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Un p’tit coup de vin Appellation OGM Contrôlée ?

Ils sont 62 à comparaitre, 62 à revendiquer les faits qui leur sont reprochés devant le tribunal d'instance de Colmar. Ils ont agi en raison du devoir de désobéissance civil.Certains ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

La partie adverse demande 550 000€ de dommages et intérêts. Alors que commençait le procès, elle envoyait un communiqué de presse à tous les médias intitulé « Ne laissons pas les faucheurs tromper les Français »

Ils ont été condamnés ce 14 octobre 2011 à 57 001 euros (3 000 euros au titre du préjudice matériel, 50 000 euros au titre du préjudice scientifique, 4 000 euros de frais de justice et 1 euro pour préjudice moral), à 2 mois de prison avec sursis ou à 1200€ d’amende.

Ils étaient 62, ce 15 août 2010, à s'aventurer dans l'enceinte extérieure de l'INRA de Colmar en Alsace.

Ils étaient 62, ces 28, 29 et 30 septembre 2011, venus de toute la France à leur procès se déroulant à Colmar. 

L’INRA de Colmar menait, depuis 2006, des essais sur les vignes pour trouver une solution contre le Court-Noué, une maladie virale. Transmise par un ver, la maladie entraine le dépérissement des ceps de vigne et leur mort. La plantation de nouveaux pieds exige la désinfection du sol par des produits chimique que l'Europe projette d'interdire.

 Au centre de l'argumentaire de 62 irréductibles faucheurs contre la recherche génétique, on trouve : la dissémination accidentelle d’espèces dangereuses, les répercussions incontrôlables sur le milieu et sur notre alimentation, et la menace que représenterait la création de nouvelles espèces pour les générations futures.

Beaucoup partent de leur expérience de vie, de convictions profondes qui se sont forgées au fil de leur histoire.

 Il y a le médecin qui dénonce « En trente ans, j’ai constaté l’explosion de certaines pathologies : stérilité, allergies, maladies métaboliques, maladies neuro-dégénératives, cancers… On transforme tout le monde en malade chronique pour le plus grand bonheur des laboratoires ».

L'architecte parle quant à lui de son travail sur les chantiers à une époque où évoquer l'amiante marginalisait, à une époque où il a été impuissant à protéger ses collègues de travail. Aujourd'hui, on compte les victimes.

Il y a aussi ce faucheur qui parle des risques encourus par la vigne sauvage." La sous-espèce a fortement régressé avec l’avancée de l’agriculture et le recul médiéval de la forêt sauvage, puis avec l’artificialisation des forêts, le drainage et la mise en culture de zones humides enforestées qui lui ont un temps servi de refuge" expose l'Institut français de la Vigne et du Vin sur son site.

Il y a le pépiniériste qui cultive des variétés anciennes d'arbres fruitiers et s'interroge sur cette terre au pied des vignes, imberbe de tout brin d'herbe et sans doute gorgée de produit chimique. 

Les abeilles venues soutenir les faucheurs

Ils évoquent en filigrane des produits qui n'ont pas été interdits à temps et ont généré des conséquences graves pour la santé, suggérant qu'il pourrait en être de même pour les OGM. Cependant, s'il est possible de désamianter ou de protéger du plomb, d'arrêter la production d'un médicament, s'il est possible de réduire l'émission de poussières dans l'air, il ne sera sans doute pas possible d'éradiquer une dissémination d'OGM.

 

Ils engagent leur personnes dans ce combat, des fonds alors que beaucoup ont de petits revenus, parfois en dessous de seuil de pauvreté, mais aussi leur liberté risquant la prison pour leur engagement .

 

Face à eux, une ancienne directrice de la recherche à l’INRA aujourd'hui retraitée est venue représenter les chercheurs favorables à cette recherche. Elle dénonce dans ce fauchage "le degré ultime de la violence sociale" et parle de "faute morale". 

Les faucheurs se réfèrent quant à eux à la maxime de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Ils mettent en relief le principe de précaution souvent évoqué par les politiques et tout aussi souvent nié dans les faits. Ils s'appuient sur le devoir de désobéissance civile.

 

"Basta !", (www.bastamag.net)agence d'informations sur les luttes environnementales et sociales, composée de journalistes et d'associatifs engagés, évoque dans un article la disproportion des moyens dans cette lutte.

Sophie Chapelle (journaliste, projet Alter-échos) publie le 14 octobre 2011 un article qui montre, d’une part, la position de l'INRA et, d’autre part, la position du syndicat de chercheurs SUD Recherche EPST, opposés aux essais. L’exposé débouche sur une interrogation sur la liberté des citoyens. Voir lien ci-dessous :

 

Quand l’Inra orchestre une manifestation de ses salariés




par L’Oeil qui court (son site) samedi 15 octobre 2011 - 4 réactions
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