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Accueil du site > Actualités > Environnement > Sécurité de l’approvisionnement électrique, forêt et biodiversité

Sécurité de l’approvisionnement électrique, forêt et biodiversité

Notre pays, nos forêts sont sillonnés de lignes électriques.
Basse, moyenne, haute tension, chacune nécessite des moyens de transports aux caractéristiques différentes.

Le réseau THT (Très Haute Tension, soit 400 Kv) représente 20 000 km de lignes.
Le réseau HT (Haute tension, de 20 KV à 225 KV) compte plus de 660 000 km de lignes et le réseau BT (Basse Tension) tout autant.

Les conséquences sur l’environnement de cette quantité phénoménale de lignes électriques sont quelquefois très importantes, et de nombreux cas ont été médiatisés, en particulier pour deux raisons :

- les impacts sur la santé humaine et animale sont mal connus et le principe de précaution peu ou pas appliqué.

- les sites naturels peuvent être fortement impactés par les lignes moyenne et haute tension.

L’enfouissement des réseaux est très souvent demandé par les écologistes et les populations.
Outre son prix plus élevé que les lignes aériennes, ses conséquences sur l’environnement et la santé restent importantes et mal connues.

Les lignes aériennes sont vulnérables en cas de tempête : en France, la tempête de 1999 a entraîné un surcoût de 30 % rien que pour la mise aux normes des lignes THT afin qu’elles résistent à des vents violents de 170 km/h.

Je voudrais ici vous parler d’un cas particulier qui concerne l’Ile de France, plus précisément la forêt de Sénart.


Poumon vert du sud-est parisien, la forêt de Sénart s’étend sur un plateau ouest de la Brie, entre les vallées de la Seine et de l’Yerres. Sa superficie est d’environ 3 000 hectares.

Elle est aujourd’hui enclavée dans le bassin urbanisé du nord de l’Essonne, à 25 km de Paris, et représente un patrimoine naturel et culturel d’intérêt régional. En effet, c’est un site historique constitué de plus de 800 mares contenant une faune et une flore d’une richesse écologique reconnue, mais qui concentre tous les problèmes d’une forêt périurbaine où s’exercent des demandes variées et souvent contradictoires.

La forêt de Sénart est bordée et traversée par des lignes moyenne et haute tension.

RTE (Réseau de Transport d’Electricité), filiale d’EDF chargée du transport de l’énergie électrique a présenté un projet d’élargissement des emprises sous les lignes HT et THT dans le massif de Sénart.

RTE prévoit de sécuriser 13 km de lignes en forêt de Sénart.

Les travaux entraîneraient l’abattage de 3 200 arbres, dont 600 d’un diamètre de plus de 30 cm, un élagage au niveau des pylônes électriques, et des répercussions sur toute la biodiversité de deux hectares de forêt.

En effet, les lignes aériennes, pour passer en forêt nécessitent un abattage d’arbres à leur création.

Notons ici qu’il en est de même pour l’enfouissement mais sur une largeur beaucoup plus réduite et que la proximité des câbles enterrés vis-à-vis des racines a probablement des conséquences que l’on connait peu.

Le passage en aérien implique donc de réaliser des trouées dans la forêt. De nouvelles lisières sont ainsi créées et des milieux naturels intéressants peuvent s’installer.

C’est le cas en forêt de Sénart où les emprises sous les lignes comportent des landes et des tourbières.

L’abattage d’arbres près des lignes entrainerait ainsi un bouleversement d’un milieu particulièrement riche et précieux d’un point de vue écologique. Une modification des lisières, lieu particulier où la lumière pénètre la forêt sur une certaine profondeur dégraderait elle aussi le milieu naturel.

Le massif de Sénart a été classé en foret de protection en décembre 1995. Ce classement interdit tout défrichement et travaux à l’exception de ceux qui ont pour but de créer des équipements indispensables à la mise en valeur et à la protection de la forêt.


En cette année 2010 de la biodiversité il n’est pas acceptable qu’une telle atteinte à cet espace naturel soit portée sans aucune concertation ni étude d’impact.


Les écologistes des Val d’Yerres et Val de Seine refusent tout abattage et élagage sans que ne soient réalisés au préalable  :

- Une étude d’impact permettant de mesurer précisément les conséquences des travaux sur la faune et la flore. Cette étude devra être accompagnée d’un plan détaillé identifiant les arbres concernés et prévoira toutes les mesures permettant de limiter l’impact des travaux sur le milieu naturel.

- Une concertation par la constitution d’un groupe de travail composé d’associations environnementales des communes environnantes, d’élus et d’agents des services publics concernés.

Ce groupe statuera sur le bien fondé des travaux dont la nécessité impérative sera démontrée préalablement à leur engagement.


- La publication d’un plan de gestion des emprises incluant l’étude d’impact précitée ainsi que la description des pratiques qui seront mises en œuvre après les travaux et dans la durée afin d’assurer l’entretien des emprises sous les lignes électriques.

 

Après une manifestation qui s’est tenue le 27 février, une pétition en ligne a été lancée à destination de Réseau de Transport d’Electricité et de Mr Jean-Louis Borloo ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer.

 Cette pétition se trouve ici : http://lapetition.be/en-ligne/petition-6595.html


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6 réactions à cet article    


  • krolik krolik 7 avril 2010 18:48

    Il est certain que RTE a de l’argent en trop, et pour se distraire décide de construire des lignes...
    Mais que des lignes passent dans des forêts, ce n’est pas nouveau.. et l’influence du 50 hertz sur les racines, je ne l’avais pas encore entendue celle-là..

    @+


    • Gilles Héluin Gilles Héluin 7 avril 2010 20:24

      @ Krolik,

      Dans le cas du projet RTE en forêt de Sénart, il ne s’agit pas de construire de nouvelles lignes, mais de déboiser auprès de lignes existantes.
      L’opposition manifestée est relative au fait que RTE allait réaliser cela sans avoir présenté des éléments précis et vérifiables permettant d’en vérifier la nécessité et de s’assurer que le juste nécessaire serait fait sans porter une atteinte injustifiée au milieu naturel.

      Je n’ai jamais dit que RTE a de l’argent à dépenser à tord et à travers.
      On peut se demander par contre si l’abattage de gros arbres, négociables à prix fort, ne pourrait pas constituer une ressource financière non négligeable.

      Concernant l’influence des câbles enterrés sur les racines, vous n’avez donc rien lu sur ce sujet. Cela ne me surprend pas car peu d’écrits semblent exister.
      Pensez-vous que cela est dû à l’absence d’effet ? En particulier des champs magnétiques et électromagnétiques plus proches de certaines parties de la flore que dans le cas des lignes aériennes ?
      Je ne suis pas sûr ni de l’impact, ni de l’absence d’impact, et la prudence, me semble de mise.
      La chaleur dégagée par les conducteurs enfouis est citée par RTE comme ayant des

      impacts notables sur les milieux naturels, la flore et la faune.
      Lisez à ce sujet : http://www.cotentin-maine.com/faqEnfouissement.htm

    • krolik krolik 7 avril 2010 22:48

      Et bien s’ils veulent déboiser pour protéger un peu mieux un couloir c’est qu’ils ont la frousse qu’avec une tempête les arbres ne mettent à bas les lignes...
      Ils commencent à avoir une expérience grave chez RTE depuis une dizaine d’années.
      Si vous pensez pouvoir accepter facilement une coupure de courant pendant une petite quinzaine de jours, et que tout le monde est d’accord dans votre coin.. il faut leur dire..

      Comme vous l’avez dit il y a des milliers de km de ligne THT et HT en France. Et l’on commencerait à se poser des questions pour la ligne qui traverse votre forêt, qu’aurait-elle de si particulier votre ligne ? Alors que les effets sur les autres millieux n’ont pas provoqué de catastrophe, un impact certe, mais pas de catastrophe...

      @+


      • Gilles Héluin Gilles Héluin 7 avril 2010 23:20

        A vous lire , krolic,il faudrait que nous ne nous préoccupions pas du devenir du milieu naturel sous prétexte de l’importance de l’approvisionnement électrique.
        Si la France voyait une telle indifférence générale, combien de sites naturels seraient détruits ?
        Et bien non. Les activités humaines doivent se faire dans le respect et avec le plus de précautions possible vis à vis de l’environnement.
        3200 arbres c’est important, et heureusement que des écologistes se préoccupent de ce genre de projet et contraignent les exploitants, industriels etc, à avoir un comportement responsable.
        Un impact de ci, de là... ces impacts mis « bout à bout » formeraient une catastrophe, oui.


      • Gilles Héluin Gilles Héluin 8 avril 2010 18:56

        @ Cassino : Ho la caricature !

         

        L’orée du bois…

        J’ai écrit : De nouvelles lisières sont ainsi créées et des milieux naturels intéressants peuvent s’installer.

        Ce sont clairement des milieux très intéressants et riches.

         

        Ne rien faire ?

        Nos demandes sont très claires et ne vont pas dans ce sens.

        Vérifier et statuer sur le bien fondé des travaux c’est tout le contraire de ne rien faire.

        C’est faire, en connaissance de cause, ce qui est nécessaire et juste, dans le respect de l’environnement.

        Publier et mettre en application un plan de gestion, c’est tout le contraire de ne rien faire.

        En foret de Sénart un plan de gestion avait été préparé mais n’a pas aboutit.

        Peut être n’en serions nous pas là si la démarche avait été correctement menée à terme.

         

        Qu’ont à faire ici les barrages et éoliennes ?

        Peut être sur le besoin de réaliser des études d’impacts pour toute réalisation susceptible de porter atteinte à l’environnement ? C’est le cas pour ce type de réalisations, comme pour celui du projet RTE d’abattage d’arbres en forêt de protection.

         

        Quant à dire que les écologistes refusent tout de manière systématique, là encore c’est de la caricature.

         

        Vous avez dit « prise de position maximaliste » ?

        3200 arbres qui tombent au sol, croyez moi, cela fera bien plus de bruit que vos 2 décibels.

        Voyez en ma remarque une moquerie non dissimulée…

         

        Cassino, en essayant de ne pas tomber dans votre grossièreté, je me risque quand même à vous dire que les mouches par chez vous doivent être costaudes pour user de telles pratiques avec 3200 arbres !


      • Croa Croa 7 avril 2010 23:13

        Je confirme : Une ligne THT qui traverse une foret se voit de très haut :
        (Exemple ici, à environ 3km à l’Est d’Hosteins remarquez la saignée Nord-Sud !)
        Forcément qu’il y a un impact !!!

        Les service d’EDF sont de plus, assez sans gêne ! Les bordelais se souviennent et gardent rancune à propos de la traversé de la Garonne : Nous avions payés très cher un beau pont suspendu de 50 m de haut afin que les plus grands voiliers du Monde puissent venir à Bx. Las, ces salauds d’électriciens ont, dix ans après (environ), sans rien dire, posé une ligne qui leur barre désormais le passage smiley ! 

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