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Accueil du site > Actualités > Europe > 750 Milliards : chroniques d’une fin non annoncée

750 Milliards : chroniques d’une fin non annoncée

750 milliards mis sur la table en quelques heures, impensable quelques jours avant, mieux et plus vite que Paulson, et en infraction avec le traité européen qu’on avait déjà tiré aux forceps, voilà la danse du ventre pharaonique qui a été jouée dans la nuit de dimanche à lundi à Bruxelles, peu avant l’ouverture des marchés, pour éviter un lundi noir qui aurait dû conclure les débandades boursières de la fin de semaine. Si lundi les marchés ont applaudi les roulements de hanches de la belle Lagarde et de ses homologues, certains analystes pensent que cette somme colossale ne sera que la dernière tournée offerte aux Danaïdes et sera suivie par une descente aux enfers précipitée.

Qu’on se représente déjà le chiffre : Le New Deal de Roosevelt, c’était 50 milliards en dollars d’aujourd’hui, et le plan Marshall, 100 milliards d’aujourd’hui (1). Mais se rend-on compte que cette somme fabuleuse, 750 milliards, l’intervention la plus démentielle de tous les temps, et de loin, ne représente qu’à peine plus de 10% de la dette de la zone Euro, qui est de 7.000 milliards d’Euros (2) ? Se rend-on compte aussi que sur cette somme, où l’intervention du FMI doit être considérée comme complémentaire de l’intervention européenne, plus de la moitié des 750 milliards, soit 440 milliards, doivent être considérés comme "mobilisables", c’est-à-dire qu’ils n’existent pas encore ? Et pourtant ! Cette somme si folle fait si pâle figure ! "Cela ne suffira pas", indique Philippe Dessertine (1), ce que confirme Frederic Lordon : "un plan de sauvetage de l’Espagne seule a été estimé par Natixis à un ordre de grandeur de 400-500 milliards d’euros, et l’on ne parle encore ni de l’Italie, ni de l’Irlande" (9).

Rien n’est fondamentalement changé, au contraire, si le gouffre a été temporairement écarté, la situation a fortement empiré : Moody’s, en dépit de la décision européenne, a toujours l’intention de poursuivre l’abaissement de la note de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal (3), et, si la cagnotte européenne devait être activée, ce sont les signatures des 3 locomotives européennes (Allemagne, France et Pays-Bas) qui risquent d’en pâtir, selon Dessertine, ce qui provoquerait "une onde de choc" (1). Or dans cette partie de Hold’hem poker, si Bruxelles a abattu une partie de son jeu ce week-end, les marchés vont vouloir voir les cartes cachées et vont s’infiltrer dans les failles pour mesurer la consistance de ces annonces : "On va nécessairement utiliser ce dispositif", poursuit Dessertine.

Le dispositif en place n’est en effet rien d’autre qu’une arme anti-spéculation très temporaire, qui aura le mérite de ne pas démentir Sarkozy quelques temps. Contrairement à ce qui avait été exigé du traité de Lisbonne, et c’est la grande nouveauté du week-end, les pays dans la mélasse pourront maintenant court-circuiter le marché en empruntant directement à la BCE, qui a contourné le traité en se plaçant sur le second marché. La BCE, achetant depuis lundi de la dette publique et privée, a donc maintenant, à son corps défendant, la capacité de création monétaire, devenant, à l’instar de la Fed, opérateur de planches à billets et incinérateur de junk bonds ; planche à billets, terme qu’elle n’aime pas beaucoup et qu’elle dénie (4) en jurant sur la tête du veau d’or qu’elle réintégrera ultérieurement les liquidités distribuées dans cette orgie européenne qui pourrait invoquer l’ombre de Weimar, en ayant oublié de préciser quelles étaient les seules et très précises conditions économiques qui rendrait possible ce retour de liquidités.

C’est ainsi que la Grèce a pu emprunter, dès Lundi, à un taux bien moins coercitif : "La mesure a contribué à la chute spectaculaire des taux des obligations grecques à 10 ans, qui sont passés de 12,4 % vendredi soir à 6,4 % lundi" (5). Sus aux spéculateurs ! Oui mais voilà, c’est précisément ce que voulait interdire le traité de Lisbonne, afin de "responsabiliser" les dirigeant politiques. Les spéculateurs sont momentanément arrêtés, mais le robinet de la BCE a été ouvert. Cette fontaine de jouvence, appelée bouton nucléaire dans le jargon financier, s’il est commode dans ses modalités (d’où son appellation anglophone "easing"), donne maintenant la possibilité aux états de s’y abreuver indépendamment de toute responsabilité ou irresponsabilité budgétaire, sans parler du spectre inflationniste. Peut-on pousser la caricature jusqu’à imaginer un gouvernement carburant à l’absinthe qui aurait toujours, quoi qu’il fasse, la fontaine de jouvence à sa portée ?

Pas tout-à-fait, car outre les mesures de consultations budgétaires préalables de la commission européenne en préparation - Il faut bien présenter un peu de sérieux - , c’est le FMI qui, de sa hauteur participative de 50%, viendra jouer le père fouettard pour les récalcitrants. Le 9 mai 2010 marquera en effet la date où une organisation supra-nationale, non-européenne, aura conquis le droit d’ingérence sur un pays de la zone Euro dépassé par son endettement, et le droit de briser les acquis sociaux que ses aïeux auront mis 50 ans à construire. DSK aura du mal, après ça, à expliquer qu’il est socialiste (6).

Ce qu’on oublie allégrement de dire dans cette affaire, c’est que l’actuelle crise n’est pas une crise du déficit budgétaire de la Grèce, ni des PIGS, tout au moins pas directement, mais bel et bien une crise des banques européennes, et l’opération de sauvetage n’était pas destinée à la Grèce, mais aux banques européennes, ainsi que le rappelle Marc Faber (7). Ce sont encore, une nouvelle fois, les banques qui ont été sauvées, et, en dépit de la posture sarkozienne à l’encontre des spéculateurs, ce sont des nouvelles munitions que l’on va présenter à la spéculation : "les membres de l’Union, en collaboration avec le Fonds Monétaire International (FMI), préfèrent mettre 750 milliards d’euros à la disposition des marchés. Les spéculateurs doivent se frotter les mains [...] Car, dans l’intervalle, rien n’est entrepris pour stopper la spéculation. Les banques pourront continuer de manipuler les cours comme elles l’entendent. Surtout qu’elles sont maintenant assurées d’être remboursées" (8). Ce ne sont pas les futurs états défaillant de la zone Euro que l’on cherche à sauver, mais leurs créanciers.

C’est donc d’un nouveau hold-up dont il s’agit, au crédit de la spéculation et au débit de la dette publique, qui vient de s’opérer. Les garanties en jeu ne reposent que sur un phénomène de lévitation collective, nommée bootstrapping par Lordon, où la croissance est attendue comme le Messie, faute de quoi l’ensemble du dispositif est condamné à l’effondrement : "ce sont les États qui se garantissent mutuellement au moment même où leurs solvabilités sont mises en doute. Rien ne permet d’exclure le scénario au terme duquel - dans six mois, douze, dix-huit ? - l’opinion financière, aujourd’hui enivrée par les centaines de milliards gracieusement mis à sa disposition, prendrait pleinement conscience du caractère de bootstrapping de la manœuvre. Si la croyance financière effectue ce nouveau déplacement, l’ensemble du dispositif connaîtra la ruine et tout sera à refaire. Il faut donc souhaiter très fort que la croissance revienne au plus vite" (9).

Or comment envisager une croissance dans le plan d’austérité qui va s’abattre sur toute l’Europe ? L’emballement des dettes souveraines sans perspectives de croissance est un suicide organisé. Les financiers sont donc très perplexes devant le plan Européen :

Jim Rogers : "Le plan de sauvetage européen est un clou dans le cercueil [...] Cela signifie qu’ils ont abandonné l’Euro, ils ne font pas particulièrement attention s’ils ont une monnaie sonnante, tous ces pays dépensent de l’argent qu’ils n’ont pas, et ça va continuer [...] C’est une monnaie politique, et personne ne se soucie de l’économie d’arrière-plan indispensable pour avoir une monnaie solide. Je pense que ça va couler, ils gaspillent encore plus d’argent dans ce problème et ça va rendre les choses pires" (10)

Peter Schiff confirme que toute croissance est inenvisageable, et que l’investissement privilégié restera l’or, devant la monétisation de la dette américaine et européenne : "Ils vont faire un Euro aussi faible que le dollar" (11). Se ruer sur l’or, avant quelle genre de période faut-il avoir ce réflexe ?

Constat très simple : force est de constater que la construction devient non seulement toujours plus instable, mais que le pari de sa solidité se base sur l’espérance d’une croissance imminente, dont on sait qu’elle n’aura pas lieu, de part une panne de l’économie réelle et le fardeau d’un plan d’austérité massif, et dont l’absence générera une spirale de dette publique exponentielle. De trois choses l’une :

- Incompétence généralisée ?

- Fuite en avant incontrôlée, faute d’alternative ?

- Construction délibérée d’un effondrement ?

A vous de choisir. Selon Philippe Dessertine, le grand emprunt de 35 milliards était la dernière étape avant le gel des dépenses de l’état, sans qu’on nous l’ait dit. 5 milliards d’économie, "une blague" ! 80 milliards de contribution de la France au dispositif européen, en plus de son déficit abyssal, c’est ça qu’il faut prévoir, c’est un plan comparable au plan d’austérité grec qui nous attend, selon l’économiste (12). Depuis son élection, Sarkozy a fait passer le déficit public de 2,7% en 2007 à 8,2% en 2010 (13), c’est-à-dire qu’il l’a triplé en 3 ans, même les précaires qui ont connu plus que les autres la radicalisation du coût de la vie pendant cette période n’arriveront pas imaginer ce que sera l’austérité française quand elle s’alignera sur celle de la Grèce.

Selon Elie Cohen (13), le plan européen ne fait que repousser les "regains spéculatifs", qui surgiront à nouveau très prochainement, quand les mécanismes nationaux d’activation du plan d’aide mettront en évidence les faiblesses des états en difficultés. Autant dire que le plan de 750 milliards, simple bulle d’air furtive, n’a pas seulement échoué à écarter la potentialité spéculative, mais il enlève tout espoir de croissance, et donc tout espoir de recouvrer les dettes. Autant le dire de suite, la partie est terminée. Et ensuite ? Un des rares à avoir abordé le sujet tabou est Philippe Dessertine, professeur à Nanterre, directeur de l’Institut de Haute Finance, qui, comparant la crise actuelle à celle de 1929, nous situerait actuellement vers ... 1937. "Le temps presse", dit-il, si l’on veut éviter la guerre (14)


LIENS :

(1) Philippe Dessertine sur RTL, 2° partie, http://www.rtl.fr/fiche/5940396453/philippe-dessertine-livre-un-cours-d-economie-sur-rtl.html

(2) Guillaume Roquette (Valeurs actuelles), C dans l’air, http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_article=5702

(3) http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100512-2725.html

(4) http://lci.tf1.fr/economie/conjoncture/2010-05/la-bce-ne-fait-pas-fonctionner-la-planche-a-billets-5850286.html

(5) http://trends.rnews.be/fr/economie/actualite/politique-economique/bce-sa-volte-face-en-6-questions/article-1194729666991.htm#

(6) http://www.voltairenet.org/article151921.html#article151921

(7) http://www.youtube.com/watch?v=nE_2RCVkq1w

(8) http://www.pauljorion.com/blog/?p=11506#more-11506

(9) http://www.fsl56.org/les_actualites/sauver_les_banques_jusqu_a_quand%C2%A0

(10) http://www.bloomberg.com/apps/news ?pid=20601087&sid=auuRue7wyMWM&pos=7?huffbloomberg

(11) http://www.kracheconomique.fr/?p=1690

(12) Philippe Dessertine sur RTL, 3° partie, http://www.rtl.fr/fiche/5940396453/philippe-dessertine-livre-un-cours-d-economie-sur-rtl.html

(13) C dans l’air, émission du 11 mai, http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1436&date=2010-05-11

(14) Philippe Dessertine, interviewé par Philippe Vallet au sujet de son ouvrage, "Le Monde s’en va-t-en guerre", Ed. Anne Carrière, 2010, Audio, http://www.france-info.com/chroniques-le-livre-du-jour-2010-05-11-le-monde-s-en-va-t-en-guerre-de-philippe-dessertine-440473-81-176.html
 

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145 réactions à cet article    


  • Fianchetto 13 mai 2010 14:01

    DSK aura du mal, après ça, à expliquer qu’il est socialiste (6).

    il ne l’a jamais été...
    Excellent article , le coup de grâce de l’euro par les imbéciles corrompus


    • TSS 13 mai 2010 14:05


      Où laGvt va t’il chercher l’argent pour aider ,une nouvelle fois,les banques !! Lui qui n’arrete pas

      de pleurnicher que les caisses sont vides ... !!


      • dom y loulou dom 14 mai 2010 03:25

        en endettant les citoyens TSS, car ce sont les banques centrales, en l’occurence maintenant la BCE, comme nous l’explique Loyds, qui impriment les billets.

        Le problème marchand des billets c’est comme pour toute matière finalement... plus elle est abondante plus elle perd sa valeur.

        Le problème des billets c’est qu’ils ont une valeur représentative... et elle est aujourd’hui aussi représentative que la politique, tant de production a été délocalisée en Asie.
         

        Saviez-vous que nos certificats de naissance sont utilisés comme valeurs marchandes ?


        you are propriety of the Rothschilds dit le système
        http://www.youtube.com/watch?v=jlOUXWQP-KM



        merci John Loyds pour cette parfaite mise en perspective.



      • Alpo47 Alpo47 13 mai 2010 14:19

        Il est vrai qu’une « bonne gé-guerre » ... avec un affrontement de blocs ... l’Occident contre L’Orient ... ou bien la Chine contre l’Occident... ou bien... A mon avis, toutes les hypothèses sont dans les cartons... serait parfaite pour relancer les économies, oublier toutes ces gabegies ...
        Quelques dizaines... ou centaines de millions de morts... des pays à reconstruire... des populations à secourir ... voilà qui est bon pour les usines, travailleurs... et actionnaires.
        Evidemment, les vrais « vainqueurs » seront toujours les mêmes ... les seuls... comme d’habitude.

        On parie qu’ils y pensent très sérieusement ? Et pourquoi pas ... travaillent très activement ?


        • John Lloyds John Lloyds 13 mai 2010 15:14

          Oui, et à mon avis, c’est entrain de se jouer, euh .... comment dire, Là-bas smiley

          "Le président russe Dmitri Medvedev a rencontré mardi à Damas le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, en compagnie de son homologue syrien Bachar al-Assad [...] La Russie, a-t-elle dit, répète qu’elle est prête à offrir de l’aide à la population de Gaza et prendre des mesures pour affaiblir l’embargo et faire en sorte que l’aide humanitaire y parvienne« Voir Ici

          Probablement en prévention de son précédent avertissement du 13 avril :

           »Le président russe Dimitri Medvedev a mis en garde l’entité sioniste de s’attaquer à l’Iran, car cela constituerait le pire scénario et pourrait conduire à l’utilisation des armes nucléaires et donc à une catastrophe nucléaire mondiale« Voir Ici

          Et on dirait que ça sent le roussi :

           »La Turquie a déployé des batteries de missiles contre les avions Hawks dans un village proche de la frontière syro-turque. Selon le journal turc Hurryat, l’objectif de ce déploiement est d’empêcher les avions israéliens de violer l’espace aérien turc en cas de raids contre la capitale syrienne ou contre des cibles iraniennes" Voir ici

          Je trouve par ailleurs très courageux ce Monsieur, Philippe Dessertine, à oser évoquer le problème d’une grande probabilité de guerre. Pour ceux qui ont écouté ses 3 volets sur RTL, en lien sous l’article, il entend tout de même rester très prudent dans le sens où il n’attaquera jamais la classe politique ni les médias, et on le comprend, vu sa place. Mais quand même, j’ai lu son bouquin, je le recommande vivement, c’est d’une grande lucidité.


        • Nho 13 mai 2010 16:30

          Une guerre ? Mais contre qui ? Il semble que de moins en moins de gouvernements soient prêts à marcher au pas des occidentaux - et je les comprend. Une guerre, occident contre X, risquerait bien de nous voir soit perdre, soit détruire toute vie sur la planète.

          Une guerre « interne » alors ?

          Je me souviens de cet (ex)économiste qui me disais il y a 6 ou 7 ans que notre système était complètement pourri mais qu’il ne prendrait pas fin à moins d’un cataclysme majeur - comme une guerre mondiale


        • John Lloyds John Lloyds 13 mai 2010 20:29

          « Une guerre ? Mais contre qui ? »

          J’ai peine à croire que cette question soit sérieuse. Mais au cas où, peut-être ne vous êtes-vous pas aperçu que la Russie puis les Etats-Unis viennent de changer cette année leur modalité d’action du bouton nucléaire ?

          Pour ceux qui ne suivent pas l’actualité internationale, je refais les grandes lignes :

          Blancs : OTAN - Israël

          Noirs : Russie, Chine, Iran, Syrie, Venezuela

          Je ne me positionnerais pas sur le cas de la Turquie, très complexe, ayant les pieds dans le camp blanc et l’esprit dans le camp noir.

          Ne voyez pas dans mon choix de couleurs de connotation raciste, ni d’échelle d’immaculée conception, c’est pour reprendre l’esprit du jeu d’échecs, de celui qui joue en premier.


        • Nho 14 mai 2010 12:01

          Pensez-vous que les « blancs » puissent gagner une telle guerre ? Pensez-vous que l’humanité pourrait survivre à une telle guerre ? Pourquoi ne parle t-on plus autant de l’Iran dans nos médias depuis quelques semaines ?

          Qui pourrait vouloir déclencher une telle guerre ? Donc oui, je répète ma question : une guerre, mais contre qui ?


        • appoline appoline 14 mai 2010 13:17

          @ N


          A l’époque où l’être humain commençait à faire du feu, que nenni pour le donner on se foutait déjà sur la gueule. Nous n’avons pas changé depuis, c’est dans nos gènes, nous sommes belliqueux par nature. Alors la guerre, poussez un peu les foules et vous verrez qu’on n’est jamais en peine pour trouver la plus petite cause. Les cercles y travaillent, n’oublions pas que la surpopulation les titille , quoi de mieux qu’une bonne vieille guerre pour diminuer la masse grouillante que nous représentons à leurs yeux. Je crois que nous vivons effectivement nos derniers moments de pseudo douceur, ça vient ça vient tout doucement.

        • Nho 14 mai 2010 15:01

          Oui, je suis d’accord avec vous. Décidément je m’exprime très mal :P

          Ce que je perçois, c’est un bloc USA, OTAN, de moins en moins en position de force face à des « adversaires » certes pas encore très soudés mais qui y travaillent - question de survie. Ce groupe des adversaires, petit à petit, se dessine plus clairement et s’agrandit au fur et à mesure des attaques (conventionnelles ou non) du bloc des « blancs ». Aujourd’hui déjà, je doute que dans le bloc USA, OTAN, on puisse trouver des candidats à une guerre ouverte. La victoire serait loin d’être assurée, la défaite plus que probable. N’oublions pas que les « blancs » sont déjà engagés dans deux guerres au Moyen Orient. La seule option à mes yeux serait une attaque nucléaire massive. Plus qu’improbable me semble t-il.

          Alors oui, je me pose cette question : contre qui, la guerre ? L’hypothèse d’une guerre pour sortir de crise me paraît plausible. Mais ce ne sera pas, à moins d’une série de victoires diplomatiques qui réduirait le bloc des adversaires, ce ne sera pas une guerre Occident - Orient.

          Pourquoi pas une guerre intra européenne ? Ça permettrait aussi de limiter les pertes américaines...


        • pierrot123 13 mai 2010 14:33

          On dirait que ça commence à sentir...comment ?....Oui, c’est cela :... le « ROUSSI » !!!


          • vero87 13 mai 2010 15:14

            ça s’appelle aussi « des bruits de bottes »..... dit beaucoup en ce moment la génération qui a connu la guerre .............


          • heliogabale boug14 13 mai 2010 14:37

            Bel article et les chiffres de l’insee sur la croissance atone au premier trimestre confirment bien ce que vous dîtes...les prochaines années vont être tristes...


            • Maldoror Maldoror 13 mai 2010 14:51
              François Asselineau sur la crise de l’euro : "on fait de l’irrigation en période de crue"http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/francois-asselineau-sur-la-crise-26286

              • sisyphe sisyphe 13 mai 2010 14:53

                Bonne analyse.

                Les dirigeants européens, n’ont fait que céder au chantage des spéculateurs ; le ver est dans le fruit, et pas qu’un peu...

                La privatisation de la terre connait un bon coup d’accélérateur ; plus de démocraties, plus d’états ; plus rien qu’un champ de tir offert aux mafias financières...

                En route vers Le Meilleur des mondes ; attachez vos ceintures, ça va secouer...


                • millesime 14 mai 2010 14:32

                  c’est tellement agréable d’essayer de se persuader et de faire croire à l’opinion que la crise actuelle est due à des « boucs émissaires »
                  - les spéculateurs
                  -les agences de notation
                  - les pays exportateurs..
                  alors que l’on sait très bien que c’est l’oligarchie financière qui est à l’origine de la crise ... !
                  faire acheter la dette des états par la BCE...c’est tellement simple !
                  un état dépense trop et ne trouve plus de prêteurs pour financer son train de vie ?
                  qu’à cela ne tienne, il va demander à la BCE d’acheter ses dettes à un prix (taux) cadeau en llui fournissant tous les euros nécessaires et il n’y a plus de problème...et comme nous vivons sur une planète enchantée où tout est beau, gentil et solidaire envers les boomers, les pays qui nous fournissent en pétrole, uranium, matières premières et biens de consommations divers vont continuer gentillement à nous donner indéfiniment tout ce dont nous avons besoin pour notre confort de consommateur en échange des euros imprimés en masse par la BCE...
                  Et des pays comme l’Allemagne seront enthousiastes à l’idée d’imprimer des euros pour les donner aux pays le plus dépensiers et les plus irresponsables et ne s’inquièteront pas un seul instant d’un risque d’effondrement de la valeur de l’euro. !
                  http://millesime.over-blog.com


                • goc goc 13 mai 2010 14:56

                  comme je l’ai déjà dit, ce qui m’impressionne le plus dans ce plan de 750M€, c’est l’absence totale de plan de relance industriel.
                  C’est comme si nos gouvernants avaient définitivement tiré un trait sur notre tissu industriel, et que leur seule vision du monde du travail, se résume à des employés de banque et des fonctionnaires

                  le reste étant juste un « machin » en voie de disparition a très court terme


                  • deovox 14 mai 2010 00:05

                    @Goc

                    personnellement ce qui m’impressionne le plus est l’absence totale de reaction des peuples concernes par ce holdup. aa moment ou j’ecris ces lignes on devrait deja assister a la mise en place de comites de salut public et de tribunaux revolutionnaires. a la place on a droit a des aperos geants. consternant.


                  • dom y loulou dom 14 mai 2010 03:50

                    très juste deovox et très attristant oui en effet

                    l’hypnose télévisuelle mariée aux effets des neuro toxiques ? 

                    volonté délibérée de voulour croire qu’on peut définir la réalité simplement en songe et que dès lors ce cauchemar financier appliqué ne serait qu’une vue de l’esprit qui changera d’elle-même par l’intervention sexuée de wonder woman ?

                    la réalité virtuelle où le système emmène les esprits en les mystifiant... en les déresponsabilisant... 

                    « vous serez des dieux »

                    toujours la même rengaine depuis 4000 ans

                    comment l’expliquer autrement ?


                    chantez la gamme, protégez-vous.


                  • appoline appoline 14 mai 2010 13:21

                    @ Goc,


                    Il n’y a pas que nos jeunes qui, scootchés sur leur écran vivent dans le virtuel. Ce pognon est virtuel puisque la contrepartie est inexistante, du vent aussi léger que les paroles qu’ils prononcent.

                  • Maldoror Maldoror 13 mai 2010 15:03

                    "Peter Schiff confirme que toute croissance est inenvisageable, et que l’investissement privilégié restera l’or, devant la monétisation de la dette américaine et européenne : "Ils vont faire un Euro aussi faible que le dollar" (11). Se ruer sur l’or, avant quelle genre de période faut-il avoir ce réflexe ?"


                    Oui et donc, que faut-il faire à présent, pour sécuriser un tant soit peu ses économies ?
                    Acheter de l’or ? Et quoi d’autre ?


                    • John Lloyds John Lloyds 13 mai 2010 15:17

                      « Et quoi d’autre ? »

                      Une propriété avec une source et de la ressource alimentaire, histoire de se dégager une grande autonomie


                    • foufouille foufouille 13 mai 2010 15:48

                      et des armes pour les pillards ..........


                    • John Lloyds John Lloyds 13 mai 2010 20:31

                      « Il reproche aux pompiers d’éteindre le feu »

                      Vous avez oublié de dire des pompiers qu’ils étaient pyromanes


                    • dom y loulou dom 14 mai 2010 04:04


                      ne pas prétendre pendant des décennies qu’une dette ne doit pas être remboursée ni dépenser plus que la nation peut produire de richesses

                      ne pas élire des fantôches à la solde de puissances étrangères

                      ne pas délocaliser quasi toutes les productions industrielles vers l’Asie

                      donner sa voix de décision politique aux peuples pour gagner de la valeur morale quand aujourd’hui tout l’occident baigne dans une mélasse sombre, haineuse et brune tandis que partout ça rêve de trophées et de couronnes de mythre.


                      il y en a pléthore... je vous laisse continuer la liste des manquements, moi j’en ai ma claque.


                    • boris boris 16 mai 2010 12:32

                      Toi foufouille tu es un vrai survival .


                    • Maldoror Maldoror 13 mai 2010 15:07

                      Michel DRAC, « CRISE OU COUP D’ETAT ? », début 2009. Le Retour aux sources.

                      "Les dirigeants de l’anglosphère s’organisent donc pour remodeler leur zone d’influence sur de nouveaux schémas, plus inégalitaires (...) Ce remodelage de la structure de classe a été préparé par une fausse reprise, orchestrée pour rendre possible, en sortie de crise, un coup d’Etat déguisé".(...)
                      "Ces grandes banques, dûment recapitalisées par un pouvoir qui n’est jamais que leur émanation, et cela depuis des décennies, sont en réalité moins en difficulté que les grandes banques européennes (...).Les USA sont encore en mesure de la modeler (la crise) à leur convenance - (...) afin de conduire une guerre financière secrète contre les protectorats européens, délibérément fragilisés.
                      (...) le protecteur est bien décidé à faire retomber le poids de sa faillite sur son protectorat, afin de se positionner au cœur d’un empire occidental qui restera sous domination de la finance anglo-saxonne
                      ".


                      • gimo 13 mai 2010 15:09

                        Europe  !!!!!! et cerise très très.... !!!! rouge sur le pastel

                        Nous sommes au beau milieu de la pire crise financière de mémoire d’homme

                        Et nous sommes confrontés à un ralentissement mondial

                         qui pourrait atteindre les proportions de la Grande dépression.

                        ou pire !!

                        c’est 60 ans de magouille

                        Jamais encore tant de richesse n’avait disparu en si peu de temps.

                         Les pertes planétaires suite à la crise boursière dépassent désormais les 32 000 milliards de dollars.


                        • goc goc 13 mai 2010 15:30

                          L’argent c’est comme la vie : la génération spontanée n’existe pas, même quand on fait marcher la planche a billet, on supprime de la richesse ailleurs, d’une façon ou d’une autre !

                          Donc la richesse n’a pas disparue, elle s’est transporté ailleurs et/ou transformé en autre chose

                          Si nous somme appelé a nous appauvrir, c’est uniquement afin que d’autres s’enrichissent.

                          Et plus ca va, plus je pense que cette crise, est organisée, et planifiée


                        • blacky blacky 13 mai 2010 15:48

                          ça c’est certain


                        • pierrot123 13 mai 2010 15:26

                          A écouter ab-so-lu-ment, le très bon François Asselineau :

                          http://u-p-r.fr/

                          (déjà signalé sur un autre post).


                          • John Lloyds John Lloyds 13 mai 2010 15:27

                            Je rajoute cette info absolument terrifiante qui, si elle devait se confirmer, rendrait la situation pire que ce qu’on peut imaginer :

                            " Today you can break a country, you don’t need money you just need synthetic euroshorts or CDS. A trillion dollar bailout : Goldman can create 10 trillion of euroshorts. So it just dominates whatever governments can do. So basically Goldman can create shorts faster than Europe can create money." Just wait until Europe finally realizes that the CDS « speculators » had all the cards in the poker game all along"

                            En clair et vite fait, car je suis à la bourre (si une âme charitable pouvait traduire ça), Goldman Sachs peut se positionner plus vite à la baisse que la planche à billet ne peut imprimer, et pas avec de l’argent, mais avec des CDS.


                            • friedrich 13 mai 2010 16:09
                              Pour la traduction :

                              Aujourd’ hui vous pouvez casser un pays, vous n’ avez pas besoin d’ argent, vous avez seulement besoin d’ euroshorts synthétiques ou CDS. Un sauvetage de 1000 milliards : Goldman Sachs peut créer 10 000 milliards d’ euroshorts. Donc Goldman peut créer des shorts plus rapidement que l’ Europe ne crée d’ argent. Attendez que l’ Europe realise finalement que les spéculateurs CDS avaient toutes les cartes en mains dans ce jeu de poker...

                              Ils vont nous bouffer...

                            • Yvance77 13 mai 2010 16:36

                              Traduction :

                              "Aujourd’hui, vous pouvez briser un pays, même si vous n’avez pas d’argent, il vous suffit d’utiliser des euroshorts synthétiques ou CDS (Credit Default Swap).

                              Un plan de sauvetage en milliards de dollars : Goldman peut créer autant de milliards d’euroshorts, plus rapidement que L’Europe ne crée de la monnaie

                              Donc, fondamentalement, Goldman peut créer shorts plus vite que l’Europe peut créer de l’argent.

                              "Attendez juste que l’Europe se rende finalement compte que les spéculateurs de CDS« ont toutes les cartes dans le jeu de poker. »

                              Par euroshorts je pense qu’il s’agit de positions en euros à courts terme.

                              En gros ca baisse ou je fais ce qu’il faut pour la baisse, je m’assure vite fait contre cela ’spéculation à la baisse", j’encaisse car effectivement cela baisse et j’ai fait le bon pari.

                              Mieux que le casino de Monaco ... là tu gagnes presque à tous les coups !!!

                              A peluche


                            • perlseb 13 mai 2010 18:37

                              Je crois que nos hommes politiques ne connaissent pas le jeu de monopoly, ou alors, ils refusent de voir que le monde, sans aucune règle qui puisse limiter la spéculation, n’est qu’une immense partie de monopoly où Goldman Sachs a déjà tous les hotels.

                              Le pire, c’est que GS nous laisse encore tourner plusieurs fois dans la partie alors que nous avons en fait perdu depuis longtemps (notre capital est négatif).

                              Solution simple pour éviter la cure d’austérité mondiale : marche du peuple vers tous les sites de GS, pendaison pure et simple de tous ses salariés, lois pour éviter un nouveau scénario de ce type. Qu’avons nous fait des lois anti-trust, du Glass-Steagall Act de 1933 ? Est-ce que les gouvernements ne se seraient pas un peu moqués de leurs peuples pour qu’on en arrive là ? Le scénario à l’Argentine qui nous attend n’est quand même pas très brillant : il va falloir en avaler encore et encore des couleuvres si on laisse faire nos dirigeants incompétents (ou peut-être fascistes).


                            • Croa Croa 13 mai 2010 19:38

                              de Perlseb : « si on laisse faire nos dirigeants incompétents (ou peut-être fascistes). »

                              Ni l’un ni l’autre : Fantoches et complicessmiley


                            • John Lloyds John Lloyds 13 mai 2010 20:32

                              Merci à Yvance & Friedrich pour la traduction


                            • saint_sebastien saint_sebastien 13 mai 2010 15:33

                              750 ... 1000 ou 10 000 milliards , tout ça c’est du fric virtuel et n’a plus aucun sens. La chute de l’euro et de l’Europe elle , est inéluctable.

                              L’or ne change rien à tout ça , il n’y a de toute façon plus énormément d’or réel sur lequel investir.
                              Quand tout ça va s’effondrer , ça va être le plus grand cataclysme que le monde n’a jamais connu...

                              • Croa Croa 13 mai 2010 20:02

                                L’argent est toutefois censé représenter les richesses existantes. S’il y en a trop sa valeur est surestimée.

                                «  ça va être le plus grand cataclysme que le monde n’a jamais connu... » Oui si nous acceptons les conclusions de cette énorme arnaque préparée depuis des lustres !

                                Les peuples seraient en droit de réagir. Les vrais richesses insaisissables par annulation des dettes odieuses (toutes ou presque) devront être préservées par occupations, nationalisations après restauration d’une (vraie) démocratie, etc... 

                                Donc, ce peut être tout autant une libération qu’un cataclysme. Tout dépend de nous smiley


                              • John Lloyds John Lloyds 13 mai 2010 20:43

                                "Les peuples seraient en droit de réagir. Les vrais richesses insaisissables par annulation des dettes odieuses (toutes ou presque) devront être préservées par occupations, nationalisations après restauration d’une (vraie) démocratie, etc...Donc, ce peut être tout autant une libération qu’un cataclysme. Tout dépend de nous"

                                Je ne pense pas que les peuples vont réagir. D’abord parce que l’austérité va être pile poil calibrée pour éviter les émeutes. Ils vont nous coller des couches successives à l’instar de la grenouille du bocal, sans publicité, on découvrira progressivement que tel truc vient d’augmenter, qu’on n’a plus droit à ci ni à ça.

                                Si émeutes il y a, eh bien ils reprendront la méthode habituelle, infiltrer leurs pions chez les casseurs pour créer de l’inadmissible aux yeux de l’opinion, allant du symbole profané jusqu’à quelques cadavres d’innocents. Vous avez vu en Grèce ? Stoppées net, les émeutes, avec un simple cocktail molotov tombé au mauvais endroit.

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