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Accueil du site > Actualités > Environnement > Vers une agriculture durable ?

Vers une agriculture durable ?

« Le plus gros problème de 2011 sera la nourriture », a déclaré John Beddington, conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, lors d'une réunion à Londres le 28 Février.

L’agriculture contribue en grande partie aux émissions de dioxyde de carbone

Selon John Beddington, l'agriculture doit être au centre des prochaines discussions sur les changements climatiques parce qu'elle contribue en grande partie aux émissions de dioxyde de carbone et d'oxyde nitreux. La Banque mondiale essaierait d’inscrire l'agriculture dans les priorités des agendas des dirigeants mondiaux lorsqu'ils se rencontreront à la fin de l'année pour négocier un accord sur le climat lors de la 17ème Conférence des Nations Climatiques sur les changements climatiques, à Durban en Afrique du Sud.

Entre 70% et 80% des émissions de gaz à effet de serre-agricoles, comme l'oxyde nitreux, proviennent de la production et de l'utilisation des engrais azotés. Les chercheurs recommandent notamment aux agriculteurs de conserver le sol humide pour aider à maintenir les émissions de protoxyde d'azote vers le bas.

Un groupe de scientifiques dont John Beddington a commencé à travailler le mois dernier pour trouver une façon de parvenir à une agriculture durable qui contribue à la sécurité alimentaire, tout en luttant contre le changement climatique. Les scientifiques ont tenu leur première réunion à Washington DC, le 15 Février. Ils doivent remettre leurs conclusions dans un rapport aux dirigeants du monde lors de la réunion de Durban.

Pour une meilleure gestion des pesticides et une protection des ressources en eau

Parallèlement, le 24 février, l’association européenne regroupant les industries phytosanitaires (ECPA) a présenté un plan visant à former les agriculteurs et les autres acteurs du secteur. Il a pour objectif de réduire la pollution des eaux par les pesticides. Il s’agit de l’initiative « TOPPS Prowadis[1] » d’un budget de 2 millions d’euros.

Une source de l’ECPA a indiqué que le projet comprendra « des démonstrations dans les exploitations agricoles et dans les zones situées près des réservoirs d’eau en Espagne, Italie, France, Belgique, Allemagne, Danemark et Pologne ». Parmi les alternatives, les experts ont étudiés notamment la mise en place de « zones tampons végétales ».

Certains agriculteurs n’ont pas attendu les initiatives politiques pour aborder la question de l’agriculture durable. On peut souligner notamment l’action du Réseau Agriculture durable qui existe depuis 1994 et qui a pour but de promouvoir une agriculture économiquement performante, socialement équitable et écologiquement saine, et de capitaliser et diffuser les savoir-faire. Il propose dans leur dernier numéro un dossier Pourquoi et comment développer les énergies renouvelables à la ferme.



[1] TOPPS-prowadis : Train the Operator to Promote best Practices + Sustainability - Protection of Water from Diffuse Sources : un projet de sensibilisation sur les principales étapes de l'utilisation des pesticides : stockage, transport, pendant et après la pulvérisation, et la gestion de l'élimination des résidus. Pour plus d'informations : http://www.topps-life.org/


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4 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 10 mars 2011 10:19

    pour une gestion des pesticides, que les etats permettent ceux qui sont naturels, plutot que les interdire...lire ci-aprés :

    http://2ccr.unblog.fr/2010/11/27/a-jeter-aux-orties/


    • JL JL 10 mars 2011 11:50

      Pour commencer, il mettre un terme à cette folie furieuse de transporter la marchandise - et l nourriture c’est de la marchandise - dans tous les sens sur la planète.

      Il est clair que les institutions capitalistes ne feront qu’aggraver la situation, puisque leurs « solutions » sont le problème.

      La première démarche est de toute évidence, la suppression des subventions aux exportations et la fin du libre échange.


      • Didier 67 Didier 67 10 mars 2011 15:36

        Merci Viktor pour cet article.

        Je constate juste que les « initiatives » partent du haut de la pyramide sociale et du coup, je m’inquiète....

        Notez, les agriculteurs aussi se préoccupent du problème :

        Voyez ce que dit la Via Campesina, association internationale de paysans, qui a fait du 17 avril la Journée mondiale des luttes paysannes en souvenir des 19 paysans sans terre assassinés en 1996 au Brésil par des milices paramilitaires :

        Enterrons le système alimentaire agro-industriel  ! L’agriculture
        paysanne peut nourrir le monde !

         
        (Djakarta, le 22 février 2011)

        Le système alimentaire agro-industriel
        dominant a échoué. Les promesses du Sommet mondial de l’alimentation de
        1996, reprises par l’objectif du Millénaire pour le développement visant
        à réduire la faim en 2015 ne seront pas tenues.
         
        La faim et l’insécurité alimentaire augmentent. Environ un milliard de
        personnes souffrent actuellement de la faim, un autre milliard de
        malnutrition — avec un manque important de vitamines et de minéraux —
        alors qu’un milliard sont suralimentés. Un système alimentaire global =
        3 milliards de victimes !
         
        Les politiques alimentaires mises en place au cours des 20 dernières
        années ont été fortement défavorables envers l’agriculture paysanne, qui
        néanmoins continue de nourrir plus de 70% de la population mondiale.
         
        La terre, les semences et l’eau ont été privatisées et cédées à
        l’agrobusiness, entraînant la migration des membres de communautés
        rurales vers les villes, en laissant derrière eux des terres fertiles
        pour que les entreprises multinationales produisent des agrocarburants,
        de la biomasse ou des aliments destinés à l’exportation pour les
        consommateurs des pays riches.
         
        Les politiques néolibérales partent de l’hypothèse que la main invisible
        du marché partagera le gâteau d’une manière efficace et juste. A Davos
        cette année, les gouvernements du monde ont parlé de conclure le cycle
        de Doha des négociations de l’OMC en juillet 2011 pour, précisément,
        sauver le monde des crises alimentaires récurrentes. En réalité, la
        crise alimentaire endémique actuelle démontre que la libéralisation
        accrue des marchés agricoles n’aide pas à nourrir le monde, mais qu’au
        contraire elle accentue la faim et contraint les paysans et paysannes à
        quitter leurs terres. Les gouvernements ont donc tort.

         
        En effet, les matières premières alimentaires sontentrées en masse sur
        les marchés spéculatifs, surtout depuis 2007. Pour ces marchés, les
        denrées alimentaires sont des produits de base dans lesquels les
        investisseurs peuvent soudainement investir des milliards, ou les
        retirer, gonflant ainsi des bulles qui éclatent par la suite en semant
        la misère partout. Les prix des aliments sont élevés, hors de la portée
        des consommateurs pauvres. Or, les prix payés aux paysans sont bas, ce
        qui les appauvrît d’avantage. Les gros négociants, les supermarchés et
        les spéculateurs continuent d’accroître leurs profits au détriment des
        peuples victimes de la faim.
         
        Le temps est venu de changer radicalement le système alimentaire
        agro-industriel. La Via Campesina, mouvement représentant plus de 200
        millions de paysans et paysannes à travers le monde, propose la
        souveraineté alimentaire comme moyen efficace et juste de produire et de
        distribuer de la nourriture dans toutes les communautés, toutes les
        provinces et tous les pays.
         
        La mise en place de la souveraineté alimentaire signifie de défendre
        partout l’agriculture de petite échelle, l’agroécologie et la production
        locale, partout où cela est possible
        . Elle requière que les
        gouvernements soutiennent ce nouveau paradigme en donnant aux paysans et
        paysannes accès à la terre, à l’eau, aux semences, au crédit et à
        l’éducation, tout en les protégeant des importations bon marché par la
        mise en place de stocks publics ou appartenant aux paysans et la gestion
        de leur production.
         
        La défense de la souveraineté alimentaire permetrait d’assurer des
        moyens d’existence pour des milliards de personnes et réduirait la
        pauvreté, qui est en grande partie un phénomène rural. Sur les 1,4
        milliards de personnes qui souffrent aujourd’hui d’extrême pauvreté dans
        les pays en développement, 75% vivent et travaillent dans des zones rurales.
         
        La production alimentaire locale et la vente directe du paysan au
        consommateur garantissent que la nourriture reste en dehors du jeu de
        Monopoly capitaliste. Cela la rend moins sujette à la spéculation. En
        outre, l’agriculture durable permet la régénération de l’environnement
        et des sols, protégeant ainsi la biodiversité et la santé des peuples.
        Elle est également plus résiliente au changement climatique et aide à
        arrêter le réchauffement climatique.
         
        C’est cela que la Via Campesina défendra durant la réunion de la Banque
        Mondiale et du FMI en avril, du G20 sur l’Agriculture en juin, du Comité
        pour la Sécurité Alimentaire en octobre, et de l’OMC en décembre 2011.



        • kéké02360 11 mars 2011 16:26

          Communiqué sous embargo


          L’ampleur des conséquences économiques réelles des OGM révélée
           
          Bruxelles, sous embargo jusqu’au 14 mars 2011, 00h01 - Les coûts occasionnés par la séparation des filières OGM et conventionnelles sont beaucoup plus élevés qu’initialement estimés et pourraient conduire à la hausse des prix les aliments, préviennent les Amis de la Terre/Friends of the Earth Europe dans un nouveau rapport publié aujourd’hui. Ce rapport intitulé Les conséquences socio-économiques des OGM (1) dévoile les coûts cachés des cultures d’OGM que les secteurs conventionnels et biologiques doivent injustement supporter alors qu’ils sont menacés de nouvelles contaminations et d’augmentation des prix alimentaires. Ce rapport est publié alors que les ministres de l’environnement des Etats membres de l’Union européenne (UE) se rencontrent aujourd’hui pour discuter de la légalité des interdictions de culture des OGM sur leurs territoires. Les Amis de la Terre demandent que le débat prenne en compte, dans toute leur ampleur, les conséquences sociales et économiques de la culture de plantes GM. Les ministres de l’environnement doivent discuter sur des faits, pas sur les modèles erronés des industriels.
          Mute Schimpf, chargée de champagne Alimentation à Friends of the Earth Europe, explique : « Il faut prendre en compte les coûts environnementaux et économiques réels des OGM lorsqu’on parle de la culture des OGM en Europe. L’industrie des biotechnologies doit être tenue responsable des dommages provoqués par la contamination croisée. Il n’est pas question de présenter l’addition aux agriculteurs, aux consommateurs et aux contribuables. »
          La politique européenne repose sur le principe que les acteurs non-OGM de l’industrie alimentaire doivent payer toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que leurs productions restent sans OGM. Une étude officielle de l’Union européenne (UE) conclut que les coûts de séparation entre les filières GM et les filières conventionnelles pourraient augmenter le prix de ces dernières jusqu’à 13% (2). Mais les chiffres réels sont bien plus élevés. La nouvelle étude qu’ont menée les Amis de la Terre/Friends of the Earth Europe démontre que des postes de dépenses essentiels dans le dispositif de séparation des filières ne sont pas pris en compte dans l’étude de l’UE (3). Les coûts additionnels pour maintenir la séparation entre les filières OGM et conventionnelles, y compris les coûts de contrôle et d’analyse, dépassent largement tout gain économique envisagé par la baisse des coûts de production.
          Pour Christian Berdot des Amis de la Terre France : « Il est trop facile de parler des avantages des OGM, lorsque les coûts sociaux sont payés par les autres. Combien d’administrations, de laboratoires passent des heures à contrôler si nos aliments sont exempts d’OGM ? Les citoyens n’ont pas demandé d’OGM. Ces milliers d’heures de travail, toutes ces mesures coûteuses doivent être payées par ceux qui nous imposent ces OGM que nous refusons. Qu’ils assument enfin économiquement le coût social de leur choix agronomique. »
          Les entreprises de biotechnologies, les opérateurs et autres utilisateurs d’OGM doivent prendre leurs responsabilités pour empêcher toute contamination. C’est à eux de s’assurer que les marchés conventionnels et biologiques de l’UE peuvent se développer sans avoir à supporter des charges injustes.
          Mute Schimpf conclut : « 99,9% des terres européennes sont dépourvues d’OGM. L’opposition aux OGM dans les champs et les assiettes est très forte, et ne fait qu’augmenter. Les cultures GM ne seront pas une aide, mais un obstacle pour affronter le défi des années à venir : nourrir une population mondiale croissante. Les décideurs doivent annoncer la fin des cultures d’OGM en Europe et garantir une politique en faveur de campagnes vivantes et de méthodes plus vertes. »
          Les Amis de la Terre demandent un moratoire sur toutes les autorisations de mise en culture de plantes GM jusqu’à ce qu’une évaluation des conséquences socio-économiques des OGM soit intégrée dans le processus d’autorisation de l’UE et que des mesures anti-contamination obligatoires soient mises en place dans tous les pays membres. Tout frais dû à des mesures destinées à éviter la contamination doit être pris en charge par les pollueurs.


          Contact presse : Les Amis de la Terre - 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43


           Notes :
          (1) Friends of the Earth Europe, The socio-economic effects of GMOs - Hidden costs for the food chain (Les consequences socio-économiques des OGM – Les coûts cachés pour la chaine alimentaire), mars 2011 
          (2) Co-Extra, 2009. Outcomes of Co.Extra. http://www.coextra.eu/pdf/report1472.pdf
          (3) Les coûts additionnels durant la moisson du maïs pourraient être 40 fois plus élevés que les chiffres avancés par l’UE. Et le coût du séchage jusqu’à 34% plus cher.
          http://www.foeeurope.org/download/Socio_economic_effects_gmos_FoEEbriefing_ Mar2011.pdf

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