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Santé et climat : les doubles bénéfices de la lutte contre le réchauffement

Les causes du réchauffement de la planète et son existence même sont toujours débattus. Les négateursdu réchauffement sont en infériorité numérique, mais leur voix porte dans le débat. Critiquer sur des bases scientifiques est une chose – saine –, mais les réserves de certains sont souvent employées comme prétexte pour dénigrer le travail des climatologues et comme une raison pour ne pas agir. Quand bien même il n’y aurait pas de consensus entre la grande majorité des spécialistes du climat, quel risque prendrait on à modifier nos comportements ? Posée autrement la question pourrait être : peut-on tirer d’une politique environnementale des bénéfices autres que climatiques ?

A deux semaines du Sommet de Copenhague sur le climat, la revue The lancet a publié mercredi une série de papiers sur les conséquences positives des politiques environnementales sur la santé des populations.

Les chercheurs de l’université de la London school of hygiene and tropical medicine ont estimé “l’espérance de vie corrigée de l’incapacité”1 (DALYs, en anglais) en fonction des politiques environnementales qui pourraient être appliquées en Inde et au Royaume-Uni. Il apparaît que, globalement, il y a un gain d’espérance de vie en bonne santé quand une telle politique est instaurée. Il n’y en revanche pas de rapport entre le nombre de tonnes de gaz à effet de serre qui n’ont pas été rejetées et le nombre d’années sauvées.

Dans le secteur de l’énergie domestique par exemple, une des politiques envisagées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en Inde consiste à remplacer les 150 millions de vieux fours où l’on brûle de la biomasse par des fours à faible émission. “En un an, estiment les auteurs, la politique ferait gagner 12 500 [années de vie en bonne santé ou DALYs] pour une réduction de 0,1 à 0,2 mégatonne des émissions d’équivalent CO2 par million de personnes”.

Autre exemple, les transports. Une politique en faveur des transports en commun urbains couplée à une utilisation de véhicules à faibles émissions offre “les meilleurs bénéfices” en matière de santé publique. Selon les projections des auteurs, cette combinaison ferait gagner 7 439 années à Londres et 12 995 à New Dehli.

C’est une dimension à prendre en compte dans lutte contre le réchauffement et dans les politiques de santé publique. Dans un des articles du dossier la directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan admet que “les décideurs politiques ont été lents à reconnaître que le vrai enjeu du changement climatique c’est son risque d’impact sur la santé humaine et la qualité de la vie”. Ca tombe bien, les “décideurs” ont rendez-vous à Copenhague pour en décider.

Photo : Gilbert R.

 

1 Définition de l’OMS : Mesure d’écart de santé mise au point par l’OMS dans le cadre de l’étude de la “charge mondiale de la morbidité” en vue d’estimer le fardeau d’une maladie pour une population donnée. Les AVCI sont mesurées par rapport à la mortalité et à la morbidité. La morbidité est pondérée en fonction de la gravité de l’affection. Les AVCI équivalent à la somme des années de vie perdues (AVP) à cause de la maladie et des années de vie vécues avec une incapacité (AVI).


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12 réactions à cet article    


  • joletaxi 27 novembre 2009 11:45

    Bravo !belle démonstration.

    C’est ce que l’on appelle pédaler dans la choucroute !
    Vous autres,les grands prêtres de la « poële à frire » ne pouvez-vous pas, comme l’a fait Monbiot,reconnaître une fois pour toute que vous vous êtes faits berné,et j’emploie là un doux euphémisme.
    Ne pouvez-vous pas admettre,même si cela doit vous conduire à revoir votre dogme,que les gens en qui vous aviez(certains l’ont encore apparemment) une confiance aveugle,étaient des bidouilleurs, des pieds nickelés de la sciences ?
    Ne comprenez-vous pas que les sommes invraisemblables qui ont déjà été gaspillées pour cette fable,et qui risquent fort de se voir décuplées,les réglementations absconses qui risquent d« être mises en place vont gravement et pour longtemps affaiblir nos économies déjà mises à mal,et partant notre bien-être à tous ?
    Ah oui, j’oubliais,c’était le but.

    Qui a jamais dit que s’opposer aux mesures sur le CO2 était un permis de polluer ?
    C’est au contraire par le développement,le progrès,l’éducation,la démocratie que l’on pourra espérer lutter efficacement contre les pollutions, la misère,la croissance démographique ;
    pour cela il faut des moyens, il faut de l’énergie, la moins chère possible,et il faut une volonté de progresser.
    Une fois pour toutes, essayer d’avoir la décence de reconnaître que ceci est un scandale,que les bases de toute cette »mantra" que l’on nous matraque depuis 20 ans, étaient trafiquées pour les besoins de la cause,et épargnez nous ces tentatives pathétiques de balayer cela sous la carpette,après on pourra ensemble parler de lutte contre les pollutions, et développement durable.
    Si d’aventures ,demain,une idée comme ça,vous décidiez de m’inviter à une manif pour interdire les bateaux poubelles et tout rejet en mer,j’y viendrais volontiers avec ma cagoule et une barre de fer, car ceci est un scandale écoeurant qui perdure dans l’indifférence totale.
    Et quand j’entend certains de vos affidés réclamer la fin des importations,le commerce de proximité,je suis révolté.Le petit paysan marocain,le planteur du Nicaragua,et j’en passe, ils peuvent crever,tout cela au nom d’une théorie qui ne repose sur rien.Max Havelaar,avec vos délires,il peut pointer à l’ANPE.
    Je suis en colère, non pas à cause de ce scandale,que les initiés suspectaient depuis déjà pas mal de temps, et qui est encore pire que ce que nous imaginions, mais par votre attitude de déni,votre refus de voir,votre aveuglement sectaire.


    • Melchior Griset-Labûche 27 novembre 2009 11:56

      Quel est l’intérêt de la cagoule et de la barre de fer ? C’est décoratif ?


    • joletaxi 27 novembre 2009 12:00

      Voyez- y une image.Sur certains sujets d’écologie,qui ne souffrent pas de contestation, il n’y a selon moi, pas de limites au combat,


    • jcm jcm 27 novembre 2009 13:22

      Désolé Joletaxi, mais à moins que vous souhaitiez une limitation de la population mondiale par des états de santé défectueux (pour lesquels chacun paiera sa quotepart des dépenses induites... ce qui fait, certes, « tourner » l’économie) et des espérances de vie limitées votre raisonnement ne tient pas !

      Si « ...les sommes invraisemblables qui ont déjà été gaspillées... » nous conduisent à prendre des mesures qui, comme l’indique l’article, permettent d’améliorer confort de vie et longévité, ceci dans d’assez vastes proportions, elles n’auront pas été gaspillées, en fin de compte  !

      Mais tout dépend en fin de compte à combien vous estimez le prix d’une vie...


    • JL JL 27 novembre 2009 12:28

      Dénonçons l’amalgame institutionnel qui est fait entre la lutte contre un hypothétique réchauffement climatique et le bottage en touche systématique des problèmes de pollution.

      Plutôt que de récahuffement, il faut parler de dérêglement climatique qui est l’expression qui convient.

      Réchauffement est un mot qui est forcément très lourd de sens : pour les industriels, peu importe que ce soit un réchauffement ou un refroidissement, ce qui compte pour les profits c’est une pensée unique solidement établie à partir de laquelle ils pourront investir en vue de capter des financements et des marchés publics.

      Lutter contre un refroidissement, ils ne sauraient pas faire. En revanche, ils ont déjà plein de projets aussi fous les uns que les autres pour « équiper » la planète !

      Parler de réchauffement climatique est une aberration ! Une de plus !


      • Litha Litha 27 novembre 2009 15:54

        Prendre ses responsabilités d’humains... Non pas d’individus car pour beaucoup le mal à été fait par nos parents ou grands parents.

        Prendre ses responsabilités c’est reconnaitre qu’on a un mauvais comportement avec notre planète et qu’il faut changer cela.

        Bien sur prendre ses responsabilités c’est faire des sacrifices sur nos libertés, mais nos libertés s’arrêtent là ou commence celle des autres et par autre j’entends nos enfants.
        Avec la pollution de co2 nous avons beaucoup plus d’enfant asthmatique, de plus en plus de rhumes des foins, d’allergies.
        La qualité de l’air... Vivant une capitale je sais ce que cela veut dire, je sais que quand trop de voiture roulent on passe dans le rouge... Dans le dangereux.

        Je pourrais fermer les yeux, je pourrais me dire que je ne suis pas responsable, que c’est comme ça et puis c’est tout. Je pourrais laisser nos enfants se débrouiller avec ça comme le font nos parents.
        Mais je refuse. On pourrait faire dire aux chiffres ce qu’ils veulent, il suffit que je regarde dehors pour comprendre, pour voir, pour savoir.

        Notre façon de vivre c’est de prendre, on veut tout, tout de suite et sans penser aux conséquences. Alors il faut que des personnes aillent dans notre sens, nous réconforte, nous dise qu’on a raison de ne pas changer nos habitudes. Et on les croit, on est prêt à sauté sur les premier chiffre mettant en cause ce qui nous a été dit, alors qu’il a fallu des centaines d’études pour qu’on y croit.
        On ne veut pas changer... Nos enfants s’en occuperont n’es-ce pas ?


        • Croa Croa 27 novembre 2009 19:07

          Non Litha, prendre ses responsabilités ce n’est même faire des sacrifices sur nos libertés !

          Sommes-nous libres de consommer à outrance ?
          Sommes-nous libres de suivre la mode dictée par la télévision ?
          Sommes-nous libres tout simplement ?

          Au fond changer pour une vie plus sobre, n’est-ce pas, au contraire une libération ? smiley


        • Lapa Lapa 27 novembre 2009 17:43
          Santé et climat : les doubles bénéfices de la lutte contre le réchauffement

          un contre exemple tout simple :
          le bonus-malus auto qui a été mis en place suite au Grenelle de l’environnement. Pour des raisons de lutte contre le réchauffement climatique il a profondément rendu attractifs les moteurs diesels sur des voitures non dotées de FAP (bonus le plus important).
          Or ces moteurs là sont les plus nocifs pour la santé. Les particules qui en échappent sont considérées comme cancérigènes et de plus sont à l’origine d’un nombre toujours plus importants de déficiences respiratoires, d’allergies et de problèmes pulmonaires.

          Donc non seulement cette politique n’a aucun impact sur le climat, mais en plus elle est parfaitement néfaste pour la santé des citoyens.

          Quand on ne réfléchit plus et qu’on agit par dogmatisme et volonté électoraliste, on arrive à pareil non sens.


          • Croa Croa 27 novembre 2009 19:32

            Ce contre-exemple me parait décalé. Le bonus-malus dont tu parle n’est pas une mesure écolo mais relève d’une récupération environnementaliste destinée à maintenir le marché automobile.

            Les automobiles ne sont pas conçues pour la ville. Toutes sont nocives pour la santé ! Le pire ne provient pas des moteurs diesels mais des deux roues fonctionnant au SP98 (par erreur souvent) à cause du benzène imbrûlé qu’ils rejettent en quantité !

            Bien utilisés, c’est à dire en interurbain quant il n’existe pas d’alternative et à allure modéré, les véhicules à moteurs diesels sont de loin les moins nocifs car ils produisent peu de CO2. De plus ces véhicules pépères sont source de stress atténué, donc meilleurs aussi pour la santé ! CQFD smiley


          • Le péripate Le péripate 27 novembre 2009 20:30

            Pari pascalien : on ne sait pas si l’homme est responsable, mais en se sentant coupable, il s’améliore.

             smiley


            • Stoïque 29 novembre 2009 23:06

              Pollutions et réchauffement climatique ont à peu près les mêmes causes : celles d’une utilisation excessive d’énergies polluantes, de surproductions, de destructions coupables et de gaspillages, sans compter notre nombre d’humains croissant sans que quasiment personne même ne le dénonce y compris parmi ceux qui semblent le plus vouloir le bien des générations futures....

              Que les causes soient naturelles ou humaines, nous constatons tous que nous dégradons notre environnement et donc il parait quand même aberrant de voir une telle insurrection de climatosceptiques (souvent les mêmes cependant...) sur un sujet tel que le réchauffement planétaire qui même s’il n’est pas absolument prouvé aide de toute façon à aller dans le sens d’essayer de limiter des pollutions dont tout le monde est bien conscient. Ces pollutions ont des effets à la fois sur l’atmosphère, nos villes, nos campagnes, notre eau, etc...
              La lutte contre le CO2 est similaire à celle à d’autres époques contre les CFC ou contre les pluies acides... Les origines des maux ne sont pas toujours évidentes pour tout un chacun, mais le résultat des dégats est là devant nos yeux, tous les jours !
              La cause du GIEC va dans le sens vital où doit aller l’humanité : protéger cette boule bleue unique qu’est la Terre pour notre bien et celui de toutes les autres espèces qui y survivent encore.
              L’article de l’auteur est donc plein de bon sens, bien plus que celui de sortir des arguments souvent bidons ou surranés, de chercher la petite bête sur le moindre mot d’un des milliers de scientifiques du GIEC ou un écart de telle ou telle courbe !

              Ou sont les intérêts vitaux ? vers le chipotage ou vers l’essentiel ?
              Quel risque vital fait courir le GIEC.... A part gêner les plus gros pollueurs  ?


              • freelol freelol 2 décembre 2009 10:43

                Tout à fait d’accord, on doit prendre des mesures pour lutter contre les grands problèmes environnementaux lié à l’urbanisation et à la concentration humaine.

                Il faut se dépêcher de consommer moins de pétrole aussi... mais pas à cause du RCA.

                C’est le sang de l’économie et il se tari le jour ou en veut encore plus, mal barré jvous dis

                S’il vous plait arrêtez de nous prendre pour des c...

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