Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Environnement > Un mode de financement des énergies renouvelables enfin crédible

Un mode de financement des énergies renouvelables enfin crédible

Stéphane Cossé, maître de conférences à l'IEP Paris, Christophe Droguère, expert dans le secteur de l'énergie, et Yann Wehrling, porte-parole du Modem, argumentent en faveur d'un nouveau mode de financement des énergies renouvelables. 

Alors que l'actualité japonaise témoigne des limites de l'énergie nucléaire et contraint le monde entier à remettre la question du nucléaire à l'agenda politique, au moins en matière de débats publics ; 

Alors que des Etats, dont la France, doivent tenir leurs engagements en matière de développement des énergies renouvelables (20% d'ici 2020 si ce n'est 30% comme le souhaitent un groupe de 7 Etats membres de l'UE) dans le cadre de la lutte contre le changement climatique ;

Alors que notre économie est en crise et que nous avons besoin de leviers favorables à une croissance "verte", parmi lesquels figurent évidemment la création d' emplois dans les secteurs des énergies durables ;

Nous devrions être attentifs à l'appel lancé par Stéphane Cossé, maître de conf à Sciences Po Paris, Christophe Droguère, expert dans le secteur de l'énergie, Yann Wehrling, porte-parole du Modem, qui argumentent, dans un article commun paru sur lemonde.fr le 17 mars, pour un nouveau mode de financemenent des énergies renouvelables.

Ils notent que la part des énergies renouvelables est appelée à augmenter dans notre mix énergétique. Ils affirment qu'elles "coûtent chers", dans une période où "nos finances publiques sont exangues" et où "la Cour des comptes vient d'ailleurs de s'interroger sur l'opportunité de faire reposer sur le seul consommateur d'électricité le financement du développement des énergies renouvelables". Nous, consommateurs, ne pouvons au passage que saluer ici la clairvoyance de la Cour des comptes...

Pourtant, dans leur "Point de vue", les partisans d'un nouveau mode de financement pour les énergies renouvelables, rappellent que : 

  •  "A ce stade, le coût supplémentaire induit par les énergies de source renouvelable est en effet financé par les consommateurs sur leur facture d'électricité" ;
  • "L'éolien coût moitié plus cher que l'électricité vendue sur le marché, et le photovoltaïque 4 à 5 fois plus cher" ; 
  • "Pour compenser cette différence, EDF rachète l'électricité venant des énergies renouvelables, mais reçoit une subvention, via la contribution aux charges de service public de l'électricité (CSPE), équivalent à la différence entre le prix de rachat et le prix de marché" ;
  • "La CSPE, qui constitue de facto une taxe indirecte pour financer les énergies renouvelables, est imputée directement sur la facture des consommateurs".

Ils donnent des chiffres intéressants sur "les surcoût d'achats" des éneriges renouvelables :

  • "Ils devraient selon les estimations passer de 0,4% de la CSPE en 2009 à 26,4% en 2011, soit un accroissement d'environ 1,3 milliard d'euros. Deux fois le coût du bouclier fiscal ! " ;
  • "Ces surcoûts pourraient atteindre 5 milliards d'euros en 2020".

On comprend tout de suite que "cela pose donc un vrai problème de finances publiques".

Stéphane Cossé, Christophe Droguère et Yann Wehrling proposent donc, pour parvenir à "plus de transparence", notant que "la CSPE s'élabore en effet en dehors du droit commun de l'autorisation et du contrpole du Parlement en matière d'imposition" : 

  • que le gouvernement fasse "son maximum pour concilier l'objectif de développement des énergies renouvelables et d'une filière industrielle et celui de le faire à moindre coût". Ils jugeraient anormal que "des subventions excessives soient versées aux énergéticiens au détriment des particuliers et des PME". Ils appellent à ce que la filière soit soutenue "au juste prix" tout en rappelant que "l'objectif pour les principales énergies renouvelables est au minimum d'arriver d'ici 2020 à la "parité réseau", autrement dit, "sans subventions".
  • de "faire figurer toute contribution spécifique dédiée au financement des énergies renouvelables en dehors de la CSPE, et ainsi montrer aux Français le coût réel du financement des choix énergétiques d'avenir". 
  • de faire participer "au financement des énergies renouvelables" les "producteurs, ou les consommateurs, d'énergies les plus carbonées". Ils avancent l'idée de "mutualiser l'atteinte d'un objectif commun de politique énergétique, plutôt que taxer le seul consommateur d'électricité". 

Pour être plus précis, il ne s'agit pas de "faire renaître la taxe carbone, dont les écueils [...] ont contribué à l'abandon", mais il s'agit d'"élargir l'assiette de contribution" à partir des deux pistes suivantes : 

  • la mise en place d'un " "malus" sur la consommation d'électricité en période de pointe" : selon les experts, "cela permettrait de garder un financement en lien avec la consommation d'électricité tout en pénalisation de façon plus juste la production électrique "carbonée", fondée sur le fuel, le charbon et le gaz, qui est plus élevée aux heures de pointe."
  • l'affectation d' "une part substantielle des quotas de CO2, qui seront payants dès 2013 pour les entreprises émettrices, à un fond destiné à financer les énergies renouvelables."

Un nouveau mode de financement des énergies renouvelables semble aussi souhaitable que possible. Il serait dommage de ne pas prendre ces idées en compte alors que les filières énergétiques mondiale, européenne et française se réorganisent.


Moyenne des avis sur cet article :  4.47/5   (15 votes)




Réagissez à l'article

10 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 23 mars 2011 10:22

    Tout cela est intéressant mais le gouvernement a d’ores et déjà pris une autre voie : augmenter jusqu’à 37 % (en 5 ans) le prix de l’électricité pour tous et, puisqu’il va privatiser le secteur, le prix augmentera encore bien plus quand les gens avides de profits juteux s’en occuperont.


    • joletaxi 23 mars 2011 10:56

      Comme toujours avec les « verts », du blabla ésotérique pour tenter de cacher une réalité bien tangible :

      le renouvelable va faire exploser votre facture d’électricité.Quelque soit la façon dont les fluxs financiers sont orientés,la note finale est pour le citoyen.
      le renouvelable va contraindre le gestionnaire de pratiquer à des délestages ciblés(d’où les compteurs intelligents,que vous allez payer également) pour éviter des blackout du fait du manque d’énergie si l’on abandonne les centrales « base »

      Ce mois de décembre dernier, le parc éolien UK,a délivré 2% de la capacité installée !Le co. du réseau UK a prévenu:il faudra s’habituer à utiliser l’électricité quand elle sera disponible.

      • epapel epapel 23 mars 2011 14:43

        Il y a encore beaucoup de progrès à faire avant que les énergies renouvelables aient un coût acceptable pour la société.

        Et tant qu’on n’a pas résolu le problème du stockage de l’électricité, leur déploiement sera nécessairement limité.


      • Ecométa Ecométa 23 mars 2011 11:15

        Le problème, et même la grosse erreur, car actuellement ce sont elles qui sèment la zizanie, c’est d’avoir ouvert la production d’électricité photovoltaïque aux entreprises ; comme si elles n’avaient pas déjà un métier, un service propre à rendre à la société, autre que celui-là !

        C’est ce qui a fait que ce sont des entreprises avant tout affairistes, par le bais de fonds d’investissement qui ont vu là une opportunité incroyable liée à une sécurité économique sur 20 ans avec un excellent rendement, ceci, sans aucun risques financier, car garanti par contrat et qui plus est indexé.

        Des fonds d’investissement spécialisés car le plus souvent l’entreprises ne pouvaient elle-même s’endetter, et qui simplement louent leur toit par le bais de baux emphytéotiques, donc de longues durées, bien sûr sur de grande surface (économie d’échelle) , et pour lequel les entreprises touchent un loyer d’autant plus important que la surface est grande !

        S’il n’y avait eu que des particuliers les choses se seraient faites très progressivement et sans inflation de la demande de raccordement puisque chaque installation est limitée à 3 Kwc !

        De mêmes les seules fermes photovoltaïques autorisée devraient être de nature « communale » ou « intercommunales » et non le fait de propriété agricole ou alors essentiellement dans la limite de 3 Kwc sur les habitations ! Autrement comme choisir l’élu au système... sinon par copinage ! 


        • Croa Croa 23 mars 2011 19:40

          Ce n’est pas une « grosse » erreur car sur le fond l’idée était bonne. Il ne fallait pas subventionner la construction d’abris inutiles à autre chose et encore moins encourager les centrales au sol. La grosse erreur c’est de passer du jour au lendemain du trop aidé au pas aidé du tout  ! smiley L’équipement des toits existants devraient pouvoir encore constituer une affaire un peu rentable, qu’il s’agissent de toits d’usines ou de ceux des habitations particulières.

          Concernant les « métiers » une autre voie mériterait un encouragement, celle de la co-génération. Par exemple nombreuses sont les activités utilisant la vapeur saturée, blanchisseries par exemple... On rajoute un circuit de surchauffe à la chaudière à l’occasion d’une rénovation et hop, voilà de quoi faire du courant sans consommer plus de combustible !
           smiley Elle est pas belle la vie ? smiley 


        • Petrus 23 mars 2011 17:10

          « Ce mois de décembre dernier, le parc éolien UK,a délivré 2% de la capacité installée »

          M. joletaxi a pris l’habitude de diffuser sa précieuse et pernicieuse info sur tous les fils ... !

          Mais si je comprends bien l’info, en dehors de cet unique petit mois de décembre, les éoliennes ont tourné normalement.

          Sinon j’imagine que vous vous seriez donné un plaisir orgasmique de nous en informer !

          Concernant le sujet, pourquoi ne pas augmenter conséquemment le prix de l’électricité, si l’on taxe hautement le nucléaire (taxe légitime du fait de sa dangerosité), et que les tarifs pratiqués pour la consommation soient dégressifs selon les revenus des ménages (soit un dégressif social) et de même dégressifs selon la quantité utilisée par l’entreprise (degressif économique, ce qui éviterait les délocalisations). On peut y ajouter des aides sous forme de tarif préférentiel pour la création d’entreprise...


          • Croa Croa 23 mars 2011 19:50

            Actuellement les tarifs sont à l’envers du bon sens :

             smiley « plus tu consomme moins tu paye ! »  smiley

            Il suffirait de remettre les choses dans le sens de l’intérêt public : plus tu consomme plus c’est cher !

            Nous verrons moins d’immeubles de bureaux briller toute la nuit ! smiley


          • joletaxi 23 mars 2011 19:15

            @Petrus


            le rendement moyen des éoliennes UK s’établit à moins de 20 % des capacités.Quand on sait en plus que les nouveaux champs éoliens offshore ont été mal conçus et réalisés,la facture risque de faire perdre leur flegme légendaire à nos amis anglais.
            mais même dans ce cas, l’exemple danois montre que cela ne change rien à cette constatation:cette énergie vient en subsitution d’autres moyens de production, qui pour des raisons de sécurité restent en fonctionnement.
            Vous voulez le taux de charge des fermes photvoltaïques allemandes :

            notez que la puissance rayonnante varie au cours de l’année de 1000 watts/m2 à - de 270 watts en hiver.
            Je critique ces énergies car chaque € gaspillé dans cette filière inutile, investi dans l’habitat, rapporterait à terme énormément, et cette fois directement au citoyen, et pas à quelques vampires à subventions.

            • Petrus 24 mars 2011 03:48

              Entièrement d’accord avec vous pour promouvoir et subventionner abondamment l’habitat écologique . Mais justement notre gouvernement vient de couper tous les ponts allant dans ce sens. Une marche arrière consternante !

              Votre lien montre que le photovoltaïque allemand produit l’équivalent d’une dizaine de réacteurs (12,1GW), ce n’est pas si mal étant donné le piètre ensoleillement d’hiver. Evidemment il faut comparer les coûts d’installation, de maintenance, et de désinstallation (3 milliards d’euros pour un seul réacteur nucléaire !) et en y incluant le coût des risques : après Fukushima la note des assureurs risque d’être ... explosive !
              Mais au final, le chiffrage devient un sujet secondaire face à l’apocalypse : il s’agit avant tout de changer de monde, c’est incontournable.

              Si les éoliennes UK représentent une telle berézina, je me demande bien pourquoi un projet de 6400 nouvelles éoliennes est en cours.
              Pour l’instant on considère qu’il faut 1300 éoliennes (x1MW) pour remplacer un réacteur.
              Mais la plus grande éolienne construite fait 5 MW : il en faudrait 250 pour l’équivalent d’un réacteur. (un réacteur non plus ne tourne pas à sa puissance nominale).

              Quant aux « vampires à subventions », c’est un problème politique et non un problème technologique. C’est à régler politiquement. D’ailleurs toute votre rage est essentiellement politique et ne concerne que le traitement politique d’une mutation technologique. Il faudrait évidemment y remédier.

              L’orientation « tout nucléaire » de la France est aussi en soi un désastre politique, car en 40 ans les gouvernements successifs auraient pu promouvoir une recherche énergétique alternative au lieu de foncer tête baissée dans une technologie capable d’éradiquer l’espèce humaine de la planète ... quel en sera le coût final ?


            • Petrus 24 mars 2011 04:16

              Les éoliennes off-shore face à un tsunami ne risquent absolument rien.

              Un tsunami n’est pas une masse d’eau qui se déplace : c’est seulement une onde qui se propage. Un bateau au large ne se rend même pas compte qu’un tsumani lui est passé dessous.

              Une vague ne peut pas voyager à 700km/h c’est impossible. Une onde si.

              C’est seulement lorsque l’onde « accroche » le fond en approchant de la côte que la vague se forme. N’ayant plus la place sous la surface, l’énergie se transforme en amplitude au-dessus de la surface au fur et à mesure que le fond remonte, jusqu’à former un mur d’eau.
               

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

romarin87

romarin87
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès