pays qui réglementeraient ainsi leur vitesse permettraient aux industriels de se relancer sur un marché complètement nouveau et porteur à terme. Cela satisferait aux exigences écologiques, aux nouvelles donnes de la de consommation des citoyens, permettrait de redéfinir un espace de vie relocalisé et des rapports différents entre les individus (à 50 km/h la vie sociale est différente), et enfin permettrait temporairement un leadership technologique (ce à quoi je suis peu attaché, mais c’est un argument que certains reçoivent prioritairement...)

        Cela s’appelle résoudre plusieurs dilemmes simultanément.


        Au chapitres des inconvénients , on en trouve de nombreux, mais aucun qui ne paraisse inacceptable, et souvents temporaires : 

        La cohabitation de 2 générations de véhicules le temps que les millions d’utilisateurs soint équipés (bien entendu, nos voitures d’aujourd’hui seraient tenues de rouler à 60 aussi). 

        Les problèmes possibles avec les ambulances et autres véhicules d’urgence. 

        La rogne des malheureux routiers déjà contraints de rouler toute la journée pour un salaire pas toujours très élevé ; celle des motards bien entendu (je suis un ex motard, je connais le milieu smiley)

        Le temps passé pour aller en vacance en voiture (mais justement : on n’irait peut être plus en voiture, ou bien le chemin ferait partie des vacances : les vacances, c’est aussi parfois l’aventure). 

        Etc etc... 

        Il va de soit qu’il resterait des véhicules puissants et solides (sinon comment ferait mon carreleur favori pour se déplacer ?), mais cela serait marginal (10 à 15 % du parc), et surtout des véhicules spécifiques pourraient être loués à l’occasion (certains achètent un break pour partir en vacance 2 fois par ans, c’est tout simplement un mauvais calcul...). 

        Mais les nouveaux véhicules seraient quant à eux sans doute plus rustiques, moins chers à l’achat et à l’entretien... 

        En résumé, tout le monde y gagnerait, globalement, avec une telle mesure. Je pense même qu’un monde où la vitesse serait limitée à 50 km/h deviendrait, avec les techniques qui sont les nôtres aujourd’hui, extraordinairement intéressant. et meilleur à vivre. 

        Pour finir ce minuscule plaidoyer, pondu sur le coin du clavier, je voudrais préciser, mais vous le savez déjà, que je ne suis pas technophobe, mais juste rationnel. Et le rationnel conduit aujourd’hui à changer nos comportements en même temps que l’on cherche des solutions techniques"


        Qu’en pensez-vous ?

        • Croa Croa 11 décembre 2008 22:40

          Tu veux casser le commerce !

          Ton idée n’a aucune chance de sortir... Sauf crise gravissime, guerre ou autre révolution !


        • jjwaDal marcoB12 10 décembre 2008 05:42

          La voiture électrique est une réponse si elle n’est pas LA réponse...
          Des véhicules plus petits, de nouveaux matériaux, le développement des
          transports collectifs électriques (bus, tramway, train, etc...), une
          quête d’économies d’énergie sans relâche et l’appel aux renouvelables,
          une combinaison de moyens peuvent faire ce qu’un seul ne pourrait.
          Par ex, à la louche les USA pourrait abreuver en agrocarburants (avec
          les surfaces actuellement utilisés) un grand parc de véhicules hybrides
          à condition de renoncer à la religion des grosses bagnoles.
          Comme un parc automobile met 20 à 30 ans à se renouveler entièrement
          on n’est pas à la minute.


          • samregarde samregarde 10 décembre 2008 09:30

             @ Marco : le moteur électrique fait sans doute partie d’une panoplie de solutions variées.... à conditions
            1) de le rendre compétitif face au moteur thermique
            2) de bien comprendre (il y a sur ce sujet une mésinformation flagrante) que cette electricité devra bien être produite d’une façon ou d’une autre, ce qui décale le problème de production d’énergie/disponibilité des ressources/atteintes éventuelles à l’environnement/atteintes aux populations.

            La solution évoquée plus haut devrait plaire aux américains : ils pourraient relancer une industrie moribonde et obsolète dans la joie du pionnier découvrant le grand ouest...


            • Oliv1 10 décembre 2008 11:48

              @samregarde ;
              Excellente proposition à laquelle j’adhère complètement . Il serait trés utile de chiffrer tout ça pour les avantages ( comme pour les inconvénients mais qui m’apparaissent mineurs ) . 


              • mag-diver mag-diver 10 décembre 2008 17:22

                Le moteur électrique n’est qu’un pis-aller.
                En effet, sur la planéte, l’essentiel de la production d’énergie électrique est basé sur la combustion du charbon. Cette combustion est bien plus émettrice en CO2 que nos centrales nucléaires ou nos installations hydrauliques (dont nous sommes les mieux doté en UE).
                La seule alternative envisageable au niveau de la planéte : c’est une réduction drastique des consommations d’énergie liées au pétrole et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. le pétrole restant peut encore nous servir pour produire les outils qui nous permettront de produire une énergie, plus propre, plus tart. Si nous gaspillons ces derniers barils, nous ne pourrons pas nourrir les 9 milliards d’habitants attendus en 2050. Et cela est bien plus impérieux que de faire rouler dans nos voitures (à l’électricité ou au charbon), 

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