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Belgique : de la crise politique à la crise de régime

Après 207 jours de vaines palabres entre le nord flamand et le sud francophone (je simplifie), c’est à nouveau le flop dans la tentative désespérée de former un gouvernement fédéral made in Belgium

La crise politique, un phénomène récurrent en Belgique, prend cette fois une très mauvaise tournure après le rejet par les deux principaux partis nationalistes flamands (N-VA et CD&V) de la note de compromis laborieusement rédigée par le « conciliateur royal », le très respecté socialiste flamand Johan Vande Lanotte. 

Sollicité fin octobre par le souverain pour tenter deux paris impossibles - restaurer la confiance entre les partenaires et leur soumettre un compromis négociable – ledit Vande Lanotte n’a pas ménagé ses efforts. Sa mission a pris du temps, beaucoup de temps – 11 semaines – pendant lequel il a multiplié les rencontres bilatérales avec les sept partis censés se trouver autour d’une table. Ces sept formations ne se sont plus réunies depuis le 3 septembre, après deux clashes successifs. Il y a fort à parier que le retour à la table de négociation n’est pas pour demain.

Irresponsabilité politique ? 

Dans les médias francophones mais aussi, et depuis peu, chez certains flamands, on accuse les partis récalcitrants d’irresponsabilité. Compte tenu de la situation économique du pays et des pouvoirs limités du gouvernement démissionnaire pour les encadrer, c’est peut-être un peu vrai, mais il faut tout de même bien être conscient que le divorce est en cours et que chaque communauté cherche désespérément à sauver ses meubles et à assurer son avenir. Cette attitude est-elle irresponsable ? Bien sûr que non.

Et maintenant ? 

Il n’y a plus qu’un tout petit pas à franchir avant de basculer dans la crise de régime qui signifierait la fin de l’Etat Belgique. Le discours de Noël du Roy, pour une fois très politique et presque désespéré, n’a pas été entendu. C’est dire si son autorité morale, la seule qui lui reste en tant que chef de l’Etat, n’est plus reconnue dans ce monde politique qui vit sur une autre planète. 

La Flandre, majoritaire en terme d’habitants dans ce pays (60 pc), n’accepte plus d’être bridée par cet Etat fédéral cogéré par la « minorité francophone ». Jusqu’à présent, elle s’est refusée à utiliser sa majorité arithmétique pour défendre ses intérêts. La question est sur toutes les lèvres : jusqu’à quand ? 

A suivre : que va faire Albert II, le roi nu des « Belges » ? 

 . 


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8 réactions à cet article    


  • 2102kcnarF 7 janvier 2011 12:54

    Ce serait bien que les belges se décident enfin...car de crise en crise, on finit par ne plus prendre cette affaire au sérieux. Qui est cet Albert en fait dont on nous parle et qui ne parle jamais ? Vous êtes sûr qu’il vit en Belgique ? Est-il même belge ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 7 janvier 2011 13:15

      Et oui, il y vit. Une histoire pour autre chose, juste pour vous faire comprendre. smiley


    • rastapopulo rastapopulo 8 janvier 2011 11:25

      C’est le descendant d’Albert 1° qui donna le Glass Steagall à la Belgique dès 1934 (10 ans avant la France) mais lui acclame l’UE (qui a annulé cette loi en 1984, 15 ans avant les USA) dans ses discours de noël. 


    • Tall 7 janvier 2011 13:47

      Ce qui est remarquable aussi, c’est de voir à quel point les politiciens wallons ont déjà reculé dans leurs exigences pour conserver la Belgique à tout prix, même contre l’intérêt de leurs citoyens.

      Illustration : alors que l’été dernier, il était hors de question de toucher à BHV et à la loi de financement, tout a été vendu depuis !
      BHV a été purement et simplement abandonné, et la loi de financement est complètement remise en question.
      En fait, au point où on en est arrivé, le pire serait qu’il y ait un accord. Car là, les citoyens wallons le payeraient très cher. Car non seulement ils auront la scission un jour, mais en prime, ils auraient été humiliés et ruinés avant.

      • ZEN ZEN 7 janvier 2011 14:08

        Faut suivre !.... smiley
        Plus c’est petit, plus c’est compliqué...
        Heureusement , l’humour n’est pas mort !


        • Xime Xime 7 janvier 2011 21:27

          Ce sont les élus les fédéraux qui débattent, pas les élus régionaux.

          Ce sont des partis et des idées politiques. La question portent une réforme institutionnelle, le débat n’est donc pas régional mais fédéral : la loi de réforme institutionnelle et la Constitution se votent au Parlement fédéral et au Sénat, pas au niveau des parlements régionaux.


        • Bobby Bobby 8 janvier 2011 00:17
          Ce qui est une réalité bien plus conséquente en Belgique est que la Flandre se positionne comme la région la plus riche d’Europe alors que la Wallonie se situe en fin de peloton !

          Sur cette base économique on brode une différenciation servant tous les extrêmes... les nazis pendant la guerre s’en sont largement servis !... et actuellement on sent très bien la montée d’un xénophobisme... qui ne sert que les plus puissants ! pour préparer des changements aux motifs fallacieux que le peuple suivra nigaud dans son espoir d’un monde meilleur.

          La réalité est bien différente. aujourd’hui, nous amorçons le tout début d’une récession économique qui va en moins d’une génération devenir pente raide pour passer d’un mode de vie « consumériste » calqué sur « l’american way of life » à un régime secoué par des « troubles sociaux », mais qui ne sera que la résultante de notre propre incapacité de réformer un système tout entier basé uniquement sur l’économie... 

          La Belgique à ce sujet sert peut être de laboratoire ? (de là, peut être, son taux de policiers par habitant le plus élevé du monde !)... ça ne vous met pas la puce à l’oreille ?









          • Xime Xime 8 janvier 2011 12:30

            Cela me semble un peu conspirationniste, la Belgique est un des pays où la sécurité est la plus grande au monde, parce que nous avons un effectif policier nombreux et relativement compétent, et cela depuis plus longtemps que la période de récession économique.


            « La Wallonie s’est classée cinquième du top 25 des régions et des villes les plus séduisantes d’Europe en termes d’investissement, derrière Londres, la Flandre, Paris et Leipzig, » annonce le site Internet de L’Echo. 

            La situation n’est certes pas enviable dans le court terme, l’économie est si peu stable en ce moment qu’il serait un peu hâtif de différencier le pays uniquement sur cet aspect.
            C’est, à mon sens, l a grosse erreur des politiques flamands qui, d’arguments primesautiers, risquent de voir leur défense réduite à néant d’ici quelques faillites/plans sociaux comme ils en rencontrent chaque jour.

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