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Budget de l’Europe : baisse drastique sauf pour Erasmus et d’autres secteurs d’avenir

Le budget européen 2014-2020 vient d’être approuvé définitivement. Erasmus, l’innovation, les aides à la recherche voient leur enveloppe augmenter, tandis que globalement, ce budget baisse de 85 milliards d’euros.

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On ne dira jamais assez fort que les affaires européennes sont avant tout des affaires intérieures et pas des affaires extérieures à la France. Ne serait-ce que le problème que rencontrent les éleveurs bretons mais c’est aussi le cas de bien d’autres domaines.


Depuis une vingtaine d’années, les gouvernements français ont toujours eu un double langage qui a donné une image déplorable de la construction européenne en opposant leur volonté nationale aux prétendus "diktats" européens de Bruxelles. Pourtant, pas une seule décision européenne n’a été prise sans l’accord plein et entier, voire l’initiative, des gouvernements français. Les derniers événements sur la surveillance des politiques budgétaires de la zone euro peuvent en donner une illustration supplémentaire.

La négociation du budget de l’Union Européenne sur une longue période 2014-2020 aura finalement été très laborieuse et contrairement aux velléités du Président François Hollande pendant sa campagne présidentielle de 2012, le budget n’impulsera pas la croissance sur le plan européen. Pire, puisque le budget est en forte diminution par rapport avec la programmation précédente pour la période 2007-2013.

Répétons ici que cette période de sept ans est très antidémocratique : l’Union Européenne vient de se doter d’une programmation budgétaire sur sept ans à quelques mois de l’élection d’un nouveau Parlement européen, et son successeur, qui sera élu au printemps 2019, devra encore appliquer cette programmation vieille de deux mandats. Il serait plus cohérent de réduire la période de programmation à cinq années, négociée sur la première année et demi du mandat des députés européens (par exemple, que les députés européens élus en mai 2014 préparent la programmation budgétaire sur la période 2016-2020, ceux élus en mai 2019 sur la période 2021-2025 etc.).

Cela dit, une avancée qui provient du Traité de Lisbonne, c’est que le Parlement européen doit approuver le budget de l’Union Européenne préparée par la Commission européenne et surtout, par le Conseil européen. Conclusion, les députés européens ont vendu chèrement leur adhésion, au risque de mettre l’Europe en situation de "shutdown", en rejetant la première mouture du texte le 13 mars 2013 et en repoussant le plus tard possible le vote définitif.

Malgré ces signes de patente mauvaise humeur (grosso modo, les élus qui gravitent uniquement au sein de l’Union Européenne souhaitent un budget le plus élevé possible tandis que les élus nationaux, les gouvernements des États membres, préfèrent évidemment un budget le plus bas possible, en tout cas ceux pour qui le solde est négatif), les parlementaires européens ont finalement accepté la baisse drastique du budget.

Parmi les revendications des parlementaires européens, il y avait le versement par les États membres de 11,2 milliards d’euros supplémentaires pour clore les comptes de 2013. Finalement, l’accord s’est établi dans la nuit du 11 au 12 novembre 2013 par un versement de 500 millions d’euros.

D’autres concessions ont aussi été obtenues, dont une majeure, la possibilité de réviser le cadre financier pluriannuel en 2016, afin de laisser le nouveau Parlement européen apporter sa propre pierre. Également décidée, la possibilité de réutiliser des crédits non dépensés à d’autres postes budgétaires ou même de les transférer d’une année sur l’autre ; avant, les crédits non dépensés étaient purement et simplement supprimés.

C’est donc dans ce climat de marchand de tapis que le Parlement européen a adopté définitivement le projet de budget 2014-2020 durant la séance du 19 novembre 2013 à Strasbourg avec une très large majorité de 537 voix sur 682 présents, comprenant les socialistes, le PPE (centre droit) et les libéraux et démocrates (centristes). Les écologistes et la gauche dite radicale ont en revanche voté contre. Daniel Cohn-Bendit, qui copréside le groupe écologiste, a d’ailleurs déclaré avec sa véhémence habituelle : « Nous continuons d’emmener les citoyens dans le mur ! » en dénonçant ce « sadomasochisme dans la culture du Parlement ».

Ce succès parlementaire formel est effectivement loin d’être un succès pour l’Europe, car ce budget a baissé de 85 milliards d’euros par rapport à la programmation précédente. Pour ses opposants, c’est une véritable cure d’austérité que subit l’Europe. Le pire, c’est que la plupart des parlementaires européens conviennent que cela va handicaper l’avenir de l’Europe, mais ne pas voter ce projet aurait abouti à une impasse institutionnelle qui aurait eu des conséquences assez graves sur l’économie.

Concrètement, les vingt-huit États membres se sont engagés jusqu’en 2020 sur 908 milliards d’euros en crédits de paiement (-3,7%) et 960 milliards en crédit d’engagement (3,5%).

Les deux tiers des montants sont utilisés dans le cadre de la politique agricole commune et du soutien aux régions les plus défavorisées, avec cet élément nouveau en France (qui n’a rien à voir avec le texte budgétaire en question) que ce seront désormais les conseils régionaux eux-mêmes qui géreront directement les sommes éventuellement allouées par l’Union Européenne.

L’autre tiers est consacré aux infrastructures, au soutien à l’innovation, à la recherche et aussi à Erasmus, l’un des programmes phares de l’Europe qui permet, depuis 1987, à plusieurs centaines de milliers d’étudiants d’aller passer une année d’étude dans un autre pays européen que le leur ("EuRopean Action Scheme for the Mobility of University Students"). Cette possibilité sera désormais offerte également aux jeunes apprentis. Le budget d’Erasmus atteint ainsi 14,7 milliards d’euros, soit +40%.

Cette politique qui vise à envoyer des jeunes hors de leur pays n’a rien d’antinationale et encore moins d’antipatriotique. Au contraire, le sentiment national ne peut que se conforter lorsqu’il est en présence de personnes qui cultivent d’autres sentiments nationaux, soit pour voir ce qui les distingue voire ce qui les unit.

Par ailleurs, dès 2014, 6 milliards d’euros seront consacrés à la "Garantie Jeunesse" nouvellement créée pour favoriser l’emploi et la formation des jeunes ; toutefois, cela reste un montant relativement dérisoire par rapport à l’enjeu.

Même si la France a intérêt à garder le plus longtemps possible cette politique de compensation tant pour le secteur agricole que pour les régions "pauvres", le fait que progresse la part budgétaire favorisant l’innovation et la recherche, qui sont les investissements qui façonneront l’Europe de demain et d’après-demain, est une excellente nouvelle, tout comme cet encouragement à la mobilité intra-européenne des plus jeunes.

Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault souhaite une remise à plat du système fiscal. Aura-t-il le courage de mettre le sujet sur le plan européen ? Réduire la fiscalité nationale et augmenter la fiscalité européenne, par exemple, à impôts constants ? Après tout, aujourd’hui, ce sont les États qui, pour la plus grande part, contribuent directement au budget européen, donc, ce sont les budgets nationaux qui sont les contributeurs.

Les citoyens ne comprennent pas la baisse de souveraineté de leurs parlements nationaux. En donnant aux peuples européens le contrôle direct du budget européen par leurs députés européens élus depuis juin 1979 au suffrage universel direct, on simplifierait la chaîne institutionnelle, et démocratiserait les procédures budgétaires.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 novembre 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Risque de shutdown européen.
L’Europe des Vingt-huit.
La révolte du Parlement Européen.
La construction européenne.
L’Union Européenne, c’est la paix.
Daniel Cohn-Bendit.


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10 réactions à cet article    


  • jeanclaude 20 novembre 2013 21:15

    Merci pour ce résumé, excellent. Européen convaincu, je suis étonné du manque d’intervention des lecteurs d’Agoravox. Peut-être sont-ils génés d’apprendre (?) qu’il y a plus de démocratie dans le processus décisionnel que ce qu’ils assènent à longueur d’année.
    Deux tiers encore pour la PAC et les inégalités régionales, c’est encore un peu trop d’eau dans des tonneaux qui fuient. Mais le choix des priorités est bon.


    • Marais 20 novembre 2013 21:17

      Bonsoir Sylvain Rakotoarison,

      Voilà, j’ai une question : est-ce que vous aimez la France ? J’entends beaucoup de critiques de la part des européistes sauf quand la France obéit à leurs injonctions, néolibérales notamment, mais aucune déclaration d’amour.
      Je vous rappelle que l’Union Européenne ne produit rien puisqu’elle est la composante de 28 États. Les États doivent donc veiller en priorité à la prospérité de leurs peuples, ce qui n’est pas le cas.
      Je vous rappelle également que le Parlement européen est bien moins légitime que le Parlement français ou le président de la République : les dernières élections européennes ont vu une abstention de 59,5% en France, l’élection présidentielle une abstention de 19,66% et les élections législatives une abstention de 43,73%.

      Je pourrais en dire un peu plus, mais si vous êtes à laisser tomber vos œillères, voici un site un très intéressant :
      http://www.upr.fr/


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 20 novembre 2013 21:49

        Le mieux dans l’Europe c’est l’Erasmus pour le prolo des pays de l’est ,remplacer ce cochon gavé de prolo de l’ouest .

        Pour le prolo français ça s’appelle l’Enculus ,ferme ta gueule dans l’hymne à la joie et touche le RSA tant qu’y en a .

         


        • non667 20 novembre 2013 23:26

          à sylvain
          Cette politique qui vise à envoyer des jeunes hors de leur pays n’a rien d’antinationale et encore moins d’antipatriotique. Au contraire, le sentiment national ne peut que se conforter lorsqu’il est en présence de personnes qui cultivent d’autres sentiments nationaux, soit pour voir ce qui les distingue voire ce qui les unit.
           tout faux !
          1° érasmus n’a rien de formateur et ne sert aux jeunes qu’a faire la pampille !
          2° quelques temps après avoir fait mon service militaire (+ de 40 ans ) j’ai appris que depuis 1945 on envoyait les recrues le plus loin possible de leur domicile (sauf piston ) dans le but de leur faire voir du pays (en france tout de même ) et d’autres populations (françaises ) et bien sur jeunesse obl et autres érasmus ige de faire des rencontres et de se marier hors du « pays » (pays = villages ,un pays étant aussi un habitant de son village .
          bref le but était le brassage et le déracinement
          comme aujourd’hui l’est a l’échelle mondiale l’immigration, et autres érasmus ! destruction des nations au profit du N.O.M. mondialo- judéo- capitaliste


          • claude-michel claude-michel 21 novembre 2013 07:47

            l’UE...La foire au pognon...La mort des peuples.. !


            • cardom325 cardom325 21 novembre 2013 08:11

              je ne peux pas laisser dire qu’ Erasmus est inutile, mes deux filles ont bénéficié de ce programme, sont allées 1 an en Allemagne et sont revenues bilingues, ce qui n’est déjà pas si mal ......pour des français. Il n’y a pas plus de glandeurs dans les « erasmus » que parmi les étudiants de nos universités nationales
              On peut critiquer l’ Europe , exiger qu’elle fonctionne mieux, plus démocratique , qu’elle soit moins dépensière et plus efficace........mais s’il s’agit, comme certains le suggèrent ici, de se claquemurer dans son pays, ensuite sa région, ensuite sa ville, pourquoi pas son quartier voir sa maison ou son appartement , sans même connaître son voisin, .....alors où va notre monde


              • benjydu59 21 novembre 2013 08:59

                @cardon325
                "On peut critiquer l’ Europe , exiger qu’elle fonctionne mieux, plus démocratique , qu’elle soit moins dépensière et plus efficace........mais s’il s’agit, comme certains le suggèrent ici, de se claquemurer dans son pays, ensuite sa région, ensuite sa ville, pourquoi pas son quartier voir sa maison ou son appartement , sans même connaître son voisin, .....alors où va notre monde"
                Erasmus est un beau projet, mais avons nous réellement besoin de continuer la construction européenne sous sa forme actuelle ? Des projets collaboratifs pourraient-être mis en place sans l’ue. De toute façon chacun défend ses intérêts nationaux (cela ne changera rien à ce niveau là). Les jeunes allemands à cause de la politique de rigueur imposé à l’europe du sud (dont la chef de file reste madame Merkel) auront beaucoup de difficultés pour étudier en espagne, en grèce... Ressentiment et haine, c’est moins bien pour connaître son voisin.


                • millesime 21 novembre 2013 16:55

                  j’habite l’Est de la France, et j’ai souvenir du proviseur du lycée où était mon fils, celui-ci regrettait que la plupart des élèves choisissaient « anglais » comme 1ere langue,
                  « c’est dommage disait-il alors car notre principal partenaire commercial c’est l’Allemagne.. »
                  et c’est toujours le cas. !
                  J’ai un cousin germain qui est « directeur commercial France » pour une brasserie allemande, sans aucun diplôme, mais il parlait l’allemand dès l’enfance.
                  Je suis entièrement d’accord avec « cardom325 » dont les deux filles ont profité du programme Erasmus, il est très important que ce programme perdure et que son budget soit en augmentation
                  Quant à l’UPR je dirais être « Européen » , mais pas l’Europe actuelle telle qu’elle est !
                  http://millesime.over-blog.com.


                  • kéké02360 21 novembre 2013 18:05

                    en parlant de pognon , vous pouvez agir ici :

                    http://www.mvtpaix.org/utils/petitionparlementaires-LPM2014.php 


                    • christophe nicolas christophe nicolas 1er décembre 2013 13:28

                      Il soutiennent la recherche, laissez moi rigoler. Je travaillais dans le privé et ces gars m’ont espionné pendant 10 ans allant jusqu’à coopter ma femme sous prétexte que je la quitterais si les découvertes étaient révélées.

                      Ils sont intervenus auprès de mes proches et de ma familles manipulant tout, allant jusqu’au plus sordide en faisant croire que j’avais des tendances pédophiles, tout cela pour contrôler mes découvertes. Théorie de l’intrication

                      Je vais saigner ces gens pour ce qu’ils sont, des porcs. Je vais tout leur enlever, tout. Je vais tout leur prendre petit à petit, tout ce qu’ils aiment, l’estime, l’argent, le pouvoir... Je vais leur enlever l’amour de leurs proches et les laisser nus sur la place publique.

                      Ils n’ont jamais fait preuve de bonne volonté en situation de force. Ils ont épuisé la bonté, ils vont avoir la Justice. Ca n’a rien à voir avec la politique ou le racisme, Marie protège mais il ne fallait pas toucher aux enfants.

                      « Et je vis un ange qui se tenait dans le soleil. Et il cria d’une voix forte, disant à tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel : Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu, afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous, libres et esclaves, petits et grands. » Apocalypse 19-17

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