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Ce plat pays qui n’est plus le mien

Jacques Brel, le grand Jacques dont j'ai fait mon fil conducteur tout au long de cette diatribe...

Ecoutons-le d'abord chanter MARIEKE, un hymne bilingue à cette belgitude qui l'a tant fait souffrir :

Ay Marieke, Marieke je t'aimais tant

Entre les tours de Bruges à Gand

Ay Marieke, Marieke, le ciel flamand

Pleure avec moi de Bruges à Gand

Zonder liefde, warme liefde

Lacht de duivel, de zwarte duivel

Zonder liefde, warme liefde

Brandt mijn hart, mijn arme hart

Zonder liefde, warme liefde

Sterf de zomer, de droeve zomer

En schuurt het zand over mijn land

Mijn plate land, mijn Vlaanderen.

Oui, Brel écrivait aussi en flamand, la langue des petites gens que son père l'obligeait à parler à la maison.

Vous ne la comprenez pas ?

Attention, si vous êtes belge francophone, un jour ce sera un crime !

Le boulet n'est pas passé loin, traduction littérale du second couplet :

Sans amour, cet amour brûlant

Rit le pigeon, le pigeon noir

Sans amour, cet amour brûlant

Se consume mon cœur, mon pauvre cœur

Sans amour, cet amour brûlant, meurt l'été.

Ce malheureux été qui arase le sable par-delà mon pays.

Mon plat pays, la Flandre

 

Très défenseur de notre langue lorsqu'il prononça son célèbre “ Vive le Québec libre ! “ le Général de Gaulle a dit un jour :

“ Mon seul rival international, c'est Tintin “

Tintin était bruxellois

Eddy Merckx a dominé le cyclisme comme personne.

Le grand Eddy était bruxellois

Jacques Brel restera à tout jamais au Panthéon de la chanson française

Le grand Jacques était également bruxellois

 

Bruxelles capitale de l'Europe, Bruxelles trait d'union entre culture latine et germanique qui se sont décidées à dépasser leurs clivages. Bruxelles capitale de la Belgique moribonde. Bruxelles Dame Bêtise puisque capitale auto-élue de la communauté flamande majoritaire à raison de ...5 % de ses habitants ! Bruxelles étranglée au nom du droit du sol, de la pureté du sang. Bruxelles une fois de plus trahie par l'idéologie socialiste qui préféra contre toute logique nous imposer Namur comme capitale régionale, ceci pour satisfaire la vénalité de quelques baronnets locaux stupides, sans envergure et fiers de l'être. Bruxelles poubelle qui ne reçoit que 20 % des impôts qu'elle génère. Bruxelles ville riche envahie par un tiers monde livré à lui-même. Bruxelles polluée par 300.000 flamands qui l'envahissent tous les jours ouvrables sans y dépenser un rond, mais qui en utilisent sans vergogne toutes les infrastructures en attendant impatiemment de rentrer le soir chez eux “ là où il fait si bon vivre entre soi “. Bruxelles qui ne permet l'accès à la fonction publique qu'aux bilingues, entendez par là encore et toujours une grosse majorité de Flamands – parfois déguisés pour avoir fait leurs études en français - qui, c'est vrai, s'avèrent en général plus polyglottes que nous. Bruxelles privée de son hinterland naturel par une décision unilatérale de Maman Flandre qui va jusqu'à nier l'existence en périphérie de très larges majorités francophones. Des majorités lassées de ne pas être administrées par leurs maires régulièrement élus mais privés d'accès à la fonction parce que francophones. Plus inquiétant pour ce qui reste de nos institutions, la députée-Maire d'une de ces entités s'est fait impunément tabasser il y a deux semaines par les milices privées du Vlaamse Reich pour avoir osé manifester, avec 5 autres collègues et quelques mandataires, sa volonté de voir enfin appliqué le prescrit démocratique, Des majorités francophones conséquentes qui, sur tout le pourtour est de la capitale, oscillent de 60 à 80 %. Des majorités dénigrées, privées de la moindre facilité d'accueil par le racisme de la langue imposée par nos maîtres. Des maîtres dont les mots d'ordre zim boum badaboum éructés lors de leurs processions de martyrs sont :

“ Adapte-toi ou crève la gueule ouverte - Rats francophones dehors “.

Parmi cette horde d'hitlériens patentés, quelques députés de la N-VA ( Nieuwe Vlaams Associatie – La Haine-VA dit-on en français ) tous à crier qu'ils sont victimes...

Bruxelles cible d'une idéologie que l'on croyait éteinte à tout jamais, financièrement étranglée par une “ nation “ de plus en plus ouvertement fasciste qui ne lui rend du bout des doigts que 20% des impôts qu'elle génère. Bruxelles par ailleurs gérée comme un tonneau des Danaïdes par un pouvoir socialiste déconnecté de toute réalité et qui craint comme la peste de devoir accueillir en son sein une population aisée, donc susceptible de voter plus à droite. Bruxelles peau de chagrin abandonnée à elle-même, Bruxelles ville opulente chargée d'histoire mais en voie de taudisation accélérée par un tiers-mondisme mal compris, rongé par le chômage et qui, une fois la nationalité acquise, s'empresse de voter dans le bon sens pour faire perdurer le clientélisme à tous crins. Bruxelles livrée à la chienlit, paralysée par la bagnole parce que le citoyen normal n'ose même plus prendre ni le métro, ni le tram 33. Bruxelles zone de non-droits tout autour de son centre historique. Bruxelles qui crevé la gueule ouverte.

BRUXELLES, un des plus beaux titres du grand chansonnier de nos illusions :

C'était au temps où Bruxelles rêvait

C'était au temps du cinéma muet

C'était au temps où Bruxelles chantait

C'était au temps où Bruxelles bruxellait.

Place de Brouckère, on voyait des vitrines

Avec des hommes, des femmes en crinoline.

Place de Brouckère on voyait l'omnibus

Avec des femmes, des messieurs en gibus...

 

Bruxelles symbole d'une Europe peau de chagrin malmenée par la haute finance, livrée aux lobbies en tous genres, gérée comme ronde de carrousel par 27 chefs d'état tous en devoir de ne défendre que leur seul intérêt national. Bruxelles capitale d'une grande nation de rêve détournée de ses objectifs, puis devenue responsable d”une grande part de nos malheurs.

Permettez-moi, l'occasion est trop belle, de m'arrêter un instant sur le cas de son Président, Herman Van Rompuy, dit la serpillière humide. Un thomiste issu des rangs du mouvement catholique flamand rabique, Ce serpent à lunettes habite une commune unilingue flamande des faubourgs de Bruxelles. Une des six communes à large majorité francophone privée de Maires, de tous droits de s'exprimer administrativement dans leur langue et du moindre subside culturel au nom de l'annexion. Une commune où « les victimes de la persécution « cassent régulièrement les vitrines des commerçants qui osent afficher leur volonté de parler français. Une majorité brimée que ce fantoche de Bildenberg, sorti il y a trois semaines de son devoir de réserve, a qualifié d'inadaptable en chargeant ses concitoyens francophones de tous les maux au nom de principes d'un autre âge.

Trou de mémoire, il a oublié de parler de ces fameuses milices dont il fit partie lorsqu'il portait des culottes courtes.

Vous ne saviez pas ? Comme c'est dommage !

LE DIABLE, premier enregistrement sur microsillon du grand Jacques monté à Paris pour faire valoir son immense talent :

Venue du pays des enfants

L'Europe répète l'Avare

Dans un décor de 1900

Ça fait des morts d'inanition

Et l'inanition des nations, ça va.

Ce titre date des années 50. Méconnu du grand public, il prend tout son sens deux générations plus tard...

 

Bien avant la survenance de la crise grecque, j'eus l'occasion d'écrire en ces mêmes colonnes que c'est de Belgique, pays fondateur, que viendra le coup de grâce à l'Europe des citoyens. Sans gouvernement depuis bientôt 400 jours, cette pseudo-nation mérite sa qualification de pays de l'impossible Et tout tient à un seul homme : l'extrémiste de droite Bart De Wever, flaùingant fleur de coin, négationniste patenté, membre occulte de l'internationale fasciste, héritier d'une famille de collabos, copain de Le Pen et historien aux orientations sulfureuses. Cet homme est l'incarnation du mal, du repli sur soi. Du Marine Le Pen puissance mille, j'vous jure ! En maniant les mythes du flamand courageux sacrifié sur l'autel d'une nation honnie, il joue méthodiquement avec le feu à seule fin de dresser les deux composantes du pays l'une contre l'autre.

Un coup de force en passe de réussir.

Cela ne souffre aucun doute, il y a un siècle c'eut été la guerre.

Mais il n'y a pas de guerre, pas encore. Pas de guerre mais tous ses corollaires. Le joug, l'espace vital, la race supérieure, la peste brune, le code d'habitation, le refus confirmé par ses plus hautes instances de ne nous appliquer QUE les conventions sur les droits des minorités.

Et ce malgré une recommandation d'une rare vigueur émanant de la Cour de Justice Européenne !!!

Heb-ge da begrepen ?

Je traduis librement : t'as compris, connard ?

Notre Marseillaise à nous.

Qu'un sang impur abreuve nos sillons...

LE CAPORAL CASSE-POMPON composé sur un coin de table pour meubler un 45 tours :

Mon ami est un type énorme

Il aime la trompette et le clairon

Tout en préférant le clairon

...qu'est une trompette en uniforme.

Mon ami est une valeur sûre

Qui dit souvent sans prétentions

...qu'à la minceur des épluchures

On voit la grandeur des nations.

Voilà qui colle parfaitement à la personnalité de ce nouveau Führer qui s'empiffre de gaufres - Waffelman en néerlandais - Waffelman et sa Waffel$$, m'arrive-t-il d'écrire.

Là, je me fais censurer à tous les coups...

Vive la Libre Belgique. Vive le grand Soir. Vive la presse libre !

L'heure est grave. Pensez, nous n'en sommes même plus au point d'esquiver les coups !

Pour peu qu'on l'ait jamais fait... Partie remise ?

Que ce nazillon new age se méfie de l'eau qui dort !

Béni soit le jour où nous ouvrirons les vannes...

Peuple qui dut son expansion à la révolution industrielle, la Wallonie penche encore et toujours résolument à gauche sur un territoire équivalent à une de vos régions. Bonjour les gars, nous sommes un peu moins de cinq millions de francophones à partager votre culture mais pas votre destin. Nous qui aurions mille fois dû être vos compatriotes s'il n'y avait eu Napoléon et Waterloo ( tiens, tiens, un faubourg de Bruxelles ) puis une nouvelle fixation des frontières par les grandes puissances de l'époque, Wallons et Flamands dont on ne savait que faire furent fourgués en bloc à la Maison d'Orange-Nassau, un pouvoir hollandais autoritaire dont nous nous sommes séparés ensemble quinze ans plus tard pour cause d'incompatibilité religieuse.

Une cause aujourd'hui surannée. L'état-croupion Belgique venait de naître, fruit défendu d'une union entre la demi noblesse et Frieda la blonde qui ne s'appellera finalement jamais Margot.

Ecoutez ce Jacques Brel si poignant lorsqu'il évoque le néant :

UNE ÎLE

Une île. Une île qu'il nous reste à bâtir

Mais qui donc pourrait retenir

Les rêves qu'on rêve à deux

Une île, voici une île en partance

Et qui sommeillait en nos yeux

Depuis les portes de l'enfance.

(sa toute dernière composée aux Marquises juste avant de mourir. R.I.P. L'artiste)

 

Cinq millions de francophones amenuisés, injuriés tous les jours. Deux cents mille d'entre eux sont menacés d'anchluss au nom de la pureté linguistique, d'ores et déjà assujettis au droit du sol de sinistre mémoire. Cinq millions d'êtres humains bafoués tous les jours, traités tantôt de junkies, tantôt d'éternels assistés. De profiteurs invétérés qui vivent tels des cigales sur leur compte à eux. Pauvres Flamands-talibans que nous avons pourtant tenus à bout de bras durant les 120 premières années de notre vie commune lorsqu'ils crevaient de faim dans leurs champs de patates. Aucun merci, ils nous crachent aujourd'hui à la figure en parfaits égoïstes qu'ils sont.

“ Plus un sou pour ces rats francophones “

“ Ce que la Flandre fait seule, elle le fait mieux “

“ Notre peuple d'abord ! “

Pas tous les Flamands évidemment, il ne manquerait plus que ça. Mais de plus en plus. Un troupeau de nostalgiques du repli sur soi, une majorité qui grandit de jour en jour.

Mais qu'est-ce qu'ils attendent pour la prendre leur indépendance ?

La colonisation bien voyons !

La dédicace du grand Jacques, je vous la laisse entre mille :

LES SINGES :

Avant eux, avant les culs pelés

La fleur, l'oiseau et nous étions en liberté

Mais ils sont arrivés et la fleur est en pot

Et l'oiseau est en cage et nous un numéro

Car ils ont inventé prisons et condamnés

Et casiers judiciaires et trous dans la serrure

Et les langues coupées des premières censures

Et c'est depuis lors ...qu'ils sont civilisés

 

Pour mieux vous entraîner dans le vrai débat, voici une phrase dénichée chez un correspondant d'Agoravox. Qui, je ne sais plus. Absence du devoir de mémoire, il me pardonnera :

“ On ne se rend compte des dangers de l'extrême-droite qu'après avoir fait un bon bout de chemin avec elle “

Cette phrase, je la répète au moins une fois par semaine sur les forums belges.

Suffit-elle à tout expliquer ?

Subjectivement, oui. Objectivement, pas à elle seule.

Il n'y a malheureusement pas que les seules positions du diable. J'accuse aussi les mœurs indignes, la décadence morale du Parti Socialiste francophone. Une maffia rouge qui fonctionne en interne. A son bilan l'affairisme de ses dirigeants et la clientélisation à outrance. Stalinienne dans la défense de ses droits acquis, l'élite en sous-main du parti de la rose fanée politise toute l'administration ( 70 % des cadres ! ) et s'apprête, comme de juste, à trahir la francophonie pour la troisième fois.

Dans le fond, l'ennemi a facile. Il y a une telle succession de mises en examen parmi les camarades qu'il ne fait là qu'appuyer sur l'accélérateur. Le rejet de ' l'autre “ n'en devient que démentiellement plus simple.

Non Sire, il n'y a plus de Belges.

Oui Sire, je n'en ai plus rien à foutre de toi, ni de ta dynastie.

Oui Sire, nous sommes devenus les jouets du diable

Voici la plus belle chanson de son répertoire. Nous frisottons tous en cœur dès l'entame du premier couplet.

LE PLAT PAYS – l'hymne national du Belge apatride :

Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu

Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité

Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu

Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner

Avec le vent du nord qui vient s'écarteler

Avec le vent du nord, écoutez-le craquer

Le plat pays ...qui est le mien

L'artiste est au summum de la gloire, complétons le répertoire :

J'veux qu'on rit, j'veux qu'on danse, j'veux qu'on s'amuse comme des fous

Quand c'est qu'on me mettra dans le trou... “ ( LE MORIBOND )

 

C'est volontairement que je ne m'embarque pas dans l'économique. Le vrai problème se situant ailleurs, les solutions proposées par le grand méchant loup ont franchi la frontière linguistique. Emanant directement de l'égoïsme patronal, elles sont censées combler le déficit des finances publiques ...donc la dette que nous avons contractée auprès des banques, n'est-ce pas DSK ?

Sous la visée des les agences de notation, le jour où notre pays se payera un nouveau gouvernement ( y en aura-t-il seulement encore un ? ) nous serons mûrs pour le bain de sang social, la réforme woerthienne des pensions, la mise à plat de nombreux services sociaux, la fin du chômage à vie. Le tour de vis et de nouveaux impôts pour sacrifier plus encore le monde du travail ( le travailleur belge est déjà le plus taxé au monde ! ) Comme de juste, on élude le grand capital et ses intérêts notionnels, tout comme les cacahuètes octroyées au demi faiblard reconverti au travail en noir..

Droite et gauche, même combat : mon client d'abord..

LE TANGO FUNèBRE - ce sera la seule dont j'ai tiré quelques lignes éparses :

Ah, je me vois déjà

Je me vois tout au bout de ce voyage-là

D'où l'on revient de tout

Je vois déjà tout ça

Et on a le brave culot

D'oser me demander de crier

Vive le Roi ! “

 

Tout est sauf for l'honneur ! Elio Di Rupo, calabrais de souche et Président du PS pressenti pour mettre sur pied un nouveau gouvernement l'a promis : il diminuera de 5 % les revenus cumulés du personnel politique.

Les malheureux, les voilà menacés d'être privés de dessert. Une fois par semaine tout au plus...

Comme c'est gentil d'avoir pensé à se priver pour nous !

LES BONBONS, accent bruxellois compris :

Je vous ai apporté des bonbons

Parce que les fleurs, ça est périssable

Et puis les bonbons, c'est tellement bon

Bien que les fleurs soient plus présentables

Surtout quand elles sont en boutons

La réforme dite copernicienne proposée par celui délicieusement surnommé “ Miss Mons-bains “ n'est qu'un leurre. Une lâcheté sans nom, car ce maquignon mignon propose ni plus ni moins que de lâcher 200.00 francophones à la curée contre du fric pour les siens, rien que pour les siens.

Nous n'en sommes heureusement pas tout à fait là. Gloire au bon Bart De Wever qui a su se montrer encore plus cynique que de coutume :

“ J'ai dû lui répondre non alors que j'aurais tellement voulu dire oui.”

Oh, la crapule ! L'infinie crapule.

 

Comme je refuse de me consumer sur ce bûcher, celle-là, je me la suis gardée pour la fin :

JEF

Non Jef, t'es pas tout seul

Mais arrête de pleurer comme ça devant tout le monde

Parce qu'une demi-vieille

...Parce qu'une fausse blonde t'a laissé tomber

Non Jef, t'es pas tout seul

Mais tu sais que tu me fais honte à sangloter comme ça

Bêtement devant tout le monde

Parce qu'une trois quarts putain t'a claqué entre les mains

Foutons le camp de ce trottoir

Allons Jef, viens, viens !

 

ASTERIX c/o l'allocaterre sur les forums belges

par asterix lundi 11 juillet 2011 - 107 réactions
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  • Par minidou (xxx.xxx.xxx.148) 11 juillet 2011 14:35

    Dans cette histoire Belge, j’ai du mal à comprendre le point de vue wallon de la recherche du compromis...Chaque recul wallon conduisant nécessairement à une surenchère flamande, pourquoi ne pas laisser les flamands prendre leur idépendance s’ils le souhaitent, en partant avec leur part de dette publique et sans Bruxelles... ?

  • Par asterix (xxx.xxx.xxx.15) 11 juillet 2011 13:44

    Bonjour Zen !
    Zen, je le suis un peu moins que toi...
    Bruges est en effet une ville magnifique. l’accueil des commerçants également : flamand d’abord mais mon portefeuille passe au-dessus de tout. Un fait divers datant d’il y a deux semaines me fait néanmoins réfléchir. Si la ratonnade d’un francophone, mise en exergue par une certaine presse, était plutôt d’abord due à l’alcool, il n’en revient pas moins que la réaction publique du chef de corps de la police de la Venise du Nord méritait l’attention. Interrogé sur la véracité des faits, il a répondu candidement :
    les agressions de francophones deviennent - il a dit hélas - de plus en plus fréquentes.
    Bon, un commerçant n’est pas une figure de pointe du VMO ou du TAK non plus ! Prenons plutôt le cas d’Overijse en grande banlieue bruxelloise. Une bande d’énergumènes protégée par les autorités en place qui ont créé un bureau de délation de tout ce qui parle français ( grosso modo 35 % de la population ) menace régulièrement les commerçants s’ils vous adressent la parole en français. Si le menu des restos comprend la moindre référence à notre langue, c’est d’office la vitrine cassée et une visite, pointilleuse cela va de soi, des autorités chargées du contrôle de l’hygiène endéans la semaine. Comme elles ne parlent aussi que flamand, elles trouveront bien toujours quelque chose à relever et les sanctions suivront.
    Vous avez dit perversité.
    Oui ; perversité !!!
    BHV, j’y reviendrai sûrement d’ici quelques heures. J’attends qu’un intervenant en fasse son thème principal.
    En réponse aux clichés en tous genres, le fait est que, sans trop croire aux sondages, le dernier en date prétend que 62 % des Flamands soutiennent inconditionnellement l’extrémiste de droite Bart De Wever.
    Si les jeunes que tu abordes en termes d’espoir pouvaient penser autrement, cela me ravirait. Ceux qu’on a interrogé n’ont pas dit qu’ils étaient ou non séparatistes, mais qu’ils se fichaient du problème.
    Le séparatisme, TOUT le monde politique flamand le veut.
    Et c’est bien là le drame...
    En ce jour de la fête nationale flamande, tous les discours sont allés dans le même sens.
    Je leur ai souhaité, dans la Libre Belgique comme dans Het Nieuwsblad, une bonne fête pleine de bière et de frites et la réalisation de leurs voeux les plus chers : l’accession à l’indépendance.
    Mais j’ai rajouté aussitôt : sans vos colonies, messieurs !

  • Par bluebeer (xxx.xxx.xxx.88) 11 juillet 2011 14:59
    bluebeer

    Bonjour Astérix.

    Ça faisait longtemps. Je m’étonnais d’ailleurs de ne plus rien voir sur la Belgique depuis de longs mois. Il faut dire que cette situation lasse tout le monde, à l’intérieur comme à l’extérieur.

    J’aime bien ton texte, et j’y souscris en grande partie. A ce détail près que je ne crois toujours pas à la séparation. Trop compliqué. Trop cher. Les maquignons ne vont pas tuer la bête tant qu"elle leur rapporte plus vivante que morte. Toute l’équation se résume à ça. Et chaque partie fait monter les enchères en bluffant l’autre sur ses intentions, pour augmenter sa part.

    Le divorce culturel a déjà eu lieu il y a bien longtemps. L’union culturelle n’a sans doute même jamais eu lieu autrement que dans les textes institutionnels. Caroline Gennez, récemment interviewée par le soir, écarte l’hypothèse de la séparation tout en reconnaissant ne pas fréquenter particulièrement les francophones. Et elle a raison. Nous vivons côte à côte, nous nous mélangeons à peine, même sur nos lieux de villégiature. La géographie nous rapproche, la langue nous sépare. Uniquement la langue, qui nous empêche de nous parler et de nous comprendre.

    Ce que veulent "les flamands" est simple. Entendre encore et encore qu’ils sont un peuple d’élite et que leur vertu flamande les mets à l’abri du danger, de la précarité, de l’incertitude. C’est la recette de tout populisme. Nous, c’est mieux ; ce sont les autres qui ne vont pas.

    D’où l’évident parfum nazillon du mouvement flamingant, tout empreint de mépris et d’exclusion. Attitude d’autant plus tranchée qu’eux mêmes prennent leur revanche sur l’arrogance francophone, qui n’a pas toujours été un mythe non plus dans l’histoire des deux communautés.

    Inutile de gloser sur le "socialiste wallon". Le terme lui-même est quasiment devenu une injure synonyme de mafieux, corrompu, prévaricateur. A noter que les socio-chrétiens flamands ont également hérité de ce type de réputation chez eux, ce qui a partiellement fait le lit des partis extrémistes en Flandre. Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.

    BDW est l’archétype du leader populiste : faussement débonnaire, vif sur la balle, un bon jeu de jambe qui lui permet de changer de garde à tout instant, parfaitement cynique, un nombril sur patte s’étourdissant de sa propre gloriole qui vient à point colmater son ego fissuré. Il est l’autre raison pour laquelle je ne crois pas à la séparation. BDW n’existe que grâce à la Wallonie. Sans ennemi intérieur, sa légitimité s’effondre. Il n’a jamais démontré sa compétence à construire, organiser ou négocier. Une fois perdu l’alibi du wallon fainéant, il devra lutter contre les autres partis qui n’auront alors plus d’autre choix que de le confronter, sans avoir peur de passer pour de mauvais flamands. Et là, le grand BDW risque de se dégonfler comme une baudruche.

    Je pense qu’il a une conscience très aigüe de cette perspective.

    Tall, alias tonton la baffeteuse, pensait dans un autre fil que cette manière de penser - la non séparation - est typiquement wallone. Parce que, sans le dire comme ça, mais c’était l’esprit, les wallons n’envisagent pas les choses autrement qu’en terme d’assistanat. En réalité, je pense que si séparation il y avait, il y aurait également tsunami du paysage politique, et que le PS actuel serait durement remis à sa place. Ce serait le temps des révolutions, si bien que le PS ne joue pas seulement l’avenir des belges francophones dans les négociations actuelles, mais il joue également sa peau. Pour le reste, je ne m’en fais pas. L’europe qui se met à mal pour "sauver" la Grèce ne voudra pas d’un nouveau foyer d’instabilité au coeur historique de la communauté. Ils vont prendre garde de ne pas nous vois péricliter trop vite et trop fort, et au bout du compte, avec un zeste d’opportunisme et de cynisme, nous pourrions magnifiquement tirer notre épingle hors du jeux.

    Et pourtant, malgré tout ça, je persiste à considérer tout ceci comme un vaste spectacle de guignol, où personne, en réalité, ne souhaite réellement tenter l’aventure.

    Beau texte en tous cas. A un de ces jours,

    Blueb

  • Par asterix (xxx.xxx.xxx.15) 11 juillet 2011 12:08

    D’accord avec toi et, ceci dit entre nous, mon père était flamand aussi.
    Mais il se fait que si les francophones continuent à se conduire comme des lâches, " l’autre " n’en n’aura que plus facile à nous rentrer dedans comme dans du beurre.
    La révolte, ensuite seulement nous aurons la capacité de préparer la dissolution évidente de la Belgique.
    Pas comme des vaincus !

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