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Accueil du site > Actualités > Europe > Belgique, folklore ou véritable crise ?

Belgique, folklore ou véritable crise ?

Beaucoup d'infos amusantes sur l'une ou l'autre initiatives (Benoit Poelvoorde qui propose de se laisser pousser la barbe, une député qui propose la grève du sexe, etc...) sont relayées par la presse pour tenter de surfer sur la vague du surréalisme à la Belge et dédramatiser un peu la situation quasi inextricable dans laquelle l'Etat fédéral est plongé. Cela contribue à donner une touche folklorique aux problèmes communautaires, qui sont souvent apparus ainsi aux yeux de la majorité de la population (surtout francophone).

Pourtant, les racines du mal sont profondes, les divergences deviennent insurmontables. Des composantes importantes de la population flamandes veulent la fin de la Belgique fédérale, y compris et surtout au sein de leurs élites (voir notamment le manifeste "in de Warande", fruit du club flamand très sélect, la Warande). Ils mutiplient les provocations au sein de la périphérie bruxelloise. Ils tentent de passer en force au Parlement afin de scinder un arrondissement (BHV), dont je n’exposerai pas ici les détails sous peine d’apparaître incompréhensible mais qui symbolise l’attaque d’une communauté contre une autre (du jamais vu dans l’histoire politque belge). Ils votent des lois linguistiques pas toujours très nettes, etc...

D’un autre coté au Sud du pays, les wallons ont accumulé un retard économique que la Flandre ne veut plus compensée. Les pratiques clientélistes et le néopotisme favorisées par l’omnipotence d’un seul parti dans la région, à savoir le PS, ont fini de désespérer les flamands revenchards d’une Belgique qui symbolise toujours pour beaucoup l’oppression francophone des siècles passés.

En fait, les seuls obstacles véritables à la fin d’une Belgique fédérale, sont :

1. La dette nationale environ 340 milliards d’euros) dont le partage s’avérerait extrêmement complexe et source d’incertitudes.

2. Bruxelles qui est le lien mais aussi un des objets majeurs de la discorde.

3. Le sentiment général d’angoisse, d’incertitude qu’amènent ce type de scénarios auprès de la population.

J’insiste ici sur Bruxelles qui constitue véritablement le noeud du problème. Les déchirement autour de Bruxelles s’articulent autour de 4 données majeures :

1. Le statut spécial de cette ville-Région, capitale de la Belgique mais aussi considérée comme étant celle de la Flandre, de la Communauté française et de l’Europe (même si en réalité elle n’est que le siège des principales institutions européennes.

2. Son poids énorme dans l’économie Belge (environ 19% du PIB national) et sa figure, marque internationalement reconnue.

3. L’inadéquation entre les visions flamandes sur Bruxelles et la réalité. Si Bruxelles a été historiquement une ville flamande, et est dès lors toujours considérée, par ceux-ci, comme étant la capitale de la flandre ; dans les faits elle est une ville francophone, multiculturelle, multilinguistique, où le français arrive en première place, suivit par l’anglais. Les flamands ne représentent, selon les estimations les plus favorables, qu’ à peine 10% de la population bruxelloise. Cette réalité ne semble pas être assimilée au nord du pays qui continue malgré tout à l’aide de subventions, aides aux logements, à croire à une reflamandisation de Bruxelles, alors que les exigences linguistiques en terme d’emploi dans la capitale, plutôt favorables aux flamands n’ont pas non plus donné les résultats escomptés...

4. L’association entre wallingants et flamingants qui mettent tout en oeuvre afin que Bruxelles ne soit pas une région comme les autres. En bref, que la vache à lait ne leur échappe pas.

Donc pour finir, j’insiste sur le fait que la Crise Belge n’a rien de folklorique et que les seuls liens qu’ils nous restent finalement sont, une famille royale (pour le symbole), une dette publique énorme, l’aspect psychologique traumatisant d’une séparation et une capitale qui est le cadre et l’enjeux de luttes permanentes.


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4 réactions à cet article    


  • Pierre Pierre 26 février 2011 10:43

    Comme vous le dites très justement, une séparation du pays serait tellement complexe que le remède serait sans doute pire que le mal. 
    Actuellement, au plan culturel, politique, économique, la séparation est faite et c’est grâce à cela que les Belges vivent comme si il n’y avait pas de crise constitutionnelle. Une rupture entrainerait des bouleversements que tout le monde pressent comme perdant pour tous. 
    En cas de séparation du pays, on trouverait une solution pour le partage de la dette plus facilement que ce que ce qu’on croit généralement.
    Pour Bruxelles, c’est différent. Il faudrait que les Flamands renoncent à leur projet de conquête et, là, c’est tout leur intérêt pour une indépendance qui diminuerait parce qu’une Flandre sans Bruxelles aurait beaucoup moins de valeur qu’une Flandre avec Bruxelles.
    Contrairement à ce que vous écrivez, Bruxelles n’est pas historiquement une ville flamande. Bruxelles n’a jamais fait partie du comté de Flandre contrairement à Lille par exemple. Elle a été la capitale du duché de Brabant qui comprenait aussi des territoires wallons et, ensuite, la capitale des Pays-Bas du Sud qui regroupaient à peu près la Belgique actuelle.
    La langue parlée par les habitants était un idiome germanique qui n’était pas le néerlandais qui a été adopté en Flandre. Les élites parlaient la langue des dirigeants (français, espagnols, autrichiens) ou des langues utilisées dans les contacts internationaux (latin, français).
    Au début du XXe siècle, les Bruxellois ont opté pour l’éducation en français pour des raisons sociales. Les 5 à 10 % de Flamands qui vivent aujourd’hui à Bruxelles sont presque tous originaires de Flandre comme la ministre régionale bruxelloise Brigitte Grouwels par exemple.
    Alors, revendiquer Bruxelles comme le font les Flamands parce que le ville serait historiquement flamande est une absurdité. 
    De toute façon, la langue majoritairement parlée par une population ne détermine pas son appartenance à un pays. Haut Adige en Italie ! Cantons rédimés en Belgique ! Monaco, Saint-Marin, Andorre indépendants ! 


    • asterix asterix 26 février 2011 11:41

      Le problème belge ? Simple ! Près de la moitié, si pas plus, de la population flamande vote pour des partis ouvertement d’extrême-droite ...avec l’aval du socialisme wallon empêtré dans ses affaires de coeur, pardon de malversations financières dues à 60 ans de participation ininterrompue au pouvoir.
      BHV incompréhensible ? Mais non, imaginez la capitale de l’Europe entourée d’un mur, au mépris de la volonté des personnes concernées de part et d’autre et vous comprendrez aisément la situation. C’est démocratiquement affolant !

      PS à l’attention de l’auteur : les Flamands ne représentent au maximum que 5 et non 10 pour cent de la population. Ils reçoivent pour ce faire 50 pour cent des ministères régionaux et une représentation élective de 27 sièges sur 75. Mieux, ils sont 300.000 à coloniser la capitale pour y travailler et ne payent pas un euro pour l’entretien de cette ville qu’ils détestent.
      Ah oui ! J’allais oublier qu’ils se prétendent victimes de l’impérialisme francophone...


      • Antoine Diederick 26 février 2011 21:46

        pourrais-je vous dire, comme belge, que j’en suis arrivé à penser que la Belgique, on s’en fout.... smiley smiley smiley


        • suumcuique suumcuique 13 mars 2011 20:18

          La situation en Belgique fait partie d’une expérience en grand et ce n’est pas par hasard qu’elle se déroule dans un pays qui, depuis sa création, est un pays fantôme, comme ce n’est pas par hasard que c’est ce pays fantôme qui a été choisi comme capitale de l’UE. Le fait que ce pays fantôme puisse être géré sans gouvernement montre à tous les Européens qu’un Etat n’a pas besoin de gouvernement et qu’un pays peut parfaitement être géré par des hauts fonctionnaires. D’ailleurs, c’est par des hauts fonctionnaires et des individus de l’ombre que sont gérés actuellement les pays européens, pendant que des représentants de commerce et des bonnimenteurs de foire font office de ministres et de présidents pour amuser la populace.





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