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Accueil du site > Actualités > Europe > Brexit or not Brexit ?

Brexit or not Brexit ?

Plus de trois ans après l’annonce par David Cameron qu’il consulterait ses compatriotes par référendum sur le maintien dans l’UE, le Premier ministre britannique est parvenu à un accord avec les autres pays et vient d’annoncer la tenue du référendum le 23 juin. Qu’en penser ?

 
Vraies concessions ou vraie comédie ?
 
D’un côté, il est difficile de ne pas se satisfaire de voir un dirigeant tenir sa promesse et consulter le peuple en remettant en jeu la participation de son pays à l’UE. Cela est profondément démocratique et permet de rappeler utilement que la tour de Babel européenne ne sera pas éternelle. En effet, la victoire du « oui » est tout sauf assurée étant donnée l’opinion de la population britannique, d’autant plus qu’une bonne partie de la presse fera campagne pour la sortie et que la crise des migrants n’a pas rendu l’opinion plus favorable au machin européen. Et sur le fond, la teneur de l’accord est extrêmement modeste. Certains points ne seront inscrits dans les traités que quand ils seront révisés et dire que Londres n’adhère pas à l’union toujours plus étroite revient seulement à écrire ce qui est évident.
 
Bien sûr, Londres obtient d’instituer des restrictions au versement de prestations sociales pour les migrants venus de l’UE, mais n’est-ce pas un point de détail, même si l’actualité peut lui donner une importance non négligeable ? Finalement, c’est un article du Monde qui décrypte sans doute le mieux ce que représente cet accord : une comédie théâtralisée où chaque partie surjoue la difficulté des négociations pour défendre ses propres intérêts, alors que le contenu du texte est dérisoire. Cameron avait intérêt à ce que les négociations paraissent difficiles pour donner le change pour une opinion publique très critique à l’égard de cette Europe. Il n’est pas évident que cela prenne, même si dans l’affaire, il réalise une forme de triangulation puisque la majorité du parti travailliste devrait également voter oui.
 

Même si dans l’affaire, David Cameron ne fait sans doute que de la communication destinée à se placer au centre du débat politique et à mettre en difficulté ses adversaires, il est plus que salutaire de montrer à tous les peuples de l’UE qu’il est parfaitement possible d’en sortir démocratiquement.

 


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15 réactions à cet article    


  • confiture 22 février 08:51

    donc ce sera « or not »


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 février 08:53

      Indépendamment des éventuels coûts économiques et financiers d’un Brexit, le Royaume-Uni doit quitter l’Union Européenne car, depuis son adhésion, il a largement démontré sa tendance égocentrique (I want my money back) et, de facto, opposée à l’esprit européen ! ! !

      Brève réflexion sur l’Europe et l’Euro :

      Depuis les tout débuts de l’Union Européenne, chaque fois que se présentait un problème, nos politiques à Paris nous disaient que le problème était « la faute de Bruxelles » quand bien même ils participaient aux décisions du Conseil Européen à Bruxelles.

      De ce fait, l’Union Européenne est devenue symbole de problèmes et non pas symbole de solutions.

      Certes, l’Union Européenne et l’Euro ne sont pas parfaits.Mais, pour qu’ils s’approchent de la perfection, il faudrait encore plus d’Europe et non pas l’inverse !

      À bon entendeur...



      • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 22 février 09:16

        Cette péripétie théâtrale est une des meilleures démonstrations de ce qu’est l’Europe : une mosaïque hétérogène et inégale dont le rôle aura été :

        - de favoriser la circulation des marchandises pour améliorer les exportations des pays produteurs
        - de transformer le travail en marchandise et de l’acheter au moindre coût par la délocalisation de la production ou l’importation du travail à travers des frontières ressemblant à des membranes semi perméables ne laissant passer que ce qui est juteux et retentant dans des camps ce qui ne l’est pas
        - d’optimiser le rendement des produits financiers en privatisant la finance, en supprimant les banques centrales nationales pour transférer leurs compétences et prérogatives à la BCE, amalgame de banques et d’intérêts privé.

        La classe dirigeant de Grande-Bretagne a réussi, aussi bien avec les travaillistes qu’avec les conservateurs, l’exploit de bénéficier des avantages de la déréglementation sans prendre le risque de participer à l’aventure de la monnaie unique. Le cinéma actuel ressemble à un vaudeville dans lequel la femme adultère ferait un chantage au suicide alors que son mari cocu lui intime de faire ses valises.

        Ce qui est incroyable, c’est que la négociation actuelle en vienne à ce que l’UE prie la GB de rester en lui faisant des concession alors qu’elle devrait la mettre en demeure de s’aligner sur les mêmes conditions que les autres pays.

        En ce qui concerne l’aspect « démocratique » mis en avant par l’auteur de l’article, il semble se résumer à l’habituel coup de poker prisé par les aventuriers de la classe politique moderne. Cette mise en scène permet de légitimer la position du pouvoir en place si le résultat est positif. Si le résultat est négatif, on trouve une autre façon d’aboutir au résultat recherché, comme avec le référendum sur la constitution européenne et les traité de Lisbonne.



        • Laulau Laulau 22 février 11:24

          @M de Sourcessure
          Si le résultat est négatif, on trouve une autre façon d’aboutir au résultat recherché, comme avec le référendum sur la constitution européenne et les traité de Lisbonne.

          C’est très bien vu. J’ajouterais qu’en ce qui concerne les anglo-saxons les résultats électoraux sont parfois très suspects. Souvenez vous du référendum écossais et des piles de bulletins oui et non empilés pelle- mêle comme des bulletins défavorables à l’indépendance ; sans parler le d’élection de G.W. Bush aux USA.


            • Fergus Fergus 22 février 11:31

              Bonjour, Laurent

              Entre autres atouts, Cameron jouera sans doute sur le fait que le Brexit entraînerait ipso facto la fin des accords bilatéraux du Touquet et donc le transfert à Douvres de la frontière britannique actuellement établie à Calais. Cet argument peut avoir du poids.

              Cela dit, l’incertitude est totale, et sans doute aggravée pour Cameron par le fait que les Ecossais vont très largement voter pour un Brexit qui entraînerait un référendum d’indépendance très probablement victorieux pour Nicola Sturgeon et ses troupes.

              Dernière incertitude, et de taille : quid des entreprises qui ont d’ores et déjà laissé entendre qu’elles s’installeraient à Paris ou Francfort, au risque d’affaiblir considérablement la City ?


              • Laulau Laulau 22 février 11:46

                @Fergus
                les Ecossais vont très largement voter pour un Brexit qui entraînerait un référendum d’indépendance

                La position des écossais serait assez paradoxale, ils voteraient le Brexit pour pouvoir demander leur indépendance .....pour rester dans l’Europe. C’est un peu compliqué à défendre dans une campagne référendaire.


              • Fergus Fergus 22 février 12:51

                Bonjour, Laulau

                En effet, et c’est pourquoi cela pourrait se faire de manière implicite.

                N’oublions pas non plus que les Ecossais sont très à gauche par rapport aux Anglais. Dès lors, pouvoir sortir d’une « tutelle » conservatrice peut également jouer un rôle décisif dans leur vote.


              • Yvance77 Yvance77 22 février 12:15

                Bah de toute façon c’est cousu de fil blanc et in fine, ce sera comme pour l’Écosse, à la fin ce sera la doxa NWO qui gagnera !


                • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 22 février 12:52
                  Erreur d’appréciation ... 

                  La Grande Bretagne qui n’a jamais été vraiment dans l’Union européenne est désormais au centre, au cœur et dans l’âme de celle-ci depuis que David Cameron a signifié son chantage déstabilisateur. 

                  L’Angleterre est l’une des trois nations européennes qui se sont toujours disputé le leadership, elle a désormais réformé la petite France et embrigadé la timide Allemagne. 

                  De la fausse Union européenne, il ne reste que le brouillard du bla bla qui s’étalera longtemps sur cette affaire du faux Brexit ! 

                  La France paie sa nano-politique pour avoir joué hypocritement sur la « culpabilisation de l’Allemagne » et sur « la domination européenne ». La France était le principal obstacle à une entente européenne, elle a permis à l’Angleterre d’achever son oeuvre... 

                  • PRCF PRCF 22 février 17:23

                    Frexit ou pas Frexit ?

                    C’est au peuple de décider.
                    Exigeons un referendum sur l’euro et l’UE en France :
                    signez la pétition.


                    • legrind legrind 22 février 19:30

                      Brexit juste pour voir la gueule des spécialistes de c dans l’air, la tête de con suffisant de l’institut Jacques Delors et le pédant de la fondation Robert Schuman je veux les voir chialer la mine déconfite 


                      • JBL1960 JBL1960 22 février 20:43

                        @legrind J’avoue que ça ferait plaisir à pas mal de monde, oui. Pour appuyer un billet sur le Groupe Bilderberg publié sur ilfattoquotidiano.fr j’ai en préambule intégré l’extrait d’une émission de C dans l’air avec Jean-François Kahn qui prétendait ne pas connaître ce Groupe, que Calvi faisait mine de ne pas savoir prononcer, tenez, c’est là : https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/20/bilderberg-cie/ et en commentaire j’ai rajouté le reportage de Yves Mourousi sur TF1 qui en 1977 nous parlait du Groupe Bilderberg !
                        Par ailleurs, je viens de lire que le Cameron prétendrait que le Brexit augmenterait l’insécurité... Il y va pas avec le dos de la cuiller en argent le Cameron. Tenez, rappelez-vous ce qu’il conseillait aux pauvres pour être moins pauvre ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/01/16/la-derniere-de-cameron/ Remarquez, que nous en France on a Rivalta (PS) qui demande aux pauvres de ne prendre les transports en commun qu’en cas de besoin et non quand il en on envie, si si, tenez ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/19/les-gueux-restes-chez-vous/ Bon, remarquez que c’est pas mieux que de se faire traiter d’oisif par 20 minutes qui prétend que la générosité des allocations chômage poussent les chômeurs à l’oisiveté ; Voici l’objet du délit ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/19/les-gueux-restes-chez-vous/ Bon, c’est du Barnum, mais du mauvais Barnum, et c’est vrai qu’on constate une atonie générale assez déconcertante...


                      • Aristide 28 février 12:36

                        C’est bizarre tous ces politiques qui proposent des Brexit, Frexit, Grexit, .... tant qu’ils ne sont pas au pouvoir et changent soudainement d’avis dés qu’ils sont en charge.


                        Mis en place par des majorités aveuglés par les discours éclairants sur le futur enchanteur hors de l’UE, voilà qu’il ne faut que quelques mois, semaines, ou jours pour les plus responsables pour retourner à la réalité.

                        Devant l’étendu des problèmes et les risques encourus, ces hommes reviennent vite sur terre et s’aperçoivent que les discours de tribune ou les vœux pieux ne font en rien une politique responsable. On va bien sur m’opposer que de grands économistes, politiques, ... enfin toute cette intelligentsia auto proclamée spécialiste arguent que tout ira pour le mieux, les taux pffft, l’économie, pfffft, les banques, pffft, l’industrie, pffft, ... Enfin un discours aussi crédible que les contes de ma grand mère.

                        Mais bon, comme beaucoup qui se délectaient des annonces grecques enflammés, nos Exiteurs se mettront vite mis dans le rang quand il s’agira de gérer ce qu’ils ont proposés. A parier que quelque soit le résultat du référendum britannique, les gouvernants trouveront LA bonne raison pour rester.

                         

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