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Accueil du site > Actualités > Environnement > Vive la pauvreté ! A bas la richesse ! A bas la misère ! Vive le chômage (...)

Vive la pauvreté ! A bas la richesse ! A bas la misère ! Vive le chômage !

Texte dédié aux invités d'honneur au Forum Mondial de la Pauvreté :

Majid Rahnema et Alberto Acosta.

(Festival Emmaüs Lescar-Pau, Forum Mondial de la Pauvreté, 24, 25 & 26 juillet 2012, www.emmaus-lescar-pau.com)

Le chômage signifiait à l'origine "faire la pause quand il fait trop chaud en milieu de journée", du grec "kaust" : chaleur.

A bas le travail !

 travail qui signifiait "tourment, douleur", au Moyen -Age, et du temps des Romains : "torture", le supplicié étant attaché entre trois pieux : "tres pilum" = "tripalium" : travail.

Vive l'activité libre,

sans chef, épanouissante. A bas l'indignité de la vie sous les ordres d'autrui : être salarié ou employé est ou devrait être un crime contre l'humanité car c'est inhumain au même titre que l’esclavage.

A bas l'emploi.

 Travailler détruit la vie sur Terre. Le mode de vie moderne, urbain, d'origine européenne, est inhumain et provoque une catastrophique empreinte écologique excessive et épuise les ressources de la Planète.

Vive le retour aux petites sociétés simples, autonomes, à échelle humaine, où tout se fait avec art, douceur et amour : l'artisanat, le bel ouvrage, et rejetons la production en série, à la chaîne, industrielle, les ouvriers étant enchaînés au travail posté, comme des esclaves.

A bas la déportation en ville pour y être condamné au travail. A bas l'exode rural. Vive le retour campagnard à la vie paysanne libre et autonome : produire sa nourriture, manger des aliments sains, sans polluer.

A bas la civilisation

(de "civis", la ville). A bas l'entassement inhumain en ville, pour le seul bénéfice des riches avec leur délire de démesure et leur obsession maladive du pouvoir, de la puissance, de la richesse. A bas la civilisation orgueilleuse, fière de ses grands monuments pour en jeter plein la vue et mystifier le petit peuple médusé et trompé. A bas la course au toujours plus, la concurrence guerrière qui continue par la concurrence commerciale. Il faut rejeter tout ce qui fait la violence de notre monde, ce monde anthropocentrique aux prétentions parfois galvanisées par les monothéismes et qui de ce fait oublie de partager cette planète avec toutes les autres espèces vivantes, plantes et animaux sauvages. A lui seul parmi 5000 autres espèces de mammifères, l’être humain moderne (et ses animaux d’élevage) s’octroie avec outrecuidance déjà 90% de la biomasse de tous les mammifères.

Vive la vie simple,

 la sagesse de la vie avec mesure, la philosophie de l’humilité, modestement biocentrique.

A bas la richesse car elle provoque la misère, la déréliction. Le mal-être vient de l’envie : désirer ce dont le riche se gave en jouissant de façon perverse et cynique du fait de provoquer la jalousie, par le biais de la frime ostentatoire : le plaisir cruel d’humilier. Avant, dans les sociétés égalitaires, primait la qualité du lien social, le bonheur de vivre ensemble dans le partage. Il était honteux d’avoir plus que l’autre. Tout riche s’empressait d’organiser une grande fête pour tout donner et redevenir comme les autres. Arrêtons par orgueil de nous gargariser avec le mot « innovation », ce qui traduit notre vision péjorative du passé, notre mépris pour les solutions déjà trouvées par nos ancêtres. L’art de vivre simplement a un nom : « l’enveloppement ». Le contraire du « développement ».

A bas le développement ! Vive l’enveloppement,

 cette façon de vivre discrète, qui prend peu de place dans la nature et favorise la biodiversité au même titre que l’ethnodiversité. A bas la civilisation, vive la sylvilisation (du latin « sylva », la forêt, origine aussi du mot « sauvage »). La sylvilisation, c’est la sagesse de la vie simple, harmonieusement insérée dans les écosystèmes naturels, sans les perturber à l’excès. Vive le jardinage en clairières souvent provisoires, comme savaient le faire tant de peuples qui tout en découvrant l’agriculture, ont su maintenir l’art de vivre à échelle humaine, sans sombrer dans la démesure de ces constructions sociales violentes et oppressives que sont les États et les Empires.

N’appelons pas « émergents » les pays en pleine déconfiture comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, ces pays qui s’immergent dans le mimétisme servile, ces pays qui copient par cupidité ou par obéissance naïve à la publicité le mode de vie suicidaire des nations occidentales.

Méfions-nous aussi du mot « égalité » comme du mot « solidarité » :

 Qui doit être égal à qui ? Quel est le modèle à suivre ? Il faut promouvoir la pauvreté, et non se battre en voulant copier les riches. Être solidaire, c’est aider les nations jadis humiliées par la colonisation à tourner le dos à l’occidentalisation et à redevenir elles-mêmes, fières de leurs traditionnelles et antiques compétences et savoir-faire, qui permettent la véritable autonomie dans la dignité : le « BUEN VIVIR » ou « Sumak Kawsay » des Peuples Autochtones des Andes en est un bon exemple. La solidarité signifie apprendre d’eux, admettre que nous ne savions pas, et introduire en Europe ces valeurs qui nous aiderons à progresser vers des modes de vie plus aptes à conduire au bonheur. Se solidariser, c’est se rapprocher d’eux et non le contraire, faire en sorte qu’ils se rapprochent de nous !

Tout n’est pas bon à partager au nom de la lutte contre l’inégalité : à quoi bon partager égalitairement le gâteau de la Société de Consommation puisque ce gâteau est empoisonné. La première urgence est d’en changer la recette. Il faut retrouver l’échelle humaine, celle qui garantit le besoin d’intimité, besoin satisfait lorsque tout le monde connaît tout le monde et que tout le monde sait tout fabriquer, tout comprendre ce qui compose l’environnement naturel comme l’environnement de nos objets de la vie quotidienne. Tout doit être familier, intime. Bonheur retrouvé grâce à cette vie tranquille et apaisante, une vie où les heures de loisirs dépassent largement les heures consacrées chaque jour au nécessaire de la subsistance, ce qui était le cas partout avant la tragique industrialisation.

Battons-nous pour réintroduire la pauvreté, cet art de vivre qui « chasse la misère » (Majid Rahnema) et menons la vie dure aux riches jusqu’à ce que ces êtres nuisibles et dangereux pour toute la vie sur Terre disparaissent !

Hasta la victoria siempre !

Thierry Sallantin

 

Pour en savoir plus :

Voir mes autres articles sur internet : site « morikido » : « Agroécologie, nouvel oxymore ? » avec toutes les données chiffrées sur l’agriculture et l’art de vivre sans travailler, et tout récemment, entre autres sur le site « agoravox », mon analyse du Cinquième Sommet de l’Environnement à Rio en juin 2012, l’article « Le développement durable c’est le problème, pas la solution », celui sur l’art de traduire « sustainable development » et le pamphlet « Marre des économistes » au sujet de la réunion des économistes qui se croient de gauche , à Aix en Provence, les 7 et 8 juillet 2012.

Près de 140 références bibliographiques charpentent l’argumentation et incitent à prendre la mesure du naufrage qui menace toutes les sociétés industrielles, tel un tragique Titanic, naufrage imminent face auquel il est grand temps de penser à la première urgence : mettre les chaloupes à la mer !


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9 réactions à cet article    


  • alinea Alinea 19 juillet 2012 17:27

    Ah, bel utopiste, bel anarchiste ! j’aurais des petits textes pour vous, entre autres sur l’égalité et la solidarité.
    Si je trouve une maison d’éditions anarchiste ! je les donnerai.
    Plein pot avec vous, sauf que les villes existent, grandissent et se multiplient davantage !
    Sauf que les rejetons de nos citadins sont et seront de plus en plus ignorants de leurs racines.
    Mais tant que nous vivons, oui à la pauvreté volontaire.
    Quant au travail il nécessite toujours effort, mais cet engagement pour une bonne cause fait que l’effort est sain !
    L’emploi est un mot à bannir ; au sein de mon groupe, je fais ce que je peux. Et beaucoup y sont sensibles
    Merci de cette petite virée en mon pays !


    • Sylvain Rouvier Sylvain Rouvier 3 mai 2015 12:15

      @Alinea
      ATTENTION DANGER !! Je vous conseille de lire les commentaires de cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=as4… pour comprendre qui est cet escroc mythomane condamné pour un meurtre crapuleux et qui veut jouer le gourou de la radicalité.


    • foufouille foufouille 19 juillet 2012 18:03

      il fumes quoi ?


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 19 juillet 2012 19:22

        Si c’est le choix de l’auteur de vivre ainsi, il devrait pouvoir le faire. La seule limite c’est de vouloir imposer un point de vue et une manière de vivre à l’humanité entière.

        Si chacun est libre et responsable, il doit pouvoir vivre comme il l’entend avec les moyens qu’il crées.

        @DuraLexSedLex où avez-vous vu que la richesse des uns était basée sur la pauvreté des autres ?

        Cela n’est vrai que s’il y a vol.

        Si en revanche il y a production de richesse de part et d’autre et un libre échange, les deux parties s’enrichissent encore mutuellement dans cet échange.


        • Bilou32 Bibi32 20 juillet 2012 08:40

          Pourtant les écarts se creusent entre riches et pauvres, partout sur Terre ... Il y a bien entourloupe quelque part !


        • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 20 juillet 2012 11:31

          Les écart n’ont aucun intérêt, il ne mesure que la jalousie des uns vis à vis des autres.

          Plus important est de constater la baisse de la pauvreté en valeur relative ET en valeur absolue.


        • Croa Croa 19 juillet 2012 20:32

          Mais pourquoi avoir mis ce texte dans « Environnement » ???

          (Sinon ce texte est intéressant.)


          • chmoll chmoll 20 juillet 2012 08:04

             Forum Mondial de la Pauvreté, 24, 25 & 26 juillet, et le 27 on prépare celui de 2013
            forum ou action ?


            • luluberlu luluberlu 20 juillet 2012 11:48

              Oui oui et reoui pour la Sylvilisation, incontestable nécessité si sapiens veut le sapiensis .
              F N appelle çà : ’inculture des formes’. 

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