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Allemagne : élections législatives sur fond de crise économique

610x.jpg Les quelques quatre-vingts millions de citoyens allemands s’apprêtent à traverser une année pilier, puisque mis à l’épreuve de la crise économique et appelés aux urnes à trois reprises, dont un scrutin législatif décisif en septembre. Le renouvellement du Bundestag, (parlement allemand) mettra ainsi un terme à la coalition arc-en-ciel, rassemblant dans un même gouvernement le SPD et le CDU, qui sera vraisemblablement remplacée au profit d’une autre coalition, sans doute plus resserrée.

Angela Merkel favorite
La chancelière Angela Merkel, dont le bilan apprécié ne peut que jouer en sa faveur, semble être en capacité d’amener sa formation, le CDU (chrétiens-démocrates) vers une victoire suffisamment large pour ne pas être contrainte de poursuivre l’expérience d’une coalition stérile avec le SPD (sociaux-démocrates). Ces derniers, emmenés par le ministre des Affaires Etrangères Frank-Walter Steinmeier, ne peuvent qu’espérer un climat économique favorable conjugué à un embourbement d’Angela Merkel face à la crise, et ainsi tenter de former une coalition à l’image de la gauche plurielle en France (1997-2002), en coopération avec des formations telles que les Verts. Les chances de voir émerger une telle coalition restent actuellement faibles, du fait de la crise que traverse le SPD depuis le départ brutal de M.Schröder en 2005. Les sociaux-démocrates se trouvent en effet dans une sorte d’errance idéologique, puisque tiraillés à leur gauche du fait de l’importance électorale que prend le parti Die Linke, et à leur droite où sont émises de vives contestations au sujet de quelconque rapprochement avec Die Linke.

Die Linke jouera-t-il les troubles fêtes ?
Cette petite formation, fondée en 2007, avait crée la surprise lors des élections législatives 2005, en rassemblant quelques 8,7% des suffrages. Die Linke n’avait alors pas encore le statut de formation politique, mais rassemblait quelques dissidents du SPD et autres socialistes au sein d’une liste commune. Aujourd’hui, le président de la formation, Oskar Lafontaine, peut viser plus loin tant le climat économique lui est favorable. Cet ancien leader du SPD a basé Die Linke sur une mouvance contestataire ancrée à gauche, les cadres du mouvement sont d’ailleurs majoritairement issus de la RDA communiste. Après avoir rallié les nostalgiques de l’Allemagne de l’Est, Die Linke s’est improvisé un chemin à l’Ouest, où le message socialiste qu’il portait a séduit, dans un pays où la première force de gauche reste sociale-démocrate. La crise économique et les dommages sociaux qu’elle va amener, constituent donc un véritable boulevard pour Die Linke, qui, crédité de quelques 14% dans les enquêtes d’opinion, pourrait mener la vie dure au SPD.

Le score de Die Linke sera donc à observer de très près, d’autant plus qu’en fonction de ce résultat, pourrait naître la prochaine coalition au pouvoir. Les deux "grands partis" que sont le CDU et le SPD seront en effet contraints en cas de victoire, de partager le pouvoir avec des mouvements qu’ils leur sont idéologiquement relativement proches, voir en cas d’important éparpillement des voix, de retenter l’expérience de la coalition arc-en-ciel, qui avait prévalu au lendemain des échéances législatives de 2005.

La crise économique comme élément déterminant de l’échéance ?
La conjoncture politique actuelle rend cependant plus probable la victoire d’une coalition rassemblant les libéraux du FDP et les chrétiens-démocrates du CDU, permettant ainsi à Angela Merkel d’être confirmé dans ses fonctions de chancelière. Cette dernière, forte d’une côte de popularité avoisinant les 70%, devra veiller à ce que la crise économique n’agisse pas en sa défaveur, risquant de faire écrouler la marge d’avance que détient le CDU sur le SPD. Afin de relancer l’économie intérieure et de ne pas froisser les électeurs, la chancelière risque donc d’être contrainte à l’application d’exonérations d’impôts, rompant ainsi avec les objectifs de rigueur budgétaire qu’elle s’était imposée. Si elle exclut pour le moment toute perspective allant dans ce sens, Angela Merkel n’en est pas moins décriée par la presse pour son laxisme face à la crise, elle qui a toujours privilégié la réflexion à l’action ;

La performance du CDU aux élections législatives du 27 septembre sera donc essentiellement conditionnée par la capacité d’Angela Merkel a adopter une attitude particulièrement réactionnaire dans un contexte qui le nécessite. Les résultats des élections européennes en juin joueront eux aussi un rôle potentiellement déterminant, au même titre que la faculté du SPD et du CDU à développer leurs connivences avec des formations susceptibles de participer à la formation d’une coalition.


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4 réactions à cet article    


  • ARMINIUS ARMINIUS 3 janvier 2009 10:36

    Hum, tout ne me parait pas aussi simple : l’éclatement de la coalition actuelle oui, d’autant que la baisse des impots
    est pomme de discorde essentielle entre CDU et SPD, ce dernier étant résolument contre. Die Linke, Oskar Lafontaine est un vieux cheval de retour dont on connait les reculades ! rien de bien enthousiasmant ! La nouvelle coalition sera probablement le rassemblement des droites(CDU/CSU, FDP) en face le SPD et Die GRÜNEN et logiquement Die Linke, mais le chef charismatique émergera probablement de l’un des deux premiers partis et tout se jouera dans la façon dont évoluera le crise qui, pour les Allemands, fait toujours figure d’immense inconnue dont ils percoivent l’ampleur mais dont ils ne ne peut encore prévoir l’issue.


    • jeanclaude 3 janvier 2009 18:22

      Analyse pertinente. Je note que les allemands apparaissent pour le moment moins enclins à jeter le bébé avec l’eau du bain. Je veux dire ils ne sont pas majoritairement désireux de limiter l’économie de marché. Probablement à cause de leur expérience historique ( l’inflation des années 30 et la proximité frontalière avec le communisme, qont ils ne veulent pas - ni d’économie dirigée).


      • c.d.g. 4 janvier 2009 20:48

        1) coalition CDU/SPB
        Certes, ce fut une union contrainte et forcée mais elle n est pas restée stérile. Contrairement a une cohabitaion a la francaise ou le president tente a tout moment de planter le premier ministre (chirac/jospin ou mitterrand/chirac) la coalition a fait l objet d un contrat et a mene un certain nombre de projet prevu dans ce contrat(ex reforme du financement de la securite sociale ou des droit de succession). On peu trouver les compromis batard mais ils ont le merite d exister
        2) DIe Linke est compose

        - des anciens communiste de RDA (le plus connu est Gregor Gysi) et de dissidant du SPD qui l ont quitte au moment ou Schröder a inflechit sa politique vers une direction plus "blairiste". Die linke ne partait pas de rien à l ouest

        sinon il y a aussi ici (en RFA) pas mal d elections "locales" (land, comme en hesse) en 2009


        • Le Nouvel Hebdo 4 janvier 2009 22:08

          J’ai en effet oublié de le notifier.

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