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2007, le début d’une Europe citoyenne

Après les festivités modestes du cinquantenaire des Traités de Rome et le Conseil européen de juin 2007 à Bruxelles, il est temps de faire émerger une citoyenneté européenne. La question n’est plus « veut-on de l’Europe ? » mais « quelle Europe veut-on ? ». Dans ce débat, la parole des citoyens doit se faire entendre.

Un anniversaire en catimini.

Berlin, 25 mars 2007, l’Europe fête le cinquantième anniversaire de la signature des Traités de Rome. Au pied de la porte de Brandebourg, la foule est nombreuse et l’ambiance est festive. Depuis le matin, une rumeur annonce la venue d’Angela Merkel sur scène, pour parler aux Européens réunis et rendre compte des deux jours passés avec les autres chefs d’Etat européens. Elle ne viendra finalement pas et les événements resteront séparés : d’un côté les responsables politiques s’accordant sur une déclaration consensuelle [1], de l’autre le peuple à qui on propose l’espace d’un week-end un mélange de culture et de fêtes. Ne gâchons pas notre plaisir, les manifestations furent belles et joyeuses tandis qu’ailleurs en Europe, les festivités faisaient très pâle figure. Institutions, gouvernements et collectivités ont déserté cette occasion de fêter l’Europe. Ils ont adopté un profil si bas, à croire que nous avions honte de cette union. Une occasion fut ratée de se rapprocher des citoyens et de fêter ensemble les acquis, quitte à reprendre les discussions sur l’avenir une fois les derniers feux d’artifice éteints. Le discours personnel et charpenté d’Angela Merkel n’aurait-il pas gagné à être prononcé devant les citoyens européens, en présence des autres chefs d’Etat et des médias ? [2]

Petits arrangements entre décideurs.

Bruxelles, 9 juin 2007. Après deux jours et deux nuits de négociations âpres, les chefs d’Etat européens aboutissent à un accord. L’Allemagne est remerciée, la France revient sous les feux de la rampe. Sur la photo de famille, les Européens les plus convaincus ont un sourire contraint. Ils ont déjà compris que la complexité de ces arrangements nocturnes seront peu aisés à expliquer aux citoyens. Dans les coulisses, ils s’étonnent des égoïsmes nationaux et du manque de vision commune qui ont dominé les discussions. Donnant-donnant, ergotages et petits arrangements donnent le sentiment d’une Europe du plus petit dénominateur commun. Est-ce le retour des nations ? Les médias sont globalement satisfaits, si l’Europe des institutions a bougé, c’est qu’elle vit encore. Ce samedi-là, une occasion fut à nouveau manquée de rapprocher l’Europe de ses citoyens et de rendre le projet lisible et motivant.

50 ans après, place aux citoyens.

L’Europe fête son cinquantenaire. Elle est à nouveau réunie et les motifs de satisfaction sont nombreux. Les perspectives politiques sont de retour. Tant mieux. Longtemps décidée dans les coulisses avec un vocabulaire ésotérique, ainsi que l’a montré le dernier Conseil européen, l’Europe doit aujourd’hui laisser plus de place aux citoyens. Il est grand temps de faire émerger une citoyenneté européenne qui ne soit pas l’addition des identités nationales mais bien une création nouvelle, librement choisie et décidée ensemble. Une citoyenneté qui pèse et se fasse entendre dans les choix futurs. Quelle Europe fêtera-t-on en 2027 ? En 2057 ? Aujourd’hui, les contestations sur le bien-fondé du projet sont suffisamment marginales pour élargir cet espace démocratique et donner plus largement la parole aux citoyens. Et si on ne la leur donne pas suffisamment, ce sera à eux de la prendre. Car si nous souhaitons poursuivre cette construction historique originale, sans copier les autres espaces régionaux et sans revenir aux réflexes passés de la puissance exacerbée ou de la fierté aveugle, il est temps d’irriguer et de nourrir ce projet européen avec l’énergie et l’imagination de ses citoyens. Cette citoyenneté nouvelle doit être elle aussi une construction originale, audacieuse et visant à jeter les bases d’un mode de vie européen fondé sur quelques valeurs communes. Dans la création de cette identité choisie, dans la mise en place de règles du jeu décidées ensemble, les élus européens, la société civile, les professionnels et les individus doivent prendre la place qui leur revient de droit. Car s’il est vrai qu’aujourd’hui l’essentiel de nos avenirs respectifs se décide à l’échelle européenne, il est bien légitime que nous ayons maintenant pleine voix au chapitre.

Collectivités territoriales, mouvements politiques, instituts d’enseignement, activités touristiques, associations de consommateurs, industries culturelles, médias, PME..., nous sommes au début d’un vaste et passionnant chantier : définir ensemble les modalités d’une société ayant atteint un niveau de développement inégalé, riche de ses fondements démocratiques et de la diversité de ses cultures et de ses langues. Une société dont les citoyens vont pouvoir définir ensemble ce qui les relie et les conditions de leur avenir commun.

[1] Déclaration de Berlin
[2] Discours d’Angela Merkel, 25 mars 2007


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