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A Marseille, l’Europe débat avec elle-même

La première des trois conférences organisées par la Commission Européenne a été accueillie mercredi au CMCI de Marseille, entre 18h et 20h. L'objet de ces conférences est de donner l'opportunité aux Marseillais de poser des questions, d'exprimer leurs craintes et d'en apprendre un peu plus sur l'Europe par la même occasion.

RENCONTRE - EUROPE

A MARSEILLE, L'EUROPE DEBAT AVEC ELLE-MÊME

 

C’est dans la « salle Afrique » du World Trade Center de Marseille que s’est déroulée, mercredi, la première conférence intitulée « La réponse européenne à la crise ». Le chef de la représentation de la Commission Européenne, Cyril Robin-Champigneul, costume gris cravate noire, fait face au public. Il semble bien esseulé, mais ce n’est qu’une impression. En effet, force est de constater que « les citoyens lambdas » attendus n'ont pas fait le déplacement. Une grande partie de l’assistance est composée de membres actifs d’associations européennes, tels que les Jeunes Européens et le Comité Européen de Marseille. Des étudiants et des retraités complètent l’assistance. L’un des objectifs de la soirée était de désigner un « ambassadeur » qui sera chargé de questionner Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission Européenne et Christiane Taubira, Garde des Sceaux, le 14 Novembre, lors du Grand Débat Public. Parmi les trois candidats à ce poste, deux sont des membres actifs d’associations pro-européennes. C’est finalement Guillaume Bouis, de l’association les Jeunes Européens, qui remporte le scrutin à main levée. On peut douter de l’adéquation de ce choix avec l’objectif de la soirée qui était de faire remonter aux oreilles de la Commission Européenne les inquiétudes de la rue. Harmonisation fiscale, chômage, jeunesse, économie locale et solidaire : tels sont les thèmes abordés lors des prises de parole. Par un système de vote par télécommande, c’est finalement le thème de la coordination de l’action économique qui semble préoccuper la majorité du public. Cela peut surprendre. Il est peu probable que la majorité des citoyens Marseillais se sentent capables de débattre directement de la coordination de l’action économique menée depuis Bruxelles. C’est un domaine technique, difficile à concrétiser par des actions sur le terrain. Une culture économique relativement développée est nécessaire afin de pouvoir mener une réflexion sur ce sujet, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tous les citoyens. L'Europe, et son fonctionnement, restent méconnus de la majorité de la population. Aux yeux de beaucoup, l’euro est responsable de la crise économique. « L'euro m'a tué » peut on lire sur la pancarte d'un Marseillais. Aussi, le coût de fonctionnement des institutions européennes préoccupe. « Combien gagnez vous ? » s'exclame un retraité assis au premier rang en direction de M. Champigneul. Il ne recevra qu'un silence et un sourire en guise de réponse. La Commission Européenne s’est engagée à répondre à l’ensemble des interrogations évoquées lors de la conférence. Quand et comment ? Cela n’a pas été précisé.

La jeunesse européenne, notamment Espagnole, Portugaise et Grecque, plongée massivement dans le chômage, est balayée de la table des thèmes abordés. On peut le regretter. L’accélération de l’action économique ne peut se faire sans les jeunes, et sa coordination passe forcément par une mise en relation des jeunes à l’étranger.

Que fait l'Europe ? Mercredi, personne ne semblait vraiment le savoir. A la question « Europe, tu m’entends ? », il serait dommage, mais probable, que les citoyens ne puissent avoir pour réponse que leurs propres échos…

 


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2 réactions à cet article    


  • BA 25 octobre 2013 11:24

    Chômage en septembre 2013 : catégories A, B, C, D, E :

     

    France métropolitaine :

     

    5 473 000 inscrits à Pôle Emploi.

     

    France entière (y compris l’outre-mer) :

     

    5 795 300 inscrits à Pôle Emploi.

     

    Variation sur un mois : + 1,4 %.

     

    Variation sur un an : + 6,8 %.

     

    http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle_JMT751.pdf

     

    Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

     

    - « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

     

    - « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

     

    - « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

     

    - « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

     

    - « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

     

    - « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

     

    - « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)


    • ecolittoral ecolittoral 26 octobre 2013 11:35

      « ...L’europe débat avec elle même ». Je suis d’accord.

      Et les Espagnols, Français, Allemands, Hollandais, Irlandais, Grecs...débattent entre eux et agissent le plus loin possible de « l’europe ».

      Cette dernière dont le polit bureau est à Bruxelles s’écrit avec un e minuscule.

      Quand elle aura disparu, et sa monnaie aussi, les pays d’Europe (avec un E majuscule, magistral, puissant) renoueront, consolideront des relations qu’ils ont su cultiver et développer avant l’europe, pendant l’europe et après l’europe.

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Auteur de l'article

Olivier Billot


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