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Accueil du site > Actualités > Europe > Brexitquake

Brexitquake

« Les avantages globaux de l’appartenance à l’Union Européenne sont considérables. Alors que les partisans du Brexit s’évertuent à distraire les électeurs, leurs arguments économiques ont été complètement démontés par tous : du Président des États-Unis aux petites et moyennes entreprises du Yorkshire. Il n’y a là-dessus aucun doute : quitter l’Union Européenne nuira aux entreprises (…) et videra nos poches. » (Jo Cox, "Yorkshire Post", le 10 juin 2016).



Ne jamais se fier aux sondages si l’on ne prend pas en compte leur intervalle d’indétermination. Au début de la nuit, les promoteurs du "Bremain" pensaient avoir gagné. On savait que le résultat serait serré. Il l’est. Les bureaux de vote ont fermé ce jeudi 23 juin 2016 à 23 heures (heure de Paris) au Royaume-Uni pour le référendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

Plus de 17,4 millions de sujets britanniques ont préféré leur insularité à l’union des forces de l’Europe dans un monde globalisé. Le "Leave" l’a emporté avec 51,9% des voix sur le "Remain" 48,1%. La participation électorale fut élevée, à 72,2%. Mais au-delà du résultat national, deux parties du royaume se sont distinguées : l’Écosse a voté à 62,0% pour le maintien et l’Irlande du Nord aussi, à 55,8%.

Les ondes de choc seront nombreuses et désastreuses.
Personne n’est capable d’en prévoir un dixième.

La première onde fait chuter la livre sterling (au plus bas des trente dernières années) et les bourses en général, mais ce n’est qu’une considération matérielle. Plus politique, elle encourage les leaders extrémistes d’autres pays européens (Pays-Bas, Autriche, France) à faire comme les Britanniques et à organiser aussi leur référendum de sortie. Toujours dans cette première onde, l’intégrité même du Royaume-Uni commence à s’effriter. L’Écosse considère que son avenir doit rester au sein de l’Union Européenne et le Sinn Fein réclame de son côté un référendum pour l’unification de l’Irlande, remettant en cause des accords de paix qui n’ont même pas vingt ans d’âge. L’Espagne elle-même, qui revote ce dimanche 26 juin 2016 après l’incapacité de former un gouvernement, est en proie à la partition en Catalogne et au Pays Basque…

Le pari de David Cameron a été risqué et il a perdu. Pas tout. Il aurait pu rester à court terme Premier Ministre puisque les députés conservateurs eurosceptiques, en particulier Boris Johnson, lui ont adressé une lettre, avant l’annonce des résultats, pour lui dire de continuer à gouverner car il avait reçu l’an dernier un mandat de cinq ans. Mais il est peu probable que David Cameron, dans un processus de deux ans, puisse raisonnablement mener les négociations d'une sortie contre laquelle il s’est battu pendant cette campagne référendaire. David Cameron a annoncé finalement dans la matinée du 24 juin 2016 qu'il démissionnerait à brève échéance (avant septembre 2016).

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Je suis bien entendu triste et inquiet par ce résultat qui s’impose puisque c’est celui, libre et sincère, des électeurs britanniques. Le résultat aurait été inversé, il m’aurait soulagé, certes, mais il aurait cependant montré de la même manière que le Royaume-Uni est profondément divisé en deux, en deux camps. Comme l’Autriche, comme de nombreux pays (la France à chaque second tour de l’élection présidentielle). Les décisions démocratiques sont souvent prises, maintenant, avec des courtes majorités, ce qui prouve d’ailleurs l’intérêt de ces consultations, puisque les peuples sont très partagés.

Que le Royaume-Uni souhaite reprendre son isolement et s’éloigner du continent, c’est son droit le plus respectable à partir du moment où c’est son peuple qui l’a décidé. Ce qui m’attriste, ce sont les raisons invoquées pour sortir.

La députée sauvagement assassinée le 16 juin 2016, Jo Cox, avait laissé une dernière tribune pour prôner le maintien, dans le "Yorkshire Post" le 10 juin 2016 : « De grâce (…), ne vous laissez pas avoir par tout ce baratin qui voudrait que le seul moyen de répondre aux problèmes posés par l’immigration soit de voter la sortie de l’Union Européenne. C’est tout simplement faux. L’immigration est un sujet de préoccupation légitime, mais elle n’est pas une bonne raison de quitter l’Union Européenne. (…) Nous sommes plus forts, plus en sécurité et plus prospères dans l’Union Européenne. » (traduit de l’anglais par Pauline Colonna d’Istria pour "Le Monde" du 22 juin 2016). L’avenir montrera qu’elle avait raison. Mais on a toujours tort politiquement quand on perd une bataille électorale.

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Les répercussions d’abord économiques sur le Royaume-Uni seront redoutables. Peut-être même un nouveau choc après celui de l’automne 2008. Comme les économies nationales sont imbriquées, il y aura des répercussions forcément dans les autres pays et d’abord en France et en Allemagne, mais aussi aux États-Unis.

Cette vague populiste n’est pas unique au Royaume-Uni et elle est présente sur tout le continent européen, et s’exprime de différentes manières d’ailleurs, se différenciant de l’extrême droite en Italie, par exemple.

Que l’Union Européenne soit décriée n’est pas une réflexion nouvelle. En France, cela a commencé avec la campagne référendaire sur le Traité de Maastricht en septembre 1992. Cela s’est poursuivi avec la campagne référendaire sur le Traité constitutionnel européen (TCE) en mai 2005.

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Le rejet de l’Europe n’est pas dû aux partis populistes qui, au contraire, ne font que surfer sur une vague existante. La raison principale est à chercher parmi ceux qui ont continué à construire l’Europe depuis une vingtaine d’années sans avoir une seule idée de l’horizon qu’ils voulaient esquisser (Enrico Letta en a très bien parlé dès novembre 2013), une Europe purement comptable, sans âme, sans identité, sans perspective morale, politique. Seulement financière. Cela ne peut être satisfaisant quand un peuple est toujours en demande de transcendance, malgré le déclin (heureux) des idéologies.

Que ce soit Jacques Chirac, Lionel Jospin, François Hollande, aucun n’a montré (malgré les idées d’origine de François Hollande qui était l’un des plus proches disciples de Jacques Delors), dans ses actes, de ferveur européenne. Je mets de côté Nicolas Sarkozy dont le thème européen n’a jamais été la priorité pour lui mais qui, au contraire, dans les faits, a agi efficacement pour éviter l’immobilisme et l’enlisement institutionnel.

Plus généralement, toute la classe politique qui a gouverné la France depuis un quart de siècle, s’est systématiquement défaussée sur Bruxelles et les "eurocrates" pour refuser d’assumer ses propres décisions politiques. En effet, toutes les directives de la Commission Européenne ont été approuvées voire élaborées par les gouvernements français. La politique de Bruxelles a donc toujours été la politique de Paris. Mieux : le texte du TCE était un texte d’inspiration française (travaux présidés par Valéry Giscard d’Estaing) et jamais plus dans l’histoire européenne la France n’aura l’occasion de marquer aussi fortement de son empreinte, de son esprit, de ses traditions, le continent européen.

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Pour les vingt-sept autres pays de l’Union Européenne, ce Brexit n’est pas une douche froide mais un véritable tsunami politique. Il est donc urgent de bouger, de réformer, de donner des perspectives politiques aux peuples européens, de donner du sens aux structures. Il est urgent de traduire le mécontentement populaire parfois justifié dans le cadre d’un nouveau système européen.

Tout le monde d’ailleurs le conçoit. Avec les institutions européennes, nous sommes au milieu du gué depuis 1992 et nous n’avançons plus. Certains préfèrent reculer pour rejoindre la rive de départ. D’autres voudraient au contraire rejoindre l’autre rive, celle d’arrivée, celle de l’union renforcée. Si le Brexit place le sujet européen pour la campagne présidentielle en France, ce sera une bonne chose. Il faut que ce soit "le" clivage électorale de 2017.

Car c’est cela qui manque, aux Français comme aux Européens : de la créativité, de l’imagination. L’union des pays européens pour se renforcer face à d’autres grands ensembles économiques mondiaux (la Chine, l’Inde, le Brésil, etc.) est une nécessité économique que seuls l’ego, la nostalgie d’une puissance historique dépassée, l’arrogance et même une certaine condescendance refusent d’admettre.

Il faut achever le travail avec méthode. Il faut d’abord se donner des objectifs clairs. Premièrement, il faut démocratiser les institutions. Cela signifie encore renforcer les pouvoirs du Parlement Européen, seule instance démocratique élue au suffrage universel direct. Mais il faut aussi obliger les élus européens à rendre des comptes. Et d’abord, à communiquer. Qui connaît les députés européens ? Qui connaît leur action ? La carence des médias (en France en particulier) est à cet égard extrême.

Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem et fervente europhile, expliquait sur une chaîne info cette semaine que le Traité transatlantique pouvait être intéressant, notamment parce que cela permettait de garder la maîtrise des normes face à l’industrie chinoise ou indienne. Normes technologiques, et on sait que c’est une bataille économique fondamentale (il suffit de connaître l’histoire de l’industrie informatique pour s’en persuader).

Mais ainsi négocié, le Traité transatlantique paraît opaque, flou, inquiétant. Marielle de Sarnez disait qu’il aurait fallu que François Hollande prît l’occasion d’une intervention télévisée dédiée pour expliquer longuement aux Français, car c’est un sujet important qui engage l’avenir de la France, qu’il avait donné un mandat à la Commission de Bruxelles pour aller négocier avec le gouvernement américain, expliquer l’intérêt de la France à traiter commercialement avec les Américains, expliquer aussi quelles sont les lignes sur lesquelles la France ne transigera pas (les normes environnementales, sanitaires, les appellations contrôlées, etc.).

Aucun travail d’explication n’a été fourni alors que c’était du devoir du gouvernement français. C’est comme si les gouvernants appliquaient la politique européenne comme un rituel mais qu’ils n’avaient pas compris pourquoi ils l’appliquaient, si bien que les peuples maintenant ne comprennent pas non plus et on ne peut pas le leur reprocher.

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Il faut être pragmatique. Le peuple britannique devra assumer les conséquences de son acte. Je les espère les moins dévastatrices sur le plan économique et social. Mais ceux qui restent, dans l’Union Européenne, ont aussi un devoir de réaction forte si l’on ne veut pas voir ce continent se déliter politiquement.

L’idée européenne était belle, elle le reste. Son but est d’abord de préserver la paix. Cette paix, qui est présente depuis plus de soixante-dix ans en Europe de l’Ouest, paix, liberté, démocratie, elle pourrait toujours être remise en cause à l’occasion d’un accès de fièvre populiste. Se rappeler le 30 janvier 1933. La République de Weimar était un régime démocratique. La paix est toujours fragile. Rien n’est jamais acquis. Bouder la construction européenne est comme un enfant gâté crachant dans la soupe, qui n’a jamais connu la guerre, et qui ne sait pas le prix de la paix.

Il faut donc que les promoteurs de la construction européenne s’affirment clairement, sans en avoir honte, remettent du cœur à l’ouvrage et pas seulement de la raison, pour rappeler les progrès accomplis grâce à l’Europe : paix, libre circulation des personnes et des biens, harmonisation des diplômes, échanges de jeunes (Erasmus), monnaie unique (l’euro a été un élément majeur de progrès, quoi qu’en disent ses détracteurs), etc.

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Quand on écoute l’europhobe Nigel Farage, le chef de l’UKIP, dire le soir du 23 juin 2016 que toutes ces institutions européennes coûtent cher, il ne manque pas d’air puisque depuis 1999 (bientôt vingt ans, son mandat se termine en 2019), il n’a vécu alimentairement qu’au crochet financier de l’Union Européenne qu’il dénonce !

Tout comme toute la clique du FN depuis juin 1984 dont les élus sont grassement payés (comme ceux des autres partis du reste) à démonter quotidiennement les institutions qui les nourrissent. Nigel Farage avait pour thème favori de dire que tous ceux qui faisaient la promotion de la construction européenne n’étaient pas fiables car ils étaient payés par l’Europe… mais lui aussi, est financé par l’Europe, pour la dézinguer, et il y est parvenu !

La réaction raisonnable au Brexit, c’est donc d’en prendre note mais surtout, de ne pas rester dans un statu quo qui sera désastreux pour l’Europe, qui verra alors chaque pays, un à un, s’en aller. Il faut donc d’urgence un nouveau plan de relance, qui redonne foi et identité à l’ensemble des peuples européens, sur la base d’un accord concerté et accepté par les peuples eux-mêmes.

C’est plus facile à dire qu’à faire. L’ennui, c’est que la France est l’un des pays moteurs d’une telle relance. Or, cela fait quatre ans que François Hollande annonce qu’il faudrait relancer l’Europe sans jamais rien faire. A-t-il voulu attendre le Brexit pour agir, comme un pompier endormi qui se réveillerait quand tout le territoire n’est plus que ruines et désolation ? Angela Merkel a-t-elle réellement la volonté d’aller dans le même sens ?

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La seule chose qui serait intéressante, c’est que le Brexit réveille les dirigeants européens pour agir. Quant aux investisseurs de Londres qui vont s’éloigner du Royaume-Uni, la concurrence risque d’être rude entre Paris, Bruxelles, Francfort, Milan, peut-être pas Barcelone, pour les accueillir.

La présidente du conseil régional d’Île-de-France, Valérie Pécresse, a déjà proposé, le 22 juin 2016, aux investisseurs de venir s’installer à Paris, l’une des régions les plus dynamiques économiquement du continent. Avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le président du conseil général des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian, elle a initié l’opération "Welcome to Europe".

Faire d’un échec retentissant la base d’un futur succès, c’est le réflexe sain du pragmatisme. En attendant de redonner de l’âme aux institutions européennes...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 juin 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Brexitquake.
Boris Johnson.
To Brexit or not to Brexit ?
L’euro.
Le conflit syrien.
Les réfugiés syriens.
La construction européenne.
Jo Cox.
Élisabeth II.
Un règne plus long que celui de Victoria.
Philip Mountbatten.
Vive la République !
David Cameron.
Margaret Thatcher.

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32 réactions à cet article    


  • Clofab Clofab 24 juin 18:17

    Condoléances !


    • Etbendidon 24 juin 19:09

      GROS CACA NERVEUX TODAY hein ragoto
       smiley


      • Ben Schott 24 juin 20:01

         
        Pleure, Sylvain, pleure, c’est le pus qui sort !
         


        • Phoébée 24 juin 21:02

          @l’auteur

          Pauvre merde .....


          • covadonga*722 covadonga*722 24 juin 21:10

            ttttt monsieur l’auteur , seriez vous un vilain anti-démocrate , un peu comme la crapule qui a cdansl’air sur la 5 nous expliquait que l’europe etait une chose trop sérieuse pour demander l’avis de tous et tenir compte de l’opinion de n’importe qui.

            Enfin ce fut une belle journée voir dany le vert lIbéral nous faire une grosse colère.
            Le summum bien sur fut Sarkozy nous annonçant qu’il demanderait un référendum , et évidement 
            personne n’osa évoquer devant lui celui de 2005 sur lequel il s’est assis ! 

            UE delenda est !


            • JBL1960 JBL1960 24 juin 22:12

              @covadonga*722 Oui, incontestablement le must du jour fut Sarkozy l’Américain qui réclame son nouveau traité, pour pouvoir monter dessus à la première occase. Je suis assez estomaquée tout de même de vous voir encensé cette Europe à l’initiative d’un certain Walter Hallstein et de cela on peut remercier le François Asselineau (que je ne soutiens aucunement, je le connais pas) qui a permis de faire remonter tout cela à la surface. On ne peut rien accepter de cette Europe là, rien, nada... Tenez, dans ce billet vous pourrez voir un Jean François Kahn à Cdansl’air feindre ne pas connaitre le Bilderberg =
              https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/20/bilderberg-cie/ Et dans celui-là = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/06/07/bilderberger-2016/ Yves Mourousi sur TF1 détailler la prochaine réunion du bilderberg de 1977. Pour moi c’est ça l’Europe que l’on veut nous enfoncer dans le gosier coûte que coûte...


            • JBL1960 JBL1960 24 juin 22:14

              @JBL1960 à partir du je suis estomaquée c’était pour l’auteur...


            • Samson Samson 24 juin 22:41

              @covadonga*722

              « Le summum bien sur fut Sarkozy nous annonçant qu’il demanderait un référendum , et évidement 
              personne n’osa évoquer devant lui celui de 2005 sur lequel il s’est assis ! »
              Il ne devait pas refonder le capitalisme, aussi ??? ... mais c’était il y a bien longtemps !
              Même dans l’art de se tirer une balle dans le pied - comme il y avait si merveilleusement procédé pour ses comptes de campagne (mégalo, mais pas même foutu de faire truquer efficacement la comptabilité !) -, Cameron - qui a le réalisme de démissionner plutôt que se faire piteusement virer dès la prochaine échéance électorale - l’enfonce ! smiley smiley smiley

            • Samson Samson 24 juin 22:51

              @covadonga*722
              Pour moi, la palme en matière de perles revient sans conteste à Manu le Fourbe, qui s’est fendu d’un « C’est le moment d’être digne des pères fondateurs, de refonder une nouvelle Europe en écoutant les peuples ».
              De là part de ce héraut hexagonal du « TINA » qui, durant la même semaine, cherchait tous les prétextes à museler l’expression syndicale, c’est plutôt gonflé ! smiley smiley smiley



            • Enabomber Enabomber 24 juin 22:59

              @Samson
              Oh, il connaît bien le peuple, c’est son grand-père banquier qui lui a tout expliqué.


            • covadonga*722 covadonga*722 24 juin 23:48

              @JBL1960
              yep ! ouf je cherchais fébrilement ou j’avais pu coller de l’encens , de l’essence éventuellement 

              en coktails   smiley

            • Samson Samson 24 juin 23:53

              @Enabomber
              Tout dépend évidemment ce qu’on entend par « écouter le peuple », mais de fait, voici une excellente occasion pour lui de plaider l’extension de la surveillance électronique- votée à l’unanimité sous la sainte bannière de la liberté d’expression après Charlie et déjà exercée sur tout le web hexagonal - à l’ensemble de l’U€. smiley


            • Pie 3,14 24 juin 21:12

              Un bon article.

              Une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec votre vision de démocrate chrétien.

              • Samson Samson 25 juin 00:40

                @l’auteur
                Pour éloigner quelque peu vos idées noires, voyez l’excellent article de Catherine Tricot sur regards.fr : « Après le Brexit, refaire l’Europe ».

                Extraits :
                « Va-t-on longtemps cultiver ce paradoxe que l’extrême droite demande de consulter les peuples et que les »sages« responsables, les tenants de la bonne »gouvernance« , les dirigeants européens »raisonnables« s’exclament en cœur que laisser le peuple s’exprimer est du »populisme«  ? »

                « L’idée européenne, celle-là-même qu’exprime la devise »Unie dans la diversité« , se disait une perceptive de commun. Mais le commun est devenu le marché commun. Et l’union est devenu le marché unique : tout ou presque s’est réduit au marché... »

                En vous présentant mes cordiales salutations ! smiley


                • eau-du-robinet eau-du-robinet 25 juin 09:39

                  Bonjour,
                  .
                  « Les avantages globaux de l’appartenance à l’Union Européenne sont considérables. ... »
                  — Fin de citation —
                  .
                  Les avantages pour les banques privées et les multinationales certes
                  mais pas pour les PME’s qui se plaignent de la complexité administrative, des taxes bien plus élevées que celles des multinationales, sans parler des inconvenants pour les citoyens « lambda », le chômage qui n’arrête pas de monter en flèche depuis 8 ans.
                  .
                  Les patrons de PME sont surchargés de tâches administratives
                  http://www.lefigaro.fr/entrepreneur/2014/10/08/09007-20141008ARTFIG00152-les-patrons-de-pme-sont-surcharges-de-taches-administratives.php
                  .
                  3% de PIB, le coût de la complexité administrative : le chiffrage de ce qu’une vraie réforme de simplification apporterait à l’économie française
                  Selon l’OCDE, 60 milliards d’euros par an partent en fumée à cause de la complexité de l’administration en France.
                  80% des lois émanent de la commission européenne.
                  http://www.atlantico.fr/decryptage/3-pib-cout-complexite-administrative-chiffrage-qu-vraie-reforme-simplification-apporterait-economie-francaise-stanislas-1042714.html
                  .
                  A Toulouse, la colère des agriculteurs contre les lourdeurs administratives européennes
                  Plus d’une centaine d’agriculteurs de la Haute-Garonne ont brûlé du papier devant la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), mercredi à Toulouse, pour protester contre la lourdeur des déclarations de cultures de la nouvelle politique agricole commune (PAC). Des déclarations indispensables pour percevoir les aides européennes, qui forment la moitié de leur revenu.
                  http://www.lesechos.fr/25/02/2016/lesechos.fr/021723561167_a-toulouse—la-colere-des-agriculteurs-contre-les-lourdeurs-administratives-europeennes.htm
                  .
                  Connaissez vous le vrai fonctionnement dictatorial de l’UE ?
                  .
                  Il me semble que non, c’est pour cette raison que je vous invite à regarder la vidéo suivante.
                  https://www.youtube.com/watch?v=TR2EiJaIXCE
                  .


                  • oncle archibald 25 juin 10:25

                    Moi ce qui me sidère dans les votes démocratiques c’est que pour prendre ne décision aussi lourde que la sortie de l’Europe des Britanniques ou le choix d’un Président pour la France on peut se contenter d’une majorité de quelques voix au delà des 50% de votants quel que soit le niveau de la participation au scrutin tandis que dans une copropriété on ne peut pas décider de supprimer le poste de concierge ou de mettre un portail automatique à l’entrée des paries communes sans une majorité des deux tiers ! Etonnant non ???


                    • bakerstreet bakerstreet 25 juin 10:37

                      Bravo pour votre article qui tranche avec la plupart, très bas du front, et de plafond, si je peux me permettre. On observe en effet que le choix britannique est applaudie par beaucoup, analysé comme un retour du frustré, très réflechie. Hors, ceci est juste le coup de poing imbécile envoyé à la tronche du premier leurre venue pour se décharger de tant d’années de frustration. L’europe est en effet le bad boy qu’on désigne partout, des politiques aux médias, pour justifer les errements, les choix foireux, en un mot le parfait bouc émissaire. 

                      Hors la politique européenne est justement le fruit pourri des plus libéraux, et justement des britanniques, qui n’ont absolument pas voulu d’une europe politique, sociale. Désigner l’europe comme l’ennemi obeit de plus à un vieux fond réactionnaire et historique, présent en Angleterre depuis des lustres. Le vieux jeu : Tatcher,Major, et Cameron se sont acharnés à jouer avec le feu, jouant au pompier pyromane. Là, Cameron a été complètement dépassé par l’incendie qu’il avait allumé, un extincteur à portée de main. 
                      On pourrait en rire, certains applaudissent, disant « bravo l’artiste », alors que ce brixit n’est qu’une erreur d’artificier. On savait que certains se faisaient exploser avec une bombe sur le ventre, mais on n’avait pas encore vue la version politique, à ceci prêt que Cameron pensait bien qu’il allait la désamorcer à temps.
                      Ce 52-48 ne correspond à rien, C’est juste une lame de fond composé d’immondices et de courants divers, charriant les eaux de pluie et celles du fleuve, et que certains appellent « choix démocratique ». Mais la démocratie, ce ne sont pas les eaux qui rentrent dans la centrale d’épuration. Peut être faudra t’il du temps maintenant pour la traiter. On observera ce qui en sortira. A moins que cela soit un leurre, et que la grande bretagne enclenche très vite la marche arrière, ayant enclenché sa marche arrière en bordure du vide, évoquant je ne sais quelle vis de forme et de procédure. 

                      • oncle archibald 25 juin 10:49

                        @bakerstreet : j’applaudis et l’article et votre commentaire. Depuis trop d’années nos gouvernements gouvernent en se cachant derrière l’Europe pour justifier leurs propres turpitudes.


                      • Olivier Perriet Olivier Perriet 25 juin 13:47

                        @bakerstreet

                        vous répondez à côté de la plaque, et vous faites des procès d’intentions.

                        Si la GB se casse la figure, ça apportera de l’eau à votre moulin, vous vous en réjouirez. En fait on n’en sait rien pour le moment.

                        D’ailleurs ce n’est pas la question qui était posée


                      • Olivier Perriet Olivier Perriet 25 juin 17:38

                        @bakerstreet

                        Si vous constatez vous même que la politique européenne est un « fruit pourri », alors il faut en sortir. Mais, en fait non, il faut y rester.

                        Pour faire quoi ?

                        Ce 48/52 ne correspond à rien. Que n’aurait-on pas dit si le résultat avait été inverse. Vous pariez sur la bêtise de vos semblables, à ce compte là supprimons la démocratie et les élections.


                      • oncle archibald 25 juin 10:43

                        Et ce qui m’amuse beaucoup ce sont les doctes discours que l’on entend aujourd’hui : l’Europe est trop technocratique, elle ne tient pas assez compte des désirs des citoyens etc etc etc .... Ah bon ? C’est aujourd’hui qu’ils s’en aperçoivent ?? Avant d’être au pouvoir c’est « YA KA FAU KON » et quand ça merdouille dans tous les sens c’est « YAVAIT KA FALLAIT KON » .... Vrais CONS oui ! ou plutôt ils nous prennent pour de vrais cons.

                        Et pourtant je suis absolument certain qu’une organisation politique majeure de taille Européenne, façon United States of Europe, avec des lois sociales, une armée et une police fédérale est absolument indispensable pour ne pas se faire bouffer tout cru dans le monde de XXI eme siècle. L’Europe pour décider de la taille des concombres ou de la contenance des chasses d’eau tout le monde s’en fout, à justes raisons. L’Europe pour nous imposer des normes à la demande des lobyistes qui veulent avantager leurs produits et neutraliser la concurrence tout le monde la rejette, à justes raisons aussi.


                        • bakerstreet bakerstreet 25 juin 10:57

                          @oncle archibald

                          Vous avez raison ; espérons que cela sera finalement salutaire, une sorte d’électrochoc, et que nous retomberons du bon coté de la barre...Car par contre les nationalistes de tous poils sortent du trou, et osent évoquer les concepts de démocratie, qu’ils seront prêts demain, à écraser du pied, exactement comme dans les années 30. Le mal, du moins une des origines du mal européen vient du fait que le principe de concurrence déjà suspect en soi, quand il est hissé comme la pierre d’achoppement du projet politique européen, s’est concrétisé sur le terrain par un dumping acharné, une possibilité offerte aux entreprises et aux actionnaires de prendre la main sur les états, jouant l’évasion fiscale, au sein même de l’Europe, en fonction d’une législation anachronique, ou plutôt de son absence, permettant par exemple ainsi à l’Irlande de faire la pute sur le trottoir, en cassant les prix. C’est à peine une image osée. L’impot sur les sociétés est ainsi rendu à seulement maintenant un peu plus de 20% alors qu’il est le double....Aux usa......C’est lui qui finance l’action sociale, les retraites, l’investissement....Voilà le grand scandale. Une europe des marchands, court-circuitant le citoyen amène inoxéralblement la perte de sens. On en est là. Pour autant ce référendum est un gag, un leurre, un chiffon rouge agité à la foule, dans un pays qui a tout fait pour installer le monde économique que les anglais déplorent. C’est un peu comme si en 39 les allemands rejetaient « la société des nations », comme une institution non démocratique, et que les autres applaudissaient la manœuvre. Ce n’est plus du Shakespeare, c’est bien pire, c’est Tartuffe

                        • bakerstreet bakerstreet 25 juin 11:01

                          @bakerstreet
                          Donc établir en europe les mêmes lois fiscales, et d’imposition, rendant impossibles en son sein ce genre de manoeuvre qui se retourne contre l’intéret collectif. Roosevelt dans les années 20 l’a fait aux states, car les états américains étaient tous les uns les autres dans un principe de concurence, et de strip tease, se déshabillant tous pour attirer le chaland. Pour cela il faut foutre en l’air les lobbys, qui tournent autour du parlement européen. On en est loin quand on voit les pas de deux et de recul, rien qu’autour du roundup....


                        • Pyrathome Pyrathome 25 juin 16:28

                          @oncle archibald
                          e suis absolument certain qu’une organisation politique majeure de taille Européenne, façon United States of Europe, avec des lois sociales, une armée et une police fédérale est absolument indispensable pour ne pas se faire bouffer tout cru dans le monde de XXI eme siècle.
                          .
                          Encore un adepte des empires de pire en pire.......
                          Alors il faut choisir, soit se faire bouffer tout cru soit se faire cuire à feu doux ! mais par qui, au fait ??
                          Vous êtes dans le formatage, la compétition, la confrontation, la domination, la paranoïa...
                          Un conseil, changez de logiciel pour toucher la vraie zénitude..... smiley


                        • oncle archibald 25 juin 16:39

                          @Pyrathome : j’essaye de vous deviner ..... Vous habitez le tréfonds de l’Ariège, votre cabane en rondins n’est accessible qu’à dos de Merens, vous vous nourissez de fromage que vous confectionnez vous même avec le lait de vos chevres ... C’est très beau tout ça et sans doute avez vous moins de chances qu’un autre d’être un jour confronté à la « compétition ».

                          Pour les autres qu’ils le veuillent ou non c’est tous les jours qu’il faut se battre pour survivre, et si l’on n’est pas assez gros et assez nombreux pour se battre avec quelque chance de succès il faut s’attendre à être battu et dominé. C’est la loi naturelle depuis que le monde est monde.


                        • Olivier Perriet Olivier Perriet 25 juin 17:41

                          @oncle archibald
                          "Ah bon ? C’est aujourd’hui qu’ils s’en aperçoivent ?? Avant d’être au pouvoir c’est « YA KA FAU KON » et quand ça merdouille dans tous les sens c’est « YAVAIT KA FALLAIT KON »

                          En fait vous vous adressez à qui ?
                          « y’avait qu’à », c’est justement vous qui le dites


                        • Pyrathome Pyrathome 25 juin 18:55

                          @oncle archibald
                          C’est la loi naturelle depuis que le monde est monde.
                          .
                          La loi naturelle n’est pas la compétition à outrance, observez et apprenez la nature.....


                        • oncle archibald 25 juin 19:56

                          @Pyrathome : dans de nombreuses espèces animales il y a le « male dominant » qui fait, et il y a ceux ceux qui le regardent faire .... C’est pas la compete ça ? Vous regardez un peu à quoi ressemble le monde autour de vous ? Vous vous attendez à des cadeaux des mamours et des gentillesses da la part de ceux qui dans les continents moins favorisés aimeraient accéder au niveau de vie occidental ? La France à l’échelle du monde ça n’est même pas l’Andorre à l’échelle de l’Europe. Si on veut préserver ce qu’il y a de bon dans notre système actuel il est de notre intérêt de nous grouper pour le défendre. C’est si simple que ça parait incongru de devoir le dire.


                        • Djam Djam 25 juin 14:50

                          Sylvain, vous manquez cruellement d’imagination... la totalité de votre article est une resucée de tous les arguments des européistes, français en particulier.
                          Il est clair que ni vous, ni Mme De Sarnez du Modem n’ont lu le TTPI. Moi, oui ! Il faut s’y atteler, je vous le concède mais ça en vaut la peine si vous voulez la ramenez sur ce sujet. Or, à l’évidence, vous ne savez pas du tout ce qu’il contient et vous vous contentez de répéter ce qui vous convient de récupérer.
                          Il est également évident que vous ne connaissez pas non plus l’Histoire de notre pays, sinon vous cesseriez immédiatement de vous positionner en donneur de leçon aux français qui « seraient » contre des réformes.
                          Vous étiez encore à sucer votre pouce que les politiciens français nous faisaient déjà ce genre de leçons avec les tentatives de culpabilité qui vont avec comme le fit pendant des années l’inénarrable De Closets qui n’en finit plus d’accuser « les français de vouloir toujours plus ». Ce n’est pas plutôt l’actionnariat privé qui en veut toujours plus ?
                          Réforme dites-vous ? Savez-vous que la France est l’un des pays d’Europe qui a le plus réformé son pays ?
                          Vous avez sous vos yeux (enfin, si vous vivez ici évidemment...) la dévastation palpable, vérifiable, quotidienne de votre Europe bruxelloise et vous osez la ramener pour donner des leçons ?
                          Dites-nous cher Sylvain, vous vivez dans quel monde ???


                          • Pyrathome Pyrathome 25 juin 16:33

                            @Djam
                            Dites-nous cher Sylvain, vous vivez dans quel monde ???
                            .
                            Il vit dans le monde des « coucous » :


                          • egos 25 juin 18:32

                            « c’est le réflexe sain du pragmatisme »

                            Le pragmatisme (une filiation certaine avec l’empirisme) serait une qualité plus volontairement attribuée au tempérament britannique que continental.
                            Quant à l’Europe, la soixantaine bien engagée, il semble bien tard pour qu’elle tienne ses promesses et comble les espoirs fondés à sa naissance,
                            et porte ses fruits alors que les signes d’une sénescence précoce déjà pparaissent.
                            A l’image de la séduisante Europe se substitue celle d’un ring à l’intérieur duquel s’affrontent une trentaine de boxers pugnaces au cours d’un combat clandestin organisé par des bookmakers.


                            mythes & mythologies 

                            Zeus fit trois présents à sa nouvelle conquête (Europe) : 
                            • Une robe et un collier ; 
                            • Un chien, Laelaps, qui ne laissait jamais échapper sa proie ; 
                            • Un homme de bronze, Talos, dont la seule veine qui irriguait son corps de métal, était obturée par une cheville de métal. Il faisait chaque jour le tour de la crête et tuait tous les étrangers qui tentaient de débarquer.




                            • alt57 alt57 26 juin 05:32

                              Ce n’est pas parce que l’UE est mal faite et son TCE inique, qu’il faut rejeter en bloc l’idée, sans avoir fait le minimum pour l’améliorer, voire la refondre et bêtement jeter le bébé avec l’eau du bain.


                              Les anglais ne quittent pas l’UE, ils n’y ont jamais participé qu’en cotisant le moins possible pour en tirer les bénéfices, et en refuser les contraintes, voire même, à leur habitude, se faire tailler des avantages déloyaux.


                              Fasse que ce « brexit » secoue et réveille les autres partenaires pour qu’ils refondent le TCE, notamment le statut scandaleux de la BCE et les prorogatives despotiques extorquées des technocrates pléthoriques et non élus de Bruxelles by a large ass kicking.

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