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Accueil du site > Actualités > Environnement > Séduisant mais nuisible : le ragondin !

Séduisant mais nuisible : le ragondin !

Il y a quelques jours, mon épouse et moi nous promenions au bord de la Vilaine. Parvenus près de la charmante écluse du Comte, nous avons pu assister à la capture d’un énorme ragondin, piégé dans une solide nasse métallique par deux employés de la ville de Rennes. « Il va finir en pâté », nous a confié l’un des deux hommes en souriant. Des milliers de ragondins sont ainsi détruits chaque année. Malgré leurs incontestables qualités gustatives – si l’on en croit nos piégeurs –, on peut le regretter. Il n’y a, hélas, pas d’autre solution tant les dégâts occasionnés par ces rongeurs prennent chaque année un peu plus d’ampleur. Sans compter les risques sanitaires…

Pour mémoire, rappelons que le ragondin est un rongeur semi-aquatique herbivore appartenant au genre myocastor et dont le poids peut atteindre 6 kilos. Parfois dénommé castor des marais ou castor d’Argentine, il est, comme l’indique cette appellation, originaire d’Amérique du Sud. Le ragondin a été introduit en France au cours du 19e siècle pour constituer des élevages destinés au commerce des fourrures, son pelage étant alors très prisé. Nul ne sait si cet animal est retourné à l’état sauvage dans nos contrées de façon accidentelle ou volontaire.

De nos jours, les spécialistes estiment que le ragondin a colonisé plus de 80% du territoire national. Seules les régions montagneuses et l’extrême nord de la France échappent encore à l’invasion des espaces aquatiques par cet animal peu craintif. Une colonisation heureusement freinée par les hivers les plus rigoureux qui augmentent leur mortalité naturelle, mais a contrario facilitée par l’absence quasi-totale de prédateurs, la France n’étant pas – sauf erreur de ma part – caractérisée par sa population de caïmans, de jaguars ou d’anacondas ! Le seul véritable risque concerne les jeunes ragondins, exposés au bec acéré des pygargues ou des grands-ducs mais aussi aux crocs carnassiers des fouines et des martres. Sachant qu’un couple de ragondins peut, en deux ans, engendrer une descendance théorique de plusieurs dizaines d’individus (la maturité sexuelle est atteinte en moins de 6 mois !), on prend très vite la mesure du danger. 

Un double danger écologique et sanitaire

Les dégâts causés par les ragondins sont incontestables dans les rivières et les marais où ils détruisent les plantes aquatiques dont ils sont friands ainsi que les superbes roselières où nichent de nombreuses espèces d’oiseaux. Mais c’est sur les digues et les chaussées d’étang qu’ils provoquent les plus gros dommages par le creusement de galeries qui peuvent atteindre plusieurs mètres de longueur et minent les rives avant de provoquer leur effondrement.

Les ragondins mettent ainsi en péril non seulement les équilibres écologiques dans leur zone d’habitat mais aussi l’exploitation de fermes piscicoles ou d’espaces préservés ainsi que les routes établies sur des digues ou les canalisations qui les bordent. Et cela sans compter les dégâts qu’ils occasionnent aux cultures voisines, notamment maraîchères et céréalières. Sachant qu’un ragondin consomme chaque jour 30 à 40% de son poids en végétaux, on imagine sans mal les dommages qu’ils peuvent infliger aux parcelles proches de leurs terriers.

Autre volet du danger provoqué par la prolifération des ragondins : le risque de leptospirose dont ils peuvent être les vecteurs à la fois pour l’homme et pour le chien. Une menace qui ne doit pas être prise à la légère : la leptospirose est une maladie infectieuse grave transmise par les bacilles présents dans les urines du ragondin. Elle se communique à l’homme ou au chien par un contact de ces urines ou de végétaux souillés avec les muqueuses ou des plaies mal protégées. On recense environ 300 cas de leptospirose chaque année en France dont plusieurs mortels !

Condamnés à vivre avec eux

Durant des années, les ragondins ont été éliminés par empoisonnement. Une méthode qui, fort heureusement, a été récemment interdite car elle n’était pas sélective et détruisait de nombreux animaux utiles, voire des animaux domestiques. Désormais ne sont plus utilisés que les tirs de régulation et surtout le piégeage à l’aide de cages appâtées qui donnent d’excellents résultats sans risque pour les autres animaux.

Des résultats toutefois impuissants à éradiquer une menace qui a trop longtemps été prise à la légère pour que l’on puisse enrayer la propagation de l’animal sur le territoire. Qu’on le veuille ou non, nous sommes donc condamnés à vivre avec le ragondin dont nous devrons, année après année, limiter sans cesse la population malgré le coût que cela représente pour les collectivités locales.

Une chose est sûre : ce ne sont pas nos enfants qui se plaindront de la présence de cet animal tant ils sont fascinés par la vue de cet énorme rat débonnaire, aperçu au détour d’un chemin ou sur les rives d’un marais. Personnellement, j’en ai vu à plusieurs reprises en diverses régions de France, les plus nombreux dans le delta de l’Eyre et les réservoirs à poissons du bassin d’Arcachon.

Dommage qu’il s’agisse d’un nuisible ! 


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83 réactions à cet article    


  • Allain Jules Allain Jules 2 mars 2009 10:30

    @Fergus,

    Bonjour.

    Merci pour cette lumière sur le ragondin. Il est vraiment nuisible. C’est dommage. Mais, ne faut-il pas justement reprendre sa chasse pour la fourrure ? Ba’rdot ne s’en plaidra pas.

    Un petit oubli sous la partie : Un double danger écologique et sanitaire "aquatiques dont ils friands" SONT 


    Bien à vous !





    • Fergus fergus 2 mars 2009 10:47

      Bonjour. Je n’ai pas eu de réponse des piégeurs sur ce que devient la fourrure des animaux euthanasiés. Peut-être ont-ils la possibilité de la récupérer à leur profit, à l’instar des employés d’aéroport avec les ciseaux et les couteaux saisis lors de l’accès en zone d’embarquement. Si quelqu’un a la réponse, cela m’intéresse.


    • ARFF 2 mars 2009 10:57

      animaux nuisibles, inutiles et destructeurs...

      hey mais ça ressemble exactement à l’idee que je me fais des hommes ...

      Sauf que oula pas touche au sacrosaint etre humain qui detruit tout sur son passage et declare ensuite que les ragondins ( ou autres) sont nuisibles.

      super les gars je vois que votre cerveau n’est pas pret d’inventer un monde nouveau...




    • Fergus fergus 2 mars 2009 11:06

      Vous avez raison sur le fond, ARFF, l’homme est en effet le principal nuisible de la planète.

      Ce constat fait, vous n’apportez pas de solution et vous oubliez que le ragondin pose chez nous dans les zones aquatiques un problème comparable au lapin géant d’Australie ou à d’autres espèces animales importées ici et là dans des biotopes dont ils ne sont pas originaires et OU ILS N’ONT PAS DE PREDATEUR NATUREL.

      Faute de régulation et compte tenu du nombre de portées annuelles, la prolifération des ragondins deviendrait très une catastrophe écologique pour nos territoires, qu’ils soient naturels ou aménagés. L’homme joue ici le rôle du puma ou caïman pour maintenir le fragile équilibre existant, rien de plus.


    • Romain Desbois 2 mars 2009 17:27

      Qui décrète qui est nuisible qui est utile !
      A-t-on le droit de vivre uniquement que lorsque l’on a une utilité ? Tous les propos et débats phylosophiques sur l’altruisme, la solidarité, l’entraide, l’amour, l’anti racisme,etc.... qui nous motivent souvent en ce lieu ne seraient que pure hypocrisie ? smiley


    • Romain Desbois 2 mars 2009 17:35

      Vous ne parlez que de profit et c’est le ton de votre article qui ne justifie que par un profit direct ou direct à .... L’humain.

      De plus arguer qu’il n’y a pas d’autres solutions est une excuse bien facile qui a l’avantage de ne rien régler mais assouvi nos plus bas instincts qui éloignent un peu plus l’homme de son humanité (au sens large).

      C’est bien ce genre de processus intellectuel qui a mené toutes les exterminations d’humains par d’autres catégories qu’il faut bien aussi nommés humains.


    • Fergus fergus 2 mars 2009 18:51

      Contrairement à ce que vous pensez, je suis un fervent défenseur de la vie animale, Romain et je prends beaucoup de plaisir lors de mes randonnées, notamment en montagne, à observer et photographier les bêtes, des grands mammifères jusqu’aux plus humbles insectes.

      Mais je ne suis pas d’accord pour autant avec vos messages car ils méconnaissent une réalité de péril de l’existant qui n’est en aucun cas basée sur le seul profit. A vous lire il faudrait laisser faire et constater ce qui se produit sans rien tenter pour enrayer un processus qui aboutirait, tous les spécialistes sont d’accord sur ce point, à bouleverser les équilibres des zones humides.

      La réintroduction du loup ou celle du lynx peuvent se faire sans trop de danger car ces animaux n’ont pas un taux de fécondité galopant comme le ragondin, et ils prennent place dans les biotopes sans en modifier profondément les équilibres. Que vous le vouliez ou non, il arrive un moment, surtout lorsqu’il s’agit d’un animal introduit sans précaution et privé de prédateurs, où la régulation devient une urgente nécessité. Le cas va d’ailleurs se poser très vite pour un autre animal, magnifique et dont j’ai suivi la réintroduction en France : le vautour fauve dont les colonies deviennent pléthoriques au point que, poussé par la faim, il en oublie ses moeurs de charognard pour attaquer des animaux vivants. J’y consacrerai un prochain article.

      Un mot pour finir : j’ai parlé de régulation, en aucun cas d’éradication.


    • Romain Desbois 2 mars 2009 19:42

      Je suis contre le réintroduction de quelques espèces que ce soit. Si elle doit se faire qu’elle se fasse naturellment (le loup dans les alpes par exemple).

      La régulation je suis pour mais il ya d’autres façons de faire que l’extermination. La stérilisation, la contraception, le déplacement de colonies ou de quelques spécimens en surnombre, le répulsif sont autant de pistes que l’on peut explorer.

      Celà me fait penser à ces milliers de renard exterminés sous prétexte de lutter contre la rage. Celà ne résolvait rien et tous les ans ils fallait recommencer. Finalement c’est la distribution de nourriture contenant un vaccin qui a éradiqué la rage en France.

      Je ne nie pas les dangers des galeries des ragondins , fragilisant les berges. Mais depuis des années que l’on régule à la sauvage, l’on ne résoud rien. non seulement la méthode est cruelle, spéciste mais elle est inefficace.

      Personne ne s’est démandé pourquoi par exemple il faut constamment acheter des insecticides ?
      Parceque tout simplement c’est une rente de situation pour ces producteurs de poison. ALors que des répulsifs et des contraceptifs résoudraient trop vite le problème.


    • Fergus fergus 2 mars 2009 19:56

      Vous oubliez que le ragondin et le castor sont très proches l’un de l’autre et vivent dans les mêmes habitats. D’où la difficulté d’agir autrement que par le piégeage en vue d’euthanasie, sauf à risquer d’atteindre le castor comme cela s’est déjà produit lors de campagnes contre le ragondin mais aussi le rat musqué.

      Quant à déplacer des colonies de ragondins en surnombre, c’est malheureusement impossible en raison de leur nombre pléthorique et du fait que cela reviendrait à "contaminer" une région moins atteinte ou pas encore touchée par la propagation. A titre d’exemple pour mesurer le nombre et la difficulté d’un transfert, je rappelais dans un autre commentaire que 5000 (!) ragondins sont détruits chaque année dans la seule Brière. Et sous la responsabilité de personnes parfaitement respectueuses de la nature et de la vie animale : les gardes du Parc !


    • ben ben 3 mars 2009 08:02

      En tout cas on repère rapidement les nuisibles dans ce genre de débat...


    • Christoff_M Christoff_M 5 mars 2009 04:13

       aux contradicteurs quand vous vous effondrerez dans un trou au bord d’un étang ou sur une petit route entourée de fossé, on rira bien en disant le bon écolo citadin non conscient des conséquences du pullulement des ragondins qui est tombé dans le trou de son ignorance !!

      heureusement les maires et les chassuers prennent des mesures pendant que les bobos revent !!


    • morice morice 2 mars 2009 11:14

       j’ai vécu mon enfance au bord de l’aa, et j’en ai vu des ragondins : pour un gamin, c’est un énorme "monstre" en effet, merci pour ce texte !


      • Fergus fergus 2 mars 2009 11:28

        Je croyais que le ragondin n’avait atteint les rives de l’Aa que durant la dernière décennie. Précisons pour ceux qui ne connaissent pas la région que l’Aa est un fleuve côtier (très connu des cruciverbistes) qui prend sa source en amont de Saint-Omer et se jette en mer sous les remparts de Gravelines. Une région méconnue et pourtant intéressante à bien des titres. Y compris pour l’observation des ragondins !


      • K K 2 mars 2009 16:50

        Ils sont presents en Normandie depuis plus de 30-40 ans donc on peut supposer qu’ils ont atteint Saint Omer a peu pres a la meme epoque.


      • Fergus fergus 3 mars 2009 10:00

        Renseignement pris, c’est en effet possible. A moins qu’il ne se soit agi de rats musqués, originaires d’Amérique du Nord et dont la prolifération en France est intervenue plus tôt que celle de leurs cousins sud-américains dont la colonisation du territoire, commencée durant les années 30, n’a véritablement explosé que durant les années 60.

        A titre indicatif, le rat musqué est arrivé en Brière dans les années 60, soit une quinzaine d’années avant le ragondin dont la propagation a commencé dans ces marais à la fin des années 70. Depuis, la colonisation du territoire a été constante. Les premiers ragondins n’ont toutefois atteint le nord Cotentin que durant les années 90. Mais des ragondins étaient déjà signalés dans le Pas-de-Calais dès les années 80 !


      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 2 mars 2009 11:31

        	 	 	 	 	 	

         

         

         

        Je reproche surtout au pouvoir publics le manque d’information ( panneaux affiches ) sur les lieux fréquentés par les ragondins, à savoir les dangers sur l’homme par la leptospirose.

        Pour info, juste une goutte d’eau ( polluée par le germe de la leptospirose )dans l’oeil , ou le contact sur une petite écorchure peut entraîner une contamination de la maladie.

        Voir mon article :

         

        http://www.naturavox.fr/Etangs-de-Villepey-Frejus-et-si-les-ragondins-etaient-porteurs-de-la-leptospirose.html

         

         

        @+ P@py


        • Fergus fergus 2 mars 2009 11:49

          Merci P@py pour ce lien, très intéressant et très complet, avec un article qui m’avait échappé lors de sa publication.

          Concernant l’affichage d’une mise en garde, je vous rejoins tout à fait pour les lieux humides qui servent au pique-nique, aux jeux et
          a fortiori à la baignade. Et comme à Villepey, je n’ai jamais vu le moindre panneau d’avertissement sur les plans d’eau de Bretagne où le ragondin est pourtant  présent ou sur ceux du sud-ouest où il pullule carrément en certains lieux. A l’évidence, il s’agit là d’une lacune regrettable qu’il conviendrait de combler.

          Cela dit, il ne faut pas non plus exagérer comme le font certains les risques de leptospirose. L’Institut Pasteur en reconnaît approximativement 300 par an, ce qui est un chiffre faible dans un pays où la maladie est en outre plutôt bien traitée. A cet égard, les décès sont rares, et en tout état de cause leur nombre est très inférieur au chiffre de 10% des cas recensés comme l’écrivent ici et là des rédacteurs alarmistes qui se basent sur la mortalité des pays en voie de développement où ce taux est atteint et parfois dépassé. Mais vous avez raison, inutile de prendre des risques et surtout d’en faire prendre à nos enfants.


        • LE CHAT LE CHAT 2 mars 2009 11:39

          salut Fergus, les ragondins sont très courants et très peu farouches ici à Fos sur mer . On peut les approcher à quelques mètres seulement . peut être pourra t on introduire le caiman dans les étangs et canaux de Provence avec le réchauffement pour limiter leurs populations ? smiley je déconne , eux non plus n’auraient pas de prédateur ... Il est toujours risqué d’introduire des espèces , elles deviennent souvent invasives , comme les ecrevisses américaines , la grenouille taureau , le ragondin.... . Ici en camargue , on commence à voir les hérons pique boeuf venus d’Afrique..


          • Fergus fergus 2 mars 2009 11:58

            Bonjour et merci pour votre commentaire, Le Chat.

            Le fait est que le ragondin est peu farouche et qu’il se laisse observer de très près. Dernièrement encore j’en ai vu un qui broutait tranquillement à quelques mètres du Stade Rennais. Et ils sont très nombreux dans les prés salés du bassin d’Arcachon ou dans les zones humides des monts d’Arrée.

            Introduire le caïman, c’est déjà fait en politique, mais la version française de cet animal se nourrit peu de ragondins.

            Cela dit sans plaisanter, vous avez raison concernant les autres espèces exogènes qui ont été importées chez nous sans que l’on mesure les conséquences de leur apport. Sans doute ne sommes-nous qu’au début de profonds bouleversements écologiques liés à ces modifications des équilibres animaliers et à leur impact sur la végétation.


          • LE CHAT LE CHAT 2 mars 2009 13:27

            j’ai vu un excellent documentaire à ce sujet ,Strange days on the planet earth , invaders , présenté par l’acteur Edward Norton , qui pose très bien le problème des espèces invasives , qu’elles soient animales ou végétales . terrifiant !
            http://www.pbs.org/strangedays/episodes/invaders/experts/index.html


          • Fergus fergus 2 mars 2009 12:58

            Je vous assure, Actias, que la capture de ragondins et les tirs ordonnés par les préfectures sont les ultimes recours contre la prolifération, les dispositifs comme l’empoisonnement ou la contraception par le moyen d’appâts ayant échoué car destructeurs d’autres espèces pouvant avoir accès à ces appâts.

            Pour le reste, je vous renvoie à la réponse que j’ai faite à ARFF à 11 h 06.


          • K K 2 mars 2009 23:44

            Actias est volontaire pour aller leur mettre des preservatifs des qu’ils en ont besoin. Ainsi plus besoin de les massacrer. C’est vrai qu’ils sont mignons ces gros rongeurs.


          • ben ben 3 mars 2009 08:07

            @Actias et aux autres qui hurlent des conneries du genre : "Les humains sont LA principale catastrophe ecologique".

            Et bien suicidez vous !
            Ca fera autant de nuisibles en moins !


          • Yoann Yoann 6 avril 2011 11:57

            Pas mieux Actias, c’est bien les humains le problème ...
            Moi je les aime bien ces petites bêtes tant qu’elles sont régulées par le puma bien entendu smiley


          • Parpaillot Parpaillot 2 mars 2009 12:35

            Bonjour Fergus !

            Merci pour cet article intéressant qui nous rend attentifs au fait que l’équilibre écologique est fragile et que toute atteinte à l’environnement est susceptible de provoquer des dégâts majeurs sur la nature, et d’affecter aussi la chaîne alimentaire...

            S’agissant des ragondins, on peut en observer le long des rives du Cher à Tours. Ils y pullulent et les gens les nourrissent. Une connaissance me témoignait avoir mangé du pâté de ragondin. L’avenir économique n’étant pas particulièrement brillant, peut-être serons-nous contraints de manger du ragondin accompagné de rutabagas ou autres topinambours ...  smiley

            Autres exemples malheureux d’atteintes à l’environnement :

            Les mesures prises il y a quelques années en Franche-Comté pour éradiquer l’invasion de campagnols terrestres a eu des effets catastrophiques sur la chaîne alimentaire. L’utilisation de Bromadiolone, un anticoagulant puissant, pour éliminer ce petit rongeur hémophile, a également provoqué de gros dégâts sur la population des sangliers qui constituent l’un des principaux prédateurs du campagnol, avec le renard et le faucon crécerelle.

            D’autres exemples d’introductions, accidentelles ou non, d’espèces animales et végétales exotiques peuvent être citées.
            L’introduction des lapins, des chevaux et des dromadaires en Australie a eu des conséquences parfois castrophiques sur l’environnement.

            De même les tortues de Floride, relâchées dans les étangs européens détruisent la faune locale et éliminent l’espèce locale : la cistude.

            Certaines plantes introduites accidentellement en Europe sont également des hôtes indésirables voire dangereux, telles l’ambroisie originaire du Canada qui est très allergène, la grande berce du Caucase qui provoque de graves lésions cutanées, etc.

            L’histoire nous enseigne que la nature est fragile ...

            Cordialement !


            • Fergus fergus 2 mars 2009 12:49

              Bonjour et merci à vous, Parpaillot, pour ce commentaire détaillé et pertinent.

              Comme vous l’avez souligné, l’emploi de poisons ou d’anticoagulants est dangereux car il ne touche pas uniquement l’animal dont on veut limiter la population, mais toute la chaîne alimentaire dont il fait partie ou des animaux de moeurs proches qui ne sont pas répertoriés comme "nuisibles".

              Et comme vous l’avez signalé, le problème posé par l’introduction d’espèces exogènes ne se limite pas au monde animal, l’ambroisie en constitue à cet égard un excellent exemple.


            • Epeire 2 mars 2009 14:29

              Cela dit, pour remettre les choses en perspective, les trois quart du temps, l’introduction de nouvelles espèces se fait sans trop de heurt, simplement pour nous elles sont moins visible.
              (’Videmment, ça ne compense pas du tout les dégâts de celles qui posent problème)

              On cherche toujours des solutions, parfois ça marche (nombre de parasites d’insectes spécifiques ont été importé pour lutter contre l’absence de prédateur indigènes) et d’autres fois, c’est pire (renard en Australie pour se débarasser des lapins).

              On continue, à l’heure actuelle, de chercher des solutions à ces espèces invasives, mais l’écologie appliquée n’est pas forcément très au point...


            • Fergus fergus 2 mars 2009 15:10

              Oui, Epeire. d’où l’intérêt, lorsque l’introduction est volontaire, d’en étudier l’impact dans un espace confiné durant le temps nécessaire.
              Autrement dit, appliquer un principe de précaution (et de bon sens) à tout ce qui peut sensiblement modifier l’équilibre d’un milieu naturel.


            • Epeire 2 mars 2009 15:20

              Hélas, un espace confiné ? C’est illusoire. On ne peut pas déterminer précisément à l’avance la réaction d’un organisme à son nouvel environnement (à moins peut-être de mettre une zone sous cloche et de l’y laisser gambander, puis de tout détruire par le feu si les résultats ne sont pas satisfaisant...)

              En plus beaucoup d’espèces font l’objet d’introduction involontaire : cas de la Caulerpa taxifolia (la fameuse "algue tueuse" échapée d’un aquarium de Monaco). Plusieurs tentatives ont été faites pour s’en débarasser, dont l’introduction de l’un de ses prédateurs naturels, un mollusque. Celui-ci ne s’est jamais vraiment développé en Méditéranné, j’en ignore la raison.
              Cela dit tout n’est pas forcément négatif : les poissons commencent à s’adapter à son goût et à la manger, de fait sa dangerosité a sans doute été surévaluée. Elle pourrait très bien finir par atteindre (mais au bout de combien de temps ?) une place plus régulée dans la Mare Nostrum.


            • brieli67 2 mars 2009 17:34

              L’amiral COUSTEAU...
              le grand poissonnier qu’on sait et le grand pilleur d’épaves en mer qu’on ne sait pas

              Un procès EST en cours depuis une quinzaine d’années.
              Il ne restera plus grand chose de la Principauté... Les bâtisses de Monte-Carlo ne suffiront..




























































































            • Patapom Patapom 2 mars 2009 12:44

              "Il n’y a, hélas, pas d’autre solution tant les dégâts occasionnés par ces rongeurs prennent chaque année un peu plus d’ampleur."

              Hahaha ! Si on devait appliquer le même principe à l’homme, ça ferait bien longtemps qu’on aurait dû "finir en pâté"... Pauvres bêtes... smiley


              • thirqual 2 mars 2009 12:46

                Mon ancien chat, une espèce de maboul gras du bide, en ramenait de temps en temps dans le garage pour les bouffer en partie... forcément, n’étant qu’à moitié plus lourd il arrivait pas à finir et laissait un foutoir pas croyable. La première fois, ce fut une grosse surprise, mais ça a permis de comprendre d’où venaient certaines entailles avec lesquelles il revenait et qui ne ressemblaient pas aux traces laissées lors des habituelles joutes félines.


                • Fergus fergus 2 mars 2009 13:04

                  Sans doute s’agissait-il de jeunes ragondins car l’adulte peut dépasser les 70 cm de long sans la queue. Comme dit le proverbe, votre chat avait « les yeux plus gros que le ventre » !


                • Yohan Yohan 2 mars 2009 12:54

                  Tout est relatif. IL y en a une pelleté sur les bords de Marne, j’en vois à chaque fois que je passe à vélo. Pour l’heure, tout le monde leur fiche la paix. Et ça durera tant qu’il n’y aura pas de cas de leptospirose.


                  • Fergus fergus 2 mars 2009 13:07

                    Salut Yohan.
                    En effet : tant qu’il n’y aura pas eu de cas de leptospirose ou tant que les berges ne se seront pas effondrées, car les dégâts peuvent être réellement spectaculaires. Le pire est qu’à chaque fois, les élus locaux sont étonnés !


                  • maxim maxim 2 mars 2009 13:41

                    à Fontaine le Port en Seine et Marne ,dans un petit ruisseau qui se jette dans la Seine ,il y en a toute une colonie ,les gens leur apportent du pain et plein d’autre trucs à bouffer !

                    ils sont bien nourris ceux là ,bien gras ,de vrais beaux morceaux ,de quoi faire des manteaux de fourrures à toute la population du village ....

                    c’est trop gentil ,même si ça fait quelques dégats ,perso ,j’aurais jamais le coeur d’en trucider un ! 

                    et puis ils me rappellent trop mon chat ,un gros matou de 12 kilos !


                    • Fergus fergus 2 mars 2009 15:38

                      Personnellement, j’aime bien le spectacle des ragondins. mais il faut reconnaître que si les dégâts qu’ils occasionnent à Fontaine-le-Port sont peu gênants, il n’en va pas de même partout.

                      Pour ne prendre que deux cas situés aux extrémités du pays, la présence du ragondin est devenue un véritable fléau pour le millier d’étangs de la Dombes (Ain) et pour les marais de la Brière (Loire-Atlantique) où, chaque année, environ 5000 ragondins doivent être détruits pour maintenir les équilibres écologiques du Parc Naturel Régional.


                    • Epeire 2 mars 2009 13:58

                      Dans le genre, il y a une autre maladie encore plus charmante que la leptospirose :

                      c’est l’infection provoquée par les oeufs d’Echinocoque, l’echinococcose donc.
                      de la famille du ténia, la bête se reproduit comme ceci :

                      _expulsion des oeufs dans l’environnement
                      _absorbtion par un herbivore par le biais de végétaux souillés (herbes et pissenlit, mais aussi mures... ce qu’on trouve au ras du sol)
                      _les oeufs éclosent, les larves passent dans la circulation sanguine et s’enkyste dans un organe (muscles, foie, plus rarement poumons, voir le cerveau) : pour se préserver du corps étranger l’hôte produit une membrane isolante. La larve attend donc que l’animal soit boulotté par un prédateur pour y finir son cycle. Là où ça va poser problème, c’est que Echinocoque est capable de multiplication asexué dans le kyste, jusqu’à ce que celui-ci atteignent parfois la taille d’une tête d’enfant et éclate, déclenchant hémorragie ou septicémie (vous avez vu Alien ?)

                      Si je vous raconte ça, eh bien il semblerait que cette maladie affecte le ragondin (voir ce rapport) Le parasite adulte dans les intestins n’est pas très dangereux (ça relève surtout du pique-assiette) et meurt dans la viande cuite, mais le problème viendrait plutôt des oeufs redéposés sur les baies par les prédateurs du ragondin.

                      La bonne nouvelle, c’est qu’il y a nettement moins de porteur que pour la leptospirose.


                      • Fergus fergus 2 mars 2009 15:27

                        Vous avez raison, Epeire. Et non seulement le ragondin peut être vecteur de cette charmante bestiole, mais également d’un autre ver parasite trématode, la douve du foie, qui engendre une maladie caractérisée par de terribles douleurs du foie. L’un de mes ex-collègues a eu la malchance d’être contaminé par du cresson et je peux vous dire qu’il a salement dégusté.


                      • Talion Talion 2 mars 2009 22:41

                        Charmant parasite... Ca donne presque fin cette description !...

                        Surtout la partie avec la tête qui éclate et les vers qui grouillent... (Je prie pour que ça ait été une blague !)

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